la baule + L’essentiel de la presqu’île guérandaise ! Mensuel gratuit d’informations - N° 256 - Octobre 2025 SOYEZ RESPECTUEUX DE L’ENVIRONNEMENT : NE JETEZ PAS CE JOURNAL SUR LA VOIE PUBLIQUE, EMPORTEZ LA BAULE+ CHEZ VOUS ! MAISON Les offres anniversaire au Magasin de la Literie Page 3 AMOUR Marianne Lehodey lance l’Agence Jade pour faciliter les rencontres amoureusese Page 4 MARC TOUATI YVES DUPONT ALIMENTATION Jacky Allonville : le combat du cofondateur de Biocoop Page 12 L’économiste, président du cabinet ACDEFI et conseiller économique d’eToro, dénonce une crise multiforme en France et des tentatives de censure le concernant. Pages 6 à 8 Lorsque la science se rapproche de la religion. L’un des plus grands scientifiques français ose poser la question : le monde quantique laisse-t-il entrevoir un Esprit créateur ? Pages 20 à 22 Thierry Marx La presqu’île va se doter d’une identité culinaire avec l’aide du chef étoilé Pages 14 et 15 TÉLÉCHARGEZ L’APPLICATION la baule+
la baule+ 2 | Octobre 2025 Atlantia s’apprête à vivre une saison culturelle 2025-2026 exceptionnelle, avec 55 spectacles programmés, contre 41 l’an dernier. Derrière cette montée en puissance, deux figures bauloises : Nicolas Appert, président, et Corinne Denuet, diNicolas Appert et Corinne Denuet annoncent une hausse importante de la fréquentation d’Atlantia rectrice générale. Depuis deux ans, la fréquentation progresse de manière spectaculaire : +30 %. Nicolas Appert salue une dynamique confirmée par les chiffres : « Nous avons vendu 30 726 places en 2024-2025, soit une progression de 30 % en deux ans sur les spectacles payants. » Cette réussite valide la stratégie mise en place par Corinne Denuet et son équipe, qui ont multiplié les partenariats et renforcé la communication pour diversifier l’offre et toucher un public toujours plus large. Concerts, danse, humour, théâtre, festivals, mentalisme et magie : Atlantia mise sur l’éclectisme pour séduire tous les publics. Le théâtre sera particulièrement à l’honneur avec les Théâtrales, qui accueilleront six pièces parisiennes inédites, portées par des noms prestigieux comme Michel Leeb, Patrick Timsit ou Guillaume de Tonquédec. Côté danse, le Grand Ballet de Kiev présentera Carmen & Boléro en février, tandis que Yannick Noah et Julien Clerc sont attendus en concert début mars. L’humour tiendra également une place de choix, avec Paul Mirabel (déjà complet), Booder, Nora Hamzawi ou encore Haroun. Le festival Les Voiles de l’humour devrait quant à lui réunir près de 5 000 spectateurs en avril. Corinne Denuet explique avoir doublé le nombre d’opérateurs partenaires, en leur garantissant un taux de remplissage élevé. Elle souligne aussi le rôle de son équipe technique, « reconnue à Paris pour son professionnalisme », un atout qui attire de grands noms en toute confiance. Pour séduire le public, Atlantia propose différentes formules : billets à l’unité, packs découverte ou premium, et bons cadeaux, qui rencontrent un franc succès. Pour Nicolas Appert et Corinne Denuet, l’objectif est clair : faire d’Atlantia un lieu incontournable de la vie culturelle régionale, capable d’attirer aussi bien les Baulois que les spectateurs venus de tout l’Ouest.
la baule+ Octobre 2025 | 3 Les offres anniversaire au Magasin de la Literie : « Bien dormir, c’est bien vivre » Le sommeil est un besoin vital et la qualité de nos nuits conditionne directement notre santé, notre énergie, et même notre humeur. Pourtant, bien choisir sa literie reste une démarche délicate : un matelas ou un sommier ne se choisissent pas comme une table ou un meuble de télévision. Chaque morphologie est unique, chaque besoin est particulier. C’est précisément ce qui fait la force du Magasin de la Literie, qui revendique une approche différente et personnalisée depuis bientôt quatre décennies. Créé le 15 octobre 1987, le Magasin de la Literie fête cette année ses 38 ans. Restée familiale, l’entreprise conserve son indépendance dans le choix de ses partenaires et fournisseurs. Une enseigne familiale et indépendante «Nous construisonsnosgammes avec les grandes marques, mais également avec des fabricants capables de proposer des produits fiables et innovants », explique Barbara. L’idée est d’offrir une sélection large, avec des prix négociés au plus juste. L’équipe ne se contente pas de vendre des produits : elle s’informe en permanence sur les recherches autour du sommeil, afin de comprendre ce qui fait la différence entre une nuit agitée et un sommeil vraiment réparateur. Les collaborateurs sont également formés directement auprès des fabricants, pour connaître les dernières innovations et pouvoir conseiller leurs clients de manière éclairée. Tendances et nouveaux usages Au-delà des literies classiques, l’enseigne met en avant les literies de relaxation, autrefois réservées aux seniors, mais désormais adoptées par une clientèle plus jeune. « Dès 30 ans, certains clients choisissent ces solutions pour améliorer leur confort, lire ou regarder la télévision dans leur lit», souligne Barbara. Ce changement témoigne d’une évolution dans la manière d’envisager la chambre, devenue un véritable espace de vie et de détente. Le Magasin de la Literie ne s’arrête pas au seul matelas. Oreillers adaptés à chaque morphologie, couettes respirantes en matières naturelles, linge de lit de qualité – percale, satin de coton, lin ou flanelle – tout est pensé pour composer un environnement propice à un sommeil profond et durable. Les offres anniversaire À l’occasion de son 38e anniversaire, l’enseigne organise tout au long du mois d’octobre ses « offres anniversaire », avec des conditions spéciales sur une sélection de produits. Un rendez-vous annuel qui illustre l’engagement de ce magasin indépendant : rendre le confort de qualité accessible au plus grand nombre, tout en défendant un savoir-faire fondé sur l’écoute et le conseil personnalisé. Magasin de la Literie, 6, rue de la Héronnière, Zone commerciale Auchan à Trignac. Tél. 02 40 90 15 07. Site : www.magasin-de-laliterie-44.fr Ouvert du lundi au vendredi de 9h30 à 12h15 et de 14h à 19h et le samedi en continu. À Sainte-Marguerite, le quartier Mercier conservera durablement son caractère champêtre. Les chemins en terre battue qui serpentent entre les pins resteront tels quels, protégés par une servitude désormais inscrite dans un acte notarié signé le 8 septembre dernier par le maire de Pornichet, Jean-Claude Pelleteur. Cette décision met fin à une situation administrative complexe qui durait depuis près d’un siècle. Les voies du quartier, dont le statut cadastral prêtait à confusion, ont été intégrées au domaine public après l’approbation de l’État au printemps 2025. Une enquête publique, organisée en amont, avait permis de recueillir l’avis des riverains : une nette majorité s’était prononcée pour cette régularisation. L’engagement de la municipalité ne se limite pas au cadre juridique. Ces dernières semaines, la Ville a entrepris des travaux pour améliorer l’écoulement des eaux pluviales et préserver ainsi la qualité des chemins, régulièrement fragilisés par les intempéries. Avec cette mesure, les habitants du quartier et les promeneurs disposent désormais de la garantie que ce coin singulier, situé au-dessus de la plage de Sainte-Marguerite, restera fidèle à son esprit d’origine : un lieu naturel, discret et protégé, à l’écart de l’urbanisation. Pornichet : le quartier Mercier préserve son charme naturel
la baule+ 4 | Octobre 2025 Marianne Lehodey lance l’Agence Jade pour faciliter les rencontres amoureuses Les sites de rencontres ne favorisent pas toujours les relations sérieuses et se révèlent souvent excluants, la superficialité prenant rapidement le dessus. Partant de ce constat, Marianne Lehodey a créé Jade, une agence de rencontre amoureuse ouverte à toutes les générations. Contact : Agence Jade, 1 bis, allée du Parc de Mesemena, La Baule. Tél. 06 08 93 29 26. Courriel : contact@agencejade.fr Site : agencejade.fr La Baule+ : On assiste à un renouveau des agences traditionnelles qui défendent une certaine éthique. Est-ce que l’agence Jade s’inscrit dans cette tendance? Comment vous est venue l’idée ? Marianne Lehodey : C’est exactement cela. Quand j’avais 10 ans, mon père a quitté ma mère, qui en avait alors 38. Elle était malheureuse et n’osait pas publier d’annonces dans les journaux. Sa meilleure amie l’a inscrite en cachette dans une agence matrimoniale. Lors de l’entretien, elle avait précisé qu’elle ne voulait ni d’un veuf, ni d’un homme avec de jeunes enfants. Finalement, on lui a présenté un veuf… avec deux enfants en bas âge ! Et pourtant, ce fut un vrai coup de foudre. Cette rencontre a bouleversé sa vie, et la mienne. Quelques mois plus tard, nous avons emménagé chez lui. Trentecinq ans plus tard, ils sont toujours ensemble. Depuis, je rêve de susciter ces rencontres qui changent une vie et d’offrir du bonheur grâce à l’amour. L’être humain ne peut pas vivre seul Comment parvenez-vous à sentir que deux personnes peuvent être compatibles ? L’être humain ne peut pas vivre seul, c’est une certitude. Je consacre plus de deux heures à chaque entretien, en interrogeant la personne sur son histoire personnelle, son passé amoureux, ses valeurs, ce qui a fonctionné ou non, et ce qu’elle recherche. Les relations humaines m’ont toujours passionnée. Ce qui compte avant tout, c’est ce qui touche à l’âme humaine Tout le monde souhaite rencontrer quelqu’un d’intelligent, drôle, sportif, dynamique, avec une bonne situation… Mais cela ne suffit pas. C’est pourquoi les entretiens personnalisés sont essentiels. Onn’apas forcément uncoup de cœur pour quelqu’un qui nous ressemble, mais pour une personne qui partage les mêmes valeurs. Celles-ci peuvent être sociologiques, culturelles, professionnelles ou intellectuelles. Ce qui compte avant tout, c’est ce qui touche à l’âme humaine. Il est donc primordial de bien cerner la personnalité de chacun et d’établir son profil. Pourquoi avoir choisi l’expression “agence de rencontre amoureuse” plutôt qu’“agence matrimoniale” ? Parce que le terme “matrimoniale” renvoie immédiatement au mariage, et je ne veux pas forcer qui que ce soit à franchir cette étape. Mon but est simplement d’aider les gens à s’aimer. Cela ne veut pas forcément dire se marier ni emménager ensemble le lendemain, mais avant tout partager. Les plus jeunes veulent une approche plus humaine De nombreuses études montrent que les jeunes sont de plus en plus en quête de valeurs traditionnelles. Est-ce pour cela que vous ciblez aussi les trentenaires ? Oui, les plus jeunes se lassent des applications où l’on zappe d’une photo à l’autre. Ils veulent une approche plus humaine. C’est pourquoi je m’adresse à tous, dès l’âge de 30 ans. Après plusieurs années de tensions internes, la Ville de La Baule a décidé de tourner une page importante dans la gestion de ses infrastructures sportives. Le maire, Franck Louvrier, a annoncé la fin de la convention signée avec l’association La Baule La Baule : la mairie cherche un nouvel opérateur pour le tennis municipal Tennis Club. Cette rupture prendra effet le 1er janvier 2026 et concerne les deux sites emblématiques : le Garden et le Sporting. Dans un communiqué, la municipalité précise que cette décision est guidée par « un souci d’équité, de transparence et de probité» et qu’un appel à manifestation d’intérêt (AMI) sera lancé dans les prochaines semaines. Cette procédure, ouverte au gestionnaire sortant comme à d’éventuels nouveaux candidats, doit permettre de garantir « la meilleure offre sportive possible pour les habitants et les visiteurs », dans le respect d’un cahier des charges strict. Cette démarche s’inscrit dans la lignée d’autres réorganisations menées par la Ville, comme celle du Centre Équestre Baulois, confié à un nouveau partenaire il y a quelques années. La décision n’a surpris que modérément les pratiquants. L’ambiance au sein du tennis municipal était décrite comme conflictuelle depuis longtemps. Franck Louvrier avait commandé un audit des finances de l’association. Selon nos informations, le rapport mettait en lumière une gestion jugée sévèrement. À cela s’ajoutaient des tensions personnelles et des rivalités internes, fréquentes dans la vie associative... La mairie insiste sur le fait que cette transition ne pénalisera pas les pratiquants. Aucun tarif supplémentaire ne sera appliqué et les adhérents ayant déjà payé leur cotisation ne devront pas la régler à nouveau. Les activités seront maintenues sans interruption, assure la municipalité, qui appelle à « un esprit de dialogue et de responsabilité partagée ». « Le tennis occupe une place historique et essentielle dans l’identité sportive de La Baule-Escoublac. Avec ce nouvel appel à manifestation d’intérêt, nous voulons garantir la continuité pour les pratiquants tout en ouvrant la voie à un projet ambitieux, moderne et équitable », a déclaré Franck Louvrier, maire de La Baule et vice-président du Conseil régional des Pays de la Loire. Dans son communiqué, la Ville rappelle que le tennis doit rester un « vecteur de convivialité » et de fair-play. Un rappel qui, au vu des dernières années mouvementées, sonne peut-être comme un appel à l’apaisement.
la baule+ Octobre 2025 | 5 Le Casino de Pornichet accueille jusqu’au 2 novembre une exposition consacrée à l’artiste Catherine Cailleux, dite CatK. Graphiste de formation et peintre passionnée, elle y présente une sélection d’œuvres inspirées par l’océan et les paysages lumineux de Pornichet. Ses toiles, réalisées à l’acrylique, à l’aquarelle ou au pastel, traduisent une sensibilité particulière pour la mer et ses horizons, mêlant réalité et rêverie. En ouvrant régulièrement ses portes à des artistes, le Casino de Pornichet affirme sa volonté de s’impliquer dans la vie culturelle locale et d’offrir au public un lieu de découverte inattendu. L’exposition est accessible gratuitement aux visiteurs. CatK expose au Casino de Pornichet jusqu’au 2 novembre
la baule+ 6 | Octobre 2025 Liberté ► L’économiste dénonce des pressions pour le faire taire Marc Touati : « On essaye de faire taire les personnes qui défendent la vérité économique. » La Baule+ : Vous êtes connu pour votre liberté de ton. Or, vous semblez en subir les conséquences aujourd’hui. Que se passe-t-il ? Marc Touati : Malheureusement, je ne m’attendais pas à vivre cela en France! Je fais ce métier depuis trente ans. J’ai l’habitude d’avoir des pressions, y compris de ministres et, parfois, on m’a même menacé de me virer quand je travaillais dans une banque il y a quelques années. Mais, heureusement, cela n’a jamais été suivi Marc Touati est économiste, président du cabinet ACDEFI et conseiller économique d’eToro. Il dénonce une crise multiforme en France et des tentatives de censure le concernant. d’effets. Depuis quelques mois, c’est différent et le sort s’acharne. On a d’abord fermé mes comptes bancaires sans aucune raison, alors que cela fait quarante ans que je suis dans la même banque, et le directeur m’a téléphoné en me disant que la banque ne voulait plus travailler avec moi. J’ai demandé pour quelles raisons, parce que je n’ai jamais été à découvert et je n’ai jamais eu le moindre problème. Le droit bancaire autorise une banque à fermer vos comptes sans aucune raison. Heureusement, il y a d’autres banques. On a fermé mon compte personnel, le compte de mon entreprise et les comptes de mes enfants. Il y a de faux messages qui circulent sur les réseaux sociaux, avec mon image Quelques semaines plus tard, il y a eu un contrôle fiscal sur mon entreprise, puis un contrôle fiscal personnel. Ensuite, il y a eu de nombreuses attaques sur mon site Internet. Maintenant, il y a de faux messages qui circulent sur les réseaux sociaux, avec mon image, parfois même des vidéos, mais c’est de l’intelligence artificielle, pour inciter les gens à acheter tel ou tel produit financier. Ce n’est absolument pas moi ! D’ailleurs, vos clients sont des professionnels et vous ne demandez jamais d’argent à des particuliers. Si l’on voit une publicité sur Facebook avec Marc Touati préconisant des investissements financiers, ce n’est absolument pas vous… Je vends des conseils à des sociétés privées, c’est mon métier, mais je ne demande jamais d’argent à des particuliers. Il faut toujours signaler cela. J’ai recruté des informaticiens pour lutter contre cela. Il y a à peu près trois faux sites qui se créent chaque jour. J’ai contacté les dirigeants de Facebook et de WhatsApp, or ils me répondent qu’ils ne peuvent rien faire. C’est quelque chose de très opaque. Je n’ai aucune tendance suicidaire ! Facebook vous répond qu’il ne peut rien faire lorsqu’il s’agit de supprimer des contenus illégaux vous concernant. On les a connus beaucoup plus réactifs au moment du confinement ou de la vaccination ! C’est clair ! C’est complètement fou. Je dénonce un compte qui pirate mon image pour inciter des gens à faire des investissements opaques, or Facebook me répond que c’est un compte autorisé. Il se passe des choses vraiment bizarres. Maintenant, je ne vais pas évoquer les autres pressions que je reçois. C’est triste, je ne fais rien de mal, je suis indépendant, je ne suis pas un militant politique. J’ai simplement ma vision du monde et je commence à déranger. J’ai 260 000 abonnés sur ma chaîne YouTube, je suis invité sur de nombreux médias, donc je dois déranger... J’espère simplement que nous sommes toujours en France en 2025 et que nous ne sommes pas passés en URSS. D’ailleurs, je rappelle souvent cette phrase de George Orwell : « Dans une période de supercherie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire.» Je précise enfin que je n’ai aucune tendance suicidaire ! Si, dans les semaines qui viennent, il y a encore des augmentations d’impôts, ce sera une hécatombe Il y a toujours eu des conflits entre le pouvoir et les médias, par exemple l’affaire des faux plombiers au Canard enchaîné. François Mitterrand éprouvait une forme de respect à l’égard de ses opposants. Aujourd’hui, c’est différent, car on essaye réellement de « massacrer » les paroles divergentes… C’est vraiment ce qui est triste. Je veux simplement le bien de mon pays. J’ai des recettes pour sortir mon pays de l’ornière. Cela fonctionne dans la plupart des pays dans le monde, mais on refuse toujours de les appliquer en France. Maintenant, je ne comprends pas pourquoi on essaye de nuire à ce point. J’espère que les choses vont se calmer, mais si cela doit continuer, évidemment j’irai ailleurs en attendant que cela se calme. Cependant, c’est la bonne nouvelle, cela veut dire que nous sommes dans le vrai et que nous dérangeons : car si ce que je disais n’avait pas de sens, on me laisserait faire... C’est sans doute parce que je suis dans le concret que je dérange. J’ai fait une grande émission de radio il y a quelque temps et le présentateur m’a raconté exactement la même chose. Il a fait une interview de l’ancien Premier ministre, François Bayrou, qui n’a pas aimé son ton, et cinq jours plus tard cette personne a eu un contrôle fiscal, alors qu’il est salarié... Donc, cela ne rapporte évidemment rien. C’est juste pour embêter la personne, pour lui mettre la pression. En ce qui me concerne, c’est évidemment pour m’impressionner. Je dois gérer cela, alors que mon épouse a des problèmes de santé. Il faut que cela s’arrête. Je pense que l’on peut encore sauver notre pays. Mais si l’on n’applique pas les bonnes mesures dans l’année qui vient, ce qui va nous arriver risque d’être compliqué et très grave. Je me donne un an avant de prendre des décisions plus extrêmes, comme quitter la France. Mais j’espère vraiment ne pas pas en arriver là. Aujourd’hui, il y a énormément de Français qui quittent la France. Mon discours est plus optimiste et je dis que nous avons encore une chance. Mais si, dans les semaines qui viennent, il y a encore des augmentations d’impôts, ce sera une hécatombe et la France sera vraiment au fond du trou. Les dirigeants français ont alimenté l’inculture économique pour pouvoir faire ce qu’ils veulent afin que l’on ne puisse pas voir la réalité
la baule+ Octobre 2025 | 7 Les médias subventionnés défendent l’idée de la taxe Zucman : qu’en pensez-vous ? C’est l’effet inverse ! On essaye de faire taire les personnes qui défendent la vérité économique, mais le premier qui vient sortir une fake news, comme cette taxe, est reçu au journal de 20 heures de France 2 ! On présente cette taxe comme la solution miracle dans les médias publics. J’ai toujours été pour repenser le système de l’imposition française, qui est beaucoup trop complexe. Je suis pour une baisse draconienne des impôts, et aussi pour une baisse de la complexité fiscale pour éviter certaines optimisations. Évidemment, si vous baissez les impôts, les gens n’auront plus besoin de faire de la défiscalisation. C’est l’État qui a créé les processus de défiscalisation, en étant conscient qu’il y avait trop d’impôts. J’ai souvent fait des débats face à des gens comme Éric Coquerel, Sandrine Rousseau ou Thomas Piketty. Ils sont dans un autre monde Ce sont des économistes de salon qui ne sont pas au contact de la réalité. Tous ces gens ignorent comment fonctionne une entreprise. Quand on nous explique que l’on peut taxer 2 % du patrimoine financier du chef d’entreprise, en fonction du cours de son action, ce n’est pas réaliste, puisque le cours d’une action est fluctuant. Cela veut dire que, pour payer ces 2 %, ils vont devoir vendre ! Le monde entier fait exactement l’inverse. Nous sommes le pays le plus taxé au monde... Ensuite, en Suède, un gouvernement socialiste a supprimé l’impôt sur la fortune, parce qu’il y avait trop de Suédois qui quittaient le pays. Nous sommes tous d’accord pour améliorer le fonctionnement de l’impôt, mais, pour cela, il faut le réduire. Dans le même temps, ces gens veulent encore augmenter la dépense publique, alors que nous sommes le pays le plus taxé au monde... Donc, rien ne colle. C’est la définition de la folie d’Einstein : la folie, c’est faire exactement la même chose en espérant que le résultat sera différent. (Suite page 8) Entretien exclusif avec Marc Touati : « Tous ces gens ignorent comment fonctionne une entreprise. »
la baule+ 8 | Octobre 2025 Les dirigeants français ont alimenté l’inculture économique pour pouvoir faire ce qu’ils veulent afin que l’on ne puisse pas voir la réalité. Les Français commencent à être conscients de cela. Je rappelle souvent que je viens des cités HLM d’Orly et, à l’époque, les dépenses publiques représentaient 48 % du PIB, or j’ai quand même réussi à m’en sortir. Aujourd’hui, nous en sommes à 57 % et le taux de chômage des moins de 25 ans dans les cités HLM est de 60 %. C’est la preuve que l’augmentation de la dépense publique n’est pas la solution. C’est pour cela qu’il faut un grand soir fiscal. Les dirigeants du PS veulent encore augmenter les impôts et la dépense publique, alors que l’on sait très bien que cela ne marche pas. On sait bien que ce ne sont pas les riches qui vont payer, mais la classe moyenne qui ne pourra pas partir. Ce sera une catastrophe pour l’économie. Il y a aussi la question du consentement à l’impôt qui vole en éclats. On est prêt à payer des impôts, mais en échange on demande des résultats, comme de la croissance, une stabilité économique et une baisse de la pauvreté. Actuellement, c’est exactement l’inverse qui s’opère. La croissance est quasi nulle, les inégalités augmentent, la pauvreté aussi... C’est bien la preuve que cela ne fonctionne pas. J’entends de plus en plus de gens qui ne veulent plus payer leurs impôts et cela devient très dangereux car nous sommes à l’aube d’une crise sociale. Maintenant, la dernière idée, c’est de toucher à l’épargne... Alors, cela ferait vraiment très mal ! Il faut s’informer au-delà des chaînes publiques Beaucoup de gens ignorent la courbe de Laffer qui se vérifie partout : quand on augmente trop les impôts, à partir d’un certain seuil, les recettes fiscales baissent et, à l’inverse, lorsque l’on baisse les impôts, les recettes fiscales augmentent. Ils pensent sincèrement qu’il faut augmenter les impôts pour donner plus de moyens aux hôpitaux. Que leur dites-vous ? Il y a une quinzaine d’années, les frais de fonctionnement des hôpitaux étaient de l’ordre de 10 %. Cela signifie que l’essentiel des frais allait à la médecine, donc à la rémunération des infirmiers ou des médecins. Il y avait très peu de frais de fonctionnement. Aujourd’hui, nous en sommes à 30 % de frais de fonctionnement. Cela veut dire que l’argent est mal utilisé. Dans la dépense publique, les dépenses de fonctionnement ont augmenté de 22 %, alors que les dépenses sociales ont augmenté de 12 %. Tout cela n’est pas sérieux. Il faut expliquer les choses et les Français commencent à comprendre car le monde est libre et ouvert. Il faut s’informer au-delà des chaînes publiques. En Italie, on nous a expliqué que ce serait la catastrophe. Mais le gouvernement a baissé la dépense publique, l’économie a redémarré, et maintenant on assiste à une baisse des impôts. C’est la même chose en Argentine. Une centaine d’économistes ont écrit que si Milei arrivait au pouvoir, l’Argentine deviendrait un pays du tiersmonde. Aujourd’hui, l’inflation a baissé, la croissance est à 7 %, et la pauvreté a baissé… On finira par l’emporter et c’est justement ce qui fait peur à nos dirigeants. Les Français n’en peuvent plus, le climat est catastrophique et les fins de mois sont difficiles. Nous atteignons un sommet historique de défaillances d’entreprises, avec des chefs d’entreprise qui vivent avec moins que le SMIC. Je pense vraiment que nous sommes à la fin du film. On va toucher le fond de la piscine. Donc, il va falloir réagir. Justement, en cas d’élections législatives anticipées, beaucoup de Français ne savent pas pour qui voter, car aucun parti politique n’affiche clairement une ligne de réduction des dépenses publiques. Qu’en pensez-vous ? Il y a des solutions. Je ne suis pas encore candidat, mais je propose des solutions… On va laisser l’arme nucléaire entre les mains de gens que l’on ne connaît pas Serez-vous le Javier Milei français ? J’ai deux solutions. La première serait de prendre ma retraite anticipée et de me reposer au soleil avec ma femme. Mais je suis encore jeune, j’ai 54 ans, et je me dis qu’il faut faire quelque chose pour mon pays. Or, c’est très dangereux : regardez la vague de suicides en ce moment ! Pour tout vous dire, ma femme est contre. J’ai de la peine parce que j’aime mon pays. Je rappelle que la France est une puissance nucléaire et on va laisser l’arme nucléaire entre les mains de gens que l’on ne connaît pas. 54 % de la dette publique française est détenue par des étrangers. Avant, on avait les chiffres. Aujourd’hui, on ne sait plus, c’est un secret total. Cela m’inquiète, car nous perdons notre souveraineté. Les dirigeants français savent qui est derrière, nous sommes dépendants de ces personnes. Propos recueillis par Yannick Urrien. Marc Touati : « Nous atteignons un sommet historique de défaillances d’entreprises, avec des chefs d’entreprise qui vivent avec moins que le SMIC. » Après plus de 130 ans d’existence, l’Association Œuvres de Pen-Bron change de visage et devient Helyans. Cette évolution résulte d’une démarche participative menée pendant plusieurs mois avec près de 200 parties prenantes, élus, salariés et partenaires. L’ambition : clarifier l’identité de l’association et affirmer son rôle de référence dans l’accompagnement des personnes en situation de handicap, ainsi que dans les parcours de soins et de réadaptation. Implantée en Loire-Atlantique à travers 16 établissements et services, Helyans accompagne chaque année plus de 3 000 enfants et adultes, grâce à l’engagement de 650 professionnels et de 200 bénévoles. Fidèle à ses valeurs de solidarité et d’inclusion, l’association inscrit désormais la responsabilité sociétale au cœur de sa stratégie 2025-2029, avec des priorités fortes : gouvernance, qualité de vie au travail, respect de l’environnement et bientraitance. La nouvelle identité a été officiellement présentée à Nantes, lors d’une assemblée générale extraordinaire, suivie d’une conférence animée par le philosophe Charles Pépin. Devant près de 200 participants, il a développé une réflexion sur la relation humaine et l’importance de « prendre soin » des autres comme de soi-même. Une résonance directe avec la mission de l’association, qui entend plus que jamais « accompagner la vie et révéler les possibles ». À l’occasion des vacances de la Toussaint, l’Hôtel Barrière L’Hermitage de La Baule propose une animation originale à destination des familles : un partenariat exclusif avec le célèbre jeu de construction en bois KAPLA. Du 18 octobre au 2 novembre, un espace spécialement aménagé aux couleurs de KAPLA accueillera les enfants. Ils pourront y relever différents défis : bâtir la plus haute tour, imaginer une ville miniature, concevoir un parcours de billes géant ou encore exposer leurs propres créations. Les activités seront encadrées par les animateurs du Kid’s Club, avec également des moments partagés entre parents et enfants pour construire ensemble. Cette initiative s’inscrit dans la volonté de l’établissement de renforcer son offre familiale et de proposer des expériences ludiques et créatives, au-delà de l’hébergement et de la restauration. Helyans : un nouveau nom pour les œuvres de Pen-Bron L’Hermitage Barrière s’associe à KAPLA pour les vacances de la Toussaint
la baule+ 10 | Octobre 2025 La Ville du Pouliguen poursuit la modernisation de son réseau d’éclairage public dans le cadre de son Schéma Directeur d’Aménagement Lumière. Après des interventions menées en septembre dans plusieurs secteurs de la commune, les travaux se concentrent désormais sur la promenade du Port. Ce chantier, conduit avec Territoire d’Énergie 44 et l’entreprise Bouygues Énergies & Services, vise à améliorer le cadre de vie, la sécurité et l’attractivité du front de mer. Le programme prévoit l’installation de candélabres modernes et économes en énergie, limitant la pollution lumineuse, ainsi que la mise en place d’un éclairage festif et évolutif grâce à un projecteur gobo destiné à animer certains temps forts de la vie communale. Des travaux complémentaires concernent la réfection des emmarchements en bois à l’extrémité de la rue de la Plage et l’aménagement autour des platanes pour améliorer leurs conditions de vie. L’opération anticipe également l’installation d’un système de vidéoprotection pour renforcer la sécurité du site. D’une durée estimée entre huit et dix semaines, hors aléas météorologiques, le chantier se déroulera en plusieurs phases. Durant cette période, l’espace situé entre les arbres et l’étier restera fermé et la circulation piétonne sera déviée côté établissements. La collectivité a toutefois travaillé à limiter les contraintes, avec des barrières de chantier adaptées, un calendrier calé avant la période hivernale et une adaptation du domaine public lorsque cela est possible. La municipalité souligne que ce projet s’inscrit pleinement dans sa volonté de rendre la promenade du Port plus accueillante et plus sécurisante, tout en accompagnant la transition énergétique. Le Pouliguen modernise l’éclairage de la promenade du Port Un nouvel outil vient renforcer la filière terre crue en Loire-Atlantique. La Ville de Guérande et Loire-Atlantique développement ont inauguré la Fabrique terre, implantée dans l’écoquartier de Maison Neuve. Cette installation est destinée à produire des briques en terre crue issues directement des ressources locales, un matériau durable qui séduit de plus en plus les acteurs du bâtiment. Guérande : une « Fabrique terre » pour développer la construction en terre crue Cap Atlantique engage à partir du 20 octobre un important chantier de renouvellement et d’extension du réseau d’eau potable à Herbignac. Quatre secteurs de la commune sont concernés, pour un total de 1,5 km de canalisations remplacées ou créées. Rue de la Bonne Fontaine : circulation interdite, avec mise en place d’une déviation. Lieu-dit Le Rhodoir : circulation alternée, accès aux commerces maintenu. Rue de la Gagnerie de la Mare : route barrée, collecte des déchets organisée par points de regroupement. Route de la Ville aux Prés : circulation alternée, accès aux commerces garanti. La collecte des déchets, les lignes scolaires et les transports réguliers ne seront pas affectés. Herbignac : des travaux sur le réseau d’eau potable dès le 20 octobre L’histoire du projet remonte aux premières phases d’aménagement du quartier, où les habitants avaient expérimenté l’usage de la terre crue dans leurs constructions. De fil en aiguille, l’initiative a pris de l’ampleur. Lauréat d’un appel à projets de l’ADEME et de la Région Pays de la Loire, le dispositif a bénéficié d’un financement permettant sa concrétisation. Depuis 2021, de nombreux partenaires se sont associés pour en définir les contours : entreprises, organismes de recherche, associations professionnelles et collectivités locales. Plusieurs bailleurs sociaux ont même testé l’intégration de ce matériau dans leurs programmes de logements, confirmant son potentiel. Le bâtiment de 263 m², livré au printemps, a été conçu comme un atelier fonctionnel : stockage, préparation, moulage et séchage des briques. Il illustre lui-même les techniques qu’il promeut, avec l’usage du bois et de l’enduit en terre crue. La SCOP L’Aronde y développe désormais son activité de production et de formation. La Fabrique Terre s’inscrit dans la durée de l’aménagement de la ZAC, prévue jusqu’en 2030. Elle sera ensuite reconvertie en logements, démontrant la volonté d’anticiper la modularité des usages. Photo : Gaëlle Bonnet
la baule+ Octobre 2025 | 11 Pornichet a dévoilé sa nouvelle sentinelle face à l’océan : La Sibylle, une sculpture en bronze offerte par l’artiste Mino et installée sur la dune du port d’échouage. C’est une silhouette élancée, comme une voile dressée face au vent, qui attire désormais le regard des promeneurs longeant la baie. Baptisée La Sibylle, en référence à la prêtresse d’Apollon, figure antique de divination et de prophétie, l’œuvre a trouvé toute sa place au milieu du sable et des oyats, en écho aux traditions maritimes. À l’origine de cette installation, une conversation entre l’artiste et le maire de Pornichet, Jean-Claude Pelleteur. « La municipalité souhaitait que l’art s’invite davantage dans l’espace public», raconte l’élu. Une idée qui a immédiatement résonné chez Mino, laquelle a choisi d’offrir à la Ville la deuxième édition de sa sculpture en bronze. Lors de la présentation, Mylène Le Pape, adjointe à la Culture, a rappelé le parcours remarquable de l’artiste : pensionnaire de la Casa La Sibylle veille désormais sur Pornichet Velázquez à Madrid, lauréate du prestigieux prix Wildenstein… Autant de distinctions qui confirment la place de Mino dans le paysage artistique contemporain. Pour le maire, cette sculpture marque une étape importante : « Aujourd’hui, La Sibylle a trouvé toute sa place, au milieu du sable et des embruns, veillant sur l’océan et sur toute la baie. Il suffit de voir les nombreux promeneurs qui s’arrêtent déjà pour l’admirer et lire son histoire. » Beaucoup voient en elle un nouveau repère identitaire pour Pornichet, entre art, patrimoine et horizon marin. Avec La Sibylle, la Ville poursuit sa volonté d’ouvrir l’espace public à l’art et de renforcer son attractivité culturelle. « Cette sculpture est à la fois ancrée dans notre histoire maritime et tournée vers l’avenir », conclut le maire.
la baule+ 12 | Octobre 2025 La Baule+ : Comment avez-vous pris conscience de l’importance de l’alimentation ? Jacky Allonville : Biocoop est né du regroupement d’un certain nombre de personnes de l’Ouest, mais aussi du sud-ouest de la France, qui ont voulu faire émerger ce réseau à partir de 1984. Notre démarche, c’était une prise de conscience des traitements chimiques utilisés dans l’agriculture conventionnelle. Très tôt, j’ai perçu les signaux faibles que cela produisait sur la population. L’industrie pharmaceutique et l’agroalimentaire camouflaient beaucoup ces effets à l’époque. Nous étions un petit groupe à nous opposer pour défendre la qualité des aliments. Nous étions vus comme des farfelus, des marginaux ! Aujourd’hui, la science vous donne raison, mais à l’époque on vous traitait presque de complotiste… Alimentation ► Le combat du fondateur des Hameaux Bio et cofondateur de Biocoop Jacky Allonville : « La malbouffe est un outil au service de la dépopulation. » Jacky Allonville est le fondateur, avec son épouse Maïté, des Hameaux Bio, et l’un des initiateurs du réseau Biocoop. L’entreprise familiale a été reprise par leurs enfants, Éloïse, Quentin et Romain, qui poursuivent son combat pour une alimentation saine. C’est en toute liberté que Jacky Allonville évoque sa passion : défendre une agriculture qui ne soit pas dévoyée par les industriels et les distributeurs. On nous traitait même de secte. Nous étions vus comme des farfelus, des marginaux ! Aujourd’hui, tout le monde a au moins un produit Biocoop dans son placard. Les clients viennent d’abord pour bien se nourrir et protéger leur santé. D’autres pour des raisons écologiques. Mais de plus en plus de personnes font le lien entre ce qu’elles absorbent, ce qu’elles sont et ce qu’elles deviennent. Cela, on le sait depuis l’Antiquité : Hippocrate disait déjà que notre premier médicament, c’est notre aliment. Dans ce domaine, estce tout ou rien, ou bien, même avec quelques entorses, le corps s’en sort-il ? Je penche pour la seconde option. Nous vivons dans un monde saturé de pollutions dont on ne peut pas totalement se passer : ondes, additifs, perturbateurs divers. Nos modes de vie sont déstructurés, les gens sont perdus. Plus que jamais, il faut retrouver les fondamentaux : respirer sainement, manger sainement, boire sainement. On confond souvent production locale, bio et écologique… Ce débat découle du narratif originel du bio. À mon sens, l’erreur a été de nommer ces produits « bio ». En réalité, c’est l’alimentation que l’humanité connaît depuis toujours. On aurait dû parler d’alimentation normale. En enfermant le bio dans un terme réducteur, on a ouvert la porte à la confusion, avec des concepts comme le « raisonné », qui égarent le consommateur. On a justifié la nourriture industrielle par la surpopulation, en affirmant que l’agriculture traditionnelle ne pourrait pas nourrir la planète… Sincèrement, c’est faux. L’alimentation chimique a appauvri l’humanité. On a industrialisé, perdu des variétés, perdu le goût. Cette vision agricole, tournée vers le court terme, est une impasse. Malheureusement, je crois que l’humanité fonce droit dans le mur. Ne sommes-nous pas dans un cycle infernal qui néglige la vie, dans tous les domaines ? Oui. La malbouffe est un outil au service de la dépopulation. Je me souviens du film Soleil Vert, qui m’avait choqué : on y annonçait déjà que les improductifs seraient éliminés, à la naissance ou en fin de vie. Après 62 ans, on le voit bien aujourd’hui : nous n’en sommes pas loin. Le bio a été totalement dévoyé par l’industrie On observe une prise de conscience dans le monde entier. Pensez-vous avoir gagné ce combat ? Non, car le bio a été totalement dévoyé par l’industrie. On trouve aujourd’hui du « bio industriel », sous plastique, cultivé en Espagne, avec des tomates en toutes saisons. Biocoop n’a jamais suivi cette voie : le réseau est resté sur un modèle national et local, avec des contrôles plus exigeants que le simple cahier des charges, lui-même affaibli par les industriels et les distributeurs. À l’origine, nous voulions une alimentation saine, une meilleure santé, dans un cadre de distribution local et artisanal, avec des magasins à taille humaine favorisant les relations. Ce sont nos convictions. On ne parle pas à mille personnes comme on parle à une seule Pourquoi les industriels ne sont-ils pas capables de produire quelque chose de vraiment sain ? Parce qu’en agriculture, il faut respecter la nature. Prenons l’exemple des yaourts: en industrie, ce sont d’immenses cuves avec des bras mécaniques qui déstructurent le produit. Alors oui, c’est un yaourt « bio », mais il n’a rien de comparable avec un yaourt artisanal. Le goût, la qualité, tout change. Le petit producteur, attentif à ses vaches et à ses champs, ne travaille pas du tout de la même façon. On ne parle pas à mille personnes comme on parle à une seule. Mais la question du prix revient souvent… C’est un faux problème. Beaucoup dépensent 1 500 € pour un iPhone et rechignent à payer 0,10 € de plus sur un kilo de carottes. C’est une question de conscience : si l’on ignore ce que ce kilo de carottes apporte vraiment, on trouvera toujours que c’est trop cher. Propos recueillis par Yannick Urrien.
la baule+ Octobre 2025 | 13 Cap Atlantique La Baule-Guérande Agglomération a officialisé la signature de son premier ontrat Local de Santé (CLS), en partenariat avec l’Agence Régionale de Santé (ARS) et de nombreux acteurs institutionnels et médicaux du territoire. Lancé en 2023, ce projet a nécessité deux années de concertation afin d’identifier les besoins prioritaires des habitants en matière de santé. Diagnostic partagé à l’appui, le CLS fixe une feuille de route commune pour les cinq années à venir, avec des actions ciblées dans plusieurs domaines. Le contrat repose sur quatre axes majeurs : renforcer l’attractivité du territoire pour les soignants, améliorer la santé mentale des jeunes, dévelopCap Atlantique signe son premier Contrat Local de Santé per des environnements favorables à la santé et adapter les logements au vieillissement. Trois priorités de prévention ont également été retenues : la lutte contre les addictions, la prévention des cancers et la prise en compte du risque suicidaire. Deux publics sont particulièrement concernés : les jeunes et les personnes âgées. Au-delà des orientations, quatorze mesures sont prévues. Parmi elles, le déploiement de permanences de la Maison des Adolescents, la transformation de cours d’écoles pour favoriser le bien-être, la rénovation de 400 logements afin de les rendre plus économes en énergie et adaptés à la perte d’autonomie, ou encore le développement d’habitats inclusifs et de résidences autonomie.
la baule+ 14 | Octobre 2025 Gastronomie ► La presqu’île va se doter d’une identité culinaire avec l’aide du chef étoilé Thierry Marx : « Il y a une dégastronomisation de la France qui est extrêmement inquiétante. » Thierry Marx, chef étoilé et président de l’UMIH (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie), était l’invité de la communauté d’agglomération Cap Atlantique le 22 septembre dernier à Mesquer, afin de soutenir le projet de créer une « identité culinaire » sur la presqu’île. A cette occasion, Cap Atlantique a organisé une rencontre où 200 professionnels de la restauration ont assisté à une démonstration culinaire avec Thierry Marx et la cheffe Ker Astou. La Baule+ : Pourquoi avez-vous accepté de faire une démonstration aux professionnels de la restauration de la presqu’île ? Thierry Marx : D’abord, je suis heureux de retrouver l’une de mes anciennes élèves : Astou. C’est une femme formidable qui s’investit beaucoup. Nous menons un combat pour mettre en avant les circuits courts, les produits locaux. J’ai encore quinze mois de mandat à la tête de l’UMIH et c’est la raison pour laquelle je me bats beaucoup en milieu rural, car je constate un regain pour relancer ce patrimoine vivant qu’est la gastronomie. Je m’aperçois qu’il y a une dégastronomisation de la France qui est extrêmement inquiétante. Il faut inciter les jeunes à mieux appréhender les produits locaux La presqu’île n’a pas encore d’identité culinaire: comment la définir ? D’abord, il faut inciter les jeunes à mieux appréhender les produits locaux. J’aime bien citer Edgar Morin, qui disait que l’on n’a pas attendu le Wi-Fi pour être reliés les uns aux autres. Cela signifie que c’est vraiment un combat commun, entre les ostréiculteurs, les pêcheurs et les agriculteurs. C’est pour cette raison que je me suis impliqué en faveur du label BleuBlanc-Cœur, car au moins on fait front commun et l’on avance avec une idée claire de ce que l’on doit faire en faveur du patrimoine culinaire français. Quand on parle de patrimoine culinaire, cela en dit aussi long sur notre alimentation, car plus notre alimentation se dégrade - il y a une vraie fracture sociale en France - plus il faut redonner le sens du bon. Le bon doit avoir du sens. Quelles sont les pistes pour créer une identité culinaire ? Le sol a une antériorité et c’est la nature qui nous entoure qui fait le vivant. Il ne faut jamais oublier que la gastronomie vient du vivant et du lien social. Ce n’est pas une simple gourmandise dont on profiterait. S’il n’y a personne pour entretenir le patrimoine culinaire, il n’existera plus dans vingt ans. Vous aurez de jolies villas pour faire du meublé touristique, mais vous n’aurez pas de clients. Le tourisme représente 8% du PIB La gastronomie française est-elle menacée ? Oui, parce que c’est un patrimoine vivant qu’on laisse partir pour une multitude de raisons, notamment économiques et politiques. Je ne suis pas le premier témoin de cela. André Daguin, qui a été un grand président de l’UMIH, a fait beaucoup de travail autour de cela. Il voyait bien que cela commençait à disparaître en milieu rural. Aujourd’hui, si vous ne défendez pas le «fait maison» et la protection du patrimoine culinaire, il sera extrêmement difficile de trouver demain un restaurant de qualité. C’est dangereux, parce qu’il ne faut pas oublier que le tourisme représente 8% du PIB. L’attractivité de notre pays, c’est notre relief, notre littoral, les régions verdoyantes, mais aussi le fait que nos visiteurs viennent découvrir un vrai style de vie à travers notre gastronomie. Où en êtes-vous de votre proposition de loi cadre sur le « fait maison » ? Avant la nomination de Sébastien Lecornu, j’étais en contact avec la ministre Olivia Grégoire qui voulait aller vers le « non fait maison », plutôt que le « fait maison », ce qui n’était pas très logique à mes yeux. Plutôt que de montrer les gens du doigt, il faudrait mettre en avant ceux qui font bien. J’ai bon espoir que cette loi cadre soit relancée, car c’est un sujet transpartisan. Il faut que les artisans des métiers de bouche, notamment les boulangers, les charcutiers et les bouchers, puissent vivre de leur métier. Je vais prendre un chiffre au hasard. Lorsqu’un restaurateur encaisse 100 000 €, il lui reste 2000 € net dans sa poche. Il ne peut pas s’en sortir. Donc, quand vous êtes télescopé par toute une industrie de l’alimentation qui vous entoure, celui qui fait 2 % de marge finit par jeter l’éponge par rapport à celui qui fait 8 ou 10 % de marge. C’est de cette façon que l’on a oxydé tout le patrimoine culinaire français. Le boulanger doit être protégé, car quand son voisin propose une baguette à 0,29 €, il est mort Ce combat passe-t-il par un encadrement de l’utilisation du terme restaurant ? Mon combat n’est pas simple. C’est celui du patrimoine vivant, de la formation professionnelle et du travail sur la valeur ajoutée, en définissant ce qu’est un restaurant. Aujourd’hui, dans un centre-ville, vous voyez des gens qui font des planches de charcuterie et qui se présentent comme des restaurateurs, les McDonald’s, ou n’importe quelle supérette qui fait des plats cuisinés, tire une terrasse et s’affiche comme restaurant... Mettre des casseroles sur un fourneau, transformer des produits, travailler en circuit court, tout cela doit avoir un sens économique. Quelqu’un qui fait cela, en achetant des produits au juste prix, a peu de chances de se concevoir une trésorerie. Quand tout cela est télescopé par des gens qui ne sont pas des restaurateurs, ce n’est pas normal. Sur la presqu’île guérandaise, la palette est merveilleuse. Mon cahier des charges garantit au moins cela. C’est quelque chose d’important qui est réclamé par l’ensemble des métiers de bouche, pas simplement les restaurateurs. Le boulanger doit être protégé, car quand son voisin propose une baguette à 0,29 €, il est mort. Ces gens, en l’occurrence les distributeurs, font de la rhétorique sur les plateaux de télévision en permanence en expliquant que c’est pour aider les moins nantis. L’alimentation s’est fracturée en France pour des questions de pouvoir d’achat. Donc, on a une alimentation à deux vitesses :
la baule+ Octobre 2025 | 15 une alimentation pour les gens qui vont bien et qui ont un reste à vivre suffisant, et une alimentation pour ceux qui choisissent l’option du prix mais pas de la valeur. Il y a effectivement le combat politique sur le pouvoir d’achat, mais il y a aussi une éducation autour de l’alimentation car c’est le plaisir, le bien-être et la santé. Je voyage beaucoup en milieu rural pour réveiller un peu tout cela car, dans certaines campagnes, il n’y a plus que des distributeurs de pizzas et je trouve cela indécent. Si l’expérience gastronomique n’est plus là, nous perdrons tout Tout cela a forcément un impact sur notre économie… Le tourisme français, c’est 8 % du PIB. Mais, pour la deuxième année de suite, nous sommes derrière l’Espagne et l’Italie. Quand on voit ce que les autres pays investissent pour leur tourisme, on comprend que cela va être chaud. L’attractivité française passe par sa gastronomie. Nous allons vers un slow tourisme, ce qui signifie que les gens vont rester plus longtemps dans nos régions, mais ils veulent vivre une expérience. Si l’expérience gastronomique n’est plus là, nous perdrons tout. C’est un combat politique au sens étymologique. Ce métier m’a tout donné et je veux protéger le patrimoine vivant de mon pays. Quand je me suis battu sur les chèques restaurants, on m’a répondu que les gens auraient le droit d’aller acheter des sandwiches Sodebo au supermarché ! Il vaut mieux faire des bons pour aider les gens à acheter des produits de bonne qualité. Je suis allé récemment à Honfleur et j’ai visité une très bonne crêperie. Mais à côté, il y a deux sandwicheries et un kebab. Les charges ne sont pas les mêmes, donc ce sera difficile. C’est la raison pour laquelle il faut protéger l’artisanat. On essaye de reconstruire l’industrie dans notre pays, il faudra vingt ans, mais on doit aussi s’occuper de l’artisanat. L’économie du low cost a tout tué. C’est l’économie du renoncement, c’est une tromperie. Donc, il faut redonner du pouvoir d’achat à nos concitoyens. La France est impactée par tout cela. Il faut privilégier la cuisine d’auteur, parce que cela part du bistrot jusqu’au restaurant le plus étoilé Enfin, vous avez neuf écoles de cuisine et vous dites souvent que le plus important n’est pas de transmettre des recettes, mais une pratique et de bons gestes… Transmettre un geste, c’est simple, c’est du mimétisme : mémoire et maîtrise. Les Japonais disent simplement qu’il faut observer et se taire avant d’innover. Transmettre la passion, c’est autre chose. J’ai beaucoup de respect pour les gens qui sont en lycée professionnel et qui s’investissent. Mais si on les parachute dans une cafétéria ou dans un restaurant où ils vont devoir ouvrir des poches de cuisine sous vide, ils vont se dire qu’ils ont perdu deux ans de leur vie dans ce CAP. En France, il reste à peu près 1500 restaurants qui ont une ligne de cuisine d’auteur. Il faut privilégier la cuisine d’auteur, parce que cela part du bistrot jusqu’au restaurant le plus étoilé. Il faut apprendre les bases. Ensuite, on fait des erreurs et on s’épanouit progressivement par le travail. Aujourd’hui, très peu de restaurateurs savent lever un filet de poisson, pourtant c’est la réalité du produit. J’ai des restaurateurs qui me disent qu’il y a 50 % de perte sur un bar... J’ai travaillé au Japon, c’est zéro. Mais les anciens nous transmettaient cela. Il faut aller à l’essentiel et réapprendre le geste pour pouvoir s’épanouir. Propos recueillis par Yannick Urrien.
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