la baule + L’essentiel de la presqu’île guérandaise ! Mensuel gratuit d’informations - N° 260 - Février 2026 SOYEZ RESPECTUEUX DE L’ENVIRONNEMENT : NE JETEZ PAS CE JOURNAL SUR LA VOIE PUBLIQUE, EMPORTEZ LA BAULE+ CHEZ VOUS ! ENVIRONNEMENT Marc Robin analyse les conséquences de l’évolution du niveau de la mer Page 4 ENCHÈRES L’Hôtel des ventes de La Baule positionne La Baule dans la cour des grands Page 6 BÉNABAR L’auteur, compositeur et interprète sort son nouvel album : « Le Soleil des absents » Entretien exclusif Pages 14 à 16 TÉLÉCHARGEZ L’APPLICATION la baule+ Photo : Yann Morrisson François Gombert, spécialiste de la communication digitale et ex-responsable de la stratégie de communication de la Région Île-de-France, est l’invité de La Baule+. Dans une interview sans langue de bois, il explique pourquoi Facebook, Instagram et les réseaux sociaux « ne rapportent plus grand-chose » et pourquoi « les gens quittent Facebook. » Il décrypte la fin de l’économie de l’attention : des algorithmes dopés à l’IA qui cherchent moins l’intérêt que la réaction, parfois agressive. Face à cette mécanique, il défend une idée forte : le silence et le « vide de données ». Il alerte sur une fracture sociale grandissante entre hyperconnexion des uns et privilège de l’opacité des autres. Pages 8 à 10 FRANÇOIS GOMBERT Téléchargez La Baule+, l’application indispensable pour vivre la presqu’île au quotidien. Bonnes adresses locales, idées de sorties, rendez-vous à ne pas manquer, infos pratiques… et surtout une actualité en continu, claire, fiable et proche de vous. Déjà plus de 7 000 téléchargements : rejoignez celles et ceux qui ont adopté le réflexe local. La Baule+, disponible sur les stores. Votre radio de proximité : infos locales, agenda, et la meilleure bande-son de votre vie ! 6h-9h : la matinale de Kernews avec un flash local toutes les 30 minutes 9h -13h : Anthony présente l’agenda des sorties dans notre région 13h-16h : Des hits, des découvertes, la playlist qui vous fait vibrer 16h-19h : C’est Pixelle ! L’animatrice la plus délirante balance tout ! Régie publicitaire locale : Hervé Braunstein au 06 52 20 34 64 Publicité nationale : TF1 Publicité commercialise Kernews dans le cadre des Indés Radios + Multivilles
la baule+ 2 | Février 2026 Sabrina Ramos est bauloise. Elle est professeure de chant sur la presqu’île, notamment à la MJC de La Baule, et elle se produit régulièrement dans des établissements comme le Bikini. Elle sort son premier album, avec un premier clip disponible sur les plateformes : « J’ai un cursus de Paris à Montréal, j’ai participé à The Voice, j’ai notamment été coachée par Garou, j’ai participé à des comédies musicales et je donne aussi des cours de chant. Je me suis installée à La Baule il y a deux ans car ma maman est au Croisic et la qualité de vie est évidemment bien meilleure qu’à Paris. » Depuis deux ans, Sabrina a commencé à se faire connaître sur la presqu’île : « J’ai souvent l’occasion d’animer des blind tests et des karaokés au Bikini. Je chante un peu partout, dans les restaurants, les bars, ou même les maisons de retraite. » Son premier titre s’intitule « Donne-moi tout»: « C’est le fruit de plusieurs rencontres. J’ai trouvé une équipe de production, MusicalementVôtre.Nousavonsunprojet demini album et le premier single vient de sortir. Le but, c’est de faire de la scène et de prendre du plaisir en partageant mon art. D’ailleurs, le clip a été tourné sur la presqu’île. La côte est magnifique et nous avons tourné près du Pouliguen. C’est un endroit parfait, en relation avec ce que je suis et ce que j’aime. » Sabrina Ramos : une bauloise sort premier album Le Pouliguen : le CCAS renforce ses compétences en santé mentale Le Centre communal d’action sociale (CCAS) du Pouliguen franchit une nouvelle étape dans l’accompagnement des personnes en situation de fragilité. Les deux agentes du service viennent en effet de suivre la formation Premiers Secours en Santé Mentale (PSSM), dispensée par l’association nationale PSSM France. Cette formation vise à mieux repérer les signaux de souffrance psychique, apporter un premier soutien et orienter efficacement les personnes vers les professionnels compétents. « Notre rôle nous amène à rencontrer quotidiennement des personnes en fragilité. Être formées aux Premiers Secours en Santé Mentale nous permet d’apporter un soutien plus juste, plus sécurisé et plus humain », expliquent les deux agentes certifiées. Le Pouliguen conserve son label de « station classée de tourisme» pour douze ans. Par un arrêté préfectoral daté du 9 janvier 2026, la commune voit son classement renouvelé sur une nouvelle période, à l’issue d’une procédure qui impose, en amont, le statut de « commune touristique », obtenu le 17 mai 2025. Ce renouvellement n’a rien d’automatique. Il repose sur une série de critères fixés par le Code du tourisme: qualité de l’accueil et de l’information des visiteurs, offre d’hébergements et de services, diversité des activités et équipements, mais aussi exigences liées à l’urbanisme, à l’environnement, à la sécurité et à la valorisation du patrimoine naturel, culturel et bâti. La municipalité y voit la reconnaissance d’un travail mené avec ses partenaires pour maintenir une offre cohérente avec l’identité de la station. Le Pouliguen conserve son label station de tourisme Au-delà du symbole, la Ville présente ce classement comme un levier d’attractivité et de développement économique, avec une orientation revendiquée vers un tourisme « équilibré et durable». Dans cette logique, la commune annonce vouloir actualiser sa convention avec l’État concernant le logement des saisonniers et définir, à mi-parcours, une stratégie assortie d’objectifs en matière de tourisme durable. « Ce renouvellement vient reconnaître le travail mené récemment par la commune et ses partenaires pour conforter l’identité du Pouliguen comme une station attractive, à taille humaine, attentive à la qualité de vie et à l’accueil », souligne la municipalité.
la baule+ Février 2026 | 3 Face à l’urgence que représentent les arrêts cardiaques, la Ville de La Baule-Escoublac reconduit pour la troisième année consécutive l’opération “Les gestes qui sauvent”, avec une formule élargie en 2026. L’objectif est simple : apprendre les bons réflexes qui peuvent faire la différence avant l’arrivée des secours. En effet, 70 % des arrêts cardiaques surviennent devant témoins, mais seulement 40 % font les gestes de premier secours. Pourtant, masser rapidement un cœur qui s’est arrêté augmente de 10 % par minute les chances de survie. Forte de ce constat, la Ville qui a déjà formé 555 résidents baulois lors des deux précédentes éditions, renouvelle son initiative en l’élargissant en 2026. La journée de formation aura lieu vendredi 13 février à la Salle des Floralies. Encadrés par des professionnels de la Croix-Rouge française et des sapeurs-pompiers du SDIS 44, les participants s’exerceront à des situations concrètes. La formation est gratuite et réservée aux résidents baulois à partir de 12 ans. Quatre créneaux sont proposés : 8h30, 10h30, 13h30 et 15h30. L’inscription se fait en ligne sur le site de la Ville. À noter également la présence de l’association Don du sang, venue informer sur les prochaines collectes et sensibiliser à l’importance de ce geste citoyen. La Baule relance « Les gestes qui sauvent » : une formation gratuite La Baule : une vacance commerciale à 5,7 % La Ville de La Baule dresse un état des lieux du tissu commercial baulois et les indicateurs restent plutôt favorables. Au 31 décembre dernier, la commune comptait 758 pas de porte, avec un taux de vacance de 5,7 %, soit 34 cellules commerciales inoccupées. Un niveau nettement inférieur à la moyenne nationale, annoncée autour de 11 %. Le recul sur dix ans confirme une relative stabilité du parc, avec même une amélioration de la vacance. En 2015, La Baule recensait 737 murs commerciaux, pour un taux de vacance de 7,6 %. Autrement dit, le nombre de commerces a progressé, tandis que la part de cellules vides a diminué. Derrière ces chiffres globaux, la situation varie fortement selon les quartiers. La vacance approche les 10 % autour de l’axe De Gaulle et du quartier du marché, des secteurs historiquement structurés autour de grandes enseignes souvent franchisées. Un modèle aujourd’hui fragilisé, selon la Ville, par des décisions stratégiques prises au niveau national. À l’inverse, le secteur Lajarrige affiche un taux de vacance de 4,5 % après avoir regagné en attractivité, et Escoublac se distingue avec 0 % de vacance.
la baule+ 4 | Février 2026 Environnement > Un scientifique analyse les conséquences de l’évolution du niveau de la mer Marc Robin : « Le processus d’élévation progressive du niveau de la mer est inéluctable. » À l’occasion d’une conférence de la Société des Amis de Guérande sur le thème : « Submersion marine et adaptation dans le cadre du changement climatique », le scientifique Marc Robin a analysé les conséquences de l’évolution du niveau de la mer. Marc Robin est géographe, chercheur et professeur à l’Université de Nantes, et responsable de l’Observatoire régional des risques côtiers. La Baule+ : On a parfois tendance à penser que notre région est un peu plus protégée que d’autres du phénomène de submersion marine, notamment dans le sudouest de la France. Qu’en est-il exactement ? Marc Robin : Notre région n’est pas plus protégée que les autres, puisque le phénomène d’élévation du niveau de la mer concerne toutes les régions du globe. Notre région présente les mêmes risques face à cet aléa d’élévation du niveau de la mer et au potentiel de submersion associé lors des événements extrêmes. Après, ce qui peut changer, c’est la façon dont les enjeux sont positionnés par rapport à l’exposition du bâti, des infrastructures ou des zones d’activités. Il y a des secteurs qui sont particulièrement exposés et d’autres un peu moins. Il arrive parfois que des personnes âgées expliquent que, quand elles étaient petites, la mer n’était pas à ce niveau… La mer monte progressivement. Demémoire d’homme, je pense que ce qui a aussi beaucoup changé, c’est la densification de la bande littorale. Quand on regarde des cartes de l’urbanisation sur les 60 ou 70 dernières années, on voit qu’il y a des secteurs qui étaient totalement dépourvus d’extension urbaine et d’infrastructures. C’est à travers cette extension des enjeux urbains, et l’augmentation mécanique de leur exposition, que l’on voit apparaître le risque côtier. Dans certaines zones basses, les problématiques de submersion étaient identiques à celles d’aujourd’hui, donc celles qui sont restées en l’état par rapport à autrefois ne présentent pas beaucoup plus de problématiques de submersion. Une bataille navale a eu lieu au pied du coteau de Guérande N’est-ce pas quelque chose de naturel depuis des siècles, puisque certains historiens disent que Jules César aurait été à Noirmoutier à cheval depuis La Baule ? Si on raisonne effectivement sur les 2 000 dernières années, le niveau de la mer a considérablement augmenté et à un rythme très soutenu. Si on regarde les divers documents en notre possession concernant les témoignages historiques à travers le positionnement du niveau de la mer, le niveau de la mer augmente, en gros, depuis 18 000 ans. Il faut s’imaginer le niveau de la mer à quasiment 120 m sous le niveau actuel et, 120 mètres, c’est la hauteur de la tour de Bretagne ! Donc, le niveau de la mer était très bas ; par conséquent, les îles de la façade ouest-atlantique n’étaient pas des îles. La mer était presque à 150 km à l’ouest de sa position actuelle, à quasiment 120 m en dessous de son niveau actuel. Si on prend le niveau de la mer bien avant Jules César, il y a 6 000 ans, il était quasiment à moins 6 m par rapport au niveau actuel. Effectivement, on a des témoignages historiques: par exemple, à l’époque de Napoléon, les soldats traversaient en Vendée la Baisse à pied, ce qui veut dire qu’il y avait un estuaire qui, aujourd’hui, s’est comblé. Donc, la remontée du niveau de la mer engendre aussi un colmatage des côtes. À l’époque de Jules César, effectivement, le marais de Guérande était en eau, le marais de Vendée était en eau et, progressivement, on voit que le colmatage aboutit au paysage que l’on a actuellement. Une bataille navale a eu lieu au pied du coteau de Guérande. C’est donc autant une submersion associée à l’élévation du niveau de la mer qu’un colmatage des zones basses qu’il faut prendre en compte pour comprendre l’organisation du territoire actuel. Est-ce à l’argent public de faire des protections pour protéger des personnes qui sont face mer, en sachant que cela ne peut durer que 50 ou 100 ans ? Doiton laisser la liberté d’installation tout en sachant que ce ne sera pour une ou deux générations et ensuite c’est à chacun d’agir en responsabilité ? Aujourd’hui, l’argent public peut servir à adapter les territoires littoraux et à proposer des solutions d’indemnisation face aux problématiques de submersion. Pour l’instant, aucun dispositif national n’existe pour indemniser des propriétaires qui auraient leur maison menacée par le recul du trait de côte. Les propriétaires s’organisent, généralement en association syndicale et, à partir de là, prennent en charge eux-mêmes leur propre défense côtière. Dans certains secteurs, quand vraiment les menaces sont fortes, ce que proposent l’État ou les collectivités, c’est une solution de recomposition territoriale. C’est une doctrine qui émerge très largement aujourd’hui : c’est l’indemnisation lors des mutations des biens. Lorsque les biens sont trop menacés, il y a des rachats qui sont proposés ; cela a commencé l’été dernier avec certaines maisons en Bretagne. Mais le coût est très important. C’est une dimension qu’il faut intégrer dans les politiques publiques: le coût de tout cela et la nécessité d’anticiper sur les 50 ou 100 prochaines années. Dans le futur, nous n’aurons plus les moyens de maintenir ces défenses côtières ; il faudra imaginer d’autres solutions. Des investissements massifs sont faits dans certaines zones basses, cela permet de gagner quelques dizaines d’années de sécurité. Un jour ou l’autre, effectivement, dans plusieurs générations, cela ne marchera plus. Il faudra bien imaginer des systèmes de recomposition territoriale ou d’adaptation complète de l’architecture, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui pour la majorité des bâtiments. On avait même imaginé des maisons sur pilotis, mais c’est seulement pour quelques dizaines d’années, puisque l’inondation arrivera quand même… Le processus d’élévation progressive du niveau de la mer est inéluctable et se poursuivra pendant plusieurs siècles. Il est en augmentation assez rapide et il est évident que les biens qui sont au niveau de la mer aujourd’hui sont menacés. Mais les moyens techniques sont associés à des moyens financiers. À terme, il faudra imaginer des solutions de recomposition du territoire, de relocalisation dans des zones trop exposées et dont la protection coûterait beaucoup plus cher que le coût de l’enjeu lui-même. Propos recueillis par Yannick Urrien.
la baule+ Février 2026 | 5 La station balnéaire renoue avec la course mythique 34 ans après avoir vu le triomphe de Michel Desjoyeaux. C’est officiel : Pornichet fera son grand retour dans le circuit de La Solitaire du Figaro Paprec en accueillant la deuxième étape de l’édition 2026, du 27 au 31 mai. Une annonce qui réjouit les amoureux de la voile et ravive le souvenir d’une édition 1992 restée dans les mémoires, marquée par la première victoire au classement général de Michel Desjoyeaux, devant Jean Le Cam. Pour la commune, cette escale représente bien plus qu’un simple événement sportif : elle consacre le statut de Pornichet comme place forte de la voile française. L’accueil de cette prestigieuse course n’a rien d’anodin. Pornichet peut s’appuyer sur une infrastructure et un savoir-faire reconnu. La ville est le port d’attache de l’APCC, sacré premier club de voile de France au classement de la Fédération Française de Voile pour l’année 2025. Le port de plaisance, quatrième de la façade atlantique et premier de Loire-Atlantique en nombre de places, accueille régulièrement des compétitions de renom comme la Women’s Cup, les Internationaux de Match Racing ou la Select 6.50. Les marins pornichétins connaissent bien la Course du Figaro. Hervé Aubry, doyen de la précédente édition, incarne cette tradition. Et, pour 2026, Tiphaine Ragueneau, licenciée à l’APCC, disputera sa deuxième Solitaire du Figaro Paprec à domicile. « C’est dans cette baie que j’ai appris à naviguer, que j’ai tiré mes premiers bords. Revenir ici, retrouver le club de Pornichet accueillera la deuxième étape de La Solitaire du Figaro Paprec 2026 tions proposé au public du 27 au 31 mai. L’occasion pour les visiteurs de découvrir l’univers de la course au large et de rencontrer les marins dans le cadre exceptionnel de la baie du Pouliguen, reconnue comme l’une des plus belles du monde. Ce retour s’inscrit dans le projet de réaménagement du port que mène la municipalité, avec l’ambition de renforcer encore la position de Pornichet sur l’échiquier de la voile française. Après Perros-Guirec (départ le 17 mai) et Vigo, Pornichet sera la troisième ville étape d’un parcours qui devrait s’achever début juin. l’APCC qui m’a vue grandir est forcément très émouvant », confie la skippeuse. Les concurrents partiront de Vigo, en Espagne, le 24 mai pour rallier Pornichet. Au programme : le golfe de Gascogne comme terrain de jeu, le franchissement du cap Finisterre et la négociation de l’embouchure de la Loire. « Longer les côtes espagnoles demande une grande vigilance, avec des effets de site très marqués et une navigation parfois piégeuse. Le passage du cap Finisterre reste toujours une inconnue », prévient Tiphaine Ragueneau. Cette 57e édition verra s’affronter les plus grands noms de la discipline, dont Yoann Richomme, Nicolas Lunven et Loïs Berrehar, tous anciens lauréats de l’épreuve. Julie Coutts, directrice générale d’OC Sport Pen Duick, société organisatrice, se réjouit : « L’étape entre Vigo et Pornichet offrira aux skippers un terrain de jeu exigeant et passionnant. » La Ville souhaite faire de cet événement une fête populaire. Un village sera installé et un programme d’anima-
la baule+ 6 | Février 2026 La Baule+ : La vente que vous avez dirigée samedi 24 janvier dernier a été importante pour l’image de la ville de La Baule puisque les pièces étaient exceptionnelles, notamment des tableaux de Bernard Buffet. Dressez-nous le bilan de cette vente ? Alizée Lauvray-Robert: Effectivement, nous dispersions une très belle collection particulière, avec notamment quatre tableaux de l’artiste français Bernard Buffet. Les résultats ont dépassé nos espérances. Nous avions tout d’abord Art > L’Hôtel des ventes de La Baule positionne La Baule dans la cour des grands Alizée Lauvray-Robert: « Placer la France au cœur du marché de l’art mondial. » Maître Alizée Lauvray-Robert, commissaire-priseur à l’Hôtel des ventes de La Baule, en haut de l’avenue Lajarrige, a réalisé une vente aux enchères exceptionnelle le 24 janvier dernier avec notamment un tableau de Bernard Buffet vendu 181 000 € et de nombreuses pièces adjugées bien au-delà de leur estimation. Signe que la maison de ventes est capable d’attirer la confiance de grandes familles de la région, mais également des résidents secondaires, et qu’elle est aussi susceptible de mobiliser des acheteurs dans le monde entier. deux très grands formats, un qui représentait le port de Sainte-Marine en Bretagne et l’autre une régate, où trois voiliers étaient en lice pour gagner la célèbre course de Cowes. Les Régates ont été achetées 181 000 € et Sainte-Marine 177 000 €. Nous avions énormément de demandes avant la vente. Les intéressés nous interrogeaient sur l’état des tableaux, leur histoire et leur provenance. Au moment de la vente, nous avions, en plus des enchérisseurs en salle et sur Internet, 20 personnes au téléphone qui se battaient pour acheter ces tableaux. Des Français évidemment, mais aussi des collectionneurs du monde entier, y compris des ÉtatsUnis et du Canada. Pourquoi le téléphone alors que vous étiez en simultané sur Internet ? Toutes nos ventes sont filmées et retransmises en direct sur deux plates-formes: Interenchères et Drouot Live. Ces plateformes ont été une véritable révolution pour les commissaires-priseurs, notamment en province. D’une part, elles permettent d’avertir les collectionneurs du monde entier, par un système d’alertes, quand un artiste qu’ils affectionnent passe aux enchères en France. D’autre part, elles permettent à ces collectionneurs de suivre la vente en direct et d’enchérir. Les personnes qui ont choisi d’être appelées pour les Bernard Buffet ont préféré ce canal pour éviter les frais de 1,5% en sus du prix d’adjudication que prennent les plateformes. Par ailleurs, il peut toujours y avoir un problème informatique donc, pour être certains de pouvoir enchérir sur l’œuvre, certains préfèrent être appelés au moment de la vente. Vous vendiez une collection particulière. Est-il exact que les collections dynamisent l’ensemble de la vente ? Oui, on appelle cela l’effet de collection. Dans une vente classique, vous avez plusieurs vendeurs, cette foisci, c’était la collection d’un couple de la région nantaise qui a acquis, des années 70 aux années 2000, un ensemble d’une grande qualité. Quand un collectionneur vend l’ensemble de sa collection, les prix obtenus sont toujours plus importants du fait de la cohérence de l’ensemble. Il y a un fil directeur dans les achats, un goût, qui attirent particulièrement les amateurs. C’est la première fois que nous dispersons un ensemble d’une aussi grande qualité En quoi cette vente du 24 janvier était-elle particulièrement exceptionnelle pour l’Hôtel des ventes de La Baule ? C’est la première fois que nous dispersons un ensemble d’une aussi grande qualité : 266 lots en tout avec des artistes français majeurs de la figuration d’après-guerre et de grands maîtres verriers. Chaque objet avait été choisi avec soin par Madame, avec un réel intérêt pour le beau et des connaissances certaines. Même la pince à glaçons de cet intérieur était intéressante, il s’agissait d’une réalisation de Jacques Adnet, moderniste et pure. Ces très beaux résultats de vente nous permettent aussi de continuer à maintenir la France au cœur du marché de l’art mondial Cette vente, est-ce aussi une vitrine de votre savoir-faire ? Nous mettons toujours tout en œuvre pour valoriser les objets qui nous sont confiés. J’espère que d’autres collections vont nous être proposées grâce à cette vente où nous avons démontré notre expertise et notre savoir-faire. Nous sommes heureux, avec mon associé Maître Sanson, de mettre en avant des objets qui ont fait la joie de leur propriétaire, et de les transmettre à d’autres qui les apprécieront tout autant. C’est l’intérêt de notre métier. Nous sommes des passeurs d’objets. Ces très beaux résultats de vente nous permettent aussi de continuer à maintenir la France au cœur du marché de l’art mondial. Propos recueillis par Yannick Urrien. Alizée Lauvray-Robert et Éric Sanson
la baule+ 8 | Février 2026 Réseaux sociaux > Pourquoi Facebook, Instagram et les réseaux ne rapportent plus grand-chose… François Gombert : « Les gens quittent Facebook parce qu’il ne s’y passe plus rien. » François Gombert est un spécialiste de la communication digitale et il a accompagné des grands groupes, notamment Kering, Puma, E.Leclerc, Andros ou Coca-Cola. Il a également piloté la stratégie de communication globale de la Région Île-de-France. Il dirige aussi un MBA dédié au Management de la crise et à la Réputation. Nous abordons avec lui un sujet d’actualité : la fin de l’économie de l’attention. Les algorithmes des réseaux pilotés par l’IA ne s’intéressent plus aux achats ou à l’attention, mais aux réactions nerveuses. Pour lui, « dans ce système, se taire n’est pas un retrait. C’est un acte de sabotage. » En effet, les IA prédictives (Meta, TikTok) sont des monstres statistiques voraces. Elles exigent un signal continu pour modéliser votre futur. C’est pour cette raison que l’agressivité est encouragée. Face à cela, en pratiquant le vide de données - scroller sans interagir, naviguer sans pattern – on devient très vite invisible car le silence est le seul cryptage que l’IA ne peut pas casser. Or, le silence est maintenant de plus en plus recherché par les internautes, notamment les jeunes. Le cerveau ne peut pas activer simultanément le Réseau de Saillance (détection d’alertes/dopamine) et le DMN (Default Mode Network ou Réseau du Mode par Défaut). Or, le DMN est l’unique siège de la créativité, de la synthèse et de la construction autobiographique. Il faut savoir que le scroll infini est conçu pour éteindre le DMN. On se retrouve donc avec des gens incapables de nommer leurs propres émotions parce qu’ils ont sous-traité leur intériorité à des flux externes. François Gombert souligne que la surveillance est devenue l’impôt des pauvres et l’opacité le privilège des riches. La Silicon Valley se protège : les cadres de la Tech envoient leurs enfants à la Waldorf School of the Peninsula, qui a comme particularités d’avoir zéro écran, de travailler sur du support papier et de favoriser l’interaction humaine. Actuellement, le confort suprême est le dumbphone de luxe (comme le Punkt MP02) ou la retraite silencieuse. Ainsi, les classes populaires sont connectées, notifiées et tracées, tandis que les élites s’octroient le droit à l’indifférence, l’anonymat, la tranquillité, la sérénité… Dans ce contexte, François Gombert nous livre un conseil : « Utilisez l’outil sans travailler pour lui ; consommez sans signer ; soyez présent, mais illisible. » La Baule+ : Le slogan de votre agence est : « En communication, tout objectif flou mène à une connerie précise.» Comment vous est venue cette phrase ? François Gombert : J’ai commencé à travailler jeune. J’avais 24 ans et je me suis retrouvé face au vice-président d’une très grande entreprise mondiale de bière et de spiritueux. Mon patron m’a demandé de présenter la stratégie numérique du groupe Kronenbourg et le vice-président en charge du marketing n’a pas dit un mot pendant la présentation. C’était déjà déstabilisant. À la fin, il m’a dit : « En communication, tout objectif flou mène inévitablement à une connerie précise. » Il m’a ensuite demandé de revenir la semaine suivante. Mais cette phrase ne m’a jamais quitté. On nous explique que les réseaux sociaux représentent un danger pour la santé mentale des mineurs et qu’il faut les interdire aux moins de 15 ans. Peuvent-ils aussi constituer un danger pour la santé mentale des adultes ? Les réseaux sociaux, cela peut être très bien, comme très dangereux. Interdire les réseaux sociaux, ce n’est pas comme interdire la drogue. On sait que les effets de la drogue sont très dangereux et très négatifs pour la santé. Les réseaux sociaux peuvent quand même permettre à des personnes d’apprendre des choses ou d’avoir d’autres opinions. Encore faut-il savoir sortir de sa bulle de filtre. Effectivement, si vous suivez des gens qui ont toujours le même avis, vous allez penser comme eux et vous allez vous enfermer dans cette bulle de filtre. Pour les adultes, c’est parfois problématique, il faut savoir s’en servir. Sinon, on peut écrire beaucoup de bêtises, avec même de la haine et des menaces, et les gens ne mesurent pas toujours ce qu’ils font. Beaucoup d’adultes ne mesurent pas du tout l’ampleur que peuvent prendre certaines de leurs déclarations sur les réseaux sociaux. J’ai un jeune ado de 12 ans et je n’ai pas attendu Emmanuel Macron pour comprendre la nécessité d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans! Mon fils ne va pas sur les réseaux sociaux. Il a simplement des boucles WhatsApp avec ses copains et nous surveillons cela en tant que parents. Tout parent devrait prendre conscience de cela. Mais on a connu le même problème avec la télévision, puis avec Internet… Ce qui se cache derrière cette mesure, c’est un flicage global Ce qui se cache derrière cette mesure, c’est un flicage global. Si l’on considère que les Français sont tous des veaux, on rentre dans une espèce de régime dictatorial. On est dans une sorte de paternalisme dictatorial délirant. Par exemple, avec la facturation électronique à la fin de l’année, on va savoir, pour une boîte qui vend des téléphones, qui a acheté le téléphone, avec son numéro d’identification, et tout va aller à la DGFIP ! C’est un flicage absolu. Cette interdiction des réseaux sociaux aux mineurs n’est-elle pas un prétexte pour demander une carte d’identité à tous les utilisateurs? Ensuite, on va vraiment pouvoir contrôler chaque Français… Je ne peux pas vous dire cela, parce que je n’en sais rien. Mais je le crains. Je redoute qu’il y ait cette idée derrière tout cela. Mais cela n’a pas commencé avec les réseaux sociaux, cela a commencé avec les sites pornographiques. Finalement, les grands sites X mondiaux ont préféré fermer boutique en France, plutôt que de répondre aux injonctions de l’État français. Il y a 40 ans, unmilitant communiste pouvait s’abonner à L’Humanité en toute confidentialité, de la même manière qu’un militant Front national pouvait s’abonner à Minute. Aujourd’hui, le nombre d’intermédiaires dans le numérique fait que la discrétion a complètement disparu… Il existe des requêtes pour demander à une IA, ChatGPT, Gemini, ou surtout Claude, qui devient vraiment très puissante, pour qui vote telle ou telle personne et ce qu’elle pense. Tout cela provient de bases de données qui sont aux États-Unis. On ne sait pas à quoi servent ces données et si elles sont vendues ou non. Demain, la justice française pourra demander toutes les conversations d’une personne avec une Intelligence artificielle pour ajouter cela à un dossier. Cela peut évidemment être très justifié, notamment dans le cas du terrorisme ou de la pédopornographie. Mais il me paraît très inquiétant que l’on puisse rapporter des conversations privées, ou des conversations avec un robot, comme si l’on parlait à son miroir. Ce sont des conversations que l’on a finalement avec soi-même. J’ai un peu plus de 40 ans et je m’aperçois que nous n’avons jamais eu aussi peu de liberté. Tout
la baule+ Février 2026 | 9 ce que nous faisons est fiché et classé. Face à cela, vous expliquez qu’il est possible de résister par le silence, notamment sur Facebook ou Instagram… L’IA prédictive veut notre droit au futur. C’est une mécanique secrète qui consiste à extraire notre surplus comportemental. On nous vole nos émotions avant même qu’on ne les ressente. Ce n’est pas encore très flagrant en France, mais c’est beaucoup plus fort en Asie et aux États-Unis. Il y a des jeunes très isolés qui ont des relations amoureuses virtuelles et qui partagent leurs émotions avec un robot. Cela arrivera en Europe. L’issue de secours, c’est de devenir l’anomalie silencieuse dans la matrice des données. L’IA est un outil qui ne doit pas devenir le répertoire public de tout ce que l’on pense, de tout ce que l’on aime et de tout ce que l’on n’aime pas. Quand on fait tout un discours sur la protection des données et le RGPD, il me paraît fou de laisser tous ces réseaux en place... On nous explique maintenant que l’on va faire un réseau social européen qui va s’appeler W pour concurrencer X ! C’est d’un niveau intellectuel lamentable. C’est une bêtise, c’est absurde. C’est encore un énarque qui a pensé à cela dans un bureau. On va encore dépenser un paquet d’argent pour rien. Vous démontrez que la surveillance est devenue finalement l’impôt des pauvres, alors que l’opacité est le privilège des riches. D’ailleurs, les études démontrent bien que Facebook et Instagram sont une sorte de réceptacle de gens qui ont besoin d’exister socialement… C’est effectivement l’impôt des pauvres. Nous sommes dans le Vibe Capitalism. C’est un terme repris du livre « Le capitalisme de surveillance » afin d’expliquer que l’on a dépassé l’économie du clic. L’intelligence artificielle est capable de détecter la pression du doigt, la vitesse du scroll et, pour ceux qui font de la vidéo, cela va même jusqu’à la dilatation des pupilles et la gymnastique du visage. Au moment où vous êtes vulnérable, l’algorithme va précéder vos émotions et c’est vraiment effrayant en termes de neurosciences. En nous bombardant avec les émotions des autres sur les réseaux, cela peut aller jusqu’à un harcèlement très violent. Cest un système qui court-circuite notre introspection et l’on devient des gens saignés par des vampires. (Suite page 10)
la baule+ 10 | Février 2026 Il y a de plus en plus de gens qui ne publient plus rien sur Facebook et qui se contentent d’observer ce qui se passe. Il y en a aussi qui abandonnent Facebook et Instagram. Ont-ils tendance à se protéger moralement ? Le groupe Meta n’a pas su renouveler son offre, particulièrement sur Facebook. Les gens quittent Facebook parce qu’il ne s’y passe plus rien et il est difficile d’avoir toujours quelque chose d’intéressant à dire. Quand j’accompagne des dirigeants d’entreprise ou des politiques, je leur dis que s’ils ne donneraient pas au JT de 20 heures de TF1 l’information qu’ils veulent partager, alors il est inutile de la publier sur X. C’est du bon sens. Si l’on fait des publications uniquement pour faire du remplissage, cela dessert la personne et il vaut mieux avoir l’air intelligent une fois, qu’apparaître comme un abruti une vingtaine de fois. Il faut de la densité, avoir du fond et être vrai. Il faut de l’épaisseur, un surplus d’émotion. Sinon, c’est lisse. Le scroll est conçu pour éteindre le DMN, c’est-àdire le siège de la créativité, de la synthèse et de la construction dans notre cerveau. Donc, cela implique que les messages et les publicités sur Facebook et Instagram ne serviraient à rien... J’ai invité des gens à faire un test en faisant défiler leur LinkedIn pendant 20 secondes et en leur demandant après le nombre de logos qu’ils avaient identifiés ou aimés. Dans 99 % des cas, c’est zéro ! Aujourd’hui, les logos ne fonctionnent plus du tout et il faut vraiment avoir une marque très forte comme McDonald’s. D’ailleurs, ils n’ont même plus besoin de mettre leur logo : ils mettent simplement un paquet de frites et l’on comprend que c’est McDonald’s. 99 % des marques n’existent pas. Elles doivent exister par l’incarnation et pas par des porte-paroles. Il faut fuir les notifications permanentes, il faut éviter d’être surveillé et fiché Par exemple, Xavier Niel avec Free… C’est un très bon exemple. C’est une personnalité, c’est aussi un personnage, c’est quelqu’un qui joue le jeu. Le nouveau luxe aujourd’hui, c’est le silence, l’anonymat et le temps. Il faut fuir les notifications permanentes, il faut éviter d’être surveillé et fiché. C’est la raison pour laquelle on voit de plus en plus de dumbphones. Ce sont ces téléphones sans la 5G ou sans la 4G, qui ne servent qu’à téléphoner et à envoyer des SMS. On assiste aussi au retour du Nokia 3310. Ce sont des gens qui ne veulent pas se mettre en retrait de la société, mais qui veulent rester dans leur environnement, dans leur écosystème, avec leur réseau. Ces gens n’ont pas envie de participer à ce grand cirque informationnel. Le silence, c’est aussi le choix de ne pas dire toutes les cinq minutes ce que l’on pense sur un réseau Notre conversation me fait penser à la métaphore suivante : imaginons une plage. La classe moyenne est sur sa serviette, passe son temps à scroller sur les réseaux, mais elle ne profite pas vraiment de la nature. En face, au large, sur un bateau, un chef d’entreprise, quadra ou quinquagénaire, avec un téléphone basique, lit Le Figaro ou Les Échos en version papier… Dans votre image, vous décrivez la perte des émotions des personnes qui sont sur leur serviette de plage. C’est ce que disent les médecins avec l’addiction aux écrans chez les jeunes. C’est un problème de santé publique, un peu comme le tabac dans les années 70. C’est même plus profond. Le tabac s’attaque à nos poumons, alors que le Vibe Capitalism s’attaque à notre ontologie et à ce qui fait de nous des êtres singuliers. Quand on ne sait plus identifier ses propres émotions, sa mélancolie, sa nostalgie ou sa joie, on devient un terminal passif. Sur la seconde partie de votre image, vous décrivez ceux qui ont compris qu’ils avaient droit à leur futur et qui veulent garder la main sur leur imaginaire et leur réflexion. Le silence et le temps, c’est du luxe. Le silence, ce n’est pas ne rien dire et ne pas penser. Le silence, c’est aussi le choix de ne pas dire toutes les cinq minutes ce que l’on pense sur un réseau. Vous évoquez cette personne qui lit son journal papier, en miroir à ces gens qui sont sur les réseaux sur la plage, et cette personne est dans la réflexion avec du fond et de la profondeur, ce qui lui permet de structurer sa réflexion et son imaginaire. Cette personne n’a pas besoin de faire des tweets pour s’enrichir intellectuellement et elle ne vend pas son âme et sa réflexion aux géants des réseaux sociaux. Propos recueillis par Yannick Urrien. François Gombert : « Aujourd’hui, les logos ne fonctionnent plus du tout et il faut vraiment avoir une marque très forte. » la baule+ Contactez : Fabienne: 06 08 80 39 55 fabienne@labauleplus.com Hervé : 06 52 20 34 64 herve@labauleplus.com La référence locale des annonceurs exigeants
la baule+ 12 | Février 2026 Vous pardonnerez certainement mon arrogance. Je me permets en effet de corriger une erreur commune, une méprise à laquelle il convient de mettre fin une bonne fois pour toutes. Il est de coutume d’appeler lunettes de vue les bésicles transparentes aux verres correcteurs plus ou moins incolores, alors que les lunettes noires sont qualifiées, elles, de lunettes de soleil, lunettes solaires, que sais-je… Rien de plus faux ! Il est grand temps, disais-je, de changer cela. Ce sont bel et bien les lunettes noires qui sont de vue. Absolument. La raison en est que, fort souvent, de telles lunettes ne sont portées par les uns et les autres que pour être vus! Pour être remarqués, pour sortir du marais des sans lunettes, s’extirper de l’anonymat de la foule. Il me semble que Roland Barthes, en son temps, a écrit quelque chose là-dessus, du genre : les luHUMEUR > Le billet de Dominique Labarrière Lunette et solitude noires nettes noires de la star ne sont pas là, sur son nez, pour la faire passer inaperçue, mais au contraire pour bien afficher, affirmer son statut de star. Et il est vrai que de porter de telles lunettes, de cacher ses yeux, d’occulter son regard, du moins de l’extérieur, est encore ce qu’il y a de mieux pour, paradoxalement, les attirer, les regards. Voyez M. Le Président de La République, à Davos. On n’a parlé que de cela. On n’a vu que cela. Lui, dont la presse internationale traînait quelque peu les pieds depuis déjà un bon moment pour prendre la peine de relayer ses innombrables prises de paroles, voilà qu’elle lui a ouvert en grand ses pages, ses colonnes. Avec photo, bien évidemment. Avec polémique aussi, tout aussi évidemment. Sont-elles bien aussi françaises qu’on voudrait nous le faire croire, ces lunettes à 650 balles ? Il semblerait que si le prix, lui, est bien français tendance luxe, la fabrication le serait moins. Que nous importent ici ces mesquineries. Non, ce qu’il y a de tout à fait étonnant dans cette affaire, c’est le panurgisme de toute une catégorie sociale, ces gens, des mecs pour la plupart, probablement majoritairement cadres à costard cintré et souliers pointus, qui se sont précipités chez l’opticien pour avoir les leurs. Razzia à rendre fou Afflelou. Le cours de la bourse qui s’envole. Les ateliers qui tournent à plein régime. Au point que les industries du chapeau pointu et du nez de clown, plutôt en galère ces temps-ci, se sont fendues d’une supplique adressée à l’Élysée dans l’espoir que le président, lors de ses prochains sommets internationaux, arbore fièrement l’un et l’autre de ces accessoires. Si cela ne relance pas ces estimables productions, voilà qui, au moins, devrait faire rire les petits enfants… Vous avez vu comme moi les clichés de M. Macron enlunetté. Tout de suite, je me suis dit : Ah ça, bon sang ! Le cheveu un peu plus long, un bon gros havane dans le bec, et voilà notre Jacques Dutronc en invité vedette du forumde Davos, venu là pour chanter devant ces dames et messieurs trop gâtés par le sort : « Dans la vie, il y a qu’des cactus - Moi, je me pique de le savoir ». Ou encore, également assez bien trouvé: « Parce que je suis opportuniste, je ne fais qu’un seul geste, je retourne ma veste toujours du bon côté… » (En option, mais beaucoup plus chers : les refrains assurés par Mme Van der Leyen en tenue de Claudette.) Foin de galéjade ! Soyons donc un peu charitables. Il semblerait que la raison de cet aménagement du look présidentiel soit dû à un mal d’œil, qu’on nous dit léger, ce dont nous nous réjouissons, bien évidemment. Irritation pour avoir versé trop de chaudes larmes sur l’état présent du pays, ou encore pour s’être mis le doigt dans l’œil bien profond en s’imaginant que MM. Poutine et Trump prêteraient vraiment attention à ses récriminations, le premier renonçant à son délire ukrainien, le second à son caprice esquimau. On ne saurait dire. Les motifs ne manquent pas. Mal d’œil, avancions-nous. J’en ai jeté un, d’œil, sur des rubriques médicales supposées traiter de ces sujets. Les causes, elles aussi, sont légion. J’ai renoncé à toutes les lire, de peur que ma vision ne s’altère, mes pupilles ne s’échauffent ou quelque chose du genre et que je me retrouve contraint de macroniser mon look. À 650 balles la plaisanterie, merci bien ! En fait, c’est en m’en remettant au simple bon sens que la vérité m’est apparue. En cette fin de règne, le président serait très seul. Vraiment seul au milieu de son grand palais. La solitude bien noire, voyez-vous. Alors, dans son désarroi, peut-être se sera-t-il dit qu’un compère loriot, c’est toujours mieux que pas de compère du tout… Régie publicitaire : Fabienne: 06 08 80 39 55 Hervé : 06 52 20 34 64 De la portée, de la confiance, du local
la baule+ Février 2026 | 13 La Ville de La Turballe se mobilise à nouveau en 2026 autour de la Journée internationale des droits des femmes, avec une série de rendez-vous culturels et participatifs étalés de février à mars. Le fil conducteur choisi cette année reprend une phrase d’Olympe de Gouge : « La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits », clin d’œil à cette figure du XVIIIe siècle souvent citée parmi les pionnières du féminisme en France. Premier temps fort : l’exposition « Portraits d’ailleurs », présentée du 10 février au 14 mars à la Bibliothèque Anita Conti. Le public pourra y découvrir une sélection de portraits à l’aquarelle signés Stéphanie Ledoux, mettant en lumière des peuples, des habits traditionnels et une technique de portrait tout en finesse. Le vendredi 6 mars, place aux échanges, à 19 h, avec la soirée « Portraits de femmes ». Deux auteurs, Dominique Sureau et Bernard Tabary, viendront présenter leurs ouvrages consacrés à des figures féminines “exceptionnelles”, dans un format discussion ouvert à tous (public ados/adultes, gratuit). Autre proposition, plus participative : un atelier d’écriture le samedi 14 février, de 14 h à 16 h, toujours à la bibliothèque. Animé par Nicole Goueythieu, ce temps de création en groupe vise à stimuler l’imaginaire autour d’un thème proposé sur place (ados/adultes, gratuit, sur inscription). Le samedi 21 mars, la dimension citoyenne sera au cœur de l’après-midi avec la « Fresque du sexisme », de 13 h 15 à 16 h 30 au Centre Culturel SaintPierre. L’atelier, proposé par l’Victimes mais pas démunies, est présenté comme un moment d’intelligence collective pour comprendre les mécanismes du sexisme et imaginer des pistes vers une société plus égalitaire (à partir de 18 ans, inscription obligatoire via le site de la Ville, rubrique agenda). Enfin, du 17 au 31 mars, une seconde exposition, intitulée « La Liberté », viendra prolonger la programmation à la bibliothèque. Elle réunira des œuvres de l’association Prisme, visibles aux heures d’ouverture. Infos pratiques et inscriptions : atelier d’écriture au 02 40 23 33 28 et par mail (bibliotheque@laturballe.fr). Pour la Fresque du sexisme : inscription en ligne sur laturballe.fr, rubrique agenda. La Turballe : animations autour de la Journée internationale des droits des femmes
la baule+ 14 | Février 2026 Musique > L’auteur, compositeur et interprète sort son nouvel album : « Le Soleil des absents » Bénabar : « Chaque vote est équivalent, il n’y a pas de bon ou de mauvais vote. » Bénabar est de retour avec un nouvel album. Cinq ans après son précédent opus, le chanteur s’apprête à retrouver son public à l’Olympia le 29 avril prochain, puis lors d’une tournée nationale. Des chansons écrites à Saint-Pierre-et-Miquelon où il s’est ressourcé. Bénabar était l’invité de Yannick Urrien sur Kernews le samedi 21 janvier, le lendemain de la sortie nationale de son album. Photo : Yann Morrisson La Baule+ : Votre dernier album, « Le Soleil des absents », est disponible. Il y a évidemment le style Bénabar, cette touche très particulière, mais il y a un nouvel univers avec chaque album, tel un livre de vie. Cela me fait penser à Claude Lelouch, qui a toujours son style mais dont chaque film est une nouvelle histoire qui nous amène à nous interroger ou à nous reconnaître… Bénabar : Claude Lelouch, c’est très flatteur. Déjà, parce que c’est un grand cinéaste. Je n’y avais pas du tout pensé. Cependant, je comprends ce que vous voulez dire. Ceux qui ont de 40 à 60 ans vont s’identifier en écoutant « Une playlist de darons ». Vous vous moquez de ces quinquas qui écoutent les chansons des années 80 ou 90 lors du barbecue dominical… C’est tout à fait autobiographique. Tous mes copains voient très bien ce que c’est que de mettre de la musique autour du barbecue, avec les gosses qui essayent d’avoir le Bluetooth pour prendre le contrôle de l’enceinte ! Sur TikTok, les gamins chantent « La Maritza » de Sylvie Vartan et ils ne l’auraient sûrement jamais entendue sans TikTok En réalité, les quinquas tentent de mettre des musiques actuelles, alors que les jeunes vont vous surprendre en écoutant Michel Delpech ou Julien Clerc... Il y a de cela et c’est une très bonne nouvelle. C’est le bon côté des réseaux, parce que l’on a un peu tendance à ne voir que le mauvais côté des réseaux. Par exemple, sur TikTok, les gamins chantent « La Maritza » de Sylvie Vartan et ils ne l’auraient sûrement jamais entendue sans TikTok. En plus, c’est une chanson que j’adore personnellement et les gosses la découvrent par TikTok. Ainsi, il y a aussi un côté vertueux sur les réseaux sociaux. Pour moi, une vedette est quelqu’un dont tout le monde connait le nom lors d’un banquet de famille : ainsi, l’ado de 15 ans et les mamies connaissent Sheila… Pour vous, je ne vais pas aller jusqu’à l’arrière-grand-mère, mais jusqu’à la grand-mère. Vous y êtes presque ! Cela me touche beaucoup de voir des mômes, des familles, des gens de mon âge et des seniors dans mes concerts. J’ai 56 ans et, évidemment, le public évolue avec moi. Mais l’idée de chanter pour tout le monde, d’où qu’il vienne, quel qu’il soit, c’est vraiment un truc qui m’obsède depuis longtemps. C’est pour cela que j’ai une telle vénération pour la chanson dite « populaire», parce qu’une chanson populaire est une chanson qui s’adresse à tous et, après, c’est le public qui choisit. Mais ce n’est pas le chanteur qui choisit son public. Je ne pense pas que l’on puisse aimer «un petit peu» Saint-Pierreet-Miquelon L’idée de cet album, «Le Soleil des absences», a commencé par un voyage à Saint-Pierreet-Miquelon. Mais d’où vient cette idée saugrenue d’aller jusqu’à SaintPierre-et-Miquelon ? C’est vrai, je ne sais pas. J’avais ça au fond de ma tête... Parfois, on a des rêves et l’on se dit : « Tiens, un jour, il faudrait que j’aille à Saint-Pierre-et-Miquelon, je dois faire ceci ou cela… » et on ne le fait pas forcément derrière. En fait, je cherchais une destination qui bouleverse mes habitudes, un peu inconnue, un peu mystérieuse, un peu XIXe siècle, parce que hors saison il faut 48 heures pour aller à SaintPierre-et-Miquelon ! On va d’abord à Montréal. Après, on va à Halifax. Rien que Fabienne: 06 08 80 39 55 fabienne@labauleplus.com Hervé : 06 52 20 34 64 herve@labauleplus.com la baule+ Contactez-nous pour votre publicité presse, radio ou web :
la baule+ Février 2026 | 15 le nom d’Halifax me faisait déjà fantasmer. Ensuite, on va à Saint-Pierre et il faut reprendre le bateau pour aller à Miquelon ! C’est vraiment un périple et il se trouve que je suis tombé amoureux de l’archipel. Déjà, que ce soit en France, cela me plaisait. J’avais envie d’aller à un endroit où l’on parle français, un peu comme si j’allais au bout de la France, entre le Canada et Terre-Neuve. Il y a les pêcheurs et le souvenir de la Prohibition. C’est une ville riche en histoire. C’est le premier territoire libéré à la fin de la guerre. C’est aussi là que passait l’alcool qui allait aux États-Unis pendant la Prohibition. C’est un endroit étonnant, qui ne laisse pas indifférent. On déteste ou on adore ! Je ne pense pas que l’on puisse aimer «un petit peu » Saint-Pierreet-Miquelon. Moi, j’ai adoré. La préparation de cet album vous a demandé plus de temps, en raison de la perte de votre « frangin de scène » Denis Grare... La perte de Denis a été un séisme humain dans tous les sens. Cela a marqué une obligation de remise en question pour moi, parce que je n’avais jamais imaginé l’éventualité de monter sur scène sans Denis. Nous avons commencé en 1995 ensemble et, depuis, on ne s’est plus quitté. Donc, cela a été un bouleversement dans tous les domaines de ma vie, évidemment sentimentale et amicale, mais aussi professionnelle. Aller sur scène sans Denis, c’est quelque chose que je vais faire pour la première fois cette année. Vous évoquez la camaraderie dans une chanson. Les amis sont forcément des camarades, mais la réciproque n’est pas obligatoire... C’est vrai, parce que l’on peut être camarade, camarade de tournée, on peut être camarade quand on partage un moment ponctuel, camarade de régiment, dans une équipe de foot… Souvent, c’est très proche de l’amitié. Je ferai encore une nuance car je pense que l’on peut être ami sans être camarade : vous pouvez avoir un ami à l’autre bout du monde et ne communiquer que par mail, donc vous n’avez aucune camaraderie de fait, mais cela peut être un ami sincère. Votre album est une sorte de portrait de vie d’une génération, où les 40-60 ans vont forcément se reconnaître. En l’occurrence, c’est ma génération. Je suis conscient aussi de souvent parler de la classe moyenne d’où je viens, de la banlieue, enfin de ceux qui ne sont pas parisiens. Il y a un miroir, mais il est important aussi de se détacher de soi-même pour essayer de s’adresser à tout le monde et, idéalement, toucher tout le monde. (Suite page 16)
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