La Baule+

la baule+ 20 // Août 2023 La Baule + : Vous avez publié « Zinédine Zidane : un portrait du XXIe siècle », mais aussi « C’est ça la France ! » Or, à travers « Un jour, j’ai été heureux », vous signez votre premier roman : pourquoi cette démarche ? Frédéric Hermel : Après le livre sur Zidane, qui était un chant d’amour à Zidane, et ensuite un autre livre qui était un chant d’amour à la France, je reste dans les sentiments. C’est effectivement mon premier roman, une histoire d’amour. Je raconte ce qui s’est passé avec une femme que j’ai connue il y a vingt ans, Allison, et c’est un roman aux saveurs autobiographiques. C’est l’histoire d’une rencontre entre Fred, journaliste à Madrid - cela ressemble beaucoup à l’auteur - et Allison, une jeune américaine de Brooklyn. Je raconte cette histoire d’amour à distance. C’est parti d’une sensation que j’ai eue il y a plus d’un an, le jour de Pâques d’avril 2022. Je sortais de la messe de la basilique Sainte Clotilde à Paris et, en rentrant chez moi, j’ai ressenti une bouffée de bonheur absolument incroyable. Parfois, on a des bouffées d’angoisse, mais cette fois-ci c’était vraiment une montée de bonheur qui m’a semblé unique dans mon existence. Je me suis souvenu que j’avais déjà connu cela dans ma vie, il y Littérature ► Le journaliste sportif publie son premier roman Frédéric Hermel : « Dans la littérature, l’intime devient souvent universel. » C’est le coup de cœur de l’été chez Fayard avec ce roman d’amour de Frédéric Hermel, journaliste à RMC, qui nous invite à réfléchir sur le sens du bonheur. L’auteur de « Zidane» et de « C’est ça la France ! » signe son premier roman, dans lequel il raconte son histoire d’amour avec Allison : «Juillet 2002, Brooklyn. Première nuit d’amour avec Allison. Je me souviens de la moiteur de la ville, de nos souffles saccadés, du bruit du ventilateur, des chansons de Madonna qui tournaient en boucle, témoins de nos caresses nocturnes, de l’urgence de s’aimer. Avril 2022, Paris. Je comprends enfin combien, alors, j’ai été heureux. Dix-sept ans que je ne l’ai pas vue, que je n’ai pas entendu son accent américain si troublant me susurrer des mots d’amour. Pourtant, d’elle, je n’ai rien oublié. Et si le vrai bonheur, c’était ça, notre capacité, immédiate ou tardive, à déceler les moments qui comptent ? » « Un jour, j’ai été heureux » de Frédéric Hermel est paru chez Fayard. a vingt ans, en me réveillant dans la chambre d’Allison à Brooklyn. Je me suis dit : «Un jour, j’ai été heureux », et j’ai immédiatement trouvé le titre du roman. C’était une expérience presque mystique et j’ai voulu, à travers le récit de cette histoire d’amour, avoir une véritable réflexion sur le bonheur. C’est un livre d’été, c’est une histoire d’amour. Je ne prétends pas être philosophe, mais il y a quand même une réflexion philosophique sur le bonheur. Souvent, on vit le bonheur, mais on ne s’en rend pas compte sur le moment. Il m’a fallu vingt ans pour me rendre compte de cela et, à travers ce livre, je voudrais inviter les lecteurs à reconnaître le bonheur au moment où il arrive. Le bonheur réside parfois dans des moments très simples et l’on en prend conscience après Un jeune acteur qui décroche le rôle de sa vie sait qu’il ressent un moment de bonheur. Si vous découvrez un endroit merveilleux, vous savez instantanément que c’est un pur moment de bonheur. Mais il y a aussi d’autres temps dans la vie où l’on ne le perçoit pas. C’est plus tard, avec la nostalgie, que l’on découvre que c’était un moment de bonheur… Il y a des moments de bonheur qui sont des moments de joie intense et, dans le livre, le personnage se rend compte qu’il a été heureux avec cette femme. Il vivait des choses très simples, mais il n’avait pas conscience de ce bonheur. Par exemple, lorsque les deux amoureux prennent leur petit-déjeuner à Brooklyn, c’est tout simple. C’était le bonheur, mais ils ne le savaient pas. Le bonheur réside parfois dans des moments très simples et l’on en prend conscience après. Allison et Fred ont beaucoup de mal à se dire qu’ils s’aiment. Ce sont des êtres encore jeunes et ils ont du mal à reconnaître qu’ils sont heureux. N’est-ce pas aussi la nostalgie de sa jeunesse ? Effectivement, il y a peutêtre un peu de nostalgie de sa jeunesse. On était peutêtre plus insouciant, on avait peut-être moins conscience de la dureté du monde, on était rempli d’espoir… Comme le personnage de ce roman était jeune, il imaginait peut-être que l’amour c’était autre chose. Mais, depuis, il n’a pas vécu une histoire aussi forte que celle qu’il a vécue avec Allison. Les projets font partie du bonheur L’absence de projets détruit le bonheur ou l’envie de vivre, que ce soit sur le plan professionnel ou sentimental. Le bonheur est-il intimement lié aux projets que l’on peut avoir ?

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