la baule+ 8 | Novembre 2024 Il y a deux sujets qui nous préoccupent lorsque nous portons la responsabilité de la vie de nos proches : être rassuré lorsque l’on confie ses enfants à une garde extérieure et, à l’autre bout de la chaîne de la vie, lorsque l’on doit placer ses parents ou ses grands-parents dans une maison de retraite. C’est souvent une décision difficile à prendre et le terme de maison de retraite a longtemps eu une connotation négative. Dans les années 90 et 2000, on a observé une évolution vers des résidences qui se rapprochent davantage de l’hôtellerie. Aujourd’hui, une étape supplémentaire est franchie, grâce à des compétences professionnelles complémentaires, telles que les ergothérapeutes ou les animatrices. À Guérande, la résidence Les Écrivains, qui appartient au groupe Emeis, est dirigée par une directrice qui a toujours eu la vocation d’accompagner nos aînés. Sophie Guehenneuc est infirmière de formation. Elle a longtemps travaillé en gériatrie à l’hôpital de Saint-Nazaire et, lorsqu’elle a décidé de rejoindre le privé, c’était aussi pour porter des valeurs qui l’animent depuis toujours : le respect du résident, comme le respect du salarié, car l’un ne va pas sans l’autre. Sophie Guehenneuc a toujours eu envie de « faire bouger les lignes» et elle a eu la liberté de le faire. Elle s’est aussi entourée de professionnels qui partagent cette même envie. Un vrai travail de funambule pour le soignant Concrètement, il n’était pas question pour elle de faire de la résidence une sorte d’hôtel, avec de bons services en matière de restauration et une La résidence Emeis « Les Écrivains » : Emeis priorise sur la qualité de vie de ses résidents service. Marine, ergothérapeute, souligne que « l’objectif est de garder l’autonomie du résident au maximum. Il perd tous ses repères lorsqu’il arrive, donc on essaye d’en recréer afin qu’il s’adapte à son nouvel environnement. On l’accompagne pour qu’il puisse se rendre seul au repas, ou faire sa toilette seul. On travaille aussi sur son confort, notamment avec la mise en place de fauteuils roulants, lorsque c’est nécessaire, ou d’équipements spécifiques au lit. » Marine dresse régulièrement un bilan personnalisé sur l’autonomie de chaque résident et son adaptation à l’environnement. Elle ajoute: « Je travaille sur des prises en charge en individuel ou en groupe, par exemple sur des ateliers équilibre, et en groupe cela crée une dynamique. Je prends en charge l’ensemble des résidents de la structure aussi bien côté EHPAD que l’unité de soins adaptés. Je sensibilise également les résidents sur le risque de chutes et travaille aussi le relever du sol avec eux » Des initiatives innovantes Des initiatives innovantes sont mises en place. Ainsi, « chaque année, on travaille sur le Tour de France avec les résidents et les salariés. On est tous invités à pédaler ensemble en salle. On a fait cette année plus de 3500 kilomètres, puisque nous nous basons réellement sur le Tour infirmière qui se contente de vérifier que tout va bien. Nos aînés méritent mieux : «Il faut que leurs dernières années soient aussi portées vers l’épanouissement intellectuel et physique ». Elle reconnaît que ce n’est pas facile : « La moyenne d’âge des soignants de la résidence est d’une trentaine d’années, alors que la moyenne d’âge des résidents est de 92 ans, et nous avons même dix centenaires ! » La réalité est que pour faire de l’EHPAD un lieu de vie, « nous devons jongler entre la réglementation du Code de l’action sociale et des familles, les désirs des résidents, mais aussi les injonctions des familles. Un vrai travail de funambule pour le soignant. Or il n’y a pas que les soins proprement dits, il y a aussi la complémentarité du soin avec une ergothérapeute et une animatrice à temps plein. » Rares sont les établissements qui proposent un tel de France au cours des trois semaines de compétition. Pour cet événement, nous utilisons le logiciel Bike Labyrinth, qui affiche des balades virtuelles sur un écran. Cela encourage les résidents et nous observons que certains pédalent maintenant toute l’année. L’année dernière, nous avons pu transformer les kilomètres en euros, en partenariat avec la fondation du groupe, ce qui a permis de collecter 3 500 € distribués à l’association Les Liens du Cœur ». Marine a également mis au point des animations autour des JO : « Nous avons emmené les résidents sur la plage de La Turballe pour leur permettre de mettre les pieds dans l’eau, nous avons prodigué des conseils de marche, on a joué à la pétanque, et même au football, en associant cela à des sorties. » Manon est responsable de l’animation et elle est également référente région Ouest pour le groupe Emeis, afin de coacher les animatrices des 15 résidences de la région: « J’ai de la chance, car les postes d’animatrice à temps plein dans un EHPAD sont assez rares. On travaille sur les envies des résidents et, à leur demande, on a même organisé une sortie au McDonald’s, ce qui est peu commun pour un EHPAD. Les résidents étaient contents, mais finalement ils préfèrent notre cuisine traditionnelle ! » Manon indique que les interactions résidents, salariés, familles sont permanentes, à travers une commission animation pour échanger sur les projets, ou aumoment du goûter. Par exemple, certains résidents ont signalé s’ennuyer en fin d’après-midi : « On a créé une nouvelle animation tous les jours à 16h30. Une autre fois, les résidents nous ont expliqué que la résidence était magnifique, avec des écritures en argent sur du beige et du blanc, mais que ce n’était pas visible pour les mal voyants. Ensemble, nous avons travaillé sur la signalétique, avec des couleurs atypiques, mais qui sont réellement visibles par les résidents.» Ce projet a d’ailleurs été présenté à un forum organisé par le Département. Sophie Guehenneuc ne veut oublier personne : « Nous sommes en train de créer un nouveau village guérandais dans l’unité de soins adaptés, en collaboration avec les familles. Chaque résident choisit sa porte d’entrée de chambre. Le poste infirmier devient la boulangerie. La cuisine thérapeutique va devenir un restaurant. On reconstitue un mini Guérande en quelque sorte !». Finalement, l’objectif reste toujours le même, faire en sorte que cette dernière étape de vie s’accompagne de bons moments et de beaux souvenirs aussi, pour les familles, et pour les soignants. Résidence Les Écrivains: 42, rue des Mimosas, 44350 Guérande. Tél. : 02 28 55 06 00. Marine, Sophie Guehenneuc et Manon À Pornichet, la Médiathèque invite petits et grands à découvrir « Rosie », une petite araignée née de l’imaginaire de l’illustrateur Gaëtan Doremus. Héroïne de l’album éponyme, Rosie part à la recherche de son fil dans une aventure riche en émotions, où elle découvre le monde et les sensations qu’il procure : peur, joie, tristesse, et rires. Jusqu’au 23 novembre prochain, la Médiathèque propose une exposition dédiée à cet univers poétique et coloré. Imaginée et scénographiée par l’auteur Olivier Douzou avec le soutien du Conseil départemental du Val-de-Marne, cette exposition, située à la Salle d’exposition du Phare, invite les visiteurs à plonger dans le processus de création d’un livre. Les enfants, et plus particulièrement les tout-petits, pourront y explorer les images, les observer et même les animer, pour vivre l’histoire de Rosie d’une manière interactive et ludique. Une expérience qui promet d’éveiller les sens et d’initier les plus jeunes à la découverte de la littérature jeunesse. L’exposition est accessible aux horaires habituels d’ouverture de la Médiathèque de Pornichet : les mardis, mercredis, et samedis de 10h à 12h30 et de 15h30 à 18h (jusqu’à 19h le vendredi), ainsi que le jeudi de 10h à 14h. La participation aux séances de lecture dansée est gratuite, mais une réservation est conseillée en raison du nombre limité de places. La Médiathèque de Pornichet voit la vie en « Rosie » : une immersion dans l’univers de l’illustrateur Gaëtan Doremus
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