la baule+ 18 | Octobre 2025 Comme disait le subtil Jean Cocteau : « Puisque ces mystères nous échappent, feignons d’en être les organisateurs. » C’est plus ou moins ce que je m’autorise à mettre en pratique avec le titre de ce billet. Comme je ne sais absolument pas ce que c’est que la « résilience systémique » je feins d’en être le porte-voix. J’ai trouvé cette belle formulation dans un récent rapport de la BCE (Banque Centrale Européenne) sur lequel je suis tombé complètement par hasard, n’étant pas un lecteur assidu des notes, enquêtes, études publiées par cette magnifique institution. La phrase où j’ai déniché l’expression en question arrive en conclusion du rapport. Je vous la livre telle quelle : « La monnaie physique ne sert pas seulement à satisfaire les besoins individuels, mais contribue également à la résilience systémique plus large. » Fin de citation, comme on dit quand on tient à bien faire sentir qu’on n’est en rien responsable de ce qui vient d’être avancé. En fait, dans ce rapport, la BCE recommande à tout citoyen européen de toujours détenir par-devers lui un peu de cash, d’argent liquide, cela pour faire face aux aléas de la vie à l’heure de la foudroyante modernité technologique que nous connaissons et dont nous nous délectons un peu plus chaque jour qui passe. La BCE fait reposer sa préconisation sur un constat des plus saisissants, ayant repéré que lorsque l’instabilité ambiante montait en puissance, le recours des citoyens au billet de banque, au bon vieux sonnant et trébuchant, évoluait dans le même sens. L’utilité des liquidités «s’intensifie considérablement Humeur ► Le billet de Dominique Labarrière Vive la résilience systémique ! lorsque la stabilité est menacée », est-il écrit. On notera que, pour accoucher de ce truisme, il aura fallu que la BCE mette sur pied une commission d’enquête conduite par deux éminents spécialistes. Nos aïeux, avec leurs biffetons sous les draps parfumés de l’armoire, avaient compris cela bien avant eux. Évidemment, il ne leur serait pas venu à l’idée de trousser de ronflantes formulations comme celleci visant à préciser la cause de ce comportement. Cette cause serait « l’incertitude généralisée que les conflits armés et les tensions géopolitiques engendrent quant à la stabilité institutionnelle, aux capacités des États et à la résilience des infrastructures critiques. » La crise du COVID est évoquée bien sûr. Mais alors, pourquoi ne pas avoir émis ce conseil de bon sens dans la foulée du confinement, ou, par exemple, dès le début du conflit ukrainien ? Parce que, en réalité, ce qui aura ému si fort la BCE et l’aura amenée à pondre ce rapport ne serait autre que la coupure géante d’électricité qui a bloqué l’intégralité du système de paiement électronique et de distribution d’argent - ainsi que bien d’autres services de première nécessité - dans toute la péninsule ibérique en avril dernier, générant une panique sans précédent. Il s’est dit que l’erratique production d’électricité par nos merveilleuses éoliennes et nos non moins merveilleux panneaux solaires n’y serait pas étrangère. Mais chut ! N’insultons pas de si prodigieuses avancées dans la marche - tellement lucrative pour certains - du progrès en ces matières. Gardez un peu de pognon liquide dans vos poches Ce que suggère en substance la BCE, prudente, c’est que nous ne serions pas à l’abri d’un nouveau gag de cette nature, en plus beau, en plus fort, en plus grand, peut-être bien. Donc, prévient-elle, gardez un peu de pognon liquide dans vos poches. Oh, pas beaucoup, glisse-t-elle. Quelque chose comme 70 ou 100 euros. Histoire de voir venir environ soixantedouze heures. Pourquoi s’en tient-elle à cette limite? Tout simplement parce qu’au-delà, cela vous aurait un petit air d’encouragement à la dissimulation de gains, au blanchiment d’argent, au paiement sous le manteau, voyez-vous. Tandis que 70 à 100 balles, ça reste décent. Par exemple, le cambrioleur ne ressort pas bredouille de chez vous, ce qui est toujours très vexant, très frustrant, et vous n’êtes pas ruiné pour autant. Quand on vous dit que les caciques de la BCE et des autres instances européennes sont de brillants esprits et de grands sages, vous pouvez nous croire. Cela acquit, nous autres, à La Baule+, ayant le souci de votre préservation et de votre bien-être, nous nous permettons de compléter le conseil d’en haut : au cas où la sombre plaisanterie se prolongerait au-delà de soixante-douze heures, prévoyez donc d’engranger aussi en quantité des nouilles, de la sardine, des fayots en boîte. Et de la bougie, aussi. N’oubliez pas la bougie. Pour le papier hygiénique, l’intégral des notes pondues par les instances susévoquées devrait faire l’affaire. La municipalité du Croisic a décidé de durcir la réglementation concernant le stationnement des vélos, trottinettes et autres engins de déplacement personnel. Un nouvel arrêté a été pris afin de lutter contre le stationnement abusif et de préserver la sécurité, la propreté et la fluidité de la circulation dans la commune. Désormais, tout cycle ou engin laissé sur la voie publique plus de sept jours consécutifs pourra être enlevé par les services municipaux. La mesure vise notamment les véhicules hors d’usage, abandonnés ou encore attachés de manière inappropriée au mobilier urbain, qui pourront être retirés ou dirigés vers la déchetterie. La mairie appelle également les propriétaires de deux-roues à procéder à l’identification de leur vélo par le biais du Fichier National Unique des Cycles identifiés. Ce système repose sur un marquage apposé sur le cadre et l’enregistrement des coordonnées du propriétaire. En cas de vol ou d’enlèvement, ces informations permettent de simplifier les démarches et de favoriser la restitution des cycles. Le Croisic renforce la réglementation sur le stationnement des vélos et trottinettes
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