la baule + L’essentiel de la presqu’île guérandaise ! Mensuel gratuit d’ informations - N° 235 - Janvier 2024 NE JETEZ PAS CE JOURNAL SUR LA VOIE PUBLIQUE : RAPPORTEZ LA BAULE+ CHEZ VOUS ! Soirées Terroir & Vignoble et Ateliers Cocktail au Saint-Christophe ! Page 9 OPTIQUE Atol Guérande : un concept qui met en valeur le choix et l’innovation Page 8 RESTAURATION BIEN-ÊTRE Fabrice Guillon : CrossFit 6.15 pour travailler 100% de ses capacités physiques Page 10 Ludivine Sagnier Rencontre avec l’actrice au Château des Tourelles à Pornichet Pages 16 et 17 Nos entreprises communiquent Politique Henri Guaino Henri Guaino a été commissaire général au Plan, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy à l’Élysée et député. Une analyse sans concessions sur l’effondrement de la société Pages 4 à 6 Manipulation Sami Biasoni Sami Biasoni est docteur en philosophie de l’École normale supérieure, professeur chargé de cours à l’ESSEC et conférencier. Pourquoi il faut se méfier des sondages et des statistiques Pages 12 à 14 Infos, podcasts, radio en direct... Téléchargez l’application Kernews
la baule+ 2 // Janvier 2024 Une nouvelle année commence. Elle sera sans doute décisive sur le plan politique et économique. Nous avons tous constaté que notre région, jusqu’à présent considérée comme privilégiée, n’est pas restée à l’abri des secousses, avec la hausse de l’énergie, la morosité ambiante ou l’inflation généralisée. Comme dans toute période de crise, il y a une montée, un plafond, puis une descente vers la normalité. Il faut espérer que 2024 sera cette année de stabilisation. Cela implique que pendant cette transition, certains acteurs s’en sortiront mieux que d’autres. Pour ces vœux 2024, nous souhaitons aborder le rôle économique de vos médias locaux. C’est un aspect non négligeable du rôle de La Baule+ dans l’économie de la presqu’île. Notre métier consiste à créer du contenu éditorial, afin de répondre aux attentes d’une majorité de la population. La production d’information est une industrie très coûteuse, tout comme la fabrication d’un journal, et notre mission est aussi économique car nous permettons aux artisans et aux commerçants locaux de se faire connaître à un coût raisonnable dans un média qui fidélise un lectorat exigeant et de qualité, à très large diffusion. La Baule+ est un mensuel totalement indépendant, qui ne reçoit pas un centime de subvention publique et dont le financement est exclusivement assuré par la publicité. Votre journal est produit à La Baule. Nous créons des emplois localement et nous mettons un point d’honneur à ce qu’il soit imprimé en France, ce que l’on ne retrouve pas chez d’autres périodiques gratuits distribués sur la presqu’île et en France d’une manière générale. Sur le plan écologique, La Baule+ est aussi un journal vertueux puisque le papier utilisé est 100% recyclé. En complément, la radio Kernews se positionne également comme une station locale différente. Depuis nos studios de La Baule, elle couvre en DAB toute la Loire-Atlantique et en FM tout son littoral ( 91,5 FM ). Écouter Kernews, c’est bénéficier de programmes qui ont été conçus dans le respect des auditeurs. Les auditeurs choisissent Kernews parce que c’est une radio complète : informations locales et nationales, analyses, interviews et musique. La programmation musicale variée privilégie les grands succès des années 70 à aujourd’hui. Ce sont les grands standards qui traversent le temps et unissent toutes les générations. La radio est aussi un média performant pour permettre à nos entreprises locales de communiquer efficacement, à moindre coût et de façon écologique. D’ailleurs, de plus en plus d’acteurs économiques ont compris les limites de la publicité diffusée sur Internet, qui ne sert qu’à enrichir les GAFAM et à polluer la planète à travers des serveurs de plus en plus énergivores. La Baule+ et Kernews se positionnent comme deux médias de contenu, nous y tenons. Ce sont deux entreprises qui ont un sens. Le contenu, c’est la différence. En résumé, le cercle est vertueux, car des emplois sont créés localement pour faire vivre un journal et une radio, lesquels sont financés par des annonceurs locaux qui, euxmêmes, peuvent développer leur notoriété grâce à leurs publicités et ainsi créer de nouveaux emplois. Nous vous souhaitons une excellente année 2024. Nous avons une pensée particulière pour celles et ceux qui connaissent des moments douloureux, qu’il s’agisse de la perte d’un proche, d’une séparation, de problèmes de santé, d’un licenciement ou d’une faillite... Prenez-bien soin de vous, ce journal est le vôtre. Il est aussi le symbole d’une région et d’un style de vie. Bonne année 2024. Fabienne Brasseur, Yannick Urrien et toute l’équipe de La Baule+ et de Kernews. Bonne année 2024 !
la baule+ Janvier 2024 // 3 Éric Morillot est venu à La Baule, samedi 16 décembre dernier, à l’invitation de l’association Cercle 7, pour donner une conférence sur les médias et la liberté d’expression. Le journaliste anime l’émission Bistrot libertés sur TV Libertés et il a aussi sa propre chaîne YouTube, baptisée Les Incorrectibles. Sur une presqu’île sociologiquement plutôt à droite, Éric Morillot était en terre conquise. Une centaine de personnes étaient présentes pour écouter son discours de défiance à l’égard des médias traditionnels. Le journaliste a souligné que le champ de la liberté d’expression se restreint de aucune confiance dans le traitement de l’information par les médias institutionnels et qu’ils ne regardent les chaînes classiques de télévision que pour le sport, le cinéma ou les feuilletons… Le public de la presqu’île a posé de nombreuses questions, souvent pertinentes, sur les médias et la liberté de la presse. Le débat se poursuivra en avril prochain puisque le journaliste Martial Bild, directeur de TV Libertés, a accepté de donner une conférence sur ce même thème. Martial Bild sera chez lui car son épouse a une maison de famille à La Baule. Un point qu’il partage avec Pascal Praud, journaliste de droite non conformiste très populaire sur la presqu’île. Salle pleine pour écouter Éric Morillot, animateur sur TV Libertés, au Golden Tulip à La Baule La municipalité du Pouliguen a accordé une nouvelle subvention de 2300€ à Lola Sorin. Dans la dernière ligne droite avant les JO de 2024, la jeune sportive, membre du Centre de voile (Cercle Nautique La Baule - Le Pouliguen – Pornichet), se voit ainsi confortée dans sa préparation. Fin février, elle devrait savoir si elle est sélectionnée pour les Jeux. Le Pouliguen s’engage avec Lola plus en plus : « Quand on regarde les médias institutionnels, à part quelques émissions qui se disent politiquement incorrectes, mais qui, dans le fond, restent quand même dans un écosystème très contrôlé, le champ de la liberté d’expression est aujourd’hui réduit à peau de chagrin. Il y a une inégalité devant l’information. C’est un sujet qui est devenu très compliqué, parce que vous avez une censure forte. On nous explique qu’il y a de plus en plus de médias, donc de plus en plus de liberté, alors que c’est exactement l’inverse. » De nombreux téléspectateurs de TV Libertés ont confirmé qu’ils n’ont plus
la baule+ 4 // Janvier 2024 Politique ► Une analyse sans concessions sur l’effondrement de la société Henri Guaino : « Si nous continuons comme cela, nous finirons par être une société très divisée qui cherchera à retrouver son unité par la violence. » Henri Guaino fut l’un des artisans, en 1992, de la campagne du « Non » au traité de Maastricht aux côtés de Charles Pasqua et de Philippe Séguin, puis l’inspirateur de la campagne de Jacques Chirac sur la fracture sociale en 1995. Il a été commissaire général au Plan, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy à l’Élysée et député. « À la septième fois, les murailles tombèrent. » d’Henri Guaino est publié aux Éditions du Rocher. La Baule+ : Dans le titre de votre livre, vous faites référence à la Bible, avec cet épisode où l’on se croit toujours plus fort face à un ennemi que l’on sous-estime. On se dit que l’on a raison, que ce sont les autres qui ont tort et puis, un beau jour, tout s’effondre. Vous évoquez les trompettes de Jéricho et cela pourrait être aussi le Mur de Berlin : est-ce la situation que nous sommes en train de connaître ? Henri Guaino : D’une certaine manière, c’est ce que nous connaissons. Nous avons laissé s’affaiblir toutes les digues, toutes les murailles, toutes les barrières qui permettent de vivre en société sans nous entretuer. Pendant tellement longtemps, nous avons considéré que tout ce qui ne se voyait pas - puisque ces barrières sont invisibles - n’avait aucune importance. Ce n’est pas la première fois que cela nous arrive, c’est arrivé à la plupart des civilisations. La civilisation romaine bien avant nous, mais aussi à la civilisation occidentale au XXe siècle. Il y a eu un grand malaise au cours des années 30. Edgar Morin a déclaré, au moment de son centième anniversaire, qu’il se souvenait qu’à l’époque la jeunesse française n’avait pas le sentiment de la gravité de la situation et de l’urgence. Il explique que nous avons traversé cette période comme des somnambules, avant que la réalité ne saute au cou de tout le monde. Nous avons considéré que tout ce qui est arrivé à nos prédécesseurs ne pouvait plus nous arriver, car nous étions tellement meilleurs et plus intelligents, avec des murailles tellement solides, que nous avons relâché notre vigilance et nous avons même déconstruit volontairement ces murailles. Vous rapportez une anecdote de l’élection législative de 2022 sur un député qui citait la guerre en Ukraine et qui s’est vu répondre à la fin de son intervention : « Maintenant, revenons sur Terre… » Lorsque l’on parle de sujets essentiels, qui conditionnent notre avenir, beaucoup de gens s’en moquent. Mais après, ils viennent se plaindre quand ils en subissent les conséquences… C’est un vieux penchant humain, qui n’est pas propre à notre époque, mais qui se manifeste dans une période où l’état du monde et de la société est très préoccupant. La guerre en Ukraine a concerné directement chacun d’entre nous, sur la question de l’énergie, de l’inflation, du pouvoir d’achat, sans parler des menaces sur la paix elle-même. Le premier réflexe a été de négliger totalement ce qui paraît loin de nous, jusqu’à ce que ce qui est loin de nous finisse par arriver chez nous. La guerre et la misère nous envoient des masses de population et, brusquement, cela nous concerne. En sanctionnant la Russie comme on l’a fait, on s’est sanctionné nous-mêmes Vous prenez l’exemple de ce qui est loin de nous, mais pas seulement. Au moment du confinement, beaucoup ont essayé d’alerter sur les conséquences du « quoiqu’il en coûte » et maintenant les entreprises doivent rembourser les PGE, donc les salaires sont bloqués. En plus, nous sommes dans une inflation très forte… Le « quoiqu’il en coûte » était inévitable à partir du moment où l’on avait décidé d’arrêter l’économie et d’enfermer tout le monde chez soi. Sinon, tout s’effondrait. C’est la conséquence de quelque chose que l’on aurait pu gérer autrement, c’est-à-dire le confinement généralisé et l’arrêt de l’économie. La vraie sottise, c’est d’avoir proféré « Nos vies valent plus que nos profits » comme si l’économie ce n’était que des profits, alors que l’économie c’est simplement les services que nous nous rendons les uns aux autres pour essayer de vivre le mieux possible. On a choisi la solution de l’enfermement généralisé, sans se poser de questions et sans en mesurer les conséquences. Au cours des premières semaines, le désarroi pouvait conduire à ce genre de mesures mais, sur la durée, on a profondément abîmé la société et la sociabilité. La fermeture est une décision administrative qui vous interdit de travailler, mais on n’a pas choisi le dédommagement pour les entreprises : on a choisi le prêt qui doit être remboursé, même s’il est à taux faible. Maintenant, on paie les conséquences de tout cela. On n’a jamais fait cela dans l’histoire, on n’a jamais géré une épidémie en enfermant tout le monde chez soi et en arrêtant toute la société ! On a parfois isolé des villes, ou des provinces, mais ce n’était pas du tout la même chose. Maintenant, on paie tout cela. L’inflation, c’est la reprise, en raison de la désorganisation des flux, mais ensuite une bonne partie de l’inflation est venue de la guerre en Ukraine. En sanctionnant la Russie comme on l’a fait, on s’est sanctionné nous-mêmes. On peut sans doute trouver de bonnes raisons à ces sanctions, malheureusement elles n’ont pas eu un grand effet sur la Russie, mais surtout sur nous. Déjà, les salaires étaient beaucoup trop bas avant le retour de l’inflation, avec des tensions sociales importantes, donc il aurait fallu peut-être débattre sur l’indexation des salaires. Malheureusement, il n’est plus possible de discuter et chacun ne voit que sa situation personnelle, sans voir à quel point la situation de chacun dépend de celle de tous les autres. C’est l’une des grandes difficultés de la politique que d’amener chacun à raisonner en fonction de ce qui se passe autour de lui. Vous ne pouvez pas avoir des îlots de prospérité dans un océan de misère et vous ne pouvez pas avoir une petite partie de l’économie prospère quand tout le reste de l’économie s’effondre. Ce n’est pas possible. Il y a une interdépendance à l’intérieur des sociétés, qui fait que le sort de chacun dépend aussi de celui des autres. C’est très difficile à faire connaître. La faute est évidemment du côté des responsables politiques, des responsables économiques, des médias, mais aussi en chacun de nous. L’exemple le plus flagrant est celui de l’électricité car, quand les électriciens gaziers faisaient grève contre les directives européennes, cela n’intéressait personne. Tout le monde disait que c’étaient des privilégiés. Donc, on a accepté toutes les directives européennes, on a accepté de subventionner les concurrents d’EDF par EDF et tout cela nous a privés de notre avantage concurrentiel en matière d’énergie. Après, on se plaint des augmentations de 200 ou de 400 % de la facture d’électricité, mais ce n’est que la conséquence de ce que nous avons fait. D’ailleurs, au lieu de s’interroger sur la manière de sortir de ce piège, on continue en expliquant que l’on ne peut pas sortir du marché unique de l’électricité, et puis on fait un bouclier énergétique qui ne résout qu’une petite partie du problème et qui coûte excessivement cher. Tout le monde a sa part de responsabilité parce que, dès que vous évoquez un sujet qui ne concerne pas directement les gens aujourd’hui, ici et maintenant, on vous demande de redescendre sur Terre, sans avoir conscience que le sort de chacun dépend de celui des autres. Quand il n’y a plus d’État, il n’y a que des tribus. Vous déplorez le fait que nos gouvernants aient perdu le sens de l’État : comment expliquez-vous cela ? On veut maintenant transformer l’Eu-
la baule+ Janvier 2024 // 5 rope en État, donc faire disparaître l’État français : qu’en pensez-vous ? Cela va beaucoup plus loin, parce qu’il y a un projet de dissoudre la Nation, mais il y a aussi une idéologie dominante qui s’est installée au fil des décennies et qui est une idéologie de la dépolitisation de l’économie et de la société : au fond, on n’aurait plus besoin de l’État... Mais quand il n’y a plus d’État, il n’y a que des tribus et, quand il y a des tribus, il y a la guerre des tribus. On a toujours affaibli l’État, alors que c’est l’État qui a maintenu l’unité française, et cette idéologie dominante a pénétré jusqu’au sein de l’appareil d’État. En effet, les hauts fonctionnaires ont été jugés sur ce critère de volonté de modernisation de l’État, ce qui signifiait l’affaiblir et le détruire. Avoir le sens de l’État, c’est devenu quelque chose de tout à fait archaïque, démodé et dépassé. On a remplacé l’idée du service public par le management public et on a voulu que l’État ressemble à une entreprise. Or, s’il y a un État, c’est bien parce qu’il est différent d’une entreprise, car il doit fonctionner avec des logiques différentes. Tout cela a été balayé pendant des décennies. On n’a pas fait de l’État une entreprise, mais on a détruit l’État. Maintenant, on pleure sur les ruines de l’État, notamment les ruines de son autorité. Comment voulez-vous qu’il y ait une autorité de l’État, quand on porte tous les coups qu’on a pu lui porter pendant quarante ans ? Une entreprise a pour vocation de fournir des services lorsque le client paye, alors que l’État doit s’occuper de ses citoyens, à travers une sorte de protection nationale. Comme on a coupé toute notion de citoyenneté, ne sommes-nous pas en train de transformer tous les habitants d’un pays en consommateurs ? Les conséquences délétères de ce mode d’organisation se manifestent au grand jour. Les services publics existent précisément parce qu’il y a des domaines où l’on ne peut pas traiter les gens comme des consommateurs. Un hôpital ne peut pas se contenter de traiter les malades comme des clients. La police, la justice ou l’armée ne peuvent pas traiter les gens comme des clients... La disparition de la citoyenneté vient aussi de cette idée de dépolitiser la société Vous évoquez les missions régaliennes… Il y a beaucoup de gens qui veulent définir le périmètre des activités régaliennes, mais il n’existe aucun critère permettant de définir tout cela. Tous les problèmes que la société n’arrive pas spontanément à résoudre relèvent finalement de l’État. Tout cela bouge d’une époque à l’autre, ou d’une circonstance à l’autre. Mais ce n’est pas le seul problème. La disparition de la citoyenneté vient aussi de cette idée de dépolitiser la société: c’est-à-dire qu’il faut la mettre en pilotage automatique, en confiant la surveillance de tout cela à des autorités indépendantes. Il n’y a pas de société possible s’il n’y a pas d’État, s’il n’y a pas de politique, peu importe la forme de tout cela. On ne peut pas confier son sort aux marchés financiers ou aux marchés des matières premières. Si vous voulez une citoyenneté, une politique permettant d’arbitrer entre différents objectifs, pour le développement d’une civilisation, d’une culture ou d’une éducation, vous êtes bien obligé d’avoir des frontières à l’intérieur desquelles va s’exercer la solidarité, avec une partie du peuple qui est prêt à partager ses richesses avec ceux qui n’en ont pas. Il faut construire ensemble un imaginaire commun, mais si vous enlevez les frontières, tout cela n’existe plus. Ce n’est pas simplement une question de marchandises. Au fur et à mesure de ce déclin, les gens se rassurent à travers des indicateurs et vous dénoncez la multiplication des réunions et des rapports pour tranquilliser les hommes politiques, qui vont ensuite étaler cela sur les plateaux de télévision. Est-ce finalement un cercle qui s’auto-rassure ? (Suite page 6) Henri Guaino : « On n’a jamais fait cela dans l’histoire, on n’a jamais géré une épidémie en enfermant tout le monde chez soi et en arrêtant toute la société ! »
la baule+ 6 // Janvier 2024 Puisque ce qui ne se voit pas n’a pas d’importance, ce qui ne se mesure pas n’a pas d’importance et ce qui ne se quantifie pas n’a pas d’importance. Donc, on finit par raconter n’importe quoi. Quand vous utilisez un indicateur comme objectif, vous oubliez souvent que, derrière les indicateurs, il y a des gens, des gens qui souffrent, des gens qui sont heureux, des gens qui produisent et qui réagissent. La productivité tient à beaucoup de choses, notamment à la façon dont vous reconnaissez le travail des gens et dont vous récompensez leur engagement. À force de négliger tout cela, en traitant les gens comme des quantités, on finit par avoir le résultat que nous avons aujourd’hui. Nous sommes dans une époque où les chiffres ne se discutent pas. Or, tous les chiffres reposent sur des hypothèses, des choix très particuliers, des méthodes de récolte de l’information, donc, tout se discute, à commencer par les chiffres. On a perdu l’esprit critique vis-à-vis du chiffre. Même quand ce sont des chiffres qui ne sont pas manipulés, il y a la question de savoir comment interpréter ces chiffres et ce qu’ils signifient. Si vous dites que le pouvoir d’achat a baissé de 1 % cette année, alors que les gens ont subi une inflation moyenne de plus de 5 % et que nous sommes à 14 % d’inflation sur les biens essentiels et l’alimentation, on reste dans une moyenne, sans compter la multitude des situations qui n’ont rien à voir les unes avec les autres. Beaucoup de gens, face à cette distorsion entre le chiffre que l’on annonce et leur situation personnelle, sont amenées à penser qu’on leur ment et c’est la pire des choses, parce qu’il se développe une défiance totale vis-à-vis de l’information officielle. Si on leur explique que le pouvoir d’achat n’a pratiquement pas baissé, alors que les gens n’arrivent plus à nourrir leurs enfants, forcément il y a une tendance à penser qu’on leur a menti. Le malaise démocratique s’ajoute au malaise culturel, au malaise civilisationnel, au malaise économique, au malaise social, au malaise sanitaire… En voici une illustration. L’an dernier, il y a eu une succession de déclarations de Bruno le Maire et d’Agnès Pannier Runacher sur les aides aux entreprises et aux artisans, face à l’augmentation du prix de l’énergie. Ma boulangère était en larmes en disant que cela faisait des semaines qu’elle entendait cela et que rien ne changeait, car elle n’a droit à rien. Finalement, depuis tous ces mensonges, elle passe son temps sur des médias complotistes… Et voilà ! C’est typique. On a fait des boucliers, mais comme on ne pouvait pas servir tout le monde, on a mis en place un tas de critères. Des tas de gens ont cru être concernés, alors qu’on leur a fait croire que tout le monde était concerné. C’est de cette manière que l’on perd la confiance des gens. Je me souviens du ministre du Travail en charge du dossier des retraites, interrogé par un député qui lui a demandé d’où venaient les chiffres qu’il annonçait. Le ministre - qui est d’ailleurs toujours en place - lui a répondu qu’il n’avait pas de comptes à rendre sur les chiffres. En réalité, il ne savait même pas d’où venaient les chiffres. Et d’ailleurs, celui qui lui avait fourni les chiffres ne le savait même pas non plus... Le député qui avait posé cette question avait fait le tour de tous les organismes capables de produire ce genre de chiffres et aucun d’entre eux ne les avait fournis. C’est de cette manière que l’on ruine la démocratie. Le malaise démocratique s’ajoute au malaise culturel, au malaise civilisationnel, au malaise économique, au malaise social, au malaise sanitaire… Pendant des années, on a refusé de voir les conséquences des décisions que l’on prenait à l’hôpital, parce que l’on prenait toutes les décisions sur une base comptable - c’est ce que l’on appelle la politique du tableau Excel - en oubliant qu’il y a des vies derrière. Maintenant, on ne trouve plus de soignants, on ne trouve plus de médecins, de gens pour conduire les trains ou les autobus, de policiers ou d’enseignants… En plus, le taux de sélectivité s’est effondré. La plupart des fonctions dont nous avons absolument besoin ne trouvent plus de candidats et, quand il y en a, il y en a très peu et beaucoup s’en vont. Il va être compliqué de sortir de cette impasse. Les autres sociétés occidentales ne sont pas mieux loties. Les fractures sont béantes et, à la fin, c’est la violence qui monte. Ma seule obsession, c’est que les gens prennent conscience de la gravité de la situation Vous rappelez que le général de Gaulle a reconstruit l’État en lui rendant son autorité en 1958, au moment où le pays était au bord de la guerre civile. On sait que ce genre de personnage survient au moment où l’on ne s’y attend pas… Peut-on encore espérer l’apparition de quelqu’un de charpenté et comment se révélerait-il ? L’histoire nous le dira... On ne le sait jamais à l’avance. Je ne sais pas si la guerre civile ou la guerre de religion arriveront de nouveau, mais il y a plusieurs catégories de gens : ceux qui espèrent que cela se produira, et qui jouent avec le feu, les indifférents qui se disent qu’après tout cela n’arrivera plus, et puis il y a ceux que cela va peut-être arriver et qu’il faut absolument tout faire pour que cela n’arrive pas. Malheureusement, ces derniers ne sont pas très nombreux. La France a plutôt eu de la chance depuis deux cents ans. Il n’y a pas eu un grand blocage ou une grande crise qui n’ait été résolue par les urnes. Aurons-nous encore autant de chance ? Ma seule obsession, c’est que les gens prennent conscience de la gravité de la situation et de la pente sur laquelle nous sommes engagés. S’il ne se passe rien, comme c’est le cas pour les toutes les sociétés divisées et fracturées, nous irons vers la violence. Les sociétés divisées cherchent toujours à reconstituer leur unité par la violence. C’est une vérité anthropologique éternelle. Si nous continuons comme cela, nous finirons par être une société très divisée qui cherchera à retrouver son unité par la violence. Il ressortira ensuite un immense besoin d’ordre, qui aura un visage avenant ou rassurant... ou un visage terrible. Propos recueillis par Yannick Urrien. Henri Guaino : « Il se développe une défiance totale vis-à-vis de l’information officielle. » Vendredi 12 janvier, la Ville du Pouliguen vous propose de débuter l’année 2024 en rires et en chanson, avec le spectacle de « Blond and Blond and Blond», trois suédois décalés, amoureux de la chanson française. Le rendez-vous est donné à 20h30 à la salle André Ravache. Tø, Glär et Mår, un frère et deux sœurs, chantent ensemble depuis leur plus tendre enfance suédoise. Ils nourrissent une curiosité insatiable pour les classiques de la chanson française qu’ils détournent avec une singularité surprenante. Dans ce nouveau show, vous êtes conviés au mariage de Magnus et Gwendoline, qui ont choisi Blønd and Blönd and Blónd pour célébrer leur union. Extrait du menu : velouté de premiers émois d’amour, terrine de franchouille et son émulsion au vin Johnny, farandole soyeuse de sucre Bruni Carla et autres friandises musicales. French touch, guimauve, variétés, java-musette… aucun classique ne résistera à la suéditude passionnée mais corrosive du trio. Pratique : Vendredi 12 janvier, à 20h30, à la salle André Ravache (ouverture des portes à 20h). Billetterie auprès de l’Office de tourisme intercommunal (et plus particulièrement au bureau d’information touristique du Pouliguen) ou par téléphone au 02 40 24 34 44. Spectacle au Pouliguen : Blond & Blond & Blond, trois Suédois façon french touch
la baule+ 8 // Janvier 2024 Atol Guérande : un concept qui met en valeur le choix et l’innovation Agathe Avenard et Frédérique Guillet, qui dirigent le magasin Atol d’Herbignac, ont eu l’opportunité de reprendre l’année dernière celui de Guérande qui se trouve face au rond-point, à l’entrée de la zone de Villejames. Ce site présente Des centaines de propositions L’optique n’est pas un achat d’impulsion et il n’est donc pas indispensable d’être dans une grande artère ou une galerie, alors cette notion de place prend tout son sens : « Nous voulions que nos clients puissent être confrontés à des centaines de propositions et qu’ils comprennent que chez nous ils vont avoir le temps de se poser, d’essayer et de réfléchir. » Agathe est opticienne depuis vingt ans et elle travaille avec Estelle, également opticienne diplômée, qui a commencé il y a trois ans au magasin d’Herbignac. Atol Guérande propose toutes les grandes marques du marché, y compris les plus tendance, mais également des créateurs français: « Nous voulons vraiment mettre en avant des montures de fabrication française. » Une démarche d’innovation avec notamment les Lexilens C’est aussi une fierté pour l’équipe de représenter Atol, qui n’est pas une marque comme les autres : « Atol est une coopérative détenue par les opticiens et cela nous permet d’avoir des prix vraiment très compétitifs. Atol a aussi une démarche d’innovation, avec notamment les Lexilens, des lunettes d’aide à la lecture pour les enfants et adultes atteints de dyslexies. C’est une technologie exclusive de l’enseigne Atol Mon Opticien et nous privilégions également la fabrication française sur les lunettes. » La boutique de Guérande a entièrement été refaite l’année dernière : « Nous voulions que nos clients se sentent en confiance et que l’endroit soit chaleureux et accueillant, mais aussi sobre, car ce sont nos collections qui doivent être à l’honneur. » Agathe et son équipe défendent la même éthique : « Nous travaillons dans la bonne humeur et cela se ressent chez nos clients. Ils ne doivent pas choisir sous la pression du temps ou de la volonté d’un opticien de placer une marque, et c’est d’ailleurs toute la force d’être en coopérative. » Atol Guérande, 24 bis rue Lamartine à Guérande. Tél. 02 40 01 73 92. l’avantage d’être visible, dans un axe central, avec des possibilités de stationnement, et il est surtout spacieux : « La force du magasin, c’est la mise en valeur du choix. Quand on va chez un opticien, on recherche d’abord la compétence, l’écoute et la qualité de service. Cependant, on veut aussi pouvoir choisir entre de nombreuses marques, donc il faut de l’espace, et c’est la raison pour laquelle nous avons repris cette enseigne déjà très connue localement. » Agathe, Estelle et Chloé Le bras de fer entre le gouvernement et les médecins pourrait avoir des conséquences néfastes sur l’offre de santé en presqu’île, puisque SOSMédecins menace de ne plus y intervenir. Franck Louvrier, maire de La Baule, prend très au sérieux ce nouveau risque et il vient d’apporter son soutien aux médecins. A l’origine de ce bras de fer, le refus de l’Assurance maladie d’accorder aux médecins les indemnités kilométriques supplémentaires pour leurs visites. Le maire de La Baule explique : « La nature géographiquement étendue de notre secteur rend de fait les déplacements entre les domiciles des patients particulièrement chronophages et onéreux pour les médecins intervenants. Nous avons pris cette menace préoccupante très au sérieux et j’ai rencontré les représentants de SOS Médecins qui m’ont détaillé leurs préoccupations totalement justifiées. » Il rappelle que « les services délivrés par les praticiens de SOS Médecins sont d’une importance cruciale pour nos administrés, qui les plébiscitent largement. Cette structure de santé joue un rôle essentiel en assurant la continuité des interventions médicales sur notre territoire dont les habitants sont âgés, 50 % de la population bauloise ayant plus de 60 ans et n’étant pas toujours en aptitude de pouvoir se déplacer. Quant aux services d’incendie et de secours, ils ne peuvent pas se transformer en « ambulance rouge », ce n’est pas leur métier ! » Les travaux de la maison de santé devraient débuter au printemps. Lors du Conseil municipal du 15 décembre dernier, Franck Louvrier a également fait le point sur le projet de maison de santé de l’avenue du Bois d’Amour : « Nous progressons, malgré les difficultés administratives auxquelles nous devons faire face. Ainsi, nous avons actuellement huit professionnels présents sur le site : deux généralistes, un spécialiste en chirurgie orthopédique, un ostéopathe, trois infirmières et une Infirmière en Pratique Avancée (IPA). Tous sont intéressés pour y rester, en attendant l’arrivée normalement actée de deux autres généralistes, trois cardiologues et une sagefemme, alors que deux kinésithérapeutes et un angiologue hospitalier ont manifesté de l’intérêt pour venir. » Les travaux devraient débuter au printemps. L’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) a publié les chiffres sur la population en Loire-Atlantique. Le département enregistre une progression annuelle moyenne de 1,1 %, avec 91 488 nouveaux habitants en six ans. Le territoire de Cap Atlantique La Baule Guérande Agglo totalise officiellement 76 559 habitants. En six ans, l’agglomération a gagné 3 102 habitants. La Baule conserve sa place de commune principale. Franck Louvrier, maire de La Baule, annonce que « le nombre d’habitants total de la ville est de 17 034, soit une augmentation de 1,96 % par rapport à l’année dernière (dont 16 468 résidents municipaux, + 1,91 %). Cette évolution positive correspond aux éléments fournis par un autre organisme d’État, l’administration fiscale (+ 5 % de foyers fiscaux) et est en conformité avec ceux observés en mairie (nombre d’électeurs inscrits sur les listes électorales : + 1579, soit +10,52 % entre 2021 et 2023 ; nombre de décès : - 82, soit – 40 % entre 2021 et 2022 ; + 7,6 % de déclarations préalables d’urbanisme…). » Le maire de La Baule rappelle : « Comme nous l’annoncions l’année dernière, notre ville se rapproche rapidement du cap des 18 000 habitants. Une des premières conséquences administratives aura été cet été le surclassement de notre commune par l’État dans la strate de celle de 80 - 150 000 habitants. La Baule-Escoublac a changé de statut, de station devenant une véritable ville balnéaire attractive avec de l’activité à l’année. » Guérande affiche une progression avec 16 151 habitants (16 042 l’an dernier). Nicolas Criaud, maire de Guérande, constate que « la politique de l’habitat engagée depuis 2020 porte ses fruits et Guérande gagne de nouveau des habitants ». Notons aussi la progression d’Herbignac, troisième ville de l’agglomération, avec 7133 habitants. À l’inverse, Le Pouliguen perd des habitants avec officiellement 4 005 personnes, soit 450 de moins depuis 2015. Toutefois, Norbert Samama, maire du Pouliguen, constate que « la chute démographique que nous connaissions depuis plusieurs années est enrayée. » Le Croisic reste stable avec 4 107 habitants. Piriac atteint 2 516 habitants avec une croissance moyenne de 2 % par an depuis six ans. La Turballe se développe également, avec 4 864 habitants. Enfin, Pornichet, voisine de Cap Atlantique, gagne 1 715 habitants entre 2015 et 2021 (2,6%). Jean-Claude Pelleteur, maire de Pornichet, observe un réel effet Covid: « Des Nantais et des Angevins se sont installés définitivement à Pornichet. On le voit aussi dans la part entre résidences secondaires et principales. Cela s’équilibre désormais à 50 - 50, alors qu’avant, le secondaire était plus important, autour de 54 %. » L’INSEE confirme l’attractivité de la presqu’île SOS Médecins menace de ne plus intervenir sur la presqu’île
la baule+ Janvier 2024 // 9 Soirées Terroir & Vignoble et Ateliers Cocktail : la convivialité s’invite à la Table du Saint-Christophe ! Le Saint-Christophe est l’une des plus belles adresses de La Baule et il faut réserver parfois longtemps à l’avance pour obtenir une table au restaurant semi-gastronomique dont la réputation dépasse les frontières de la presqu’île. Cette adresse de charme unique à La Baule n’a pas fini de nous surprendre. Ingrid Oudot, nouvelle directrice de l’établissement, annonce plusieurs nouveautés pour cette année 2024. À partir du 23 février, à raison d’un vendredi soir par mois, le Saint-Christophe lance ses soirées Terroir & Vignoble : « Ces soirées auront pour vocation de mettre en avant un produit du terroir, décliné de l’entrée jusqu’au dessert quand cela sera possible, en parfait accord avec les vins d’un vigneron ou d’un caviste présent sur place. Ce dîner thématique sera proposé en format « tables d’hôtes », l’objectif étant de passer une soirée conviviale et de créer du lien entre nos clients, locaux ou simplement de passage sur La Baule. Echange, partage et gastronomie seront les maîtres mots de ces rendez-vous mensuels ! » Achille Delaunay est le nouveau chef du Saint-Christophe depuis le 1er octobre dernier. Il maîtrise parfaitement l’éthique et l’exigence du lieu, puisqu’il était auparavant second de cuisine et il entend insuffler « une réelle dynamique en matière de restauration. » Denys Abellan, Responsable de Salle, précise que ces nouvelles soirées thématiques s’annoncent très conviviales puisque limitées à une quarantaine de couverts : «Nous avons travaillé sur un menu attractif à 99 euros, qui comprend l’apéritif, le menu thématique avec quatre plats, l’accord mets et vins (4 verres), l’eau et le café. Nous travaillerons des produits d’exception avec des producteurs reconnus. » Programmation des soirées « Terroir & Vignobles» Vendredi 23 février : Le Butternut & JO Landron (Muscadet) Vendredi 22 mars : Le avec les Ateliers Cocktail du Saint-Christophe tous les 1ers dimanches du mois entre 16h et 18h : « Un alcool sera travaillé à chaque rendez-vous, chaque personne fabriquera trois cocktails différents à partir d’un alcool unique, ce sera un atelier de deux heures encadrées par notre barman, avec une dégustation, et la remise d’un carnet de recettes et d’un shaker souvenir. » Le nombre de participants est limité à dix par session (45 euros par personne) et, après cette formation, la fabrication des cocktails n’aura plus de secret pour vous ! Chou Fleur & Terre de l’Élu (Anjou Noir) Vendredi 26 avril : Le Poulet Noir & Domaine de Nerleux (Saumur) Vendredi 24 mai : Le Petit Pois & Domaine Chavet (Menetou Salon ) Vendredi 21 juin : La Truffe & Fourcas Dupré (Bordeaux) Vendredi 27 septembre: Les Tomates Anciennes (Huitric) & Garage à vins Vendredi 18 octobre : La Saint Jacques & Un Voyage en Champagne Vendredi 29 novembre: Les Huîtres & Gunther Chéreau (Muscadet) Les Ateliers Cocktail du Saint-Christophe Un nouveau rendez-vous est également proposé La programmation des Ateliers Cocktail Dimanche 4 février : Vodka Dimanche 3 mars : Whisky Dimanche 7 avril : Gin Dimanche 5 mai : Téquila Dimanche 2 juin : Rhum Dimanche 1er septembre: Cointreau Dimanche 6 octobre : Liqueur & eaux-de-vie Dimanche 3 novembre : Cognac & Armagnac Dimanche 1er décembre : Champagne Le Saint-Christophe, 1, avenue des Alcyons à La Baule. Tél. 02 40 62 40 00. IngridOudot, nouvelle directrice du Saint-Christophe Achille Delaunay, chef du Saint-Christophe, et Denys Abellan, responsable de salle
la baule+ 10 // Janvier 2024 Fabrice Guillon lance CrossFit 6.15 : un coaching en petit groupe pour travailler 100% de ses capacités physiques CrossFit 6.15, ce n’est pas une énième salle de sport qui vient d’ouvrir à Pornichet, mais un centre unique de remise en forme grâce à la pratique du CrossFit. Cette discipline est née il y a une vingtaine d’années aux États-Unis, avant d’arriver en France il y a quinze ans. Fabrice Guillon, ancien champion de kayak et préparateur physique dans diverses disciplines (ski de vitesse, trail, arts martiaux), a ouvert CrossFit 6.15 en septembre dernier. Il précise : « L’objectif du CrossFit est de travailler sur sa condition physique dans sa globalité, en entraînant une dizaine de qualités physiques (force, puissance, endurance, agilité, mobilité…) Pour cela, nous utilisons trois axes : l’haltérophilie, travail avec charges, adaptées en fonction des capacités de chacun ; la gymnastique, travail au poids de corps, avec les options associées au niveau de chaque personne ; et les sports d’endurance. Tous les jours, l’entrainement change, pour éviter la moindre routine et optimiser la progression. » Un sport à part entière Concrètement, le CrossFit est un sport à part entière : « Les gens s’imaginent que c’est un sport réservé à une élite sur le plan sportif, mais ce n’est pas du tout le cas, car c’est surtout une méthodologie d’entraînement qui s’adresse à tous. Le but est d’être le plus complet possible dans les différentes qualités physiques et de transposer l’entraînement que l’on peut faire dans les sports que l’on pratique à côté, ou tout simplement pour être en forme dans sa vie quotidienne. Le travail de renforcement est essentiel pour ceux qui ont des métiers physiques et cela résout beaucoup de maux. Nous ne sommes pas dans la même philosophie que le fitness traditionnel. Le processus d’entraînement n’est pas le même, les mouvements sont toujours différents, ce qui permet de réagir aux différents types de sollicitations. » Travailler à 100 % de ses capacités salle de sport traditionnelle, la personne n’est jamais délaissée : « Le coaching est essentiel. Je limite le nombre de personnes à seize par cours et chacune est prise en charge. La programmation de l’entraînement, qui change tous les jours, permet de travailler différentes qualités physiques pour rechercher le bienêtre et la forme. Donc, Il s’agit aussi d’un sport très complet : « Cela s’adresse vraiment à tous, hommes et femmes. Je commence les cours pour les adolescents à partir de 12 ans et la personne la plus âgée a 62 ans. Le but est de travailler sur la fonctionnalité du corps. Aucune problématique n’existe. On adapte les séances en fonction des pathologies de chacun. Le passé sportif n’est jamais le même et les antécédents de santé sont différents. L’objectif est de travailler à 100 % de ses capacités. » La programmation de l’entraînement change tous les jours Fabrice Guillon souligne que contrairement à une vous pouvez faire 365 entraînements dans l’année et vous aurez 365 entraînements différents, avec des sollicitations physiques différentes. On évite ainsi toute forme de routine. » Les effets du CrossFit sont maintenant connus et mesurés : « C’est vraiment un sport à part entière, adapté pour tous les niveaux, quels que soient le passé sportif ou l’âge. » Enfin, pour que l’accompagnement soit le plus complet et le plus efficace, Fabrice Guillon annonce la mise en place de quatre cours de fondation obligatoires, de manière à installer les bonnes bases techniques, avant d’intégrer les entraînement CrossFit. CrossFit 6.15, 23, avenue du Gulf Stream à Pornichet. Tél. 07 88 94 57 85. La question du logement sera-t-elle à l’origine de la prochaine grande crise sociale ? Les professionnels de l’immobilier formulent depuis plusieurs années leurs vives préoccupations sur les effets délétères de la mise en place du DPE énergétique, mais également sur l’arrivée du ZAN (Non-artificialisation des sols). L’instauration du DPE entraîne déjà un effondrement du marché de la location, particulièrement dans les grandes villes, car de nombreux propriétaires préfèrent retirer leurs biens du marché. Par ailleurs, le ZAN constitue un nouveau sujet crucial, puisque l’objectif du gouvernement est de supprimer le modèle traditionnel de la maison individuelle, en invoquant la non-artificialisation. Tout a commencé avec un rapport du GIEC dénonçant l’influence, selon lui préjudiciable, du secteur immobilier dans la lutte contre le dérèglement climatique : « La création de logements est responsable de 70 % de l’artificialisation des sols en France. » Résultat : le ZAN vise à ne plus construire de zones pavillonnaires, mais à densifier. En clair, la maison individuelle, c’est terminé et les élus ont l’obligation de densifier en construisant des immeubles. Les décrets relatifs au ZAN ont été publiés au Journal officiel le 28 novembre 2023. Les parlementaires de l’opposiFranck Louvrier, maire de La Baule, exprime son inquiétude sur les conséquences du ZAN : la fin programmée de ma maison individuelle ? tion sont déjà nombreux à émettre des alertes. Par exemple, Christelle Petex-Levet, députée LR de Haute-Savoie, rappelle : « Le développement nécessite de l’espace. On passe de tout à rien, comme pour les autres sujets. D’abord, on est très laxiste, on ne fait pas attention, puis on nous explique qu’il ne faut plus rien consommer. On veut développer l’entreprise en France sans lui donner les moyens d’y parvenir. » Alin Houpert, sénateur LR : « Ce qui est complotiste un jour devient le quotidien du lendemain » Alain Houpert, sénateur LR de la Côte-d’Or, va plus loin : « Ce qui se dessine, c’est une contrainte climatique pour les décideurs politiques. C’est en tous cas la demande de la WWF sur les grands projets. La loi Zéro artificialisation nette est un passe imposé aux collectivités. Les ZFE sont des passes climatiques imposés aux citoyens. Sur le fond, nous devons agir, mais, là encore, être cohérents. On ne peut pas vendre 250 Airbus aux Indiens et supprimer des lignes en France. Les citoyens européens n’ont pas vocation à servir de cobayes à la politique climatique mondiale.» Le sénateur LR souligne : « Le problème est que depuis plusieurs années, nous avons pu constater que le pire peut arriver et que ce qui est complotiste un jour devient le quotidien du lendemain. » Frédéric Falcon, député RN du Gard, confirme que la question sensible des DPE et du ZAN figure au cœur des préoccupations du Rassemblement national : « À force de taper sur l’immobilier, de couper dans les dépenses affectées à l’immobilier, notamment dans le logement social aussi, cela crée une crise du logement comme on n’en a pas connue depuis le début des années 90. La propriété privée est attaquée par ces DPE et cela pose maintenant de nombreux problèmes sur le marché locatif. » Le parlementaire s’insurge contre la volonté du gouvernement de s’attaquer à la maison individuelle : « Tous ces gens ont des résidences secondaires, mais ils ne veulent pas que le Français moyen puisse acquérir une maison dans un lotissement. Même le préfet d’Occitanie m’a affirmé lors d’un rendez-vous que ce modèle de lotissements n’était plus envisageable. Je lui ai expliqué que c’était pourtant le rêve d’une grande majorité de Français et que la France n’était pas un pays surpeuplé. Derrière, l’Union européenne influe beaucoup sur la politique du logement d’Emmanuel Macron. Je ne vois pas pourquoi on priverait les Français de l’accès à la propriété privée, d’un pavillon ou d’une maison, au prétexte que des idéologues ont décidé à Bruxelles que ce n’était Frédéric Falcon, député RN : « Tous ces gens ont des résidences secondaires, mais ils ne veulent pas que le Français moyen puisse acquérir une maison dans un lotissement. »
la baule+ Janvier 2024 // 11 plus possible et qu’il fallait maintenant se concentrer dans des logements collectifs! Je ne sais pas où ces gens veulent nous emmener, mais il n’y a rien de bon. Ils ont déjà détruit l’industrie automobile et ils veulent s’attaquer maintenant à l’immobilier en le collectivisant. » Franck Louvrier : « Si l’on ne peut pas s’étaler, il va falloir s’élever. » Franck Louvrier, maire de La Baule, a également abordé ce sujet lors de la séance du Conseil municipal du 15 décembre dernier, en soulignant d’abord qu’il est difficile de s’opposer « puisque c’est la loi qui vise à définir le contexte de l’application du ZAN ». En clair, « les surfaces artificialisées regroupent par définition l’habitat et les espaces verts associés, les zones industrielles et commerciales, les équipements sportifs ou de loisirs, les réseaux de transport, les parkings ou encore les mines, décharges et chantiers. » Ainsi, a-t-il poursuivi, « nous sommes face à la quadrature du cercle : comment, d’un côté, répondre à l’urgence du manque de logements et, de l’autre, ne pas continuer à développer l’urbanisme sur des terres naturelles ? Évidemment, nous ne pouvons qu’être d’accord avec l’esprit de la loi, mais à condition de fixer un cadre en adéquation avec le territoire. C’est le principe d’une bonne loi : elle fixe un cadre général, contraignant, mais aussi suffisamment souple pour permettre de s’adapter. Vous le savez, localement, nous avons déjà nos PLU, les ScOT (ndlr : Schémas de cohérence territoriale), les règles environnementales diverses et variées (loi Littoral et même loi Montagne…) qui sont déjà contraignantes. Le Conseil régional n’a pu obtenir de l’État une mutualisation des objectifs pour tenir compte de la réalité démographique de chaque région, car tous les territoires ne sont pas logés à la même enseigne. Je dis aujourd’hui à l’État de nous faire confiance et de nous laisser des marges de manœuvre. Ici, à La Baule, nous sommes particulièrement bon élève avec le cas de notre ancien camping municipal, dont les neuf dixièmes, soit 4,8 hectares, vont revenir à la forêt d’Escoublac : c’est bien la preuve que nous savons renaturer. » Franck Louvrier : « Je ne serai pas le maire qui refera l’erreur des années 60 de construire à nouveau la ville sur la ville avec des immeubles de grande hauteur.» Franck Louvrier conclut : « Je crains qu’une application stricte de la loi ZAN, de la même façon que la loi SRU, provoque davantage d’immobilisme, alors que notre pays doit envisager de construire chaque année 450 000 logements. Pour remédier à ce contexte, je ne serai pas le maire qui refera l’erreur des années 60 de construire à nouveau la ville sur la ville avec des immeubles de grande hauteur, car certains commencent à nous redire que si l’on ne peut pas s’étaler, il va falloir s’élever ». « Ici, à La Baule, nous sommes particulièrement bon élève avec le cas de notre ancien camping municipal, dont les neuf dixièmes, soit 4,8 hectares, vont revenir à la forêt d’Escoublac. »
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