la baule+ Août 2023 // 25 est enseignant, elle visite différentes parties de la France et elle s’enthousiasme pour les beautés de chaque région. C’est cette description de la France qui a contribué aussi au prestige de notre pays. Le livre a contribué à faire connaître aux petits Français leur pays. Il fallait aussi passer par l’apprentissage du français. Le message important porte sur l’unité nationale, en rappelant aux petits Bretons, aux petits Alsaciens ou aux petits Provençaux qu’ils font partie d’une même famille. C’est l’idée importante de l’enseignement public de la fin du XIXe siècle. Pour moi, cet ouvrage est aussi le témoignage d’une époque où tout pouvait être possible. Il y avait une vraie foi en l’avenir. Il y a même eu un débat à l’Assemblée nationale, en 1910, sur le contenu du livre Ce livre a été lu par plusieurs générations. Toutefois, au fur et à mesure des éditions, il y a eu des changements… Quels sont-ils ? Il y a eu peu de choses jusqu’à la fin du XIXe siècle. Mais au moment de la séparation de l’Église et de l’État, elle a dû opérer de grands changements, parce qu’il y a eu vraiment des critiques sur la forte présence de Dieu dans son livre. Même quand l’enfant disait « mon Dieu», il a fallu écrire « hélas ». Elle reprenait les directives de l’enseignement public de la fin du XIXe siècle, notamment sur la géographie et les sciences naturelles, mais aussi sur la vision du monde à cette époque. Elle avait vraiment un don exceptionnel de conteuse pour mettre en musique les préceptes de l’enseignement public. Il y a même eu un débat à l’Assemblée nationale, en 1910, sur le contenu du livre, car la droite a critiqué le retrait des références religieuses. La gauche lui demande d’enlever toutes les références religieuses et, de l’autre côté, on lui reproche d’avoir retiré un chapitre sur les tours de Notre-Dame... Elle se plie à toutes les consignes et son livre est tellement aimé qu’il continue son bonhomme de chemin. Même aujourd’hui, quand je fais des signatures, je rencontre des personnes qui se souviennent de cet ouvrage. Il a été lu par des millions et des millions de personnes ! Il y a une forte connotation patriotique : quel était l’état d’esprit à cette époque ? À la fin du XIXe siècle, il y a un désir de revanche qui va mûrir de plus en plus, jusqu’à cette guerre de 14, qui devait être la dernière. Tout le peuple français a ce même désir de revanche. Ce livre a été écrit lors d’un moment de recueillement, après la perte de l’Alsace et la Lorraine. C’était une plaie béante. Souvent, sur une carte de la France, on mettait un drap noir pour cacher l’Alsace et la Lorraine. Elle mettait en avant le devoir de chaque petit Français de défendre la patrie. Il fallait prouver cet amour, quitte à sacrifier sa vie : c’est ce que fera d’ailleurs son unique petit-fils, qui meurt lors de la Première Guerre mondiale. On s’aperçoit que sur le plan sociologique, la manière de penser était totalement différente… Oui, cela fait plus d’un siècle. Cela peut paraître très décalé, mais les valeurs qu’elle transmet devraient être reprises maintenant, puisque c’étaient des valeurs d’union et de courage. Il est nécessaire de se sentir Français et d’être unis. Propos recueillis par Yannick Urrien. L’avenue du Bois d’Amour est une artère très fréquentée. Pourtant, elle ne comporte qu’un seul commerce, celui de Johann Châtelain, qui a refait entièrement son magasin, anciennement Les Binocles Bauloises, pour devenir Binocles - La Baule. Pourquoi ce changement de nom ? « Cela fait bientôt 18 ans que je suis là et, avec cette nouvelle décoration intérieure, je voulais marquer le coup avec un nouveau logo ». Johann Châtelain est accompagné d’un opticien, Marc Pocher, ce qui lui permet de continuer de donner des cours d’optométrie à Nantes et à Angers. Au fil des années, il retrouve ses anciens élèves dont certains se sont installés à leur compte ou se sont lancés dans la fabrication de montures : « Il y a une réelle créativité dans ce secteur et j’ai aussi beaucoup de plaisir à les référencer. Je mets principalement en avant les fabricants français, belges et allemands, afin de favoriser l’entrepreneuriat européen, en sélectionnant des produits originaux, élégants et vraiment de qualité. » Binocles - La Baule, un nouveau regard sur l’expérience client que nous sommes dans un contexte paramédical. » Dans cet esprit, souligne-t-il, « même si nous sommes des commerçants, nous ne devons jamais oublier que notre but n’est pas de vendre pour vendre, mais d’apporter le meilleur service à nos clients. » Johann Châtelain et Marc Pocher proposent l’offre la plus large afin de répondre à toutes les attentes : « En ce moment, il est difficile d’évoquer une tendance, mais nous sommes davantage sur des montures à volume, avec du caractère, et une mise en valeur de la couleur. Aujourd’hui, nous devons aller dans toutes les directions. » Les travaux d’agencement du magasin visent aussi à favoriser un parcours client plutôt orienté santé. Binocles – La Baule est équipé du matériel le plus pointu, avec notamment une unité complète de réfraction pour tester la vue, réaliser des adaptations aux lentilles de contact et pratiquer la basse vision. Binocles – La Baule, 14 avenue du Bois d’Amour à La Baule. Tél. 02 40 11 01 04. Johann Châtelain aime son métier d’opticien, pour le contact avec le public, mais il reste attaché à l’enseignement. Il prône toujours une éthique dans ce domaine particulier : « Nous travaillons sur un élément essentiel, la vue, donc nous ne devons pas être des commerçants comme les autres. Malheureusement, dans notre profession, il y a une évolution forte sur le commercial et le marketing. » Il défend toujours ce positionnement d’opticien de proximité, proche de ses clients : « J’insiste souvent auprès de mes élèves sur la nécessité d’avoir une approche qualitative de notre métier, en rappelant Optique ► Un parcours client davantage axé sur la santé visuelle
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