La Baule+

la baule+ 12 | Février 2024 On constate que les nouvelles élites n’ont plus l’argumentation nécessaire et que souvent, pour se défendre, elles se contentent par exemple de traiter l’autre de complotiste, face à quelqu’un qui a essayé d’être plus nuancé. La pauvreté langagière peut-elle être aussi responsable d’un recul démocratique ? Plus on va avoir un appauvrissement du langage et des connaissances générales, plus on va avoir un appauvrissement de la pensée. Plus les enfants lisent, plus ils ont des facilités à s’exprimer à l’oral, à organiser leur pensée et à synthétiser leurs idées. Effectivement, il y a tout ce pan intellectuel dont on a besoin pour débattre, mais il y a aussi des éléments fondamentaux dans l’intelligence émotionnelle. Les livres, c’est le seul endroit où vous pouvez rentrer dans la tête des personnages. Si vous regardez un film, vous voyez l’héroïne agir, mais quand vous lisez, vous rentrez dans la tête de l’héroïne et vous comprenez pourquoi et comment elle agit. On comprend beaucoup mieux ce qui se passe dans la tête des gens. Les chercheurs évoquent ce rôle de stimulateur social. Plus on lit, plus on arrive à se comprendre soi-même, plus on arrive à comprendre les autres, c’est ce que l’on appelle la théorie de l’esprit. On arrive aussi à ressentir ce qu’ils ressentent. Non seulement je comprends ce que fait l’autre, mais j’éprouve ce que fait l’autre. Tout cela a des impacts sur la compréhension de l’autre, mais aussi sur l’empathie. Les études traduisent une diminution de l’empathie dans les populations étudiantes. L’empathie est quelque chose de fondamental, parce que c’est la capacité à ressentir ce que ressent l’autre. Certaines études pointent une diminution de la tolérance. Les nouvelles générations ont un esprit beaucoup plus ouvert sur un certain nombre de faits de société, mais on s’aperçoit qu’ils ont beaucoup plus d’intolérance aux idées discordantes. Les Américains avaient envoyé un psychologue au procès de Nuremberg pour essayer de détecter ce qui avait fait que les criminels nazis étaient devenus des criminels nazis. Le psychologue explique qu’il n’a rien trouvé, ces gens sont tous différents et la seule chose qui les caractérise, le mal absolu, c’est l’absence d’empathie. L’empathie, c’est vraiment quelque chose qui fonde notre humanité. On ne doit pas sous-estimer la baisse de nos capacités d’empathie, mais aussi de la tolérance, car c’est ce qui nous permet de vivre sereinement en société. Au bout d’un moment, si vous discutez avec quelqu’un et que vous n’avez pas les mots, vous allez remplacer les mots par des gifles... Les conséquences sont très graves, car les générations qui arrivent au pouvoir ont perdu cette empathie, c’està-dire l’acceptation de l’idée discordante. Pendant longtemps, nous avons eu des politiques qui comprenaient que d’autres peuples ne pouvaient pas avoir notre système de pensée et que, malgré tout, nous devions bien nous entendre. Aujourd’hui, cette absence d’empathie fait que si l’autre n’est pas à notre image, il est dans le camp du mal… Ce sont des tendances statistiques. Mais la baisse d’empathie et de tolérance est effectivement un risque de tensions et de problèmes accrus entre les gens. On observe effectivement une exclusion des idées discordantes. L’affaissement de l’empathie et de la tolérance est aussi quelque chose de bien documenté. Donc, il faut que les parents et les grands-parents incitent leurs enfants à lire des livres… Oui, mais il faut les accompagner. La lecture, c’est un legs et un enfant aura beaucoup de mal à devenir lecteur tout seul. Il doit aussi avoir du plaisir, car sans plaisir, il n’y a pas de lecteur. Propos recueillis par Yannick Urrien. Michel Desmurget : « Les études traduisent une diminution de l’empathie dans les populations étudiantes.» À l’occasion des Jeux olympiques et paralympiques Paris 2024, la Ville de La Baule-Escoublac a décidé de consacrer cette année à l’Olympisme. Elle fera son entrée définitive dans la famille olympique le 5 juin prochain en étant ville d’accueil du plus beau de ses symboles, la Flamme. Un parcours de près de 5 km (dont une bonne partie le long de la promenade de mer) qui sera précisé ultérieurement, conduira la Flamme jusqu’à la place des Salines où se déroulera la Cérémonie du chaudron. Le COJO (Comité d’organisation des Jeux Olympiques) vient de rendre officiel l’identité des cinq Baulois: Edouard Roger-Vasselin, Ceuzinha Gomes SA, Roger-Yves Bost, Sophie Moniotte et Sébastien Rogues. L’équipe de relais de ces vingt-cinq porteurs est placée sous le capitanat d’une autre Bauloise, Claudine Contoz, récente Championne du monde de tennis senior, désignée relayeuse directement par le COJO. Le Ville de La Baule précise que « des activités seront proposées tout le long du parcours de la caravane de la Flamme, grâce à l’engagement du tissu associatif et des clubs sportifs locaux.» Notons que le relais de la flamme olympique va nécessiter une sécurisation exceptionnelle. Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, inLes porteurs de la flamme olympique à La Baule dique que 18 policiers et gendarmes en civil assureront la protection rapprochée de chaque relayeur. Une unité de force mobile, soit environ 100 agents, placés à l’avant et à l’arrière du convoi, sera aussi chargée de lutter contre « toute forme de désordre public». Le ministre de l’Intérieur cite plusieurs organisations environnementalistes d’ultragauche comme Saccage 2024, Dernière rénovation ou Les Soulèvements de la Terre. Les porteurs de la flamme olympique : Edouard Roger-Vasselin, joueur professionnel de tennis, compte de nombreuses victoires : Roland Garros en 2014 avec Julien Benneteau, Wimbledon en finale en 2016 avec Julien Benneteau, et en 2019 avec Nicolas Mahut, le Masters en 2020 avec Jürgen Melzer. Il a atteint la 6e place mondiale en double et la 35e place mondiale en simple en 2014. Ceuzinha Gomes SA a été championne du monde d’heptathlon aux Virtus Global Games de Vichy en 2023. Roger-Yves Bost, cavalier de saut d’obstacles, a été médaillé d’Or olympique par équipe à Rio en 2016. Sophie Moniotte, Patineuse artistique de danse sur glace, a également un beau palmarès : « Avec mon partenaire Pascal Lavanchy, j’ai été vice-championne du monde en 1994, vice-championne d’Europe en 1995 et triple championne de France de 1993 à 1995. J’ai également participé à trois éditions des Jeux olympiques d’hiver, en 1992, 1994 en finissant 5e et 1998. » Enfin, le navigateur Sébastien Rogues est engagé depuis 2019 sur le circuit Ocean Fifty, avec le trimaran Primonial, qui est l’un des bateaux les plus rapides et les plus innovants du monde.

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