La Baule+

la baule+ 4 | Mars 2026 Optimisme > Et si la France allait se redresser dans les années qui viennent ? Nicolas Bouzou : « Notre capacité à améliorer notre situation est gigantesque. » Nicolas Bouzou est l’auteur de nombreux succès littéraires sur le monde contemporain. Consultant en économie, il est également essayiste et éditorialiste. Dans son dernier ouvrage, arguments à l’appui, il souligne que la France dispose de tous les atouts pour connaître une nouvelle période de gloire et de prospérité économique, mais pas sans réformes structurelles. « L’Éternel sursaut » de Nicolas Bouzou est publié chez XO. La Baule+ : Cela faisait longtemps que dans le classement des meilleures ventes de livres, nous n’avions pas eu une vision optimiste de notre pays. Généralement, on nous explique que nous sommes en déclin et que tout est foutu, alors que vous estimez que nous allons retrouver la voie du redressement… Nicolas Bouzou : Il y a un espace intellectuel, et peut-être même un espace politique d’ailleurs, pour un discours qui n’est pas décliniste. Il faut être lucide sur les problèmes que connaît la France. Il y en a beaucoup, sur le plan économique, dans les services publics ou l’insécurité, mais en même temps je veux montrer que la résolution de ces problèmes est parfaitement à notre portée. On a déjà vu bien pire au cours de notre histoire et je crois très profondément que notre capacité de mobilisation et notre capacité à améliorer notre situation sont gigantesques. Tout ce discours sur « la France c’est foutu, la France c’est fini… », je n’y crois pas une seule seconde et je me dis qu’il y a une partie de nos concitoyens qui en ont assez d’entendre un discours qui tape en permanence sur la France et qui ont envie d’entendre un discours qui envisage l’avenir de notre pays avec un peu plus de confiance. La France, c’est le pays du déclin et du rebond C’est aussi un livre d’histoire bien documenté jusqu’aux origines de notre pays… La France, depuis le début, donc depuis Clovis, c’est le pays du déclin et du rebond. C’est un pays qui n’a pas du tout une histoire linéaire. C’est un pays qui a failli disparaître à plusieurs reprises. C’est un pays qui a failli disparaître au moment des guerres de religion. C’est un pays qui a failli disparaître le 10 juillet 1940, quand les parlementaires ont livré littéralement la République au maréchal Pétain. Mais c’est un pays qui a connu des renaissances absolument extraordinaires. Cela dure depuis longtemps, parce que dans ce livre, j’évoque le début de la France avec Clovis, c’est une thèse assez commune et c’était celle du général de Gaulle. Mais en réalité, mon histoire commence au VIe siècle avant Jésus-Christ, ce qui est pour moi le vrai début de notre histoire commune, quand les Grecs fondent le comptoir de Massilia, puisque c’est la création de la ville de Marseille. En fait, nous avons 2 500 ans d’histoire et de déclin, mais la France est un phénix qui renaît en permanence de ses cendres. Parmi ces grandes civilisations, il y a nous, la Perse... Nous sommes très peu… C’est une chance et cela nous permet de nous analyser. La France est un mélange de civilisations. C’est le mélange de la civilisation celte, de la civilisation romaine, de la civilisation barbare… Clovis incarne ce mélange qui fait que nous sommes un pays particulier, un pays plus agité, plus conflictuel que les autres, mais également un pays avec une espèce d’énergie qui, quand elle est canalisée, donne véritablement le meilleur. Henri IV était quelqu’un qui s’intéressait beaucoup à la science et à l’innovation En lisant votre livre, j’ai découvert votre positionnement politique qui se résume à deux noms : Henri IV et Georges Pompidou ! La France a connu beaucoup de dirigeants absolument extraordinaires. Henri IV, en réalité, était un libéral. D’ailleurs, il avait pris comme ministre des Finances le bon Sully qui, en bon protestant, voulait rétablir les finances publiques, ce qu’il a plutôt bien fait. Henri IV a libéré le commerce de grains à l’intérieur du pays et Henri IV était aussi quelqu’un qui s’intéressait beaucoup à la science et à l’innovation. Il avait une vision extrêmement technologique et innovante de l’agriculture. Henri IV était aussi le dirigeant de la réconciliation avec l’Edit de Nantes. Pompidou, c’est tellement français, c’est la modernité technologique, c’est l’innovation, c’est l’art contemporain, c’est un président qui arrive en Ferrari dans la cour de l’Élysée... C’est absolument extraordinaire ! Cela dit, je pense que Pompidou était vraiment le continuateur de de Gaulle. Je pense qu’il n’y avait pas de rupture entre les deux et cette idée d’une France à la pointe de l’innovation, en réalité, vient de de Gaulle. D’ailleurs, de Gaulle l’explique dans ses mémoires. Il était passionné par l’économie et il recevait les plus grands chercheurs et innovateurs, parce qu’il considérait que le destin de la France était d’être toujours à la pointe de la technologie et de l’innovation. Vous évoquez Louis XIV et la gêne que vous ressentez lorsque vous vous promenez à Versailles. Vous avez factuellement et historiquement raison sur son action. Malgré tout, il me semble que 90 % de

RkJQdWJsaXNoZXIy MTEyOTQ2