la baule+ 6 | Février 2024 C’est un aspect susceptible de tromper le lecteur, qui pourrait attribuer cela à l’Ukraine, alors que ces actions négatives auraient pu être imputées au débit de la Russie… C’est compliqué et il est nécessaire d’expliquer notre classement. Nous prenons en compte les frontières internationales. Donc, ce qui se passe en Ukraine, même dans un territoire sous occupation russe, est considéré comme se passant en Ukraine. Nous n’avons pas pris en compte la guerre, puisque ce n’est pas une guerre de religion. Le Mexique est en 37e position, car il y a beaucoup de meurtres et d’enlèvements, mais tout est lié à la drogue et au banditisme. D’ailleurs, on voit souvent, même dans les feuilletons américains, les trafiquants aller à l’église tous les dimanches.... Donc, on ne peut pas parler de persécution de chrétiens, parce qu’ils sont chrétiens… C’est une bonne question, qui concerne la Colombie aussi. Il y a la persécution qui vient des cartels, des trafiquants et des groupes armés qui veulent contrôler certains territoires. Si les chrétiens s’y opposent en raison de leurs convictions religieuses, parce qu’ils sont contre la corruption, ils vont encourager les membres de leur congrégation à ne pas participer à cela et à refuser de payer la taxe imposée par les cartels. Les prêtres sont tués et les enfants des pasteurs sont menacés d’être enrôlés de force par les groupes armés. Donc, c’est une pression très forte. Il y a aussi des moments où les chrétiens sont très vulnérables. En Colombie, un pasteur va à l’église avec sa femme et leur bébé de six mois, ils arrivent à moto, un membre d’un groupe lié au narcotrafic prend leur bébé, le met en l’air et menace de le laisser tomber en disant : « Donnez-moi votre moto, sinon je fais tomber votre bébé. » Alors, le pasteur donne sa moto. La personne lui rend son bébé en lui disant : « C’est facile, on sait que les chrétiens ne vont jamais se venger. » Il y a aussi la question des tribus indigènes autochtones qui ont gardé des rites et des traditions ancestrales et qui vont persécuter un individu de leur communauté qui se serait converti au christianisme. Vous précisez bien, dans votre grille d’analyse, que vous vous basez sur les frontières internationalement reconnues de l’ONU. Au cours de ces derniers mois, on a beaucoup parlé du conflit entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie et, si l’on écoute certains commentateurs, on aurait pu penser que l’Azerbaïdjan serait quasiment dans les dix premiers du classement. Toutefois, on observe qu’il ne figure pas dans Suite de l’entretien avec Guillaume Guennec, directeur du plaidoyer de l’ONG Portes Ouvertes La Chambre régionale des comptes des Pays de la Loire a récemment examiné la gestion du trait de côte par la communauté d’agglomération Cap Atlantique. Le rapport souligne une sous-estimation significative des risques liés à l’érosion côtière dans cette région, notamment avec un littoral de 98 km très urbanisé et donc vulnérable. Environ 319 structures, dont des logements, des campings, et des infrastructures routières et d’assainissement, sont menacées par l’érosion d’ici 2100, particulièrement au Pouliguen. La gestion actuelle du trait de côte, qui relève principalement des communes sans coordination homogène ou vision à long terme, est jugée insuffisante. La Chambre suggère que Cap Atlantique prenne la responsabilité de cette gestion pour une approche plus unifiée et efficace. De plus, les documents d’urbanisme et les autorisations des communes de Piriac-sur-Mer et du Pouliguen ne prennent pas assez en compte le risque d’érosion côtière, aggravant ainsi l’exposition au danger. Cap Atlantique, en collaboration avec la CARENE, a commencé à élaborer une stratégie locale de gestion du trait de côte, incluant une cartographie locale plus précise et des actions de sensibilisation. Cette stratégie doit être finalisée et intégrée dans les plans locaux d’urbanisme des communes pour une meilleure gestion des risques. Toutefois, l’intégration de cette nouvelle stratégie fait face à des réticences, notamment du Pouliguen, en partie dues au manque de soutien financier de l’État. Gestion du trait de côte : un enjeu sous-évalué et mal géré les 57 pays classés en rouge : est-ce parce que vous avez considéré qu’il s’agissait d’un conflit de territoire et non d’un conflit religieux ? C’est pour cette raison que l’Arménie ne figure pas dans l’annexe, puisqu’il n’y a pas de persécution des chrétiens en Arménie. En ce qui concerne l’Azerbaïdjan, nous sommes sur un conflit aux motivations multiples. Il y a des motivations ethniques, nationalistes, politiques... On n’ignore pas qu’il peut y avoir une dimension religieuse sous-jacente, mais dans notre analyse des événements, à partir des informations que nous avons, pour le moment, il y a un conflit de territoire, un conflit nationaliste, un conflit ethnique, des violations de droits de l’homme, mais on ne peut pas comptabiliser tout cela en étant certain à 100 % que la motivation est religieuse. C’est ce qui explique notre prudence. Propos recueillis par Yannick Urrien.
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