la baule+ 10 // Février 2022 On m’a confirmé que l’arme biologique ciblant un ADN particulier existait vraiment, comme dans le dernier James Bond : cela signifie qu’à partir de l’ADN d’une personne, on pourrait créer un virus spécifique contre elle, ou contre un groupe de population. Donc, il est maintenant très facile d’assassiner quelqu’un en faisant en sorte que cela apparaisse comme une maladie… Les innovations médicales font l’objet d’une attention particulière dans les grands services du monde car, quand on sait qu’une telle arme est en développement, il faut se l’approprier le plus vite possible, pas pour l’utiliser, mais aussi pour développer une défense. La réalité dépasse la fiction parce que, très souvent, quand il y a une perception du monde du renseignement par les médias ou les cinéastes, il y a une déformation. On dit souvent que dans 90 % des cas, c’est beaucoup plus lent, beaucoup moins sexy, que dans les films de James Bond... Mais, dans 10 % des cas, la réalité dépasse de très loin la fiction. Même un film comme le dernier James Bond ne rend pas compte de ce qui se passe vraiment derrière le rideau, parce que les recherches opérationnelles sont très avancées. De grandes entreprises, comme les GAFAM, ont maintenant plus d’argent que certains États. Peuvent-elles avoir la tentation de créer des armées privées ? Si un acteur économique voulait peser sur le cours des événements mondiaux, il ferait effectivement appel à une armée privée. Cela pourrait être le cas des oligarques russes, par exemple. Ce sont des groupes sans existence légale que ces gens pourraient piloter. On l’a vu ces derniers mois en France avec ce qui pourrait être une tentative d’un groupe d’extrême droite de renverser les autorités par la violence. Les GAFAM ne sont pas le risque principal, évidemment ils ont beaucoup d’argent, mais ils arrivent à contrôler les esprits et le monde virtuel, et ces gens ne s’embarrassent pas de l’idée de vouloir contrôler le monde physique. Ils arrivent à des résultats beaucoup plus efficaces et plus dévastateurs par la maîtrise des réseaux sociaux et de l’Internet. Effectivement, on a vu dans certaines séries d’espionnage des scénarios de ce type, avec des hommes d’affaires qui cherchent à provoquer des crises internationales, soit pour annexer des zones qu’ils considèrent comme relevant de leur pays, soit pour créer le chaos et en tirer un avantage via la spéculation financière. Ce n’est pas si fictif que cela, ce sont des situations qui attirent l’attention des autorités et des services. La naïveté des dirigeants politiques en France est énorme sur les questions internationales Vous dénoncez souvent l’angélisme de nos dirigeants politiques depuis plusieurs années : nos services arrivent-ils à les raisonner ? Non, malheureusement, ce n’est pas aux services de les raisonner, les services ne sont là que pour leur apporter des informations et pour répondre à leurs questions. Maintenant, la naïveté des dirigeants politiques en France est énorme sur les questions internationales. Ce ne sont pas des gens naïfs dans le jeu politique national, quand c’est pour gagner les élections, mais force est de constater que dès que l’on passe sur la scène internationale, il y en France une double lacune : nos dirigeants n’ont pas une culture internationale suffisamment forte - je ne parle même pas de la situation actuelle, où nous avons un président qui est arrivé au pouvoir en étant totalement inexpérimenté - et il y a toujours une défiance à l’égard du renseignement, car les politiques considèrent que c’est un métier de barbouzes. Ils ne prennent pas suffisamment en compte les informations et les agents ne disposent pas de tous les moyens nécessaires leur permettant de faire correctement leur travail. J’ai souvent pu vérifier que la France était pratiquement le seul pays au monde à faire ce qu’il dit, alors que les autres ne font pas ce qu’ils disent. Par exemple, lorsqu’un ministre explique que tel régime est infréquentable, effectivement il n’y a aucun contact avec lui. À l’inverse, quand les Américains ou les Anglais disent qu’un pays est infréquentable, on constate toujours qu’il y a des contacts souterrains pour préparer l’avenir… A l’arrivée, on se fait avoir lorsqu’il revient sur la scène internationale… Nous faisons comme les autres, de manière un peu moins prononcée, mais il est vrai que certains ont moins de scrupules que nous. Nous avons des relations étroites avec l’Arabie saoudite et le Qatar qui sont des États qui continuent de soutenir le terrorisme… La Syrie, c’est autre chose. On a cherché à déstabiliser ce régime qui a réussi à tenir et, que l’on aime ou non ce régime syrien, la question qui doit se poser c’est de comprendre l’intérêt de la population locale et notre intérêt. Dans les deux cas, il vaut mieux la stabilité, même si c’est un régime autoritaire, que le chaos. Très honnêtement, entre Bachar al-Assad et des barbus qui tuent à tour de bras, il n’y a pas photo ! Les islamistes radicaux font dix fois pire. Mais ce ne sont que de mauvais choix, il faut le dire évidemment. Les prochaines attaques seront-elles davantage chimiques et bactériologiques ? On voit une évolution qui se dessine avec de plus en plus d’attaques génétiques et cybernétiques. Il y a aussi beaucoup d’attaques financières, avec des spéculations sur les cours de Bourse et des attaques contre les entreprises. Ce sont des guerres combinées où l’on utilise à la fois des arguments économiques, médiatiques, sanitaires... Il y a aussi les O.N.G. qui tentent d’influencer la population d’un pays dans le mauvais sens… Compte tenu des moyens financiers dont disposent les GAFAM et les structures de George Soros, et compte tenu de l’importance des médias sociaux et de la télévision pour la majorité des populations occidentales, il y a un vrai risque de contamination. Pour répondre à cela, ce n’est pas le renseignement, c’est l’éducation : car, plus on a accès à l’information, plus il est nécessaire d’avoir un filtre intellectuel. Quand on voit la régression de la culture en France, notamment au niveau de la lecture, c’est la porte ouverte à toutes les fausses informations qui peuvent circuler. Propos recueillis par Yannick Urrien. Eric Denécé : « Ce sont des guerres combinées où l’on utilise à la fois des arguments économiques, médiatiques, sanitaires...» Gaspar Zajdela est venu à La Baule lors du premier confinement pour travailler sur l’écriture d’un ouvrage de poèmes. Il a été conquis par la presqu’île et il a décidé de s’installer en permanence à La Baule, dans le quartier Lajarrige : « Au départ, l’idée n’était pas de fuir la région parisienne, mais j’ai souhaité prendre des petites vacances pour écrire mon recueil et je me suis tellement plu sur la presqu’île guérandaise, que j’ai décidé d’écrire intégralement mon livre ici et de m’y installer. Les deux tiers ont été écrits à La Baule, qui est une formidable source d’inspiration. » Dans une présentation très épurée, Gaspar présente des poèmes courts ou longs, avec des styles d’écriture très différents, et il nous amène à réfléchir sur ces textes. Par exemple, « Où nous nous rencontrions. Parfois. Où nous nous oublions. Souvent.» Autre poème court: « Et les eaux troubles du temps dégringolaient souplement vers l’avenir. » L’auteur explique sa démarche: « Je suis très sensible au minimalisme, en tout cas en termes de visuel, et j’ai fait un choix assez simple pour la couverture. Il y a une part de philosophie qui m’anime dans mon écriture poétique, mais je tiens quand même à l’appellation poème, car j’aime faire vivre des mots que l’on utilise plus et puis, surtout, créer des images pour le lecteur. » « À la recherche du temps rêveur» de Gaspar Zajdela est disponible via le site Thebookedition.com. Un Baulois publie son premier recueil de poésies
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