la baule+ Avril 2025 | 23 doute raison un peu trop tôt… Après quelques péripéties, j’ai repris la direction générale de cette PME. Le fondateur savait qu’il avait des opportunités de développement à l’international et il m’a confié la direction générale. On m’avait alerté sur le fait que cette cohabitation serait compliquée, mais les choses se sont très bien passées. Comme vous le soulignez, ce qui est intéressant, c’est sa vision de l’Internet. Il a fondé Netgem en 1996, en ayant la conviction que la télévision passerait sur Internet. Un quart d’heure trop tôt en innovation, c’est beaucoup trop tôt ! Il est l’inventeur des box Internet et de la convergence… Malheureusement, un quart d’heure trop tôt en innovation, c’est beaucoup trop tôt ! Lui, c’était plutôt quinze ans d’avance. Nous avons connu un fort développement dans les années 2010 en vendant nos solutions à des opérateurs de télécommunications, notamment en Australie ou en Grande-Bretagne. Ensuite, chacun peut habiller les services aux couleurs de sa marque car, ce qui est intéressant, c’est que c’est une activité globale et locale : à savoir qu’il faut YouTube partout, mais la BBC en Angleterre et M6 en France… J’ai repris la direction générale du groupe Altran sans avoir fait une analyse de la situation suffisamment fine Entre votre départ de chez Microsoft et Netgem, il y a eu l’épisode Altran. Ce fut une grosse déception, car on peut dire que vous vous êtes fait avoir… C’est en partie de ma faute. Lorsque j’ai quitté Microsoft, tout fonctionnait très bien. Mais j’avais envie de ne plus être simplement le très bon soldat d’un très bon système et d’avoir les mains sur les commandes, en mesurant l’impact personnel que je peux avoir sur l’activité de l’entreprise. Je préférais être le capitaine d’un plus petit bateau. J’ai repris la direction générale du groupe Altran sans avoir fait une analyse de la situation suffisamment fine. Après des démêlés judiciaires au sein du groupe Altran - il y avait un certain nombre de fantômes liés aux affaires précédentes - Yves de Chaisemartin est devenu président du conseil d’administration et les choses ne se sont pas du tout passées comme prévu. Je n’étais pas prêt à diriger une entreprise cotée en France, avec tout l’aspect politique que peut avoir un conseil d’administration. Vous n’aviez pas mesuré le degré politique et vous avez ensuite découvert que ce n’était pas une grande entreprise, mais une multitude de petites entreprises avec des managers. Il y avait une opacité dans les comptes, c’était une pieuvre politique incontrôlable… L’entreprise était une myriade de 300 entreprises qu’il fallait relier et pour lesquelles il fallait mettre en place une épine dorsale financière. C’était un vrai projet de transformation. Yves de Chaisemartin a voulu prendre le contrôle de tout cela. (Suite page 24)
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