La Baule+

la baule+ 22 | Avril 2025 Christophe Aulnette : « Ce qui tue les géants, c’est lorsqu’ils sont tellement sûrs de leur position monopolistique, ils ne voient plus arriver les nouvelles vagues. » Christophe Aulnette, ancien président de Microsoft France, relate dans un livre son choix de tourner le dos au confort d’une multinationale, pour vivre quelque chose de plus grand et de plus vrai. Il révèle les coulisses de sa carrière hors normes, détaille les raisons de sa décision, sans occulter ses doutes et ses échecs, et il partage avec authenticité ses souvenirs d’une époque où la technologie redéfinissait l’avenir. En s’appuyant sur son expérience, il prodigue des conseils pour bâtir sa carrière sur ses valeurs profondes, ou mener à bien un projet de reconversion professionnelle. Cette transition, dont Christophe Aulnette nous dévoile les épreuves et les opportunités, concerne aujourd’hui une large population de cadres qui quittent l’univers de l’entreprise et doivent alors s’inventer un nouveau destin professionnel. Christopher Aulnette est investisseur et conseiller opérationnel auprès de start-up, de PME et de fonds d’investissement dans le secteur de la tech. Christophe Aulnette présentera son livre samedi 12 avril à 11h à la librairie Lajarrige à La Baule. « Le jour où j’ai quitté Bill Gates. Et j’ai plongé dans les tumultes de la reconversion. » de Christophe Aulnette est publié aux Éditions Novice. Entreprendre ► L’ancien président de Microsoft France se confie sur sa reconversion professionnelle La Baule+ : Dans votre livre, vous confiez ne pas avoir été préparé aux défis du monde extérieur lorsque l’on quitte la présidence d’un grand groupe. Il y a l’entrepreneur bon élève, comme vous l’écrivez, c’est ce parcours que vous incarnez, mais il y a d’autres entrepreneurs, ceux qui ont créé leur entreprise et qui en connaissent parfaitement tous les rouages, y compris les plus anecdotiques… Christophe Aulnette : Effectivement, j’ai plutôt un parcours de bon élève, avec une carrière très linéaire et ascensionnelle, et je me suis retrouvé face à une problématique de réinvention. J’ai pu observer un certain nombre d’entrepreneurs, lorsqu’ils démarrent une entreprise de zéro, et j’explique que le bon élève, c’est celui qui va améliorer un système. Les entreprises ont besoin de ce profil parce qu’elles conçoivent des systèmes de management pour l’améliorer constamment, sans le remettre en cause. Souvent, les rebelles doivent partir des grandes entreprises. Au contraire, l’entrepreneur, qui est aussi le fondateur, part d’une idée. Il est obsédé par sa vision et sa force de conviction, il arrive à faire décoller une entreprise. Souvent, quand l’entreprise grandit, le fondateur ne peut pas tout gérer lui-même, il a tendance à s’occuper de tout. Mais, pour changer d’échelle, il faut pouvoir déléguer. D’ailleurs, Francis Bouygues a su faire cela formidablement. C’est un vrai challenge que d’embaucher un manager Certes, mais il s’occupait quand même de tout et il entretenait une relation très forte avec Patrick Le Lay… Je dis fréquemment que c’est un vrai challenge que d’embaucher un manager. Souvent, il y a un attelage de cultures entre le fondateur, qui connaît l’entreprise dans ses moindres recoins, et le manager qui arrive pour mettre en place certains processus. Le fondateur va considérer que c’est une vraie bureaucratie et que tout cela ne sert à rien. Cette cohabitation est souvent un moment de bascule. Je prends l’exemple de Bill Gates, avec Steve Ballmer. Bill Gates était un visionnaire sur l’avenir de l’ordinateur. Il voulait se concentrer là-dessus et, quand il a été nécessaire que Microsoft devienne une belle machine marketing, il a confié les clés à Steve Ballmer. Parfois, cela fonctionne, parfois, c’est une catastrophe. Vous racontez comment, après avoir démissionné de Microsoft, vous avez été confronté à de nombreuses difficultés. Un jour, vous avez rencontré Joseph Haddad, le fondateur de Netgem, qui était un génie, mais il avait sans

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