La Baule+

la baule+ 4 // Août 2023 L’Océarium du Croisic reste le site le plus visité de la Presqu’île et ce n’est pas surprenant. Lorsque l’on interroge les visiteurs qui viennent pour la première fois, ils sont toujours surpris de voir un aquarium aussi grand dans une commune de 4 000 habitants : « Le Croisic, ce n’est pas Brest, Saint-Malo ou La Rochelle. Les gens ne s’attendent pas à un site de cette taille, avec autant d’animations ! » souligne Stéphane Auffret, directeur de l’Océarium du Croisic. La magie du monde marin fascine toutes les générations. Le spectacle est chaque fois différent et l’on a toujours autant de plaisir à revenir en famille. Cette année, une nouvelle fresque met en lumière l’espace nurserie. Dans une démarche pédagogique, cette œuvre explique la chaîne alimentaire, du phytoplancton aux grands prédateurs, à travers des illustrations de Fabien Leflot. Autre nouveauté, l’espace Lagon a vu ses peuplements modifiés. En effet, après plusieurs années de croissance, certains animaux méritaient de plus vastes espaces et ils ont donc été transférés vers de plus grands bassins. Toujours parmi les nouveautés, les méduses fascinent de plus en plus les visiteurs et l’OcéaDécouverte ► Un lieu de divertissement, mais aussi un lieu engagé L’Océarium du Croisic s’engage pour la protection du monde marin rium accueille deux nouvelles espèces de méduses. La première, appelée Aurelia aurita, est aussi spectaculaire qu’envoûtante. La deuxième se nomme Chrysaora plocamia et elle est plus communément appelée ortie de mer. Depuis quelques mois aussi, on peut admirer trois homards d’une couleur peu commune : Bleu, Blanc, Rouge. Stéphane Auffret les a mis en valeur le 14 juillet dernier, à l’occasion de la fête nationale, mais il précise qu’ils ont des caractères plutôt belliqueux, ce qui nécessite de les placer dans des aquariums différents. C’est vraiment exceptionnel, car il y a seulement un sujet coloré sur plusieurs millions et ces anomalies de couleur sont dues à des productions anormalement élevées de protéines (ou pigments) chez certains crustacés : l’astaxanthine pour le rouge et la crustacyanine pour le bleu. Les blancs sont les plus rares, ils sont presque totalement dépourvus de pigments. Stéphane Auffret rappelle que l’engagement de l’Océarium pour une meilleure connaissance du monde marin est profondément ancré dans l’histoire de l’établissement. « Dès le milieu des années 80, nous organisions déjà des visites guidées, des conférences et des ateliers. Mon père, qui était un ancien mareyeur, avait gardé cette envie de faire connaitre son métier et de partager sa passion avec le public. Depuis une vingtaine d’années, nous aidons également plusieurs associations et structures en Afrique ou en Asie afin de préserver et sauvegarder des espèces comme les tortues marines, les manchots, etc. Des centaines de milliers d’enfants ont appris à aimer et à protéger notre environnement littoral grâce au travail de sensibilisation de nos animateurs. Les médiateurs scientifiques ont remplacé les guides et ils ont su faire partager leurs connaissances du milieu marin à tous les publics. Cette proximité avec les visiteurs a aussi réellement contribué à la notoriété de notre établissement. » Pollution marine, changements climatiques, ou acidification des océans En effet, Nadine et Stéphane Auffret sont convaincus que c’est par l’information que l’on peut partager des connaissances scientifiques et contribuer à faire prendre conscience des enjeux environnementaux, comme la pollution marine par le plastique, les changements climatiques, ou l’acidification des océans : « Notre conviction est que les aquariums jouent un rôle d’information majeur dans une société où les évolutions des milieux naturels nous laissent perplexes. Nous avons beaucoup travaillé sur des dossiers pédagogiques avec des professeurs de SVT, c’est une bonne chose. Il y a une demande du public et nous essayons aussi de donner quelques pistes sur ce qui se passe au niveau environnemental. Les gens posent beaucoup de questions sur les méduses ou l’invasion des poulpes. Nous essayons de répondre. Cela montre bien que les gens se préoccupent de plus en plus de ce qui se passe au niveau environnemental. Beaucoup de parcs animaliers, comme des aquariums, travaillent dans ce sens. » Ce travail pédagogique est important, car l’Océarium du Croisic entend être l’un des maillons entre la recherche scientifique et le grand public. Nos aînés ont été éduqués par les documentaires animaliers à la télévision : « Avant, il y avait à la télévision beaucoup d’émissions liées à la mer, comme Thalassa ou les reportages du commandant

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