La Baule+

la baule+ 16 // Janvier 2024 La Baule+ : Vous faites du bateau et vous connaissez bien notre région… Ludivine Sagnier : Oui, je suis déjà venue plusieurs fois à La Baule, mais aussi à Mesquer et Quimiac. J’ai de la famille en Bretagne. Je suis venue en bateau du golfe du Morbihan. Sinon, je vais davantage à Noirmoutier, mais ce n’est pas très loin. Maintenant, je viens de découvrir les suites du Relais Thalasso. L’accueil de Madame Phélippeau est fantastique et les praticiens sont super. Que faites-vous en ce moment ? Je viens de finir deux films français, « Leurs enfants après eux», une adaptation du livre de Nicolas Mathieu, prix Goncourt en 2018, avec notamment Gilles Lellouche, et je viens également de faire un autre film en Bourgogne avec Josiane Balasko. Je suis aussi en tournée pour le spectacle où je suis seule sur scène pour « Le Consentement ». C’est l’adaptation du roman de Vanessa Springora. On est seul face à un livre et au cinéma, il n’y a pas d’échange, alors que le théâtre est justement un endroit qui permet de rencontrer le public. C’est important pour un sujet aussi difficile, qui a besoin de nuances et de remise en question. Le théâtre est vraiment un très bon média pour raconter l’histoire de Vanessa Springora. Elle a réussi à transformer son traumatisme en œuvre artistique En dehors de l’affaire Matzneff, que vous inspire cette histoire ? Ce qui m’intéresse, c’est que Vanessa est une autrice à part entière. Son livre est un objet de littérature, ce n’est pas simplement un témoignage lambda. Elle a réussi à transformer son traumatisme en œuvre artistique et je trouve que c’est très intéressant de dépasser ses douleurs pour les transformer en autre chose, en créant la possibilité d’une transmission. Lorsque je joue le soir, je rencontre des jeunes filles, ou des femmes jusqu’à 80 ans, qui viennent me raconter des histoires qu’elles ont vécues. Ce sont des traumatismes de l’enfance et maintenant elles ont besoin de partager cela. Est-ce une forme de thérapie que d’en parler ? Je pense que Vanessa Springora, en étant capable d’écrire ce livre, s’était déjà reconstruite. C’est un livre qui n’est pas écrit dans la colère. C’est le livre de quelqu’un qui a réussi à se reconstruire après avoir trouvé l’apaisement et la résilience. Donc, je ne pourrais pas dire que c’est thérapeutique. Le dialogue autour de ces sujets est très important de nos jours, parce qu’il y a beaucoup trop d’abus et il est important que les victimes ne se sentent pas seules. Des gens connus profitent de leur notoriété pour abuser de personnes innocentes Pourquoi le milieu du show-business est-il plus particulièrement touché ? C’est vrai que le cinéma, le show-business, ou les arts d’une manière générale, font que des gens connus profitent de leur notoriété pour abuser de personnes innocentes. Si ces milieux sont particulièrement pointés du doigt, c’est parce qu’ils sont plus visibles. Il y a aussi la politique ou la finance qui sont des milieux évidents de pouvoir. Mais cela concerne tout le monde, même une administration, car dès lors qu’il y a un rapport de pouvoir, il y a la possibilité d’un abus. Les professions artistiques sont les plus visibles Cinéma ► Rencontre avec l’actrice au Château des Tourelles Ludivine Sagnier : « Le pouvoir est un agitateur des passions humaines. » Ludivine Sagnier connaît bien La Baule et la presqu’île. Nous l’avons rencontrée au Château des Tourelles, à Pornichet, pour évoquer son actualité. On a beaucoup parlé d’elle au moment de la sortie du « Napoléon » de Ridley Scott, car son nom figure au générique du film, alors que l’on ne la voit pas à l’écran. Ludivine Sagnier y incarne un personnage secondaire et, au moment du montage, Ridley Scott a préféré conserver la scène pour la version longue du film qui sera proposée sur les plateformes de streaming. Ludivine Sagnier a été révélée au début des années 2000 par le réalisateur François Ozon.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTEyOTQ2