la baule+ Août 2023 // 9 allons traverser une période où les gens auront envie de se faire plaisir. Déjà, lemonde a envie de se faire plaisir puisqu’en Afrique, en Asie ou dans le monde arabe, beaucoup vivent leurs Trente Glorieuses… Bien sûr, c’est pour cela que les bobos parisiens qui se mettent en robe de bure, en ayant le sentiment de sauver l’humanité, en enlevant tout, sont complètement stupides. Ce n’est pas du tout ce que l’on va vivre ! On nous explique qu’il ne faut plus de charbon, ou plus de carbone, mais pendant ce temps les centrales à charbon fleurissent à travers le monde. Lorsque nous importons le gaz des États-Unis, le Bangladesh ou le Pakistan n’ont plus de gaz en provenance des États-Unis et, par conséquent, ils remettent en marche les centrales à charbon. L’hypocrisie actuelle de ces raisonnements de sobriété de la planète est totalement absurde, parce que ce n’est pas du tout ce qui se passe dans le monde. Les gens se racontent des histoires. L’énergie électrique n’a pas varié dans son coût Nous aurions pu commencer cet entretien par la question classique sur le prix de l’énergie. On vous voit vous exprimer sur de nombreux médias, mais il faut quand même répéter certaines choses. Vous expliquez, avec d’autres experts, pourquoi il est possible de faire baisser rapidement les prix de l’électricité. Toutefois, les gens ne semblent pas retenir une autre thèse que celle du discours officiel… J’ai le sentiment, en regardant la télévision nationale, qu’il y a une sorte de confiscation intellectuelle avec des gens qui pensent pareil, qui sont élevés de la même façon et qui se reproduisent. Ces gens n’ont pas envie de regarder le monde. Il y a beaucoup de bobos parisiens dans toutes ces rédactions. C’est comme cela que je vois les choses. Depuis un an et demi, j’explique qu’il faut regarder le marché de l’électricité qui ne favorise pas le consommateur, car le consommateur paye un prix qui n’a aucune relation entre le coût d’origine et le prix. C’est très simple : dans le passé, le producteur de lait expliquait qu’il ne comprenait pas pourquoi son lait qui était produit à tel prix se retrouvait dans les grandes surfaces à tel autre prix, or c’est la même chose aujourd’hui avec l’énergie électrique. L’énergie électrique n’a pas varié dans son coût et son prix a été multiplié par trois ou cinq pour les industriels. Comme je suis industriel, j’estime qu’il y a un problème et qu’il faut aller regarder qui prend la différence entre le coût et le prix. On me répond que l’on va aller regarder. On me le dit depuis un an et demi, c’est quand même simple. Et cela ne se fait pas ! Des gens qui sont des grandes autorités de l’État me répondent qu’il va falloir regarder et me demandent si j’ai une idée. Mais chacun son métier. Mon métier n’est pas de répondre à cette question, puisque ce sont les politiques qui ont la responsabilité de l’ensemble de la population. Donc, ils doivent expliquer pourquoi, à partir d’un coût donné, on se retrouve un prix aussi élevé. Ces gens se sont fait élire, ils sont au gouvernement et au Parlement, donc c’est leur métier. Mon métier consiste simplement à dire que je ne comprends pas. Peut-être que leur métier consiste simplement à se faire réélire… Malheureusement, ce n’est pas le mien d’aller chercher la façon dont ce mécanisme de spéculation a été mis en place. Quelque chose qui a été produit à 50 arrive finalement à 350 sur votre table ! Je sais quand même qui s’en met plein les poches. Mais je ne suis pas un dénonciateur. Donc, j’aimerais qu’ils trouvent eux-mêmes. Je n’aime pas la dénonciation. Propos recueillis par Yannick Urrien.
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