la baule + L’essentiel de la presqu’île guérandaise ! Mensuel gratuit d’informations - N° 261 - Mars 2026 SOYEZ RESPECTUEUX DE L’ENVIRONNEMENT : NE JETEZ PAS CE JOURNAL SUR LA VOIE PUBLIQUE, EMPORTEZ LA BAULE+ CHEZ VOUS ! ÉCONOMIE Nicolas Bouzou : Et si la France allait se redresser dans les années qui viennent ? Pages 4 à 6 TERRORISME Denis Safran : le médecinchef de la BRI revient sur son parcours Page 12 Catherine Lara La star invente un voyage poétique et un choc des générations et des cultures Entretien exclusif Pages 10 et 11 Photo : Eric Bongrand Guillaume de Tonquédec Entretien exclusif Pages 14 à 16 L’acteur en représentation à La Baule ESPACE Alexandre Griveau : un influenceur baulois invité par la NASA Page 9
la baule+ 2 | Mars 2026 La Ville de La Baule-Escoublac a retenu la société All-In Group, créée et codirigée par Jo-Wilfried Tsonga, pour assurer la gestion et l’exploitation de deux sites emblématiques : le Garden Alice-Milliat et le Sporting de La Baule. À la direction opérationnelle, la municipalité annonce un visage bien connu des courts : le Baulois Édouard Roger-Vasselin, chargé de porter l’ambition sportive du projet. Ce choix intervient au terme d’un Jo-Wilfried Tsonga reprend la gestion des clubs de tennis de La Baule, avec Édouard Roger-Vasselin à la direction comme un acteur de la gestion d’infrastructures sportives, de la formation et de l’organisation d’événements, avec un positionnement marqué sur le padel et une filiale dédiée à la construction de courts. Dans les grandes lignes, la municipalité annonce la création d’une société dédiée aux deux sites, une gouvernance clarifiée et une gestion « en proximité », avec une équipe sportive et administrative sur place (éducateurs diplômés, personnel technique pour l’entretien quotidien), appuyée par le siège du groupe pour sécuriser l’exploitation. La nomination d’Édouard Roger-Vasselin à la direction est présentée comme la garantie de l’ambition sportive et de la capacité à attirer une dynamique d’excellence et de transmission. La Ville rattache aussi ce choix à l’histoire récente de la commune, évoquant le passage de la flamme olympique en 2024, où Jo-Wilfried Tsonga, ambassadeur de la Fédération Française de Tennis, avait inauguré un court à son nom. Concrètement, un planning d’ouverture différencié est annoncé : amplitude modulée entre haute et basse saison au Sporting, avec des aménagements destinés à limiter les nuisances sonores, et ouverture estivale au Garden Alice-Milliat. Côté tarifs, la Ville assure vouloir favoriser la pratique régulière des Baulois : cotisation tennis annoncée comme stable, tarifs préférentiels (jeunes, familles, scolaires, personnes en situation de handicap) et dispositifs de fidélité pour le padel et le squash (crédits, remises, avantages). Enfin, un volet “ancrage local” est mis en avant, avec une restauration orientée vers les produits locaux et l’étude d’un partenariat avec une boutique de sport située à proximité, place Lafayette. appel à manifestation d’intérêt (AMI) lancé en 2025, dans un contexte de crise durable du La Baule Tennis Club, l’association qui gérait jusqu’alors les deux structures. Une sortie de crise après des années de tensions : près de vingt ans de difficultés, des pratiques de gestion jugées préoccupantes, et un investissement municipal de plus de 3,2 millions d’euros réalisé lors du mandat précédent. La municipalité affirme avoir tenté de « régler de façon apaisée » sans s’immiscer dans le fonctionnement associatif, avant de durcir le ton après de nouveaux épisodes de gouvernance. Le maire indique notamment avoir saisi le procureur de la République au sujet de comportements qu’il qualifie d’inadmissibles. La démission du dernier président de l’association a marqué, selon la Ville, un point de bascule. Un audit extérieur, mené pendant quatre mois, a alors conclu à la dissolution de l’association et à la mise en place d’une nouvelle structure. Dans l’intervalle, la Ville dit avoir assuré, temporairement, la gestion des équipements afin de préserver l’activité, les pratiquants et les salariés, en s’appuyant sur les services municipaux, dont le directeur général des services Éric Chapays et la directrice adjointe Camille Pelé. Une procédure étalée sur plusieurs mois La municipalité met en avant une procédure étalée sur plusieurs mois et adossée à des critères sportifs, financiers et environnementaux. L’AMI visait trois objectifs : développer la pratique « trois raquettes» et des activités connexes, garantir une gestion optimisée d’équipements restant propriété de la Ville, et promouvoir des pratiques compatibles avec la politique locale de développement durable. Côté méthode, la Ville rappelle l’adoption du cahier des charges en conseil municipal le 26 septembre 2025, puis la publication officielle le 7 octobre, avec une date limite de remise des offres fixée au 15 décembre 2025. Au total, 120 retraits de dossiers ont été enregistrés ; 15 candidatures ont été déposées, dont 11 complètes. Cinq candidats ont ensuite été retenus pour auditions devant une commission associant les membres de la Commission d’appel d’offres, entre le 29 janvier et le 2 février 2026, avant validation en commission mixte Sports et Finances. Une proposition structurée autour de trois piliers: excellence sportive, ouverture/ convivialité et durabilité Pour la Ville, le projet d’All-In Group se démarque par sa solidité financière et une proposition structurée autour de trois piliers: excellence sportive, ouverture/ convivialité et durabilité. L’entreprise, déjà implantée sur plusieurs sites en France, se présente
la baule+ Mars 2026 | 3 Les 6 et 7 juin 2026, Guérande replongera six siècles en arrière. Pour cette nouvelle édition de sa Fête médiévale, la Ville a choisi un thème ancré dans l’histoire locale : « 1381 ! Le Grand Raout », en référence à l’un des moments les plus fondateurs de la cité guérandaise. En 1381, la signature du second traité de Guérande mettait fin à quarante années de conflits. Conclu entre le roi de France Charles VI et le duc de Bretagne Jean IV, il scellait le départ de l’armée anglaise et ouvrait une longue période de paix et de prospérité. Ratifié dans la chapelle NotreDame-la-Blanche, il avait donné lieu à de grandes festivités dans toute la cité: bals, banquets, tournois et réjouissances populaires. C’est ce grand raout que la Ville entend faire revivre, dans un esprit festif, populaire et accessible à tous. Guérande : la Fête médiévale 2026 ressuscite le Grand Raout de 1381 titueront l’atmosphère du Moyen Âge, dont un inédit porté par le comité de jumelage Guérande-Otrante. L’événement ne pourrait exister sans ses bénévoles. La Ville lance un appel à celles et ceux qui souhaitent vivre la fête de l’intérieur : accueil du public, accompagnement des artistes, soutien logistique. Les inscriptions sont ouvertes sur le site ville-guerande.fr, rubrique démarches, « Devenez bénévole pour la Fête médiévale ». La musique au cœur du week-end Avec un tel thème, la musique ne pouvait qu’occuper une place centrale. Musiciens, conteurs, bateleurs et compagnies du spectacle vivant animeront la ville tout au long du week-end, à l’intérieur comme à l’extérieur des remparts. Comme chaque année, la Fête médiévale s’appuie sur la force du monde associatif local. Seize tavernes seront installées, dont trois nouvelles, portées par des associations aussi diverses que le Tennis Club Guérande, le Rotary, le Judo Club Guérandais, le Football gaélique, le comité de jumelage avec Castro Marim ou encore Skol Diwan Gwenrann. Onze camps de vie reconsÀ Pornichet, les bacs à marée passent à la nouvelle génération. La dizaine de bacs existants, après plusieurs années de service, va progressivement être remplacée par des modèles plus adaptés, conçus pour éviter que les déchets collectés - filets effilochés, cordages emmêlés, morceaux de plastique ou débris métalliques - ne s’échappent à la première bourrasque ou aux premières pluies. Le premier exemplaire de cette nouvelle série, plus esthétique pour mieux s’intégrer à l’environnement, a été installé mardi 24 février à proximité du kiosque des Pornichet : les bacs à marée se modernisent et se transforment en bacs à jouets l’été Océanes. Il restera en place toute l’année. Et aux beaux jours, il se transformera en «bac à jouets » : chacun pourra y déposer pelles, seaux et ballons oubliés, pour que les plus petits puissent en profiter librement. L’occasion de rappeler que ces bacs ne sont pas des poubelles. Ils sont exclusivement réservés aux déchets laissés par la mer. Sacs à déjections canines, couches, boîtes de pizza ou bouteilles en plastique doivent impérativement rejoindre les poubelles installées en haut de plage, sous peine d’une amende de 35 €.
la baule+ 4 | Mars 2026 Optimisme > Et si la France allait se redresser dans les années qui viennent ? Nicolas Bouzou : « Notre capacité à améliorer notre situation est gigantesque. » Nicolas Bouzou est l’auteur de nombreux succès littéraires sur le monde contemporain. Consultant en économie, il est également essayiste et éditorialiste. Dans son dernier ouvrage, arguments à l’appui, il souligne que la France dispose de tous les atouts pour connaître une nouvelle période de gloire et de prospérité économique, mais pas sans réformes structurelles. « L’Éternel sursaut » de Nicolas Bouzou est publié chez XO. La Baule+ : Cela faisait longtemps que dans le classement des meilleures ventes de livres, nous n’avions pas eu une vision optimiste de notre pays. Généralement, on nous explique que nous sommes en déclin et que tout est foutu, alors que vous estimez que nous allons retrouver la voie du redressement… Nicolas Bouzou : Il y a un espace intellectuel, et peut-être même un espace politique d’ailleurs, pour un discours qui n’est pas décliniste. Il faut être lucide sur les problèmes que connaît la France. Il y en a beaucoup, sur le plan économique, dans les services publics ou l’insécurité, mais en même temps je veux montrer que la résolution de ces problèmes est parfaitement à notre portée. On a déjà vu bien pire au cours de notre histoire et je crois très profondément que notre capacité de mobilisation et notre capacité à améliorer notre situation sont gigantesques. Tout ce discours sur « la France c’est foutu, la France c’est fini… », je n’y crois pas une seule seconde et je me dis qu’il y a une partie de nos concitoyens qui en ont assez d’entendre un discours qui tape en permanence sur la France et qui ont envie d’entendre un discours qui envisage l’avenir de notre pays avec un peu plus de confiance. La France, c’est le pays du déclin et du rebond C’est aussi un livre d’histoire bien documenté jusqu’aux origines de notre pays… La France, depuis le début, donc depuis Clovis, c’est le pays du déclin et du rebond. C’est un pays qui n’a pas du tout une histoire linéaire. C’est un pays qui a failli disparaître à plusieurs reprises. C’est un pays qui a failli disparaître au moment des guerres de religion. C’est un pays qui a failli disparaître le 10 juillet 1940, quand les parlementaires ont livré littéralement la République au maréchal Pétain. Mais c’est un pays qui a connu des renaissances absolument extraordinaires. Cela dure depuis longtemps, parce que dans ce livre, j’évoque le début de la France avec Clovis, c’est une thèse assez commune et c’était celle du général de Gaulle. Mais en réalité, mon histoire commence au VIe siècle avant Jésus-Christ, ce qui est pour moi le vrai début de notre histoire commune, quand les Grecs fondent le comptoir de Massilia, puisque c’est la création de la ville de Marseille. En fait, nous avons 2 500 ans d’histoire et de déclin, mais la France est un phénix qui renaît en permanence de ses cendres. Parmi ces grandes civilisations, il y a nous, la Perse... Nous sommes très peu… C’est une chance et cela nous permet de nous analyser. La France est un mélange de civilisations. C’est le mélange de la civilisation celte, de la civilisation romaine, de la civilisation barbare… Clovis incarne ce mélange qui fait que nous sommes un pays particulier, un pays plus agité, plus conflictuel que les autres, mais également un pays avec une espèce d’énergie qui, quand elle est canalisée, donne véritablement le meilleur. Henri IV était quelqu’un qui s’intéressait beaucoup à la science et à l’innovation En lisant votre livre, j’ai découvert votre positionnement politique qui se résume à deux noms : Henri IV et Georges Pompidou ! La France a connu beaucoup de dirigeants absolument extraordinaires. Henri IV, en réalité, était un libéral. D’ailleurs, il avait pris comme ministre des Finances le bon Sully qui, en bon protestant, voulait rétablir les finances publiques, ce qu’il a plutôt bien fait. Henri IV a libéré le commerce de grains à l’intérieur du pays et Henri IV était aussi quelqu’un qui s’intéressait beaucoup à la science et à l’innovation. Il avait une vision extrêmement technologique et innovante de l’agriculture. Henri IV était aussi le dirigeant de la réconciliation avec l’Edit de Nantes. Pompidou, c’est tellement français, c’est la modernité technologique, c’est l’innovation, c’est l’art contemporain, c’est un président qui arrive en Ferrari dans la cour de l’Élysée... C’est absolument extraordinaire ! Cela dit, je pense que Pompidou était vraiment le continuateur de de Gaulle. Je pense qu’il n’y avait pas de rupture entre les deux et cette idée d’une France à la pointe de l’innovation, en réalité, vient de de Gaulle. D’ailleurs, de Gaulle l’explique dans ses mémoires. Il était passionné par l’économie et il recevait les plus grands chercheurs et innovateurs, parce qu’il considérait que le destin de la France était d’être toujours à la pointe de la technologie et de l’innovation. Vous évoquez Louis XIV et la gêne que vous ressentez lorsque vous vous promenez à Versailles. Vous avez factuellement et historiquement raison sur son action. Malgré tout, il me semble que 90 % de
la baule+ Mars 2026 | 5 vos lecteurs vont être gênés par ces passages, parce que Louis XIV reste Louis XIV… Bien sûr. Je pense qu’il est quand même intéressant de faire une analyse nuancée de cette période, sachant que lorsque Louis XIV meurt, il laisse quand même un pays qui est dans une situation très difficile. Fénelon évoque cette espèce d’hôpital à ciel ouvert qu’est devenue la France. Mais je comprends très bien ce que vous dites. Évidemment, Versailles, la galerie des Glaces, c’est absolument extraordinaire. Mon idée est que si Louis XIV n’avait pas été pris dans cet engrenage de guerre, si Louis XV avait été un peu plus courageux, et si Turgot, ministre de Louis XVI avait été soutenu par le roi, en faisant les réformes libérales qu’il voulait faire, comme la suppression des corporations ou la circulation du grain, je pense que nous aurions évité la Révolution et la Terreur. Le livre contient parfois des ambiguïtés qui sont passionnantes. Par exemple, vous évoquez la Révolution française comme une réaction libérale, mais vous rappelez que la monarchie ce n’était pas l’ombre non plus parce que, déjà, au terme de la Guerre de Cent Ans, la France n’était plus un pays féodal, morcelé et incertain… Oui, mais c’est notre histoire. C’est l’histoire d’un pays qui a une histoire brutale. Moi, en 1789, j’aurais été un parlementaire révolutionnaire. Évidemment, je suis un libéral. Les deux premières années de la Révolution ont été libérales. On a supprimé toutes les entraves au commerce, on a favorisé la liberté économique, c’est absolument extraordinaire. Et puis arrivent les guerres, l’engrenage de la Terreur et l’hyper inflation des assignats qui mettent tout cela par terre. Notre histoire est extraordinaire et en même temps tragique. Le procès qui est fait à Napoléon Bonaparte d’avoir été une espèce d’Hitler avant l’heure, c’est quelque chose de ridicule C’est vrai, mais on ne peut pas oublier les femmes éventrées dans la Loire, les guerres de Vendée, des fous qui ont voulu changer le calendrier… Je suis entièrement d’accord avec vous et peut-être que nous allons nous réconcilier sur un point. Je me suis découvert assez bonapartiste, c’est-à-dire cette idée d’essayer de conserver les acquis de 1789, tout en réconciliant le pays, tout en restaurant l’ordre et en faisant des réformes fantastiques. Le Code civil, c’est absolument génial. Même la vision de l’État de Napoléon est quelque chose d’absolument génial. Je trouve que le procès qui est fait à Napoléon Bonaparte d’avoir été une espèce d’Hitler avant l’heure, c’est quelque chose de ridicule, de complètement faux. C’est sans queue ni tête. Il a hérité des guerres révolutionnaires et il les a continuées. Mais, globalement, son apport à notre pays, en particulier son apport institutionnel, est absolument extraordinaire. (Suite page 6)
la baule+ 6 | Mars 2026 Revenons à la situation actuelle. Pour nous en sortir, vous préconisez d’agir sur les finances publiques, le système éducatif et la réglementation... Si l’on essaie de réfléchir un peu à 2027, en particulier aux idées, pour moi, les trois sujets sont : remettre de l’ordre dans nos finances publiques, remettre à niveau notre système éducatif et mettre en place un immense plan de simplification législatif, normatif et administratif. Si l’on fait ces trois changements, qui ne sont pas extrêmement complexes, je peux vous dire qu’en 2030 la France sera un paradis où le monde entier voudra venir. Un Américain me faisait une remarque que j’ai trouvée très juste : « La France, c’est un pays d’entrepreneurs et un pays d’ingénieurs et, à l’ère de l’intelligence artificielle, de la robotique et des biotechnologies, vous devriez être les rois du monde ! » Évidemment, puisque l’on a inventé la vaccination, le cinéma, l’aviation, l’automobile, même Internet… En fait, on a cette culture de l’innovation. Je pourrais remonter très loin, parce que les Gaulois avaient déjà cette culture de l’innovation avec les armes, l’agroalimentaire et même les chars. Donc, aujourd’hui, on n’est pas un pays aussi innovant qu’on devrait l’être quand on ne laisse pas nos grandes entreprises prospérer comme il le faudrait. En fait, on trahit notre histoire. Le problème n’est-il pas de continuer de faire appel à ceux qui sont à l’origine de tout cela et qui viennent nous promettre maintenant que ça va changer ? (Suite page) Oui, c’est la raison pour laquelle je pense qu’il faut aujourd’hui mettre l’accent sur les idées, sur ce que l’on veut, notamment en vue de l’élection présidentielle de 2027. Les questions de personnes sont très importantes, bien évidemment. Je comprends parfaitement ce que vous voulez dire, mais je voudrais que nous ayons des débats intellectuels et politiques sur le fond, sur ce que l’on veut en matière de fiscalité, sur ce que l’on veut en matière d’État-providence, sur ce que l’on veut en matière de maîtrise de l’immigration, sur ce que l’on veut en matière d’éducation… Pour l’instant, ce débat, on l’a très peu, notamment parce que les partis politiques ne travaillent pas. Le fond de ma pensée, et cela me fait mal de vous le dire, c’est que les seuls aujourd’hui qui véritablement ont un programme précis, c’est l’extrême gauche de La France Insoumise. Et, comme vous le savez, c’est à l’opposé de mes idées. Par exemple, je suis pour un grand axe de simplification, mais il faut une méthode pour le faire, notamment en reprenant l’exemple de la façon dont Napoléon a fait le Code civil en 1804. Malgré toutes les critiques que vous émettez sur l’Ancien régime, votre analyse est presque royaliste, car vous reconnaissez un réel âge d’or intellectuel avec les seigneurs qui s’organisent pour laisser l’économie respirer… Je ne fais pas partie de ceux qui pensent que la France est née à la Révolution. Je pense qu’il n’y a qu’une France et il y a des moments de notre histoire qui sont extrêmement glorieux. Le Moyen-Âge, par exemple, c’est extraordinaire. C’est la France qui invente les cathédrales gothiques, à tel point que l’on ne parle pas de cathédrales gothiques, mais de cathédrales françaises. Deuxième exemple au Moyen-Âge, lorsque les ducs de Champagne mettent en place les conditions de sécurité et les conditions économiques qui vont permettre de faire en sorte que la Champagne soit le carrefour commercial du monde. D’ailleurs, les problèmes ne viennent pas de la royauté, mais surtout de Vichy, notamment avec toutes ces lois, toutes ces règles non réformées, ce système corporatiste qui existe encore… Je suis content que vous disiez cela, parce que c’est assez peu connu. La politique, notamment économique, de Vichy était extrêmement corporatiste en réalité. C’était une politique parfaitement antilibérale. Lors des fameuses journées de juillet 1940, un certain nombre de parlementaires ont une réunion privée avec Laval et il leur dit : « Notre objectif, c’est d’abattre le capitalisme. » Il y a une cohérence entre cette idée et la politique qui sera menée par Vichy, qui est une politique sur le plan économique absolument antilibérale, et que l’on paye encore aujourd’hui. À l’inverse, le général de Gaulle était beaucoup plus libéral. La liberté d’expression doit être la première des libertés Vous écrivez aussi que « tous les Européens vivent sous un régime d’état de droit et de liberté de parole. » N’est-ce pas du passé ? Certains dirigeants politiques font campagne en déclarant qu’il faut justement mettre fin à cette liberté de parole… Oui, mais je suis contre. Je pense qu’il faut protéger cette liberté. C’est un acquis qui est absolument extraordinaire. On peut parler de religion en France, c’est quelque chose qui est possible, alors qu’aux ÉtatsUnis, c’est beaucoup plus difficile. C’est un combat et la liberté d’expression doit être la première des libertés. Propos recueillis par Yannick Urrien. Nicolas Bouzou : « On paye encore aujourd’hui la politique économique de Vichy. » C’est un chantier très attendu. Les opérations de terrassement de la future Maison de Santé de Pornichet ont débuté lundi 16 février sur le parking Prévert. Les travaux seront temporairement suspendus deux semaines en mars pour garantir l’accès au bureau de vote installé à proximité lors des scrutins des 15 et 22 mars, avant de reprendre le 23 mars. Développée sur près de 1 800 m², la future structure réunira une trentaine de professionnels de santé: médecins généralistes et nombreuses spécialités médicales et paramédicales. Avant même que les murs ne sortent de terre, une vingtaine d’entre eux ont déjà formalisé leur engagement. Si certains exercent déjà à Pornichet, d’autres rejoindront la commune à l’ouverture : un médecin généraliste spécialisé en médecine du sport, une consœur spécialisée dans l’accompagnement des jeunes mamans, un dentiste et un podologue figurent notamment parmi les futurs occupants. Le recrutement se poursuit et de nombreux contacts restent à confirmer. L’ouverture est prévue à l’été 2027. Le projet a été élaboré par la Ville en étroite concertation avec les professionnels de santé, afin de répondre précisément aux besoins des praticiens tout en offrant un cadre de travail attractif et propice aux échanges pluridisciplinaires. La structure affichera une orientation famille marquée, avec plusieurs spécialités dédiées à l’accompagnement des jeunes mamans. Deux studios seront par ailleurs mis à disposition sur place pour des médecins stagiaires ou remplaçants. Pornichet : le chantier de la future Maison de Santé est lancé La mer, les enfants la côtoient au quotidien. Mais connaissent-ils vraiment les risques qu’elle représente ? Cap Atlantique La Baule-Guérande Agglo a lancé un programme d’animations pédagogiques dans les écoles du territoire, à destination des élèves de CM1 et CM2, pour les sensibiliser au littoral et au risque de submersion marine. Ces interventions sont animées par Lucas Sachot, chargé de mission au Pôle Prévention des Risques Littoraux de l’Agglo. La séance s’ouvre par une question simple : c’est quoi un littoral ? À partir de photographies, les élèves décrivent les paysages et construisent collectivement une définition. Vient ensuite un échange sur les activités pratiquées en bord de mer et les raisons pour lesquelles elles ne sont pas toujours possibles, ce qui amène naturellement à aborder les dangers du littoral, et en particulier la submersion marine. Le moment fort de l’animation reste la mise en situation à l’aide d’une maquette pédagogique, réalisée dans le cadre du Programme d’Étude Préalable au futur Programme d’Action de Prévention des Inondations. Elle représente un territoire aux mêmes caractéristiques que celui de la presqu’île. Lucas Sachot y présente un scénario d’inondation et ses impacts concrets. Un livret pédagogique est mis à disposition des enseignants pour prolonger le travail. Cap Atlantique sensibilise les écoliers aux risques de submersion marine
la baule+ 8 | Mars 2026 Nous n’en sommes plus aux bruits de bottes, mais aux bruits de bombes, carrément. Sans doute faut-il voir là l’expression d’une irrépressible envie de célébrer Mars, le dieu de la guerre de nos grands aïeux. Évidemment, vu d’ici on s’en passerait bien, nous qui, d’ailleurs, un peu plus chaque jour, sommes accoutumés à nous passer de mille choses qu’on croyait pourtant indispensables au bon fonctionnement de notre sympathique société, de notre tout aussi sympathique «vivre ensemble », comme on dit quand on veut montrer qu’on a le souci du partage et de la résilience. Tenez, la résilience, il nous en a fallu une bonne dose ces derniers temps. D’ailleurs, je m’étonne que les cabinets des médecins spécialistes des boyaux de la tête et de l’âme n’aient pas connu de déferlante plus spectaculaire. Je m’étonne aussi que les officines n’aient HUMEUR > Le billet de Dominique Labarrière Mars et ça repart… pas été davantage dévalisées de leurs euphorisants et antidépresseurs. Je m’étonne enfin qu’une vague séditieuse n’ait pas submergé le pays lorsque l’annonce - la terrifiante annonce ! - est tombée. J’hésite à m’en faire l’écho, tant je redoute d’assombrir ce moment de lecture que vous avez la gentillesse d’accorder à ces lignes. Pourtant, il me faut bien préciser ce dont il s’agit, la cause de ce traumatisme que la Nation entière a cependant su dominer et contraindre dans les limites du raisonnable. À l’instant, je faisais allusion à l’obligation qui nous est faite d’apprendre à nous passer de ceci, de cela, etc. Eh bien, voilà qui a atteint des limites à peine imaginables pour nombre d’entre nous, dont bien évidemment je suis : nous avons dû nous passer de vaches au dernier salon de l’agriculture ! Rien de moins ! De vaches, de veaux, de taureaux ! L’Aubrac aux belles cornes remisée à l’étable, la Limousine tricarde porte de Versailles, le Charolais aux attributs bene pendante, comme il se doit, interdit d’exhibition devant les foules parisiennes admiratives, voire envieuses. Tout un monde qui s’effondre. Mais, on a tenu le choc, vaille que vaille. On a fait bon cœur contre mauvaise fortune. Certes la motivation n’y était pas vraiment. On l’a bien vu : le Président n’a pas été aussi malmené, chahuté que certaines autres fois… Ne pouvant lui procurer la joie si vive de tâter le cul des vaches, on s’est rabattu sur la dégustation du pâté en croûte, histoire de célébrer une vraie bonne nouvelle. Car, oui, Mesdames et Messieurs, le pâté en croûte revient en force sur nos tables et dans nos faveurs. Une résurrection particulièrement bien venue, célébrée par un reportage en bonne et due forme lors d’un récent journal télévisé de TF1. Le pâté en croûte réhabilité, preuve si besoin en était que tout n’est pas encore foutu au beau royaume de France. Les dictatures conjuguées de la diététique hystérisée, du véganisme radicalisé n’auront finalement pas eu sa peau. En mars donc, pour cette chère spécialité de notre patrimoine culinaire, ça repart aussi. On s’en réjouit. Prudence tout de même, car comme le dit si bien notre vieil Aristote, «Une hirondelle ne fait pas le printemps, non plus qu’une seule journée de soleil… » Prudence et vigilance en effet, car au train où vont les choses, après avoir dû nous passer de bovidés à la grandmesse agricole de l’année, il se pourrait bien que nous finissions par devoir affronter des éditions du salon de l’agriculture sans… agriculteurs. Pour de bon. Il se dit en effet que la paysannerie française serait grandement menacée, notamment sous les coups de boutoir d’accords économiques bizarroïdes qui lui seraient fort défavorables et pour l’application desquels la cheffe étoilée - j’évoque ici le drapeau de l’Europe, bien sûr, nullement une quelconque experte ès pâtés en croûte et autres délices - a cru pouvoir se passer, elle, du résultat de la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne par le parlement pour en décider. Donc après le salon sans vaches, nous voici avec la démocratie sans démocratie. Ça promet. Remarquez bien, on nous avait déjà fait le coup, travestissant un «non » à un référendum en un « oui » d’une légitimité plus que douteuse. Bafouer ainsi l’expression démocratique, si près des élections de mars qui verront les Français appelés à se rendre aux urnes, est-ce bien de nature à stimuler les enthousiasmes ? On peut en douter. Quant à nos paysans, souhaitons-leur de survivre et que nous n’ayons jamais à reprendre en chœur une chanson bien nostalgique dont le refrain serait : « Que reste-t-il de nos labours, une photo, vieille photo… » Régie publicitaire : Fabienne: 06 08 80 39 55 Hervé : 06 52 20 34 64 De la portée, de la confiance, du local
la baule+ Mars 2026 | 9 Un influenceur baulois invité par la NASA au lancement de la mission Artemis II Alexandre Griveau : « La vie est possible partout. » Le baulois Alexandre Griveau gère la chaîne Indiana Space et il cumule des centaines de milliers de vues sur YouTube, Instagram ou TikTok. Au fil des années, il s’est imposé comme étant l’une des nouvelles voix incontournables de l’astronomie. L’influenceur de 26 ans a toujours été fasciné par l’espace et il a décidé de transmettre sa passion via les réseaux. Depuis quelques années, il est l’un influenceurs les plus connus dans son domaine. Alexandre a été invité par la NASA à assister au lancement de la mission Artemis II, prévue en avril prochain, une mission habitée autour de la Lune. La NASA espère être opérationnelle pour envoyer des humains sur la Lune d’ici à 2028 avec la mission Artemis IV. La Baule+ : Comment vous est venue cette passion pour l’espace ? Alexandre Griveau : Je suis autodidacte. Je fais partie de ces gens qui apprennent seuls et qui vont forcément plus loin que la formation de base, donc je peux faire un peu de tout. Ma chaîne s’appelle Indiana Space, tout simplement parce que j’étais fan d’Indiana Jones lorsque j’étais enfant. Ma mère m’a permis d’avoir cette passion pour l’aventure et l’archéologie mais, finalement, c’est la passion du ciel. Un jour, en regardant Saturne dans un télescope, je me suis posé des milliers de questions, notamment sur notre place dans l’univers qui est immense. Évidemment, je suis passionné par l’espace, mais également par la création de la vie, la formation de notre planète ou notre place dans l’univers. Comment travaillez-vous depuis La Baule ? Je travaille chez moi à La Baule. J’ai commencé avec une caméra toute simple et je me suis développé en gamme en achetant progressivement du matériel. Je fais parfois des émissions en direct, ce qui me permet de répondre aux questions des internautes. Vous êtes suivi par des centaines de milliers de personnes. Avez-vous envisagé de créer une société de production ? J’ai déjà évoqué ce sujet avec un producteur qui travaille avec des chaînes très connues. Cependant, je préfère développer ma propre chaîne dans un premier temps, surtout que je traite d’un domaine très particulier. Il y a quelques influenceurs comme moi, on se connaît tous, et l’on s’aperçoit que c’est un milieu où l’on entend beaucoup de bêtises. C’est pour cela qu’il est important d’avoir des connaissances solides. J’ai aussi fait un documentaire sur l’observatoire de l’Oukaïmden au Maroc. Il ne faut pas exclure l’hypothèse de technologies secrètes expérimentées par certaines armées Que pensez-vous des OVNIS ? On sait très bien qu’il y a des cas isolés et on sait que c’est une technologie qui n’est pas encore connue de l’homme. Mais de là à dire qu’il s’agit d’extraterrestres, j’y crois un peu moins. Toutefois, c’est une évidence, il y a des technologies inconnues et il ne faut pas exclure l’hypothèse de technologies secrètes expérimentées par certaines armées. Alors, sommes-nous seuls dans l’univers? Quelle est votre réflexion par rapport à notre création ? Quand on comprend l’immensité de l’univers, la vie est possible partout. Les distances sont astronomiques et il faudrait maîtriser l’espace et le temps en même temps. Nous sommes bien loin des voyages interstellaires. Personnellement, je crois en la théorie de l’évolution : la Terre s’est formée, il y a eu les premiers éléments de la vie, les dinosaures étaient là il y a 65 millions d’années et ils ont été détruits, alors que les tortues sont là depuis 400 millions d’années, comme les fourmis et les rats. On sait très bien que ces espèces seront là après nous. Nous sommes là depuis 300 000 ans et l’on sait déjà que nous sommes au bord de l’extinction. Mais il y en aura d’autres… Notre vie est exceptionnelle, car on a la chance de comprendre les choses et de nous poser les bonnes questions. Cela permet de relativiser. Propos recueillis par Yannick Urrien.
la baule+ 10 | Mars 2026 Musique > La star invente un voyage poétique et un choc des générations et des cultures Catherine Lara : « L’amour des autres, c’est une bonne raison de vivre. » À l’occasion de son 80e anniversaire et de ses 55 ans de carrière, Catherine Lara célèbre un parcours artistique hors normes en s’offrant un nouveau défi : une collaboration inédite avec la Compagnie Kumo. Ainsi, Catherine Lara et son violon nous entraînent dans l’univers des danseurs de la Compagnie Kumo, au rythme de ses compositions et de musiques cinématographiques. Dans ce nouveau spectacle, elle nous amène à réfléchir sur notre rapport aux réseaux sociaux, notre place dans la société et notre relation à l’autre. Le nouveau spectacle de Catherine Lara, « Identités », sera présenté au théâtre de la Fleuriaye à Carquefou, mardi 31 mars à 20h00 et le 22 mai à l’EMC2 à Rennes Saint-Grégoire. Photo : Eric Bongrand La Baule+ : Les critiques sont unanimes et les témoignages se recoupent: les spectateurs ressortent de votre spectacle avec les larmes aux yeux… Catherine Lara : C’est vrai, c’est le cadeau absolu. Quand on est sur scène, notre échange, notre démarche, c’est de donner une émotion, d’avoir la chair de poule, de donner un sourire, de ressentir quelque chose avec son âme et son cœur. Et quand on y arrive, c’est la récompense absolue. Nous faisons notre spectacle en ce moment avec la compagnie Kumo. C’est de la danse contemporaine - ce n’est pas de la danse urbaine - avec beaucoup de performances, parce que c’est très difficile techniquement. Les chorégraphies sont très sophistiquées. Nous avons travaillé longuement pour monter ces chorégraphies et je suis avec mon violon sur ma musique. Cela semblait impossible sur le papier ! Une mama de 80 ans et des danseurs de 25 ans, finalement l’alchimie opère, on a tous gardé notre âme d’enfant. On donne des émotions à ceux qui nous font le plaisir de venir nous voir. Il n’y a rien de mieux que la musique, la danse ou le monde du spectacle pour créer des parenthèses de vie Votre spectacle s’appelle « Identités » : pourquoi ce titre ? L’identité, c’est une richesse que nous avons tous. Dans toute notre vie, nous recherchons notre identité, pour savoir qui nous sommes, pourquoi nous sommes là, ce que nous avons envie de faire et si nous avons la chance de le faire, comme j’ai eu la chance de faire le métier que j’aime et d’en vivre. Bien sûr, nous ne sommes pas tous égaux, mais on recherche notre identité toute notre vie. C’est une richesse, l’identité. Peu importe la couleur de peau ou la religion, on s’en moque. Dans notre système, pendant une heure 20, on est tous d’accord pour se dire que l’on aime la musique et la danse. Tous ceux qui sont là s’aiment entre eux. Il n’y a rien de mieux que la musique, la danse ou le monde du spectacle pour créer des parenthèses de vie où l’identité n’est plus qu’une entité. Nous sommes tous pareils, on aime la musique, on aime la danse et on s’aime entre nous. Vous avez su créer un spectacle digne, qui amène à réfléchir sur le plan philosophique sur l’identité, mais qui n’est pas culpabilisateur, ni moralisateur... Je n’ai rien à rajouter, c’est exactement cela. Bien entendu, on s’inspire des choses de la vie, des réseaux sociaux, de cette addiction au téléphone, de la violence faite aux femmes, mais, au lieu de politiser notre propos, on le poétise. On n’a surtout aucune leçon à donner à personne. On en a beaucoup à recevoir, mais jamais à donner. C’est un échange. C’est surtout pour moi un bonheur d’être sur scène avec mes petits oiseaux. J’ai de la chance, je vieillis et mon public rajeunit. J’ai quatre fois 20 ans et mes danseurs une seule fois. Je vois des mômes de 20 ans venir assister à ce spectacle. J’ai adoré faire des récitals toute ma vie, mais au bout de 50 ans, il faut quand même se renouveler, sinon je m’ennuie. J’ai besoin de changement. J’ai la chance d’avoir plusieurs cordes à mon arc, j’ai la chance de jouer du violon. Mais vous savez, on chante avec son violon, on parle avec son violon, il y a l’âme, car le violon a une âme. Quand je joue du violon, il a ses cordes vocales, c’est la même chose. Je dirais même que je suis plus éloquente avec mon violon qu’avec les mots. Je précise que vous ne chantez pas dans ce spectacle… Pas du tout, mais je parle avec de très jolis textes de Jean-Jacques Thibaud. Ce sont des clés qui expliquent ce que l’on vient de voir ou ce que l’on va voir. Les textes sont très beaux. Ils ont été enregistrés avant, parce qu’il est difficile de parler en jouant du violon. On ne peut pas tout faire à la fois, sinon je deviens Rémy Bricka avec des cymbales entre les cuisses ! C’est un spectacle plein d’amour et d’émotion. Si vous avez envie d’un gros morceau d’émotion, nous sommes là pour vous l’offrir. Est-il exact que vous ayez fait fabriquer un violon spécialement pour ce spectacle ? Tout à fait. Ce n’est pas un violon, il est accordé à une octave inférieure : c’est-àdire que je suis plus près d’un violoncelle ou d’un alto, qui ressemble à ma voix grave et un peu rauque. Donc, c’est un violon qui a été fabriqué pour moi. Je joue du baryton. Cela ne peut être qu’un spectacle vivant, car on ne saurait pas ressentir toute l’émotion en le regardant à travers une simple vidéo… Entendre la respiration de ces danseurs, c’est irremplaçable. On voit la transpiration, c’est haletant, on est à côté. C’est vraiment un spectacle vivant. On est entouré d’un public, avec mille personnes, c’est impalpable. C’est l’alchimie du spectacle. L’identité, c’est vraiment une richesse impalpable qui nous fait vivre Alors, qu’est-ce que l’identité ? On est certain d’une chose, c’est que nous avons chacun la nôtre. Il n’y a pas deux personnages identiques. L’identité, c’est vraiment une richesse impalpable qui nous fait vivre. Il n’y a pas un personnage qui ressemble à l’autre et c’est fabuleux. Peut-être que l’on ne trouvera jamais la définition de l’identité, mais on peut au moins se reconnaître entre nous et s’aimer tels que nous sommes. L’important, c’est d’aimer l’autre comme il est. J’essaye d’être en accord avec mon cœur, qui est d’ailleurs mon seul influenceur Enfin, une question personnelle : quel est le secret de votre forme et de votre dynamisme intellectuel et physique ? Déjà, j’ai un merveilleux héritage. Maman est partie à 102 ans et mon père est décédé à 94 ans. On est vieux dans la famille. Il y a un ADN fort, une énergie,
la baule+ Mars 2026 | 11 on aime ce que l’on fait, on a le respect de l’autre, et tout cela aide à vivre. L’amour des autres, c’est une bonne raison de vivre. J’aime être sur scène, j’aime échanger, j’ai cet amour de la vie et c’est peut-être ça. Le secret de mon énergie, c’est d’aimer ce que je fais et être avec les autres. J’aime ce partage. Je fais aussi très attention à ce que je mange. Je suis gourmande, très gourmande, mais je mange très sainement, c’est-à-dire de bonnes choses, de bons produits de saison. Je ne vais pas manger des fraises au mois de janvier, parce qu’elles n’ont aucun goût, c’est de l’eau. J’ai le respect de la nature, j’aime les arbres. Chez nous, on se nourrit très sainement. Je suis une grande épicurienne. J’aime la bonne chère, mais je fais très attention à ce que je mange, en essayant de manger le moins de viande possible, non pas par goût, mais par respect pour les animaux. J’essaye d’être en accord avec mon cœur, qui est d’ailleurs mon seul influenceur. Propos recueillis par Yannick Urrien. Guérande-La Baule | Zone de Villejames, 14 rue de la Briquerie à Guérande | 02 52 71 01 06 | www.arberi.fr E N M A G A S I N & SUR LE WEB www BAIN DE SOLEIL LAGO TABLE BASSE VILA FAUTEUIL FADO TABOURET HAUT ATTIC TABLE HAUTE URBAN PARASOL MANILA TABLE MEET Mobilier extérieur / intérieur SOLIDE, DURABLE SÉLECTIONNÉ PAR QUALITÉ PRO Les Nocturnes au Marché font leur retour dans le quartier du marché central de La Baule-Escoublac. Chaque vendredi soir du 10 juillet au 14 août 2026, de 19h à 23h, l’avenue du Marché, l’avenue des Ibis, l’avenue des Pétrels, l’avenue de Noirmoutier et les halles accueilleront commerçants, artisans et foodtrucks. La commune met à disposition 47 emplacements : 44 stands de 3 m x 2 m et 3 espaces réservés aux foodtrucks. La participation financière est fixée à 12,50 € TTC par nocturne. Les exposants seront sélectionnés selon plusieurs critères : qualité et originalité des produits, ancrage local, création artisanale et circuits courts. Une attention particulière sera portée à la diversité des offres pour éviter les doublons. Les foodtrucks devront proposer une offre alimentaire non concurrentielle avec les commerçants sédentaires du quartier. Pour toute information ou candidature, contacter la Direction du commerce au 02 51 75 75 26. La Baule : Les Nocturnes au Marché reviennent du 10 juillet au 14 août
la baule+ 12 | Mars 2026 Rencontre > Le médecin-chef de la BRI revient sur son parcours Denis Safran : « Nous ne sommes pas près d’éradiquer les forces du mal. » Grand patron hospitalier, médecin-chef de la BRI, l’ancien Antigang, Denis Safran accompagne cette unité d’élite dans toutes ses actions. Le 9 janvier 2015, il a participé à l’assaut contre l’Hyper Cacher et, le 13 novembre, il a été le premier médecin à entrer au Bataclan. Comment arrive-t-on en première ligne de missions aussi dangereuses ? Denis Safran raconte son parcours exceptionnel d’enfant de la République, fils unique de parents juifs polonais ayant échappé à la déportation. À l’âge de 20 ans, il a décidé de vouer sa vie à réparer des corps cassés. Jeune interne, il allait chercher les blessés de la route avec l’un des tout premiers SAMU. En 2000, il a créé à l’hôpital Georges-Pompidou un grand service d’anesthésie-réanimation pour les polytraumatisés. En 2011, il a médicalisé la BRI. Denis Safran partage aujourd’hui sa vie entre sa péniche, le 36 quai des Orfèvres d’où partent les missions de la BRI, la place Beauvau et l’île de la Cité, où il conseille le ministre de l’Intérieur et le préfet de police sur les questions de santé. Médecin de combat, ce farouche républicain est au cœur du dispositif antiterroriste. Son expertise, sa bravoure et sa vision offrent un éclairage unique sur les dangers auxquels nous devons faire face. « Médecin de combat » de Vincent Remy et Denis Safran est publié aux Éditions Grasset. La Baule+ : Vous avez donné une conférence au Croisic le 28 février dernier pour évoquer votre métier. D’abord, pourquoi Le Croisic ? Connaissiez-vous ce port de pêche breton ? Denis Safran : Non, c’est pour moi l’occasion de le découvrir. J’ai été invité par Jacques Bruneau, l’une de mes relations du temps où j’étais expert judiciaire auprès de la Cour de cassation et de la Cour d’appel de Paris. J’ai beaucoup travaillé avec lui et nous avons conservé une relation amicale. Je suis médecin de police, mais je ne suis pas policier Vous avez été médecin-chef de la BRI. Si l’on vous demande si vous êtes flic ou médecin, que répondez-vous ? Je suis médecin, médecin de police, mais je ne suis pas policier. Les médecins qui travaillent dans ces unités d’élite n’exercent que la médecine avec les policiers. Il ne faut pas confondre les deux métiers. L’objectif est de faire deux métiers différents, mais de les faire ensemble et en parfaite harmonie. L’objectif du médecin étant de sauver des vies, cela signifie sauver des victimes, des policiers et implique peut-être même aussi de soigner des méchants… Absolument. Le premier rôle du médecin dans une colonne d’assaut, c’est évidemment de prendre en charge quasi instantanément l’un des policiers de la colonne d’assaut qui serait blessé. Bien entendu, dans cette situation, le médecin reste médecin, soumis à ses obligations déontologiques. Donc, il sera amené à prendre en charge évidemment des victimes, des tiers, voire la personne mise en cause si c’est nécessaire. Peut-on faire un parallèle avec un médecin de guerre qui est au front ? Oui, parce que le médecin des colonnes d’assaut, c’est le médecin de l’avant, celui qui va être en zone de combat. En matière de police, on appelle cela une zone d’exclusion totale, c’est-à-dire une zone qui n’est pas du tout sécurisée, dans laquelle les services de secours ne vont pas pouvoir intervenir immédiatement : donc, tant que les hostiles ne seront pas neutralisés et tant que la zone n’aura pas été déclarée sûre, en particulier après le passage des démineurs qui doivent s’assurer que le bâtiment en cause n’est pas piégé. Vous êtes professeur de médecine et anesthésiste réanimateur. Quels sont les degrés de formation supplémentaires que vous devez recevoir par rapport à vos collègues ? Il faut avoir une formation solide à la médecine d’urgence en période aiguë, à la réanimation, mais également une formation à la médecine dite préhospitalière. C’est-à-dire à la prise en charge avant l’hôpital, dans des conditions nécessairement dégradées par rapport à ce que l’on peut faire dans un hôpital. Peut-on évoquer, même pour quelqu’un de votre niveau, le traumatisme après le 13 novembre (Bataclan) et le 9 janvier (Hyper Cacher) ? Chacun réagit en fonction de son éducation, de sa vie, de sa formation, de son expérience ou de sa structure mentale. Si vous me posez directement la question, non, je n’ai heureusement pas été atteint du moindre psychotraumatisme et je n’ai pas eu besoin de faire appel à un quelconque psychologue après tous ces événements. On sait que vous avez du caractère, mais sans parler de traumatisme, peut-on dire que vous y pensez souvent ? On y pense évidemment. Mais j’y pense parce que vous m’en parlez ! Sinon, je pense à autre chose et en particulier à mes activités quotidiennes, qui sont suffisamment prenantes pour que je n’ai pas à me pencher sur mes états d’âme. Je suis un pur produit de l’école républicaine Vous avez consacré votre vie à sauver d’autres vies, c’est aussi le sens de votre histoire… J’ai servi le service public toutema vie et exclusivement le service public. Mes parents étaient des immigrés, ma mère déjà de la seconde génération, mais mon père de la première génération. Ils se sont intégrés à la France malgré les événements qui se sont déroulés pendant la guerre. Voilà, nous sommes des serviteurs de la République française. Je suis un pur produit de l’école républicaine, de l’école communale, comme on l’appelait. Nous vivons encore actuellement dans une certaine naïveté Vos parents, juifs polonais, ont échappé à la déportation, vous dédiez votre vie à sauver celle des autres et vous plongez dans la plus grande barbarie, car on a tué des gens simplement pour ce qu’ils sont… Vous savez, j’ai toujours considéré que la vie n’est qu’un éternel recommencement et nous ne sommes pas près d’éradiquer les forces du mal. Il faut en être conscient. Il faut être pragmatique et il faut se donner les moyens de vivre au mieux et de conserver ses valeurs malgré tout. Je crains fort que nous vivions encore actuellement dans une certaine naïveté. En ce qui me concerne, j’essaye d’être très lucide. Je sais ce qui s’est passé depuis des siècles et des siècles. Je sais que tout cela peut revenir et que la démocratie est quelque chose de fragile. Il faut lutter pour la défendre au jour le jour. On sait qu’en période de guerre, la recherche en matière de médecine avance très fortement. Dans votre métier, y a-til parfois de nouveaux enseignements en matière de recherche médicale, notamment sur les protocoles de soins ? Oui, bien sûr. On tire toujours une expérience et un bénéfice de ce genre de situations dramatiques. Par exemple, à la suite des attentats, nous avons pris conscience que la façon de soigner, lorsqu’il y avait de nombreuses victimes, ce que nous appelons une tuerie de masse, entraînait une prise en charge forcément différente d’une situation normale et quotidienne. Ainsi, on sait très bien que les premiers gestes doivent être des gestes de survie. Les premiers gestes au bloc opératoire, bien souvent, ne sont pas des interventions chirurgicales totalement curatives, mais sont destinés à permettre la survie avec des interventions brèves pour pouvoir prendre le plus grand nombre de patients en charge rapidement, quitte à reprendre ensuite une nouvelle intervention pour parfaire le traitement. Tout cela, ce sont des enseignements que nous acquérons à partir des retours d’expérience et partir de l’adaptation des équipes médicales aux nouvelles situations. Propos recueillis par Yannick Urrien.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTEyOTQ2