la baule+ 14 | Février 2024 La Baule rend hommage à Olivier Guichard À l’occasion du vingtième anniversaire du décès d’Olivier Guichard, Franck Louvrier, maire de La Baule, et deux filles de l’ancien maire - Constance Guichard-Poniatowski et Malcy Guichard-Ozanat - ont inauguré un bas-relief en bronze à son effigie, réalisé par l’artiste nantaise Françoise Boudier. On doit notamment à celleci le buste du maréchal De Lattre de Tassigny au Croisic et la statue du Général de Gaulle à Nantes. Franck Louvrier souligne : « Chaque visiteur de l’Hôtel de Ville pourra ainsi s’imprégner de ce regard qui a veillé si fortement sur notre quotidien et notre destin. » Le maire de La Baule ajoute: « Le vingtième anniversaire de sa disparition correspond au demi-siècle de ce bâtiment, inauguré alors en grande pompe le 4 décembre 1974 par Michel Poniatowski, alors ministre d’État, ministre de l’Intérieur. Nous y avons ainsi apposé à nouveau la plaque inaugurale qui avait disparu. » Partisan de la décentralisation et de la déconcentration Olivier Guichard a été ministre du général de Gaulle, de Georges Pompidou et de Constance Guichard-Poniatowski, journaliste, est la fille d’Olivier Guichard et la belle-fille de Michel Poniatowski. La Baule+ : Comment analysez-vous la nostalgie, notamment des trentenaires, de ces années de Gaulle ou Pompidou qu’ils n’ont pourtant pas connues ? Constance Guichard-Poniatowski : J’ai connu cette époque et je considère que ce sont les plus belles années que nous avons vécues en France depuis longtemps. Nous étions dans un essor formidable. Il se passait des tas de choses et la vie était beaucoup plus facile. C’est pour cette raison que les trentenaires ont sans doute une nostalgie par rapport à tout cela. Après, il y a la culture. La mairie de La Baule incarne bien ces années-là. On ne peut pas dire autre chose quand on voit l’architecture, mais je pense que tout était beaucoup plus facile. On a eu beaucoup de chance de naître dans les années 50 ou dans les années 60. Les trentenaires apprécient aussi les films de cette époque… Oui, c’est ce que j’observe chez mes petits-enfants. Dans les films, tout le monde fumait. On était après Mai 68 et il y a eu un grand vent de liberté pendant des années. Ce vent est quand même toujours là. Il y a eu beaucoup de choses, les femmes ont beaucoup plus de chance que dans ces années, mais aujourd’hui l’État se mêle de tout. On nous dit tout ce qu’il faut faire et ne pas faire, on nous explique qu’il faut faire du sport, ne pas fumer, ne pas boire, qu’il faut rouler à telle vitesse… L’État prend de plus en plus de place, est-ce pour notre bien ? Alors, je ne dis pas que c’était mieux avant, mais on a quand même eu plus de chance avant, parce que nous étions beaucoup plus libres. Avec votre nom, celui de votre père, et celui de votre beau-père, on retrouve deux grandes figures qui incarnaient le sens de l’État… Olivier Guichard et Michel Poniatowski étaient deux grands serviteurs de l’État qui ne roulaient pas pour eux. C’étaient des gens qui avaient vraiment le sens de l’État. Ces deux hommes avaient une vision de la France. Ils ont tout donné car ils croyaient en ces hommes qui étaient de grands présidents parce qu’ils avaient de grandes idées pour la France. Avez-vous le sentiment que cela ait disparu aujourd’hui ? La vie a tellement changé qu’il est très difficile de comparer les hommes politiques des années 70 et 80 à ceux d’aujourd’hui. Quand vous sortez de la guerre, vous avez la force de vouloir tout reconstruire. Aujourd’hui, vous avez simplement à donner votre avis sur un téléphone pour exister... Je préfère ne pas comparer ! Constance Guichard-Poniatowski : « Nous étions beaucoup plus libres. » Valéry Giscard d’Estaing : «Mais plus encore que le discret et important collaborateur du général de Gaulle, Olivier Guichard restera dans les mémoires comme un visionnaire, grand élu local, « père de l’Aménagement du Territoire », partisan de la décentralisation et de la déconcentration. Pendant les nombreuses années qu’il passa à la tête de cette mission, il s’attacha à ordonner la révolution industrielle pour que le développement ne s’effectue pas d’une manière sauvage, mais profite autant que possible à toutes les régions, afin que s’interpénètrent le monde industriel et le monde rural. » Nous voyons poindre une société de la décroissance Franck Louvrier a par ailleurs voulu évoquer l’atmosphère de liberté inhérente à ces décennies : « Constance, vous traduisez parfaitement dans votre livre «Après tant de silences » le climat de l’époque : « Tout alors y est toléré si ce n’est accepté, parce que, après la noirceur des deux guerres mondiales, la liberté a repris des couleurs. » Le balancier semble aujourd’hui s’être arrêté de l’autre côté et nous voyons poindre une société de la décroissance où nous ne sommes malheureusement plus capables de réaliser en France un nouvel aéroport, une nouvelle autoroute, où les quelques initiatives de l’État se retranchent derrière un systématique principe de précaution et sont freinées par des minorités agissantes. Autre exemple de cette dynamique « pompidolienne», lors de la période où il fut ministre de l’Éducation nationale, jamais la rue de Grenelle n’aura eu un tel esprit bâtisseur avec des moyens hors norme. Olivier Guichard installe ainsi sur les fonts baptismaux, dans une démarche d’égalité républicaine qui lui est chère, le principe du collège unique.» Ladislas Poniatowski, fils de Michel Poniatowski Constance Guichard-Poniatowski, Franck Louvrier et Malcy Guichard-Ozanat VOTRE PRÉSENCE DANS LA BAULE+, C’EST LA GARANTIE D’ÊTRE VU ! POUR VOTRE PUBLICITÉ DANS LE JOURNAL Fabienne: 06 08 80 39 55 - fabienne@labauleplus.com Rozenn: 06 13 55 11 55 - rozenn@labauleplus.com
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