La Baule+

la baule+ 14 // Janvier 2024 Évoquons les statistiques. C’est relativement neutre lorsque l’on nous explique que l’été dernier, tel pourcentage de Français n’est pas parti en vacances, tel autre est parti au bord de la mer, à la montagne ou à la campagne… On peut dire que c’est exact. À l’inverse, il y a des statistiques plus contestables, notamment lorsque l’on veut faire passer des messages… J’explique dans le livre que toutes les statistiques ne se valent pas. Cela signifie qu’elles n’ont pas la même influence sur la société. Par exemple, le nombre de licenciés à la Fédération belge d’échecs, c’est intéressant, mais cela ne va pas conditionner le sort de l’humanité. En revanche, quand on parle de l’efficacité d’un vaccin face à la contamination, ou face à la mortalité, cela a pu constituer un élément décisif dans une décision politique historique. Il faut bien savoir que notre rôle de citoyens, mais aussi de médias, c’est d’être très attentifs lorsque cela a beaucoup d’importance et d’être plus souples quand cela a moins d’importance. La statistique comportementale n’a-t-elle pas pour but de nous influencer ? Si l’on veut emmener les Français vers tel comportement, même s’il est minoritaire, on nous indique que 70 % d’entre eux ont l’intention d’acheter ceci ou cela, tout simplement pour faire comprendre aux autres qu’ils sont en marge de la société… Il est difficile d’établir une intentionnalité, mais il est certain qu’il y a des effets d’auto-prophétie dans un sondage. Si, demain, nous nous amusions à choisir un individu lambda dans la société, en expliquant qu’il est le favori de la prochaine élection présidentielle, quelque part vous réaliseriez le début d’une prédiction qui peut se révéler réelle. Si vous expliquez aux Français que quelqu’un que personne ne connaît a 35 % de taux de notoriété et de probabilité d’être le prochain président de la République, les gens vont s’y intéresser et donc découvrir ses qualités et ses défauts. Ils vont commencer à considérer que c’est peut-être un candidat crédible et ils vont déconsidérer ceux qui sont trop loin dans les sondages. C’est ce qui s’est passé d’ailleurs pour Madame Pécresse et pour Madame Hidalgo, lors de la dernière élection présidentielle, au-delà de toute considération de compétences. Dès le début, les sondages ont annoncé qu’elles étaient beaucoup trop loin, peu importe le scénario. Il faut avoir conscience de ces phénomènes, le sondage agit sur le réel et le réel conditionne le sondage. On est dans un effet d’interpénétration. J’ai pris l’exemple du sondage, mais cette réponse vaut aussi pour les statistiques. Le sondage est une sous-composante de la discipline statistique. Quand on fait de la statistique, on ne fait pas apparaître des éléments qui n’existent pas, simplement, on conditionne les comportements après avoir livré une radiographie. L’une des manières d’évaluer le monde, c’est de se référer aux autres Tout cela n’a-t-il pas vocation à nous conditionner pour nous faire rentrer dans le troupeau ? Regardez les publicités pour les livres : les éditeurs signalent que tel ouvrage est numéro un, donc les gens vont l’acheter parce qu’il figure en tête des ventes mais pas parce qu’il correspond à la sensibilité du lecteur… Il y a aussi les publicités pour les radios ou les émissions de télévision, on nous martèle que que le journal de 20heures de telle chaîne a les plus fortes audiences, mais cela ne veut pas dire que c’est le plus instructif… Pourquoi cette volonté d’être toujours en troupeau ? Nous sommes des animaux sociaux et nous avons des capacités cognitives relativement limitées. Il est impossible de comparer la qualité de tous les journaux. Vos certitudes d’aujourd’hui ne sont pas celles de demain et le changement d’un rédacteur en chef peut complètement changer la qualité d’un journal. Face à cela, l’une des manières d’évaluer le monde, c’est de se référer aux autres, ce que l’on appelle la sagesse des foules. À tort ou à raison. Il y a une forme d’économie cognitive, on fait cela pour éviter de faire beaucoup d’efforts pour appréhender le monde qui nous entoure. On sait tous les malheurs qui sont survenus, tout au long de l’histoire du XXe siècle, en raison de la grégarité. C’est l’une des forces de l’espèce humaine, mais aussi l’une de ses grandes faiblesses que d’être grégaire, et, pour les personnes les moins bien intentionnées, c’est une manière de réaliser des destins politiques et militants par le truchement de la manipulation de l’opinion. C’est quelque chose qu’il faut défaire patiemment et c’est pour cette raison que nous avons cette proposition politique de la démocratie. En marketing, c’est le phénomène de la queue devant un restaurant. Si vous en avez un qui ne fonctionne pas très bien, pour faire venir du monde, vous mettez une file d’attente factice… Donc, les gens vont faire la queue pour rejoindre les autres et cela va faire la réputation de l’établissement. On attire du monde par le simple effet de grégarité. À l’inverse, vous installez devant une boîte de nuit pendant les 15 premiers jours un videur dont le rôle sera de refuser l’entrée à tout le monde en disant que c’est complet. Ensuite, tout le monde va essayer de revenir… Les videurs ont deux rôles, peu de gens le savent. Le premier, c’est de maintenir la sécurité, mais c’est aussi de susciter le désir par la privation, qui est un levier important. La grégarité, c’est de vouloir faire comme autrui et bénéficier de ce dont autrui bénéficie. Si vous n’avez pas la possibilité d’entrer et si d’autres ont la possibilité d’entrer, vous vous renvoyez une image qui n’est pas celle que vous souhaitez. Vous générez de la frustration, donc du désir. Et le désir vous conduit à revenir. Ce sont des mécanismes très fondamentaux de l’espèce humaine. Propos recueillis par Yannick Urrien. Sami Biasoni : « La grégarité, c’est de vouloir faire comme autrui et bénéficier de ce dont autrui bénéficie.» La Ville de Guérande a reçu le prix départemental des Rubans du Patrimoine pour la restauration de la Porte Saint-Michel et ses aménagements intérieurs et la restauration de la Tour Sainte-Anne. Ce prix vient récompenser la réhabilitation exemplaire menée sur le joyau monumental que représentent la Porte Saint-Michel et la mise en visite des remparts, un projet qui a su allier préservation du patrimoine et modernité. Guérande possède un patrimoine historique exceptionnel qui lui vaut, depuis 2004, le label Ville d’art et d’histoire. Son enceinte fortifiée, longue de 1 300 m, est l’une des mieux conservées de France et la plus complète de Bretagne. Elle est surtout l’une des rares à avoir gardé ses remparts dans leur intégralité. La ville compte au total 17 monuments historiques dont une grande partie date de la fin du Moyen Âge (XIIIe-XVe siècle). La restauration de la Porte Saint-Michel et de ses aménagements intérieurs et la restauration de la Tour Sainte-Anne ont été le point d’orgue des travaux menés dans le cadre du programme 2017/2022. La Ville de Guérande lauréate du concours « Les rubans du Patrimoine » Afin de mieux accompagner les déplacements autour de l’espace culturel Athanor, notamment le soir, et de renforcer la sécurité dans le secteur, la Ville de Guérande a fait le choix de modifier la plage d’allumage de l’éclairage public. Désormais, l’éclairage public reste allumé jusqu’à 1h du matin. La Ville de Guérande souligne qu’elle est « mobilisée, avec sa police municipale, et continue d’effectuer des passages réguliers ». Éclairage public à Guérande

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