La Baule+

la baule+ Mai 2025 | 15 Exactement. Dans le projet européen, les Européens ne voulaient plus de guerres, après les deux guerres terribles du siècle dernier, mais l’influence américaine dans la construction européenne est majeure. Les ÉtatsUnis se sont aperçus qu’il y avait un espace politique à conquérir. Ils ne voulaient pas que l’Europe tombe entre les mains des Soviétiques et ils voulaient aussi conserver leur espace économique. D’ailleurs, on peut revenir sur le livre de Brzezinski, en 1997, qui jugeait stratégique et indispensable le fait de séparer l’Europe de la Russie. Il écrivait que les États-Unis géraient l’Europe comme un protectorat, comme l’Empire romain gérait ses provinces, et il avait peur de l’influence de la Russie en Europe parce que les Américains savent que si, un jour, la Russie et l’Europe de l’Ouest arrivent à travailler ensemble, ce seraient les grands perdants. Le centre de gravité du monde est en Eurasie. Les trois quarts des richesses mondiales, les trois quarts des ressources naturelles et les trois quarts de la population mondiale sont entre l’Asie, l’Europe et l’Afrique. Le grand enjeu des États-Unis a toujours été de s’assurer que la Russie ne puisse pas se rapprocher de l’Europe. Notre élite a été biberonnée à cela et nous avons maintenant des élites plus américaines que les Américains, à travers cette idéologie mondialiste, visant à penser que les États-Unis doivent rester forts pour assurer le rôle de gendarme du monde et maintenir le dollar comme monnaie de réserve mondiale. Nos élites ont perdu la ligne directe avec Washington Maintenant, ils ne pensent plus cela… Ils sont en rébellion. Ils veulent garder cette idée mondialiste et ils espèrent que Trump ne va pas réussir. Dans deux ans, il pourrait perdre le Parlement américain... Donc, ils essayent de maintenir le fer au chaud. C’est la raison pour laquelle nos élites commettent des erreurs. Elles ont perdu la ligne directe avec Washington, mais elles tentent de maintenir un esprit supranational sans le chef. Donald Trump ne veut plus cela. Il veut un empire plus petit et c’est pour cela qu’il parle du Groenland, du Canada ou du Panama, des territoires qui sont tous sur le continent américain. Il est en train d’expliquer au monde qu’il veut une zone claire d’influence pour les États-Unis. Il vaut mieux un gâteau partagé intelligemment, plutôt que de n’avoir plus rien. C’est la raison pour laquelle il négocie avec les Russes et les Chinois, et c’est la raison pour laquelle les élites européennes sont perdues. (Suite page 16) Retrouvez l’intégralité du projet

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