la baule+ 16 // Novembre 2023 Georges-Marc Benamou est venu à La Baule à l’occasion du Festival de la fiction et du documentaire politique. Journaliste et écrivain, il a été proche de François Mitterrand, dont on dit qu’il le considérait comme son fils, mais aussi de Nicolas Sarkozy qu’il a conseillé. GeorgesMarc Benamou connait vraiment bien La Baule et il nous explique pourquoi. La Baule+ : Quels sont vos liens avec La Baule ? Georges-Marc Benamou : Quand mon fils est né, il y a 23 ans, je n’avais pas de maison de campagne, j’étais un papa très tôt divorcé et j’ai cherché un endroit de villégiature. Le choix s’est assez vite porté sur La Baule, qui a été un véritable coup de foudre esthétique, historique et climatique. J’ai été accompagné par quelqu’un de très cher, que les Baulois connaissent, le regretté Marc Zuccolin, qui m’a fait découvrir la région. Pendant des années, je suis venu dans les hôtels Barrière. C’était ma maison de campagne et j’étais vraiment très heureux. Marc était un être généreux, cultivé et hyperactif. Il n’était pas originaire de la région, mais je pense qu’il a beaucoup amené à La Baule et aux Baulois. Aujourd’hui, je trouve que La Baule a beaucoup changé sous l’impulsion de Franck Louvrier. La station s’est rajeunie et elle s’est dynamisée. Que pensez-vous de Franck Louvrier ? Nous avons travaillé ensemble à la conquête du pouvoir de Nicolas Sarkozy et nous avons aussi travaillé ensemble à l’Élysée, bien que je sois parti plus tôt que lui. C’était déjà un amoureux de La Baule. Il était très présent dans la station et je trouve qu’il assume ses responsabilités avec talent et modernité. Cela se sent vraiment dans le dynamisme de la ville, même s’il a eu des prédécesseurs remarquables. Vous avez été l’un des derniers patrons de presse indépendants lorsque vous avez lancé le magazine Globe… J’ai l’impression que l’on parle d’une époque que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre... J’ai eu la chance de mener cette aventure avec Pierre Bergé, qui était un actionnaire formidable. C’était une belle aventure. Je ne crois pas que la presse indépendante soit menacée et je crois beaucoup au renouvellement de la presse périodique régionale, comme La Baule+, qui a un véritable ancrage. Il y a aussi un hebdomadaire dans le bassin d’Arcachon. Il y a vraiment un renouvellement de la presse de proximité. Quant à la presse nationale, elle est entre les mains des industriels. Le renouvellement viendra peut-être, grâce au numérique, quand il y aura un modèle économique. Aux États-Unis, qui sont pourtant un pays capitaliste, la presse est beaucoup plus libre des capitalistes qu’en France, en raison des lois anti concentrations. Que faites-vous maintenant ? Je fais de la production audiovisuelle et j’écris des livres. Cela convient tout à fait à mon bonheur. Je viens de terminer de tourner une série internationale tirée de La Peste de Camus. C’est une dystopie assez étonnante. Nous allons commencer un tournage sur la jeune George Sand, puis sur les aventures du jeune Voltaire, ainsi que des documentaires historiques, notamment sur le 80e anniversaire de la Libération de la France. Propos recueillis par Yannick Urrien. François Mitterrand le considérait comme son fils… Georges-Marc Benamou : « La Baule a été un véritable coup de foudre esthétique, historique et climatique. » Suite de l’entretien avec Elie Chouraqui Dans une guerre classique, comme entre l’Ukraine et la Russie, il n’y a pas une volonté de détruire l’autre simplement parce qu’il est l’autre… Vous avez tout dit. Qu’allez-vous faire maintenant ? Je tourne un film qui s’appelle Héro(s), avec Kad Merad Jean Hugues Anglade et Marie Gillain, mais aussi mon fils César. C’est l’histoire d’un gardien de nuit au musée du Louvre en 1940, quand les Allemands sont arrivés. Le conservateur du musée du Louvre avait déjà exfiltré une grande majorité des œuvres, mais il voulait que très rapidement les dernières œuvres soient exfiltrées. Ce gardien de nuit a accepté de prendre un camion et de partir avec sa famille avec les œuvres. C’était mon grand-père... Dans ce sang qui a coulé dans nos ruisseaux, il y a celui de chrétiens, de juifs et aussi de musulmans… C’est ce que j’ai voulu dire. Beaucoup de gens se sont battus pour des idées de démocratie, de liberté, d’égalité et de fraternité. On doit leur rendre hommage. Ces gens doivent être des exemples pour les enfants et pas ceux qui apportent des idées de haine et de destruction. Propos recueillis par Yannick Urrien. Georges-Marc Benamou et Géraldine Danon déjeunent Chez Gabriel dans le quartier du marché Votre radio locale en DAB et sur 91,5 FM
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