la baule+ 10 | Mars 2026 Musique > La star invente un voyage poétique et un choc des générations et des cultures Catherine Lara : « L’amour des autres, c’est une bonne raison de vivre. » À l’occasion de son 80e anniversaire et de ses 55 ans de carrière, Catherine Lara célèbre un parcours artistique hors normes en s’offrant un nouveau défi : une collaboration inédite avec la Compagnie Kumo. Ainsi, Catherine Lara et son violon nous entraînent dans l’univers des danseurs de la Compagnie Kumo, au rythme de ses compositions et de musiques cinématographiques. Dans ce nouveau spectacle, elle nous amène à réfléchir sur notre rapport aux réseaux sociaux, notre place dans la société et notre relation à l’autre. Le nouveau spectacle de Catherine Lara, « Identités », sera présenté au théâtre de la Fleuriaye à Carquefou, mardi 31 mars à 20h00 et le 22 mai à l’EMC2 à Rennes Saint-Grégoire. Photo : Eric Bongrand La Baule+ : Les critiques sont unanimes et les témoignages se recoupent: les spectateurs ressortent de votre spectacle avec les larmes aux yeux… Catherine Lara : C’est vrai, c’est le cadeau absolu. Quand on est sur scène, notre échange, notre démarche, c’est de donner une émotion, d’avoir la chair de poule, de donner un sourire, de ressentir quelque chose avec son âme et son cœur. Et quand on y arrive, c’est la récompense absolue. Nous faisons notre spectacle en ce moment avec la compagnie Kumo. C’est de la danse contemporaine - ce n’est pas de la danse urbaine - avec beaucoup de performances, parce que c’est très difficile techniquement. Les chorégraphies sont très sophistiquées. Nous avons travaillé longuement pour monter ces chorégraphies et je suis avec mon violon sur ma musique. Cela semblait impossible sur le papier ! Une mama de 80 ans et des danseurs de 25 ans, finalement l’alchimie opère, on a tous gardé notre âme d’enfant. On donne des émotions à ceux qui nous font le plaisir de venir nous voir. Il n’y a rien de mieux que la musique, la danse ou le monde du spectacle pour créer des parenthèses de vie Votre spectacle s’appelle « Identités » : pourquoi ce titre ? L’identité, c’est une richesse que nous avons tous. Dans toute notre vie, nous recherchons notre identité, pour savoir qui nous sommes, pourquoi nous sommes là, ce que nous avons envie de faire et si nous avons la chance de le faire, comme j’ai eu la chance de faire le métier que j’aime et d’en vivre. Bien sûr, nous ne sommes pas tous égaux, mais on recherche notre identité toute notre vie. C’est une richesse, l’identité. Peu importe la couleur de peau ou la religion, on s’en moque. Dans notre système, pendant une heure 20, on est tous d’accord pour se dire que l’on aime la musique et la danse. Tous ceux qui sont là s’aiment entre eux. Il n’y a rien de mieux que la musique, la danse ou le monde du spectacle pour créer des parenthèses de vie où l’identité n’est plus qu’une entité. Nous sommes tous pareils, on aime la musique, on aime la danse et on s’aime entre nous. Vous avez su créer un spectacle digne, qui amène à réfléchir sur le plan philosophique sur l’identité, mais qui n’est pas culpabilisateur, ni moralisateur... Je n’ai rien à rajouter, c’est exactement cela. Bien entendu, on s’inspire des choses de la vie, des réseaux sociaux, de cette addiction au téléphone, de la violence faite aux femmes, mais, au lieu de politiser notre propos, on le poétise. On n’a surtout aucune leçon à donner à personne. On en a beaucoup à recevoir, mais jamais à donner. C’est un échange. C’est surtout pour moi un bonheur d’être sur scène avec mes petits oiseaux. J’ai de la chance, je vieillis et mon public rajeunit. J’ai quatre fois 20 ans et mes danseurs une seule fois. Je vois des mômes de 20 ans venir assister à ce spectacle. J’ai adoré faire des récitals toute ma vie, mais au bout de 50 ans, il faut quand même se renouveler, sinon je m’ennuie. J’ai besoin de changement. J’ai la chance d’avoir plusieurs cordes à mon arc, j’ai la chance de jouer du violon. Mais vous savez, on chante avec son violon, on parle avec son violon, il y a l’âme, car le violon a une âme. Quand je joue du violon, il a ses cordes vocales, c’est la même chose. Je dirais même que je suis plus éloquente avec mon violon qu’avec les mots. Je précise que vous ne chantez pas dans ce spectacle… Pas du tout, mais je parle avec de très jolis textes de Jean-Jacques Thibaud. Ce sont des clés qui expliquent ce que l’on vient de voir ou ce que l’on va voir. Les textes sont très beaux. Ils ont été enregistrés avant, parce qu’il est difficile de parler en jouant du violon. On ne peut pas tout faire à la fois, sinon je deviens Rémy Bricka avec des cymbales entre les cuisses ! C’est un spectacle plein d’amour et d’émotion. Si vous avez envie d’un gros morceau d’émotion, nous sommes là pour vous l’offrir. Est-il exact que vous ayez fait fabriquer un violon spécialement pour ce spectacle ? Tout à fait. Ce n’est pas un violon, il est accordé à une octave inférieure : c’est-àdire que je suis plus près d’un violoncelle ou d’un alto, qui ressemble à ma voix grave et un peu rauque. Donc, c’est un violon qui a été fabriqué pour moi. Je joue du baryton. Cela ne peut être qu’un spectacle vivant, car on ne saurait pas ressentir toute l’émotion en le regardant à travers une simple vidéo… Entendre la respiration de ces danseurs, c’est irremplaçable. On voit la transpiration, c’est haletant, on est à côté. C’est vraiment un spectacle vivant. On est entouré d’un public, avec mille personnes, c’est impalpable. C’est l’alchimie du spectacle. L’identité, c’est vraiment une richesse impalpable qui nous fait vivre Alors, qu’est-ce que l’identité ? On est certain d’une chose, c’est que nous avons chacun la nôtre. Il n’y a pas deux personnages identiques. L’identité, c’est vraiment une richesse impalpable qui nous fait vivre. Il n’y a pas un personnage qui ressemble à l’autre et c’est fabuleux. Peut-être que l’on ne trouvera jamais la définition de l’identité, mais on peut au moins se reconnaître entre nous et s’aimer tels que nous sommes. L’important, c’est d’aimer l’autre comme il est. J’essaye d’être en accord avec mon cœur, qui est d’ailleurs mon seul influenceur Enfin, une question personnelle : quel est le secret de votre forme et de votre dynamisme intellectuel et physique ? Déjà, j’ai un merveilleux héritage. Maman est partie à 102 ans et mon père est décédé à 94 ans. On est vieux dans la famille. Il y a un ADN fort, une énergie,
RkJQdWJsaXNoZXIy MTEyOTQ2