la baule+ 26 | Avril 2025 Gilles-William Goldnadel : « Le reproche de trumpisme est un prétexte merveilleux pour l’extrême gauche pour censurer davantage ses opposants. » Gilles-William Goldnadel est avocat au barreau de Paris, essayiste, écrivain et militant. Il est franco-israélien et défend le judaïsme lors de ses nombreuses prises de parole publiques dans les médias comme CNews ou BFM, mais aussi via l’association France-Israël dont il fut le président pendant 14 ans. Après « Journal de guerre », Gilles-William Goldnadel a publié son nouvel ouvrage, « Journal d’un prisonnier » qui figure en tête des ventes de livres en France. Il y revendique et assume fièrement être à contre-courant dans une France qu’il estime gangrenée par l’idéologie woke.` « Journal d’un prisonnier » de Gilles-William Goldnadel est publié chez Fayard. Littérature ► L’avocat le plus médiatique de France publie un récit humoristique et féroce contre la tyrannie du wokisme La Baule+ : Vous présentez votre livre comme une fiction relatant la prise du pouvoir par un grand mouvement d’extrême gauche lié aux islamistes. Tous les opposants vont en camp de rééducation. En réalité, n’est-ce pas plutôt une caricature, c’est-à-dire une amplification de la réalité, puisque cette inquisition n’est pas si éloignée de certains faits avérés ? Gilles-William Goldnadel : Vous faites une analyse intelligente de mon ouvrage. Malgré tout, c’est une fiction. C’est peutêtre une prévision de ce qui pourrait survenir. C’est caricatural, évidemment, il s’agit de faire sourire, mais je vous accorde bien volontiers que ce n’est pas totalement faux. Mon hypothèse première, dans ce livre, c’est que la « Transe Insoumise» à la défaveur d’une crise financière, sur fond d’émeutes qui tournent mal dans les banlieues, puisse prendre le pouvoir contre un peuple qui ne se défendrait que mollement. Cela n’a rien de totalement dément. Je souhaite que cela n’arrive pas, mais cela peut arriver. L’hypothèse qu’il y ait une partition acceptée de certaines banlieues où pourrait régner la loi islamique, pardon de le dire, n’est pas totalement ubuesque. J’ai voulu faire rire, parce qu’il est toujours bon de rire, mais j’ai aussi voulu apprendre à mes lecteurs ce qu’est le wokisme à travers des exemples vrais. Dans le cas de cette fiction, tout ce que je dis dans le cadre de mes plaidoiries, que ce soit contre l’antisémitisme ou le racisme anti-blanc, est strictement exact. J’ai avalé de nombreux livres sur le wokisme pour pouvoir justement en parler. Je cite notamment Xavier-Laurent Salvador, auteur de « Face à l’obscurantisme woke », qui a failli être censuré par les PUF (Presses Universitaires de France) sur pression de Monsieur Patrick Boucheron - un historien qui déteste l’histoire de France - parce que les auteurs de cet ouvrage seraient trumpistes ! Le reproche de trumpisme est un prétexte merveilleux pour l’extrême gauche pour censurer davantage ses opposants. Une grande partie de ce qui arrive dans le camp du bien est aussi basée sur la critique de la censure de l’extrême gauche. Par exemple, les tableaux d’un très grand peintre anglais ont été retirés de la British Library au prétexte que ses ancêtres auraient été esclavagistes 300 ans plus tôt ! C’est strictement vrai. Je raconte la folie de l’extrême gauche. Vous savez bien que si l’on peut résumer ma vie, c’est mon combat contre l’extrême gauche. Et pour les libertés… Cela va ensemble. Je ne suis pas tombé sur l’extrême gauche par un hasard cosmique. Simplement, je considère qu’elle est le vecteur principal de la censure de la pensée, de la confiscation de l’information et de l’antisémitisme. Leur seule solution est de tenter de muscler leurs adversaires Il y a une stratégie qui vise à museler l’adversaire au nom de la liberté. La bienpensance arrive à désigner, avant tout débat, les adversaires qu’elle accepte et ceux qu’elle refuse… Vous résumez assez bien la situation. J’insiste sur le lien insécable entre l’esprit de censure de l’extrême gauche d’aujourd’hui et le fait qu’elle ne gouverne plus les esprits. Tant que l’intelligentsia d’extrême gauche était en majesté et qu’elle considérait qu’elle dominait tous les sujets, tant que tous les intellectuels
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