La Baule+

la baule+ 16 // Février 2022 Théâtre ► Une comédie à Atlantia sur la vie après la mort Véronique Genest : « Ce sont les doutes qui créent le complotisme et pas les complotistes qui créent les doutes ! » Véronique Genest est l’une de nos comédiennes les plus populaires et elle est connue pour ne pas manier la langue de bois. Elle le démontre une nouvelle fois dans l’entretien qu’elle nous a accordé. Elle sera sur la scène du Palais des Congrès Atlantia de La Baule, dimanche 13 février à 17h, avec Daniel Russo. La pièce « Si on savait » est une comédie. Le thème est le suivant : « Quand Patrick entend un homme lui dire ça, il a du mal à le croire, et pourtant… Le voilà dans l’au-delà devant cette personne qui lui fait le bilan de sa vie et lui demande ce qu’il aurait changé si c’était à refaire. Nous revivons alors avec lui ces moments, tels qu’il les a vécus, puis tels qu’il aurait pu les vivre en faisant d’autres choix. » Pratique : « Si on savait » avec Véronique Genest et Daniel Russo, dimanche 13 février 2022, à 17h, au Palais des Congrès Atlantia de La Baule. Renseignements et réservations à Atlantia ou à l’Office de tourisme de La Baule au 02 40 11 51 51. La Baule + : Vous serez sur la scène du Palais des Congrès Atlantia, avec Daniel Russo, pour interpréter la pièce « Si on savait ». Ce sujet qui nous concerne tous… Véronique Genest : C’est un thème récurrent. C’est un homme qui arrive au paradis et on va lui faire réétudier sa vie. Alors, il va revivre des scènes. Il n’est pas tout à fait d’accord, mais il est bien obligé de revivre ces scènes pour changer certaines choses. Et il va se rendre compte de l’importance de se recentrer sur les choses principales et que l’on aime. Il s’agit d’un thème philosophique, mais interprété par deux acteurs qui font habituellement des comédies… Oui, c’est traité en comédie et le texte est très drôle. C’est un couple qui s’aime. Les gens rient beaucoup, mais cela permet de faire passer aussi beaucoup plus de choses. Avez-vous eu, à des moments de votre vie, des réflexions similaires : et si vous n’aviez pas été à tel endroit, si vous n’aviez pas croisé telle personne, si vous n’aviez pas raté votre train... Évidemment, mais je ne suis pas dans le passé. Je ne suis pas dans les regrets. Je suis perpétuellement dans l’avenir et surtout dans les moments présents. Pour bien vivre, il faut connaître le passé pour s’en servir. Il faut aussi se projeter dans l’avenir pour essayer de le provoquer mais, pour bien vivre sa vie, il faut la vivre totalement dans le moment présent. Je ne suis pas quelqu’un qui a des regrets. Je m’arrange pour ne pas en avoir. J’assume mes prises de position et mes choix. En regardant en arrière, quand on fait un choix de vie, il y a toujours des raisons pour le faire, mais on ne sait jamais ce qui serait arrivé si l’on avait fait d’autres choix. On a une certaine philosophie de base et il faut essayer de s’y tenir. Ma philosophie, c’est qu’il faut vivre, travailler, subvenir aux besoins de sa famille… Parfois, la vie ne vous apporte pas forcément les propositions dont vous rêviez, mais il faut se débrouiller avec ce qu’elle vous propose. Ce sont les nonvaccinés qui sont le plus à plaindre et je me bats pour eux Les personnes qui font des sacrifices en baissant la tête, sans dire les choses qu’elles pensent, sont en faitmal à l’aise… Ces gens sont malheureux, mais je n’arrive pas vraiment à les juger, car il est plus facile de créer son indépendance quand on a du succès et quand on en a les moyens. Si l’on doit se mettre à dos les gens dont on dépend, il ne reste plus qu’à mourir ou à changer de voie ! Je conçois que c’est très compliqué. Ce ne sont pas des chemins bordés de fleurs ou de roses, mais c’est plus satisfaisant. C’est vrai, je me suis toujours battue pour la veuve et l’orphelin, et je prends toujours le parti de celui qui est le plus à plaindre. En ce moment, alors que je suis vaccinée, je trouve que ce sont les non-vaccinés qui sont le plus à plaindre et je me bats pour eux. Effectivement, cela m’aide à me regarder dans la glace. Parfois, vous devez quand même payer pour vos prises de position : je fais référence à l’annulation de votre participation au film de Marc-Olivier Fogiel sur la GPA… C’est autre chose, c’est de l’instrumentalisation. Je ne me suis pas disputée avec Marc-Olivier Fogiel : nous avons une divergence d’opinions, que nous avons toujours, mais nous nous sommes compris et nous nous sommes parlé. Son attitude a été absurde, mais je n’en attendais pas moins de lui, parce que c’est plus l’envie de se faire de la pub que de la vraie acrimonie. Surtout que je n’avais pas accepté le rôle que l’on m’avait proposé, car c’était un petit rôle, celui de la maman qui allait recevoir toutes les critiques parce qu’elle prenait le contre-pied de tout le monde en étant contre la GPA. Il est évident que tout le monde aurait associé ce rôle à ce que je pouvais être, alors que ce n’était pas du tout une opinion à l’emporte-pièce. Je suis même plutôt contente de ne pas l’avoir fait, parce que c’étaient trois jours de tournage et c’était un peu ridicule par rapport aux rôles auquel j’aspire. France Télévisions m’a téléphoné, il fallait accepter cela en catastrophe, mais ils se sont très bien conduits, ils ont été formidables, Anne Holmes (ndlr : directrice de la fiction de France Télévisions) a été formidable, donc je n’ai pas envie de médire sur ce film. C’est génial, quand on a plein de pognon, de dire que la GPA est quelque chose de formidable ! Par définition, un acteur doit pouvoir jouer des rôles qui ne lui correspondent pas. Si, par exemple, on lui donne celui du maréchal Pétain, cela n’implique pas pour autant qu’il soit pétainiste… Bien sûr ! Dans « La Dame d’Izieu », mon ami Julien Cafaro interprétait le rôle d’un pourri qui vendait les enfants juifs. Il a accepté. Cela a été dur, parce qu’il est tout sauf ça, mais il voulait participer au film. J’ai trouvé qu’il était formidable. Évidemment, un acteur ne joue

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