La Baule+

Avril 2021 // 17 titres certifiés, mais aucune reconnaissance académique d’État. C’est pourtant ce qui valide des formations très ri- goureuses. Pour moi, quand on rentre dans le psychisme des gens que l’on prétend conseiller, même si les coachs disent qu’ils ne ren- trent pas dans le psychisme des gens, il faut respecter une éthique. Lorsque l'on est dans un état de faiblesse et que l’on va voir quelqu’un, sa parole est d’or. Quand on prétend rentrer dans la vie mentale des gens, il faut quand même une rigueur et une formation des plus so- lides. J’ai vu des gens qui étaient détruits par des approches de coaching Paradoxalement, les conseils les plus pru- dents émanent souvent de gens qui ont une spi- ritualité très forte, alors que ceux qui s’improvi- sent coachs incitent sou- vent la personne à re- mettre en cause en profondeur sa vie. Par exemple, face à quelqu’un qui se sent mal, le coach en dévelop- pement personnel va l'orienter vers une rup- ture de vie très brutale, tandis que le curé va ten- ter de trouver une alter- native plus douce et réa- liste, en prenant en compte le parcours réel de l'intéressé... J’ai voulu écrire ce livre car, en étant auprès de psycho- logues et de psychiatres, en étant en entreprise égale- ment, j’ai vu des gens qui étaient détruits par des ap- proches de coaching et qui fi- nissaient chez le psychiatre ou le psychanalyste. Je me suis dit qu’il était quand même paradoxal que les gens qui prétendent rendre la vie plus heureuse et plus sereine créent parfois l’effet inverse! Je me suis intéressée à ces techniques qui culpabilisent souvent l’individu qui se dit qu’il a tout à sa disposition : il y a des coachs en séduction, en nutrition, en prise de parole... Et pourtant, il n’y arrive pas… Il y a une culpa- bilisation inhérente au déve- loppement de ces pratiques. Effectivement, il y a beau- coup de gens qui vont très mal après avoir consulté des coachs en développement personnel. Sur les hommes et les femmes de spiritualité, évidemment, la religion a fait beaucoup de désastres, il ne s’agit pas de nier cela. Néan- moins, les hommes de reli- gion ont une culture théo- rique beaucoup plus solide que les coachs dont on parle. Quand on étudie la Bible, le Coran ou l’histoire des reli- gions, c’est autrement plus riche et plus solide en ré- flexion humaine que les ap- proches que nous évoquons. (Suite page 18) Julia de Funès : « Tous ces sujets sur le bonheur et la confiance en soi sont complexes et on ne peut pas les réduire à une recette comportementale. »

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