la baule+ 20 | Avril 2025 Société ► Une Bauloise nous invite à arrêter de nous plaindre ! Olivia Cornevin : « La plainte ne doit pas alimenter notre immobilité. » La bauloise Olivia Cornevin vient de publier un nouvel ouvrage dans lequel elle exprime son ras-le-bol d’entendre les gens se lamenter, car en France c’est devenu « un sport collectif... » Elle nous invite à nous réjouir de ce que nous avons : « Quand il fait beau, on se plaint qu’il fait trop chaud et, quand il fait mauvais, on veut du beau temps. » Mais la plainte, sous l’insatisfaction chronique qu’elle met en exergue, ne cacherait-elle pas en fait notre immobilisme ? Un aveu d’impossibilité de changement ? En cheminant ensemble avec ce livre pour analyser les motifs de nos doléances et en décortiquant celles qui étaient siennes, elle nous invite à effectuer un voyage intérieur pour aller voir ce qui se cache vraiment derrière et pourquoi nous nous enfonçons toujours plus, afin d’utiliser ce moteur pour devenir enfin la meilleure version de nous-mêmes. « Arrête de te plaindre et agis ! Ou comment sortir de son rôle de victime et devenir acteur de sa vie. » d’Olivia Cornevin est disponible dans les librairies de la presqu’île. La Baule+ : Comment avezvous été amenée à travailler sur cette question de la plainte continuelle chez nos concitoyens ? Olivia Cornevin : J’ai des amis qui passent leur temps à se plaindre et il est parfois très difficile de leur répondre qu’ils doivent apprendre à se prendre en main. Les gens se plaignent, mais ils ne font rien pour changer. Le point de départ, c’est un jour où je me plaignais de mon poids, et mon ex m’a dit que je devais arrêter de me plaindre et faire quelque chose. Ce livre m’a permis de me prendre en main et c’était aussi une thérapie. La plainte est quelque chose qui nous empêche d’avancer. Au départ, c’est une bonne chose et on a le droit de se plaindre. Mais on ne doit pas rester une victime et la plainte ne doit pas alimenter notre immobilité. Du coup, les gens s’enferment dans leur victimisation. J’essaie de déconstruire tout ce qui est la plainte, les mécanismes qui nous empêchent d’avancer, et j’explique comment agir et comment se prendre en main. La plainte, cela permet toujours aux gens de dire que ce n’est pas de leur faute Vous préconisez d’écrire sur une feuille de papier les causes de la plainte et de rechercher ensuite le chemin pour sortir de cette mauvaise route… La plainte, cela permet toujours aux gens de dire que ce n’est pas de leur faute, ce qui est souvent très vrai. On peut se plaindre de son patron, mais on a quand même choisi d’aller travailler dans cette entreprise. Si l’on est avec une personne qui nous maltraite, on a quand même choisi d’être avec cette personne. Il faut savoir se regarder en face, se dire que l’on s’est mis dans une mauvaise situation, et trouver des solutions pour en sortir. Écrire, c’est déjà prendre conscience que l’on se plaint et que l’on se victimise. La plainte permet de parler sans agir La plainte n’est-elle pas l’apanage des enfants gâtés ? Au fin fond de l’Afrique ou d’une zone du monde où les gens sont dans la misère, ils ne se plaignent pas… Oui, ils sont même heureux, parce qu’ils ont réussi à passer la journée et à être toujours vivants ! C’est peut-être l’apanage des enfants gâtés en Occident. Par exemple, on se plaint souvent de la politique, mais personne ne monte au créneau pour renverser l’État. Si les gens étaient si mécontents, ne feraient-ils pas quelque chose? La plainte permet de parler sans agir. En France, on est gâté. On a le chômage quand on perd son emploi. Donc, on n’a aucune raison de se révolter. Et, quand on se plaint, c’est une figure de style pour dire que le monde va mal. Mais je ne veux pas généraliser, car il y a beaucoup de gens qui se battent en France face aux injustices. Parfois, c’est tellement lent, les forces sont tellement puissantes, que l’on a l’impression que cela ne sert à rien. On pourrait vous rétorquer que c’est bien gentil de philosopher ainsi, par exemple lorsque l’on est malheureux dans son travail, mais il n’est pas évident de le quitter quand on a une famille à nourrir et des crédits en cours à rembourser… Quand j’étais petite, mes parents avançaient plus vite que moi quand on faisait une balade et ils ne m’attendaient jamais. Face à cela, je faisais une crise et je restais sur place. Quand on est enfant, les parents nous forcent à sortir de notre crise pour continuer comme si de rien n’était. Mais quand on est adulte, on n’a plus les parents pour nous sermonner. C’est même l’inverse : l’État nous explique que nous avons bien raison de nous plaindre et qu’il y aura une nouvelle loi pour nous aider… Avez-vous un exemple ? Les gens se sont plaints des appartements mal isolés et l’État a fait une nouvelle loi pour interdire la location des appartements mal isolés… Et, du coup, les gens n’ont plus de logements ! C’est fantastique ! On marche sur la tête en France. Une amie, après avoir lu mon livre, m’a dit que cela lui a donné un coup de pied aux fesses pour cesser d’être une victime. Une autre amie m’a dit que ma réflexion lui a permis de comprendre qu’elle n’avait même pas conscience qu’elle se plaignait en permanence, sans rien faire pour agir. Au bout de 21 jours, ce ne sera plus une contrainte Vous rappelez qu’il faut 21 jours pour installer une nouvelle habitude… C’est ce qu’il faut retenir : il faut tenir 21 jours. Au bout de 21 jours, ce ne sera plus une contrainte. Ce sera intégré dans votre cerveau. J’évoque aussi la gratitude, qui est une manière de contrer la plainte. Si l’on arrive à trouver cinq choses dont on se réjouit chaque jour, forcément, on ne sera plus dans le mécanisme de la plainte. Propos recueillis par Yannick Urrien. Kernews, votre radio 100% locale sur 91,5 FM sur tout le littoral de Loire-Atlantique. En DAB sur toute la Loire-Atlantique.
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