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la baule + 16 // Mai 2021 Entretien avec l’avocat Régis de Castelnau : «Monsieur Macron, entre deux tentatives de lois liberticides, comme la loi Avia, passe son temps à s’afficher avec Monsieur Zuckerberg.» J’ai très bien compris cela et il avait raison. Je rappelle aussi que l’affaire Fillon a pu être mise en place parce que la Cour de cassation a mis en place une jurispru- dence où elle s’arroge, à mon avis de façon incons- titutionnelle, le pouvoir de contrôler la façon dont les parlementaires se servent de leur dotation. Que l’As- semblée nationale ou le Sé- nat aient cette compétence, pour prendre des sanctions éventuellement, je trouve cela logique. Mais que le juge judiciaire puisse déci- der de la manière dont un parlementaire doit organi- ser la vie de son mandat, ce n’est pas normal. Lorsque l’affaire se déclenche, le Canard enchaîné lance son article et, à 11 heures du matin, le parquet financier, mandaté par l’Élysée, lance son opération. Le lende- main, des policiers se pré- sentent à l’Assemblée natio- nale pour perquisitionner le bureau de François Fillon. Et Claude Bartolone les laisse entrer… C’est invrai- semblable. Toute la procé- dure aurait dû être annulée à cause de cela. Évoquons maintenant cette nouvelle justice des réseaux sociaux, avec des GAFA qui dé- cident de fermer des comptes ou de censurer des gens… On a un énorme problème. Cette révolution techno- logique permet les mou- vements de meute et les lynchages. L’agora s’est transformée. La liberté d’ex- pression et d’opinion doit être totale, à l’exception de quelques limitations, dès lors qu’il y a un intérêt pu- blic qui l’exige. L’espace public est aujourd’hui pri- vé et il est géré comme un espace privé. C’est un vrai problème. Quand vous pen- sez que le président des États-Unis sortant, qui avait 80 millions de suiveurs sur Twitter, s’est vu supprimer son compte du jour au len- demain, c’est invraisem- blable ! À ce moment-là, on m’a dit que si vous êtes client de La Redoute et si vous faites des bêtises, La Redoute, qui est un orga- nisme privé, a le droit de fer- mer votre compte. C’est une contradiction sur l’absence de définition de la mission de service public remplie par ces réseaux. Malheureu- sement, il n’est pas facile de traiter cela sur le plan inter- national. La Russie a mis en place des lois à propos de certains débordements en les menaçant de les fermer. Le problème, c’est que cela va couper tous les Russes de l’accès à ce réseau… Au- jourd’hui, ces acteurs sont devenus des puissances économiques colossales et les vrais pouvoirs politiques n’ont pas beaucoup d’armes contre. Aux États-Unis, il y a des volontés de démantè- lement. Comme ils ont fait élire Biden, cela prendra un peu plus de temps, mais la situation actuelle est insup- portable. Si l’on considère que ce sont des prestataires commerciaux, le refus de vente est une infraction. En France, on a une espèce de connivence entre le pouvoir et ces organismes, puisque Monsieur Macron, entre deux tentatives de lois liber- ticides, comme la loi Avia, passe son temps à s’afficher avec Monsieur Zuckerberg. Propos recueillis par Yannick Urrien. Réponse à Bernard Lugan La droite, comme la gauche, ne sont pas des monolithes poli- tiques. Bernard Lugan devrait être plus nuancé dans ses pro- pos quand il écrit « La gauche a une responsabilité abyssale » ou « vers 1880, c’est la gauche qui a lancé l’entreprise coloniale ». Les termes « une partie de la gauche» ou « une certaine gauche » se- raient plus appropriés et nuancés. Par exemple, Georges Clemen- ceau ou Jean Jaurès sont très an- ticoloniaux dès 1880. La gauche ne se limite pas à Jules Ferry ou Gambetta. Sans parler des gauches extrêmes, Jules Guesde, Jean Allemane, Édouard Vaillant, ou Paul Brousse sont très antico- loniaux. Deuxièmement, Bernard Lugan veut démontrer que « la co- lonisation est légitime, puisqu’elle est porteuse du message des an- cêtres de 1789 ». Je rappellerai que la Révolution française a aboli l’esclavage le 4 février 1794. De plus, Robespierre et le club des Jacobins, contrairement aux Gi- rondins, sont contre l’expansion militaire de la Révolution vers l’extérieur. La phrase de Robes- pierre est célèbre : « Personne n’aime les missionnaires armés. » Bien d’accord avec Bernard Lugan que la France n’avait pas besoin de colonies et que les ethnies existent bien en Afrique. ÉricLeGrand (LePouliguen) Bacs jaunes Le courriel de M. Thibault dans votre journal d’avril me laisse perplexe. Oui, les bacs jaunes sont beaucoup mieux à tous points de vue mais, plutôt que revoir la fréquence de ramassage, ne serait-il pas mieux que les Baulois revoient leur manière de consommer et de remplir leur bac jaune. Moins d’emballages et plus de « compressage » me semblent une solution à ce problème. Merci pour les articles forts intéressants que je lis avec plaisir chaque mois. Bonne continuation ! Frédérique Chéné (courriel) Déçue par nos élus locaux. On ne peut plus rien attendre de notre classe politique nationale, mais j’attendais plus de soutien de la part de nos élus locaux face à la dictature sanitaire. J’estime que c’est ma liberté la plus essentielle de refuser le vaccin, l’obligation serait une atteinte à mon corps, au même titre qu’un viol, mais je n’entends pas nos élus respecter ce choix. Couvre-feu, port dumasque en extérieur, fermeture des lieux de vie, port du masque à l’école… Pouvez-vous me communiquer au moins un nom d’élu local qui aurait eu le courage de s’engager contre la dictature sanitaire ? Bérengère (Courriel) Priorité pour les Baulois. Je suis mécontent car le centre de vaccination de La Baule ne permet pas aux Baulois de s’inscrire en priorité et je connais une personne qui a dû aller se faire vacciner à Pornic. En même temps, j’ap- prends que des Parisiens ont pu aller se faire vacciner à La Baule. Est-ce bien normal tout cela ? M. Louvrier n’aurait-il pas pu décré- ter une priorité pour les Baulois ? Jacques M. (courriel) Merci pour votre courriel. Nous sommes en mesure de répondre. Franck Louvrier a toujours indi- qué que le centre de vaccination était ouvert à tous en fonction des critères fixés par le gouver- nement. Pour mémoire, la préfé- rence locale n’existe pas dans la loi et elle est même illégale, car le territoire de la République n’est qu’un et toute forme de préférence locale ou régionale serait considé- rée comme une discrimination. Fort avec les faibles. Permettez-moi de relater la scène suivante que j’ai pu observer un bel après-midi d’avril : une dame âgée se gare à contresens de la circulation face à La Poste de La Baule et aussitôt deux policiers à vélo viennent lui faire la leçon de morale en lui expliquant sèche- ment qu’elle avait commis une in- fraction… Je ne sais pas si elle a été verbalisée ou non, car c’était à mon tour de rentrer à La Poste, mais je me suis fait la réflexion suivante : à Trappes, Épinay ou Champigny, ces mêmes policiers auraient fait semblant de ne rien voir si c’était une femme voilée qui s’était garée de la même manière. Je peux juste dire que les quelques personnes qui ont assisté à cette scène parta- geaient mon opinion. Fort avec les faibles, faible avec les forts… Courriel. Port à sec à Cordemais. J’ai lu avec attention votre ar- ticle sur le nouveau port à sec de Paimboeuf, mais, vous ne le saviez peut-être pas, il en existe un à Cor- demais depuis 2004 : Loire Nautic Services, avec toutes les presta- tions possibles, capable d’accueil- lir plus de 600 bateaux. Pour l’avoir pratiqué de nombreuses années, je ne peux que le recom- mander aux plaisanciers. Son site est port-a-sec.fr. Merci pour eux. Cordialement. François Charriou (Corde- mais) Ecrivez-nous : La Baule+, 1 Parc de Mesemena, 44500, La Baule. Courriel : redaction@ labauleplus.com Courrier des lecteurs L ’Outil en main rassemble dans toute la France des bénévoles, artisans ou retraités, qui per- mettent à des jeunes de 9 à 14 ans de découvrir des métiers manuels. Jean-Claude Le Mauff, président de L’Outil en main de la Côte-d’Amour, précise : «L’objectif est de faire découvrir des métiers manuels, des métiers de bouche aux métiers de jardin, en passant par le bâti- ment, la mécanique, le dessin ou la peinture. Au sein de l’association, nous présentons aux enfants une vingtaine de métiers tous les mer- credis pendant deux heures. Mal- heureusement, cette année, nous avons pu travailler seulement cinq mercredis. Nous sommes des béné- voles retraités, nous nous situons dans une catégorie dite à risques et nous voulons être prudents. Nous sommes une équipe de 85 bénévoles à La Baule et Pornichet, et toujours motivés à l’idée de transmettre nos savoirs afin de faire découvrir aux enfants les métiers qui existent ou qui ont existé. Il est toujours inté- ressant de savoir ce qu’étaient les métiers à une certaine époque et comment ils ont évolué. » L’association lance un appel aux artisans : « À l’heure actuelle, nous avons une équipe de bénévoles qui est stable. Nous arrivons à notre onzième année d’existence et il y a des gens qui ont pris de l’âge. Il est un fait que nous avons besoin, dans les mois à venir, d’autres bé- névoles pour maintenir nos anima- tions. Les gens qui sont là depuis quelques années vont peut-être être moins disponibles. Pour cette raison, nous voudrions trouver des personnes qui auraient envie de nous rejoindre. » Beaucoup de ces métiers étaient dévalorisés il y a quelques décen- nies, mais aujourd’hui les choses changent : « Cela va un peu mieux maintenant, parce que nous avons tous besoin de plombiers, de peintres, de jardiniers, d’élec- triciens ou de couvreurs… Tous ces métiers ont une histoire et une culture et, même si les nouvelles technologies se développent, la base de ces métiers est toujours réelle. Les enfants sont très cu- rieux, ils nous posent beaucoup de questions, les parents aussi... Cela montre bien que les gens sont inté- ressés. Malheureusement, on a tel- lement dévalorisé ces métiers qu’on les a un peu oubliés et, aujourd’hui, beaucoup se rendent compte que l’on a besoin de gens comme nous. » Vous pouvez contacter Jean- Claude Le Mauff au 06 79 33 86 26 ou via la page Facebook « L’Outil en main de la Côte d‘Amour » L’Outil en main de la Côte d’Amour lance un appel aux bénévoles

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