la baule+ 18 // Février 2022 Les hasards de notre conversation nous ramènent vers ce sujet. Évidemment, il ne faut pas contester l’autorité, il faut apprendre à débattre et écouter. Mais prenons l’exemple des médecins : on leur demande de ne pas remettre en cause les ordres car, lorsqu’ils ils veulent débattre sur le sujet de la vaccination, ils ne peuvent pas le faire… Oui, parce qu’il y a des organismes qui ont la mainmise sur ce qu’ils sont et qui peuvent très bien les radier. Personne n’a envie d’être radié ou d’êtremontré du doigt. Il y a toute cette communauté qui s’estime tenante d’une vérité absolue et c’est terrible de voir à quel point ce monde est rapide dans sa volonté de disgracier les gens. Il est important d’être prudent et de maintenir le dialogue. D’ailleurs, la science a toujours fait l’objet de débats, mais aujourd’hui ce n’est plus possible. Malheureusement, la finance s’est beaucoup trop glissée dans ce débat. Il y a trop de lobbys. Comment voyez-vous cette campagne présidentielle ? Elle est beaucoup trop violente, trop personnelle. Beaucoup de gens se présentent et tout cela est un peu trop dispersé. Je vois une bataille d’ego plutôt qu’une bataille d’idées. Je ser pour se dire bonjour. Il faut savoir faire la part des choses et sortir de ce monde manichéen. Ce monde sans nuances me terrifie. Dans votre pièce de théâtre, cet homme se retrouve au paradis et il s’interroge sur ce qu’il a fait dans sa vie. Imaginons que l’on doive passer les prochaines décennies à se méfier des autres, à se tester, à se confiner, avec comme seul objectif celui de rester en vie, mais sans vivre…Cet homme pourrait mourir en se disant qu’il a passé quinze ans à se protéger pour rester en vie, mais qu’il n’a plus rien fait de sa vie… Je vais vous raconter l’histoire d’un monsieur qui va chez le médecin, en lui demandant comment il peut faire pour vivre vieux et en bonne santé. Le médecin lui répond qu’il faut arrêter de boire, de manger du sucre ou du gras, faire moins l’amour, cesser de pratiquer des sports dangereux, etc. L’homme lui demande s’il a ainsi la garantie de vivre beaucoup plus longtemps. Le médecin lui répond : «Non, mais je peux vous assurer que cela va vous sembler beaucoup plus long ! » C’est votre philosophie de vie aussi… Je ne suis pas pour brûler la vie par les deux bouts. Quand on a la responsabilité de s’occuper de ses enfants, on espère rester près d’eux et les emmener sur le chemin de la vie le plus longtemps possible. Je ne suis pas pour la vie éternelle, je ne suis pas pour prolonger la vie à tout prix… Je serais même pour avoir le droit de choisir sa fin de vie quand on souffre trop. J’ai une amie belge qui avait un cancer. Elle s’en est sortie une première fois, mais c’est revenu. Elle a persuadé son mari et ses enfants de choisir sa fin. Elle est partie sereine et je trouve que c’est un bel exemple de vie. Je suis pour que l’on puisse mourir dans la dignité et pas pour prolonger la vie des gens qui sont dans la souffrance. On sait que l’on va tous mourir, on n’est pas censé connaître le moment où cela va arriver, donc il est inutile de se mettre en pause sanitaire pour mourir de vivre. On doit laisser les gens libres de leurs choix de vie. Après, on va me dire qu’en faisant cela, les pauvres médecins ne s’en sortiront pas, mais cela fait deux ans que l’on aurait pu créer des lits dans les hôpitaux, tout cela pour une pandémie qui diminue! Cela fait des décennies que l’on entend dire que l’on est en surcharge hospitalière. Je ne vois pas pourquoi, pour 2000 personnes, on en oblige 60 millions à subir ces exactions. C’est un truc complètement fou. J’espère que l’on ne va pas aller au contrôle social à la chinoise. Il faut arrêter de parler de complot. Il y a simplement des gens qui se posent des questions et qui cherchent des raisons. Pour aider les gens à ne pas avoir de doutes, il faut donner des raisons et, quand les raisons ne sont pas valables, on continue à avoir des doutes et on continue à chercher les raisons de ces doutes. Ce sont les doutes qui créent le complotisme et pas les complotistes qui créent les doutes ! Alors, que ces gens répondent à ces doutes, mais qu’ils ne répondent pas par des anathèmes, des obligations et de la ségrégation. Il faut avoir le passe vaccinal pour pouvoir assister à votre pièce de théâtre, mais ce n’est pas votre décision, c’est la loi française… Ah oui, j’accepterais tout le monde, sans aucune crainte et sans aucune peur ! Je trouve cela absurde. Mais c’est la vie. On va s’arranger pour que cela ne perdure pas. Il faut bien voter. C’est une année où les gens doivent vraiment se mobiliser et agir en connaissance de cause. Le plus important, c’est de garder des espaces de rire. Il faut rire aumoins une demi-heure par jour, c’est extrêmement bon pour la santé. Propos recueillis par Yannick Urrien. Véronique Genest : « Il faut arrêter de parler de complot. Il y a simplement des gens qui se posent des questions et qui cherchent des raisons.» vois souvent des gens qui cachent une partie de la réalité pour ne pas avoir à l’exprimer. Il y a des gens qui ne sont pas francs. J’espère que les débats vont permettre de mettre la lumière sur les programmes. J’ai des idées, mais je n’ai pas encore fait de choix. Valérie Pécresse m’a déçue par sa position sur les non-vaccinés. Je trouve que l’on ne peut pas avoir des positions comme ça. Elle est en train, apparemment, de faire un revirement, nous verrons... On diabolise trop les gens et, en diabolisant certains, on en dédiabolise d’autres… Tout d’un coup, Mélenchon est devenu politiquement correct, Marine Le Pen aussi… Je suis en observation et je suis triste de voir à quel point les gens se laissent embarquer dans toute cette diabolisation et cette bataille de mots, comme fasciste ou raciste… Tout finit par perdre son sens. Parce que l’on a affaire à des gens faibles, sans culture générale, qui ne savent riposter que par des anathèmes… Tout cela est dirigé par la peur. Il y a beaucoup de fausses informations, mais il y a aussi des choses justes qui sont sorties de leur contexte et des choses que l’on publie en changeant les dates de publication. Donc, les gens ne peuvent pas savoir que c’est un vieux truc. Les réseaux sociaux ont beaucoup contribué à cela. On est camp contre camp. J’ai du mal à comprendre pourquoi on veut polémiquer sur tout, alors qu’il suffirait simplement de parler. On est dans un monde de caricature et de diabolisation. La caricature aide à la diabolisation : « Il ne faut pas parler avec celui-là, parce que c’est un fou… » On diabolise les gens en se dissimulant derrière une sorte de respectabilité complètement fausse, avec des fondements totalement erronés, comme en ce moment : « C’est irresponsable d’être contre le passe sanitaire, parce que cela protège les autres ! » Or, toutes les études montrent que cela ne protège personne. Cela raccourcit la propagation du virus, mais cela n’empêche pas sa transmission. Tout est faux ! Savoir faire la part des choses et sortir de ce monde manichéen D’ailleurs, cela a entraîné un relâchement des comportements… Quand il y a eu la crise du H1N1, sur le tournage de Julie Lescaut, on avait décidé de mettre du gel, de se laver les mains et, surtout, d’arrêter de s’embrasser. Nous avons tous arrêté de nous transmettre des trucs en prenant l’exemple sur les Anglais qui étaient moins tactiles que nous. C’est une règle que l’on peut continuer de suivre. On n’est pas toujours obligé de s’embras-
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