la baule+ 18 | Avril 2024 La Baule+ : Vous avez été numéro un des ventes de livres pendant un mois, sans pratiquement aucune reprise dans les médias institutionnels. Comment expliquez-vous ce succès ? Nicolas Vidal : Effectivement, le livre est un succès, alors que je n’ai pas été invité par les médias de masse. Je le savais. J’avais écrit un livre l’année dernière sur le fonctionnement des médias, sur la manière dont ils trahissent les Français, et je pense qu’ils m’en veulent. Le livre est sorti début décembre 2023, il a été numéro un des ventes, toutes catégories confondues, et aujourd’hui il figure encore dans le Top 30 d’Amazon. Évidemment, je suis ravi. Je suis un garçon explosif, je voulais que ce soit court et violent, et le style de la lettre était un format très approprié. Je m’adresse à cette partie des Français qui, manifestement, ne veulent pas toujours voir que le pays est en train de sombrer et qu’il est littéralement détruit par la classe politique au pouvoir. J’ai fait quelque chose de court, donc tout tient en 46 pages. Je m’adresse à ceux qui ne veulent pas comprendre, en leur donnant une paire de claques, à travers une lettre explosive et pleine d’humour. Ils ne font pas du tout le lien entre leur appauvrissement et les décisions politiques Vous vous adressez à cette catégorie de nos concitoyens qui se moquent de l’actualité internationale et de ses conséquences sur leur vie quotidienne… Ces gens me répondent qu’ils s’en foutent et ils ajoutent que cela me concerne parce que je suis passionné par la politique, alors qu’ils n’aiment pas la politique. On a l’impression qu’ils mettent la politique au même plan que la course à pied ou n’importe quelle autre activité culturelle. C’est dramatique, car ce sont des gens qui pourraient investir un peu de temps pour se renseigner. Mais ils ne font pas du tout le lien entre leur appauvrissement, à travers les taxes, les charges, le recul de la démocratie et les décisions politiques. Il n’y a pas de connexion intellectuelle sur le fait que leur existence se déprécie financièrement, intellectuellement et culturellement, et que cela a un lien avec les gens qui prennent des décisions pour nous. Cela veut dire qu’il y a un affaiblissement manifeste de l’intelligence collective. Les gens ont été broyés par le consumérisme, le jeu, les loisirs et toutes ces activités promises. Beaucoup de Français n’arrivent pas à voir cela, d’où ce parallèle avec les autruches qui se cachent de la réalité. Plus une partie de la population s’est soumise, plus la classe politique a continué à mettre le curseur de plus en plus haut On pourrait empiler de nombreux problèmes… À partir du moment où vous vivez dans la démocratie IKEA, rien ne vous touche ! Pendant la crise sanitaire, vous avez eu ces injonctions et une partie de la population est allée se faire injecter, tout simplement parce qu’elle avait envie de reprendre sa vie d’avant. Les gens se sont dit qu’en acceptant cela, leur vie allait reprendre la couleur et la saveur d’auparavant. Mais c’était totalement faux, puisque l’on a bien vu que plus une partie de la population s’est soumise, plus la classe politique a continué à mettre le curseur de plus en plus haut. Cela a été terrible, parce que l’absence de réflexion sur nos libertés publiques et individuelles a précipité une grande partie de la population dans le rang des parias. Il faut se rappeler les mots très durs à l’époque. L’égoïsme peut faire basculer une société dans une forme de totalitarisme. Les gens qui ont accepté cela ne se sont pas rendu compte qu’ils sont les complices involontaires d’une forme de société qui bascule dans le totalitarisme, on le voit encore aujourd’hui, avec les questions d’écologie, de démocratie, les 49-3 ou l’article 4 de la loi sur les dérives sectaires. Est-ce propre aux Occidentaux, car dans beaucoup de civilisations, en Afrique, en Asie ou dans le monde arabe, les peuples sont très politisés ? C’est le résultat de la mondialisation. L’esprit de jouissance l’a emporté sur l’esprit de sacrifice. On a dépossédé l’autonomie de l’individu en le shootant à la consommation et au plaisir. La démocratie IKEA repose sur la consommation et l’égoïsme. Les Américains nous ont apporté des burgers, des parcs d’attractions, des films... On a désarmé les Français sur le plan intellectuel et culturel, on a détruit la capacité de réfléchir de la classe moyenne, qui a toujours été le socle de la société française, parce qu’elle est au carrefour de la culture populaire, mais aussi du financement de l’État. L’abrutissement des populations touche aussi la classe politique : il suffit d’entendre Nicolas Vidal : « Je suis désespéré par l’apathie d’une partie de la population qui a des gamins et qui se fout de ce qui se passe. » C’est la surprise de ces dernières semaines. Le livre de Nicolas Vidal intitulé « Lettre aux autruches et aux tubes digestifs » s’apparente à une engueulade de 46 pages proférée à l’encontre des classes moyennes qui font l’autruche et, alors qu’aucun média institutionnel n’en a parlé, l’ouvrage s’est retrouvé en tête des ventes de livres pendant un mois, détrônant tous les grands succès habituels de librairie. Son ouvrage figure encore dans le Top 30 et en deuxième place des ventes dans la catégorie société et politique. Plus intéressant, c’est auprès du public jeune, notamment les 20-30 ans, que ce pamphlet a le plus de succès. Évidemment, il était difficile de passer à côté de ce phénomène de société et nous avons interrogé Nicolas Vidal, qui est également le fondateur de Putsch Media. « Lettre aux autruches et aux tubes digestifs » de Nicolas Vidal est publié chez Amazon. Société ► Un coup de gueule qui devient un phénomène de société !
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