La Baule+

la baule+ Février 2022 // 17 pas forcément le rôle qui correspond à ce qu’il pense. Il préfère le faire, parce que le public identifie beaucoup ce que l’on est et ce que l’on joue, mais ce sont des polémiques qui n’ont pas grand intérêt. Le vrai intérêt, c’est le débat de fond sur la GPA, pour parler des dérives possibles et de ce qu’il ne faut pas faire. C’est génial, quand on a plein de pognon, de dire que la GPA est quelque chose de formidable ! J’ai un ami qui a préféré opter pour la coparentalité, c’est formidable, parce que génétiquement les enfants ont un papa et une maman. On a quand même le droit de discuter de cela. Vous lancez une école de théâtre : pour quelles raisons ? J’avais envie de faire cela depuis longtemps. C’est l’envie de transmettre et de renvoyer l’ascenseur. J’aime les gens, j’aime la rencontre. J’ai déjà fait des laboratoires. Je n’aime pas l’idée d’être un professeur, je suis plutôt dans l’idée du partage et de la transmission. Je considère que chacun a sa méthode de travail et ma méthode est d’aider chaque personne à trouver sa propre méthode de travail. Pour l’instant, je commence doucement et l’on verra où cela va m’amener. Je travaille sur ce que l’on appelle les Soft skills Ce qui est intéressant, c’est ce mélange entre le théâtre et le développement personnel… J’adore étudier et, en ce moment, je travaille sur ce que l’on appelle les Soft skills parce que j’ai envie de travailler avec les entreprises. Finalement, ce sont les préceptes de l’improvisation que l’on étudie au théâtre. Il s’agit de valoriser plein de choses en aidant les gens à mettre en avant leurs capacités douces, car c’est très important. Aujourd’hui, 20% des gens sont engagés pour leurs capacités techniques et 80 % pour ces fameuses capacités douces. Il faut savoir les faire ressortir. Cela peut être la résilience, se servir d’un échec pour rebondir, être un leader, avoir confiance en soi, savoir prendre la parole... Donc, ce ne sont pas seulement des gens qui veulent être comédiens qui viennent. J’ai aussi des gens qui ont envie de passer des examens. C’est très ludique et c’est très amusant. Pendant des décennies, les chefs d’entreprise et les politiques ont surtout cherché à recruter des gens qui avaient des compétences techniques, mais ils voulaient aussi casser les compétences douces pour en faire des employés dociles qui obéissent et ne contestent pas les ordres. Charles Gave résume cela en parlant des « crétins surdiplômés ». Justement, les Soft skills visent à renverser cela… Il ne s’agit pas non plus de contester les ordres de la hiérarchie, mais de savoir les évaluer, pouvoir en débattre et faire des propositions. Beaucoup d’étudiants en médecine se sont retrouvés exclus de leurs études alors qu’ils avaient de grosses capacités, tout simplement parce qu’une question à l’oral a été sortie du contexte médical. Beaucoup de gens talentueux ont été sortis de leur cursus, ce qui est regrettable. Parfois, on va trop loin et, ensuite, on revient. C’est comme pour le féminisme… Les gens vont très loin dans un sens pour avancer et, après, on revient à l’équilibre. Bien évidemment, les capacités techniques sont très importantes. Cela montre bien que nous sommes plus dans un monde de paroles et de paraître, que dans un monde de capacités pures. (Suite page 18) Véronique Genest : « Nous sommes plus dans un monde de paroles et de paraître, que dans un monde de capacités pures. »

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