La Baule+

la baule+ 22 | Mai 2025 Le biais n’est-il pas propre à l’humain ? Faut-il accepter les nôtres ? Si quelqu’un vous invite à dîner, il y aura forcément des aspects biaisés inconscients qui vous inciteront à accepter ou refuser, et ce ne sera pas éthique non plus… Je suis totalement d’accord et c’est toute la complexité de la chose. Il faut réussir à créer un outil d’intelligence artificielle qui soit pertinent, pour qu’il nous aide, sans pour autant qu’il soit discriminant. C’est un sujet vraiment complexe, car certains biais viennent des données d’entraînement et d’autres viennent des évaluations des humains sur les résultats. Il faut vraiment mettre le curseur au bon endroit sur chaque type de schéma. C’est un gros travail, mais c’est indispensable pour construire une société éthique. Des cadres pour essayer de limiter les biais de l’algorithme Avec MyDataMachine, vous fournissez des données éthiques pour tous les secteurs d’activité : qu’est-ce que cela signifie, puisqu’une donnée n’a pas à être éthique ou non éthique ? En 2020, quand j’étais en train de développer une intelligence artificielle pour le secteur de la mode, j’avais besoin de beaucoup de données. Les données accessibles ne correspondent pas forcément à nos besoins et elles ne couvrent pas la diversité des spécifications dont nous avons besoin. Je propose des données, tout en intégrant une diversité et une réflexion en amont sur les biais du dataset. Cela nous permet de proposer des cadres pour essayer de limiter les biais de l’algorithme. Je vais prendre une illustration. Imaginons la construction d’une intelligence artificielle pour toutes les polices du monde afin de repérer les terroristes. Il y aura forcément des biais d’ordre ethnique qui ressurgiront. Mais la correction de tels biais fausserait l’analyse… Ce problème est découpable en plusieurs sous-problèmes. Pour une IA qui travaillerait à partir d’une photo, ce n’est peut-être pas un algorithme qu’il faut créer et il faudrait peut-être travailler sur d’autres bases que la photo. L’IA n’est qu’un outil pour les humains. Certaines applications sont effectivement moins utilisables et c’est une question éthique qu’il faut se poser. Donc, je ne recommanderai pas ce type d’algorithmes. Mais la réflexion est intéressante. Évoquons la question des droits d’auteur, qui est un grand sujet en ce moment. Si je demande à une IA de créer la photo d’une femme qui ressemblerait à Céline Delaugère, cette IA volerait sans doute un peu de vous… La création de contenus est un nouvel outil, de la même manière que la peinture a été un nouvel outil, mais aussi la sculpture. Le premier débat, c’est de reconnaître des images complètement fausses. Par exemple, on peut prendre une vidéo de moi et me faire dire n’importe quoi. J’espère que nous aurons rapidement des moyens de certification. Pour répondre à votre question, ce serait une partie de moi, certes, mais il va falloir jouer avec ces nouveaux outils. Si j’étais chanteuse, je pourrais créer des tubes générés à partir de mes précédentes chansons, ou d’autres, et jouer ainsi. Si c’est une chanson que je chante vraiment, peut-être que le prix serait différent. Donc, il va falloir repenser les usages. Aujourd’hui, des écrivains et des journalistes veulent réclamer de l’argent à des IA, parce que leurs créations ont été intégrées dans des bases de données… Quand on demande à ChatGPT qui a réalisé le premier vol en avion, il répond que ce sont les frères Wright, alors qu’une IA française pouvait répondre Clément Ader. Tout cela parce que ChatGPT n’a pas forcément accès à toutes les données. Si l’on a envie que l’IA nous apporte des réponses avec lesquelles on va construire le monde de demain, il faut bien qu’elle puisse apprendre. Sinon les IA n’auront accès qu’aux données ouvertes et ce sera très réducteur pour la suite. Ainsi, intégrer la Bible, la Torah, Kafka, la Pléiade ou Shakespeare, c’est un savoir éternel, mais cela ne permet pas d’apporter des réponses actualisées… Lorsque Meta siphonne les données des utilisateurs de Facebook pour entraîner son IA, il est peutêtre important de savoir statistiquement que des millions de Français ont l’habitude de faire un barbecue le 13 août… Exactement. Bien entendu, sous un angle différent, mais il est important de collecter les cultures de chaque pays, ses traditions, même contemporaines, tout comme toutes les œuvres d’art. C’est aussi important, mais c’est différent. Propos recueillis par Yannick Urrien. Céline Delaugère : « Si l’on a envie que l’IA nous apporte des réponses avec lesquelles on va construire le monde de demain, il faut bien qu’elle puisse apprendre. » HORIZONTALEMENT I. Elles ont fermé l’oeil toute la nuit. II. Étouffant. III. Opéra à l’est. La nouvelle télé. Sur la table à dessin. IV. Brève. Repère côtier. V. Des mouches qui piquent. Soustrait. VI. Vainqueur du tour. Teinta. VII. Véhicule à sensations. Champ de bataille. VIII. Variété de riz. IX. Préoccupée. VERTICALEMENT 1. Partisans de la cagoule. 2. Dans le style de Boulez. 3. États unis. Rompu. 4. En Réunion, c’est la fournaise. Université. 5. Réunion de cartographes. Sur la rose. Haut de gamme. 6. Greffa. Hauteur. 7. Soleil alexandrin. Peintre symboliste. 8. Capiteux. 9. Cube de bois. Mal exprimé. Mots croisés Sudoku Solutions page 30 Contactez-nous pour votre publicité dans La Baule+ : la baule+ L’efficacité de la lecture papier n’est plus à démontrer en matière de publicité. 1/ Meilleure compréhension et mémorisation 2/ C’est la publicité préférée par la majorité de consommateurs. 3/ Plus d’attention et moins de distractions 4/ Une lecture plus lente 5/ Stimule les émotions et le désir La Baule+ c’est : - 35 000 exemplaires distribués et un minimum de 60 000 lecteurs. - Un lectorat multigénérationnel. - Le seul journal gratuit lu et attendu par une majorité de la population.

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