La Baule+

la baule+ 30 // Décembre 2023 Humeur ► Le billet de Dominique Labarrière Promesses gouvernementales tenues (mais si, mais si…) Monsieur le ministre de la Santé l’a annoncé très officiellement : il sera désormais interdit de fumer à la plage. Le pays entier n’attendait, venant du plus haut de l’État, que cette décision de fermeté dont l’urgence et la pertinence ne sont évidemment pas à démontrer. Nullement à démontrer non plus le fait que l’accumulation d’interdits est, avec la multiplication des taxes et impôts, la solution de facilité vers laquelle les gouvernements - tous, à toutes les époques - se tournent pour se donner l’illusion, précisément, de gouverner. Faute d’avoir l’envergure de pratiquer l’autorité régalienne, on se réfugie dans l’autoritarisme tracassier. Il faudra donc abandonner le sable et regagner le remblai et ses bancs pour tirer sur sa clope. À moins bien sûr que ledit remblai n’entre aussi dans la liste des lieux interdits au tabac. On peut s’attendre à tout. Ainsi, nous devrions avoir avant peu, dans l’espace public, les rues autorisées aux fumeurs et les rues qui leur seraient interdites. Bien entendu, les forces de l’ordre, dans la France telle qu’elle est aujourd’hui, n’auraient rien de mieux à faire que d’arpenter la grève et ces artères pour traquer les contrevenants. Policiers et gendarmes en seraient enchantés, c’est certain. Peut-être sera-t-il malin de contourner la rigueur de cette mesure en adoptant le vapotage, Madame la Première ministre nous livrant en quelque sorte la piste à suivre lorsqu’elle siège à l’Assemblée. Il restera toutefois à prolonger la loi sus-évoquée par une autre, dès lors rendue indispensable, qui permettrait de trancher la question cruciale de savoir si vapoter c’est fumer. Il est à craindre que la réponse ne soit affirmative : vapoter serait bel et bien assimilable au fait de fumer. Les incorrigibles n’auraient alors que le recours à la ruse, recherchant la satisfaction de leurs coupables addictions par des voies clandestines. La coke ou l’héro subtilement conditionnées dans le pschit-pschit anti-allergie. Hop, un petit coup dans le pif, et ni vu ni connu, je bronze hilare ! Il y aura aussi la possibilité de l’ecstasy. Il se colporte qu’une loi serait en gestation au Sénat pour en autoriser la prise. Exclusivement sur ordonnance. Et uniquement en cas de détresse psychologique avérée. Consécutive, par exemple, à l’agonie de son chat de vingt ans. À suivre… Donc, l’État et son ministre de la Santé entrent en croisade pour la défense et la protection de nos bronches. Qu’ils en soient remerciés. Cela dit, dans le même temps, le Conseil d’État rappelle le gouvernement à l’ordre, celui-ci ayant eu l’audace de limiter le nombre de cigarettes pouvant être ramenées d’au-delà de nos fantomatiques frontières à deux cents. Ce sera désormais huit cents. Cela pour se conformer au diktat de l’Europe (une preuve de plus si besoin était de la très bonne santé de notre souveraineté nationale). Remarquez, à regarder de près, la mesure n’est pas si idiote. Les buralistes des zones frontalières de France en crèveront encore un peu plus vite. Serait-ce le but caché ? Que nenni ! opposent les autorités, la main sur le cœur. La preuve : les buralistes devraient sous peu avoir la possibilité de faire commerce des munitions de chasse. Histoire de compenser la perte en chiffre d’affaires tabac. Dont acte. En vérité, voilà qui concourt à mettre en œuvre au moins deux des promesses récurrentes de tout candidat à la Présidence : faire baisser en nombre la criminalité et simplifier les démarches du quotidien. Simplification qui passe, on le sait, par la création d’un maximum de sites uniques à vocation multiple. Eh bien, en réunissant dans le même lieu le tabac et les munitions, vous diminuez mécaniquement par deux le nombre de braquages et vous simplifiez grandement la démarche. Là où il fallait casser le bar-tabac pour le cash et la clope, puis l’armurier pour la bastos, vous avez le tout groupé en une seule expédition. Donc, statistiquement, un seul braquage au lieu de deux. Et tellement plus fastoche. Elle est pas belle, la vie…au gouvernement ? Sauf que Mesdames et Messieurs les buralistes vont devoir blinder leur boutique façon Banque de France et se préparer à devoir jouer encore un peu plus qu’aujourd’hui les Rambo. Tous les ans, la Porte Saint-Michel – Château-Musée de Guérande s’attache à proposer au public deux expositions temporaires : une printemps-été qui met en scène la richesse et la diversité des collections du musée, une automne-hiver qui s’ouvre aux thématiques historiques et sociétales plus larges. Cette année, l’exposition temporaire est consacrée au potier et artiste Gustave Tiffoche (1930 - 2011). Annie Josse, directrice du Musée de Guérande, souligne que « si la réputation de Gustave Tiffoche s’est construite localement sur la poterie et son magasin dans la maison à pan de bois bleue de l’intra-muros, elle s’est surtout construite à l’échelle régionale et nationale au travers de ses créations artistiques. Il a même été exposé jusque dans une galerie new-yorkaise. De sculptures monumentales aux fontaines publiques, Gustave Tiffoche s’est attaché à expérimenter la matière et à en repousser les limites. » L’exposition permet de suivre le parcours et la progression de cet artiste, depuis son premier pichet jusqu’à ses œuvres artistiques et uniques, illustrés de photos et d’archives personnelles. On découvre ainsi son savoir-faire, ses expérimentations et ses techniques de façonnage, de cuisson et d’émaillage. Également ses créations, des plus anodines aux plus complexes dans une quête de nouveau design et d’esthétisme, abandonnant l’utilitaire pour l’artistique. Une aventure guérandaise Dessinateur-projeteur aux Chantiers navals de l’Atlantique à Saint-Nazaire, Gustave Tiffoche prend part à l’étude des silhouettes et aménagements de grands paquebots tels que l’Île-de-France, le Shalom ou Le France. L’artiste est pourtant en proie au doute quand la standardisation des process limite sa liberté créatrice. Préférant aux tumultes d’une ville en pleine reconstruction, le décor bucolique d’un mode de vie à contre-courant, il pose les jalons d’une vie d’artiste à Guérande, point de départ d’un nouvel itinéraire où, lui, sera potier. Son aventure artistique commence ainsi en 1963, dans une ancienne ferme du 18e siècle couverte de chaume, au lieu-dit Le Petit-Poissevin situé en limite de Brière. Annie Josse invite tous les habitants de la presqu’île à venir découvrir cette exposition car « Gustave Tiffoche appartient à cette génération de potiers qui, dans la seconde moitié du siècle, a su initier une rupture de la céramique purement utilitaire. Son approche inventive a donné naissance à des formes géométriques complexes aux textures vibrantes, presque vivantes, démarquées des formes conventionnelles et capables de dialoguer avec des mouvements artistiques d’avant-garde. Des pièces émaillées décoratives aux sculptures monumentales conçues pour des ensembles architecturaux, les grès de Gustave Tiffoche ont laissé leur empreinte dans les mémoires guérandaises autant que dans les paysages urbains du Grand Ouest. » Pratique Du 25 novembre au 31 mars (hors vacances scolaires) : du mercredi au vendredi de 14h à 18h et du samedi au dimanche de 10h à 18h. Vacances scolaires, Noël et Hiver : du mardi au dimanche de 10h au 18h. L’exposition temporaire est incluse dans le droit d’entrée de la Porte Saint-Michel. Droit d’entrée de la Porte Saint-Michel : adulte : 6€ ; enfant de 13 à 17 ans : 4€ ; enfant jusqu’à 12 ans inclus : gratuit. Le Musée de Guérande rend hommage à Gustave Tiffoche

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