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Romain Siguier, élu en charge des ports à Pornichet : « On ne pourra plus utiliser une place de port comme un investissement capitalistique. »

‌‌Pornichet. 689 places de ports à saisir avant le 31 mai !

Tout le monde sait à quel point il est difficile d’obtenir une place de port et le scénario est le même dans toute la France : il faut s’inscrire sur une liste d’attente et parfois attendre plusieurs années pour espérer trouver un emplacement pour son bateau. Il s’agit d’un événement national car, pour la première fois depuis des décennies, un appel est lancé par une municipalité qui propose 589 places dans le port en eaux profondes et 100 places dans le port à seuil. En effet, les compteurs seront remis à zéro le 31 décembre 2026 sur les deux ports. La ville de Pornichet a lancé le 15 avril son AMI (Appel à manifestation d’intérêt) pour permettre à tous les plaisanciers de se porter candidats à l’achat d’une place pour une durée de 15 ou de 35 ans à partir du 1er janvier 2027. La limite de dépôt des candidatures est fixée au lundi 31 mai à 16 heures. Après cette date, il sera trop tard. Les critères d’attribution sont les suivants :

1/ La durée choisie : tous les candidats qui s’engageront sur 35 ans seront prioritaires sur ceux qui choisiront la durée de 15 ans.

2/ Avoir déjà un bateau immatriculé : contrairement à ce que certains avaient pensé, il n’y a aucune priorité pour ceux qui ont déjà une place à Pornichet : dans ce contexte, tout plaisancier qui a un bateau immatriculé, que ce soit dans son jardin ou dans n’importe quel port de France, sera pris en compte.

3/ L’ordre d’arrivée du dossier de candidature : les premiers arrivés seront les premiers servis. La communication a été faite sur le site Internet de la municipalité plusieurs jours avant le 15 avril, en conseil municipal, dans la presse locale, et Romain Siguier, élu en charge des ports, a été interrogé sur Kernews le 19 avril.

Selon nos informations, plusieurs centaines de dossiers ont déjà été déposés. Quelques minutes après la mise en ligne du formulaire de dépôt de candidature, le site Internet de la mairie de Pornichet a été pris d’assaut. On peut penser que les candidats postulant pour une durée de 15 ans ont eu leur chance dès les premières heures, en tant que premiers arrivés, mais il reste quand même un espoir pour ceux qui s’engageront sur 35 ans. En effet, compte tenu des critères d’attribution, celui qui postulerait à la dernière minute en s’engageant sur 35 ans serait prioritaire sur celui qui aurait demandé une durée de 15 ans, même s’il était le premier à s’inscrire…

Les tarifs sont publiés sur le site Internet de la mairie de Pornichet et ils évoluent par tranches de 50 centimètres en fonction de la longueur du bateau. À titre d’exemple, pour le port en eaux profondes, pour une longueur de 5,99 mètres, le prix est de 27 915 € pour 35 ans ou de 13 957 € pour 15 ans. Pour une place de 7,99 mètres, il est de 45 112 € pour 35 ans ou 22 556 € pour 15 ans. Pour 11,99 mètres, il faudra débourser 100 164 € pour 35 ans ou 50 082 € pour 15 ans. Enfin, le maximum est de 23,99 mètres et le prix est de 228 658 € pour 35 ans ou 114 329 € pour 15 ans. Pour le port à seuil, les prix sont moins élevés. Ainsi, une place de 6,99 mètres coûtera 25 809 € pour 35 ans ou 12 105 € pour 15 ans.

Enfin, la ville de Pornichet précise que « tous les emplacements ne seront pas attribués à travers cet AMI : des places en location annuelle seront proposées, ultérieurement, par le futur concessionnaire. »

La Baule + : C’est un événement en France, car cela fait des décennies qu’il n’y a pas eu d’appel à candidatures pour plus de 500 places dans un port en France. Pourquoi cet AMI ?

Romain Siguier : Je rappelle que le concessionnaire du port actuel de Pornichet a été installé en 1976, pour 50 ans. Donc, la fin de concession arrive le 31 décembre 2026. À cette occasion, le futur concessionnaire qui va reprendre le port en eaux profondes et le port d’échouage, qui sera transformé en port à seuil, va devoir investir 40 millions d’euros de travaux. Le concessionnaire peut vendre des garanties d’usage sur une durée maximum de 35 ans, donc la mairie propose par anticipation 589 places dans le port en eaux profondes et 100 places dans le futur port à seuil. Cette garantie d’usage commencera le 1er janvier 2027, à la fin de la concession actuelle. Nous venons donc de lancer un appel à manifestation d’intérêt pour les plaisanciers qui souhaitent acquérir une garantie d’usage sur 35 ou 15 ans.

Les plaisanciers doivent répondre avant le lundi 31 mai, 16 heures, en déposant leur dossier par voie électronique ou physiquement à l’accueil de la mairie, ce qui vous permet d’enregistrer le jour et l’heure précise de dépôt…

En effet, il y a trois critères de choix. Le premier, c’est la durée et nous prendrons en priorité ceux qui auront demandé une place sur 35 ans. Après, nous prendrons les personnes qui ont déjà un bateau immatriculé, dans le port de Pornichet ou non – peu importe qu’il soit sur une remorque ou dans un autre port – et, enfin, nous prendrons les ordres d’arrivée par horodatage.

Pourtant, il y a eu cette rumeur, au moment de l’annonce de l’achat de places sur le port de Pornichet, indiquant que les propriétaires actuels seraient prioritaires lors de la future concession. Or, vous expliquez que le propriétaire d’un bateau à Brest, à Bandol, ou même dans son jardin, sera traité comme celui qui l’est déjà à Pornichet…

Je suis au courant de ces bruits de ponton… Cependant, nous avons une assistance à maîtrise d’ouvrage juridique qui nous accompagne sur ce sujet et qui nous a bien précisé le fait que l’on ne pouvait pas indiquer dans cet appel une priorité aux amodiataires actuels, car ce serait illégal.

Donc, cela signifie qu’il y a deux vraies priorités : le choix des 35 ans et l’ordre d’arrivée… Quelles sont les premières retombées ?

Il est certain qu’un port de 1500 places qui change de concessionnaire et qui se réengage sur 40 ans en investissant 40 millions d’euros de travaux, il n’y en a pas beaucoup sur le territoire national ! Nous nous attendions effectivement à avoir de nombreux retours, jeudi 15 avril, dès 14 heures. Les équipes de la municipalité ont eu beaucoup d’appels à ce sujet.

Certaines personnes hésitent à s’engager sur 35 ans, en raison de leur âge, mais vous précisez que les places pourront être vendues ou cédées lors d’un héritage…

Effectivement, on pourra transmettre son bateau et sa place de port à ses héritiers en cas de décès. C’est quelque chose qui était très attendu. En ce qui concerne la cession, je vais prendre un exemple simple : aujourd’hui, un amodiataire vend sa place au prix qu’il souhaite, c’est la loi de l’offre et de la demande. Demain, si une personne achète une place pour 35 000 € sur 35 ans et si elle veut la revendre au bout de 15 ans, il restera 20 ans, eh bien, nous prendrons le prorata, en l’occurrence 20 000 €, somme qui pourra être indexée sur les prix à la consommation hors tabac. Donc, on ne pourra plus utiliser une place de port comme un investissement capitalistique, comme on peut le faire avec un bien immobilier.

Les candidats retenus devront verser 10 % de la somme en juillet prochain, ce qui constituera donc une enveloppe de départ pour le futur concessionnaire…

Cette somme sera encaissée et mise sur un compte séquestre par la ville. Elle sera reversée début 2022 au concessionnaire qui aura gagné l’appel d’offres pour construire et exploiter le nouveau port. Le concessionnaire recevra les 90 % restants le 1er janvier 2027 lorsque les plaisanciers pourront utiliser leurs places.

Si le propriétaire d’un bateau de 6,60 mètres postule pour une place de 6,99 mètres et s’il n’y a plus de place dans cette catégorie, aurez-vous un temps de négociation pour lui proposer une place de catégorie supérieure ?

Nous avons prévu une fin d’AMI au 31 mai. La liste définitive passera au conseil municipal de juin. Nous avons prévu quatre semaines de mise au point pour, effectivement, au cas où il resterait de la place dans une catégorie supérieure ou inférieure, essayer de contenter le maximum de personnes. Mais nous serons obligés de respecter les critères d’attribution définis lors du conseil municipal. Il faut aussi prendre en compte la largeur du bateau. On a vu des personnes se positionner uniquement sur la longueur, en omettant la notion de largeur, par-battages inclus, alors que c’est un critère très important. Les largeurs sont assez innovantes et nous voulons faire un port du futur. Donc, nous n’avons pas pris les largeurs des ports anciens, car on remarque que les bateaux s’élargissent avec le temps, et nous avons pris cet indicateur en compte.

Enfin, comment allez-vous transformer le port à seuil ?

Le port à seuil sera un événement. Nous avons l’idée de creuser une partie du port à échouage et de rehausser la digue de 1,5 mètre qui part du restaurant Nina. Il y aura un passage piéton pour rejoindre la place centrale du port, avec des pontons. Donc, les bateaux seront toujours en eau. Au pied du square Hervo, il y aura un bassin d’évolution de 2 hectares sur lequel on pourra faire des activités nautiques, comme du kayak ou du paddle. Donc, il y aura toujours de l’eau dans ce bassin.

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