la baule+ 24 | Juin 2024 Nicolas Peyrac : « On nous raconte tellement de conneries et de mensonges, que je ne regarde plus les nouvelles ». Nicolas Peyrac a commencé sa carrière en 1974, avec un premier album intitulé « D’où venez-vous? ». Cinquante ans plus tard, il répond à cette question avec « D’ici et d’ailleurs », son nouvel album, dont il annonce qu’il s’agit du dernier. Le nom de Nicolas Peyrac est associé à plusieurs grands succès qui traversent le temps comme « Et mon père », « So far way from L.A. » ou «Mississipi river ». Il habite aujourd’hui en Bretagne et il continue de faire des tournées : « Je rêve de venir chanter à La Baule », nous a-t-il confié. Nicolas Peyrac évoque avec Yannick Urrien son nouvel album. Musique ► Un nouvel album pour célébrer cinquante ans de carrière… La Baule+ : Dans votre nouvel album, on retrouve vraiment votre voix et votre style historique, mais il y a aussi quelques chansons qui ont presque un côté lounge, avec la voix d’autres artistes… Nicolas Peyrac : Je voulais faire un album concept, basé sur les droits de l’homme, la tolérance, la paix et tout ce qui me touche depuis très longtemps. Le hasard de la vie a fait que j’ai rencontré Philippe Lefèvre qui habite à Dinan, pas très loin de chez moi, et j’ai craqué pour sa musique. Je lui ai dit que j’aimais beaucoup son univers musical, son côté New-Age et world. En rentrant chez moi, j’ai eu envie de faire cet album concept auquel je pense depuis que j’ai écouté en 1969 l’album des Moody Blues, où il n’y avait aucun arrêt entre les chansons et les morceaux instrumentaux. Ensuite, nous avons décidé de nous embarquer dans cette aventure. J’ai choisi de mettre neuf nouvelles chansons, deux anciennes qui me tiennent à cœur, avec des invités, comme Bénabar, François Morel et François Berléand, pour lire des extraits de textes de chansons qui appartiennent à mes albums, avec également les voix de ma femme et de mes deux filles. Ainsi, je me suis entouré des gens que j’aime et nous avons fait cela avec mes musiciens à Boulognesur-Mer. Vous évoquez les droits de l’homme, mais pas dans un sens moralisateur ou culpabilisateur, vous défendez plutôt les hommes libres… Je pense depuis toujours que l’on ne doit pas juger les autres avec des a priori, par rapport à leur couleur de peau, leur façon de penser, de prier ou d’aimer… C’est autour de cela que j’ai organisé cet album. Dans tous mes albums, il y a des chansons qui évoquent cela. Ce n’est pas du tout politique ni culpabilisateur. C’est vraiment une histoire de liberté et une volonté de ne pas juger les autres avec des a priori et des idées préconçues. Je n’ai jamais cédé aux sirènes de l’argent ou de la gloire C’est un peu votre image, celle de l’artiste que l’on croise dans un aéroport avec sa guitare… Récemment, un journaliste m’a dit que j’étais entre James Taylor et Bob Dylan et, évidemment, cela me fait plaisir ! Je n’ai jamais cherché à être connu, je n’ai jamais cédé aux sirènes de l’argent ou de la gloire, je ne me suis pas mis dans des trucs pour faire parler de moi. Je pense que cet album est un résumé absolu de mon parcours, avec toutes les choses importantes que j’avais envie de dire ou de redire. Dans la chanson, « J’ai pas choisi, j’ai pris », vous racontez que vous avez appréhendé la vie telle qu’elle s’est présentée… C’est l’histoire d’une femme immigrée. C’est une chanson qui évoque les gens qui sont obligés de fuir leur pays. Mais si l’on analyse certains moments, cela me ressemble. Je n’ai pas choisi, j’ai pris ce que m’a offert la vie. C’est le contraire de carriériste. Un jour, je suis parti à Montréal, avec ma vie dans quelques sacs, et j’ai tout recommencé à zéro parce que je n’avais plus envie de la vie parisienne. Maintenant, je suis en Bretagne et je suis ravi d’être revenu chez moi, dans ma maison d’enfance. Je ne suis pas capable de céder aux pressions. Si j’ai envie de faire les choses, je les fais et, si je n’en ai pas envie, je ne les fais pas. C’est finalement la définition d’un homme libre… Oui, mais on est de moins en moins libre. On est surveillé de partout, on sait où vous êtes en permanence. Ce n’est pas la liberté telle que je la conçois. Il y a plein de choses qui nous facilitent la vie, en même temps, je ne vais pas dire que l’on est fliqué, mais presque. Dans votre nouvel album, vous évoquez aussi la guerre, un thème nouveau chez vous… Ce qui est curieux, c’est qu’il y a une chanson qui parle de la guerre : « Tu leur diras ». C’est l’histoire d’une petite fille palestinienne et tout le monde pense que j’ai écrit cela suite à la guerre à Gaza. Mais c’est une chanson que j’ai écrite il y a quatre ans. J’ai déjà parlé de la guerre
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