La Baule+
la baule + Septembre 2021 // 31 L a Socali, ce n’est pas simplement un Mar- ché Paysan dédié aux produits locaux, c’est aussi plusieurs espaces pédago- giques dédiés aux animaux de ferme. Pour comprendre cette démarche, il faut savoir que la Socali a été créée en 1905 par le Syndicat agri- cole de l’Immaculée et que l’objectif premier était de maintenir une agriculture pérenne sur notre territoire en distribuant des produits locaux. Ensuite, la Socali entend promouvoir des pro- duits de qualité en prove- nance de toute la France, et de plus loin aussi, toujours dans l’esprit de défendre une alimentation saine. Pa- rallèlement, les agriculteurs et les éleveurs ont également voulu faire de la pédagogie sur leurs différents métiers. Rien à voir avec une anima- lerie, au sens commercial du terme, avec des animaux en vitrine, on se rapproche plutôt d’une ferme pédago- gique, même si les animaux sont aussi à vendre. Fabien Floquet, l’un des respon- sables de la Socali, souhaite d’abord rappeler que nous vivons avec le monde ani- mal: « Nous sommes tou- jours heureux quand des familles viennent visiter les différents espaces, en nous interrogeant sur les ani- maux, car cela nous per- met de défendre les valeurs des fermiers sur la relation entre l’homme et l’animal. Ce sont des espaces qui né- cessitent beaucoup d’en- tretien et de compétences. C’est un fort investissement, mais cela nous permet de rappeler ce qu’est une ferme et surtout que ce sont les hommes qui sont au service des bêtes… » D’ailleurs, certaines per- sonnes font parfois plusieurs centaines de kilomètres pour se procurer des animaux de ferme ou de basse-cour : «Au cours du premier confi- nement, les gens ont redé- couvert des pratiques écolo- giques et nous avons vendu en moyenne 1 000 poules par semaine, car elles sont très utiles pour nettoyer le jardin et faire des œufs… » L’homme a besoin de l’animal comme l’animal a besoin de l’homme Avant d’entrer dans le bâ- timent de la Socali, on dé- couvre de nombreuses es- pèces, comme des canards, des poules, des brebis ou des moutons d’Ouessant. Comme son nom l’indique, le mouton d’Ouessant vient de l’île d’Ouessant : « C’est le plus petit mouton d’Europe. C’est une race que l’on a fail- li perdre au début du XXe siècle quand on a introduit des moutons continentaux sur l’île. C’est l’apport de quelques familles qui pos- sédaient des moutons qui a Bien vivre ► Une adresse de référence pour une alimentation de qualité Une ferme au Marché Paysan Socali permis de recomposer l’es- pèce et de la protéger. On nous demande souvent ces moutons qui broutent beau- coup et c’est une alternative à la tonte. C’est un vrai jar- din écologique. On fait un enclos pour les moutons, on les laisse pâturer, et ils mettent tout au propre… » indique Fabien Floquet. Par ailleurs, il faut savoir que le mouton est un animal très docile, pas agressif, il s’entend bien avec les autres espèces et on peut même le laisser jouer avec les en- fants. Autre curiosité : le mouton Jacob, qui peut avoir jusqu’à six cornes qui poussent comme des boucles. Fa- bien Floquet explique que ce mouton est originaire de Mésopotamie : « C’est une espèce rustique qui a été do- mestiquée au fil du temps. Un mouton Jacob ne survit pas dans la nature, car ses cornes retombent vers lui et, en poussant, elles finissent par lui défoncer la boîte crâ- nienne. Donc, le mouton doit être entretenu par l’homme qui doit lui couper les cornes régulièrement. Il s’agit aus- si de démontrer aux gens que l’homme a besoin de l’animal comme l’animal a besoin de l’homme. » Réintroduire les animaux dans notre quotidien En entrant dans le bâtiment, après avoir traversé la jar- dinerie, on peut s’attarder pour observer les chèvres, les cochons et les lapins, avec différentes espèces : « Les enfants découvrent par exemple des chèvres naines. Cela nous permet d’expli- quer aux gens pourquoi cela existe, quel est l’intérêt de ces espèces et comment réintroduire les animaux dans notre quotidien » ajoute Fabien Floquet. Ce partage permet de revenir sur quelques fondamen- taux : « Parfois, les gens ne disposent pas de certaines notions, par exemple l’en- vironnement nécessaire à la vie de ces animaux, ou encore ils ont des projec- tions inadéquates d’a prio- ri qui sont le résultat d’une méconnaissance du monde animal. Nos animaliers ont à cœur de répondre à ces questions et de partager leurs connaissances sur les espèces qu’ils contribuent à entretenir et l’interdé- pendance qui existe entre nous.» Un rayon dédié à l’alimentation animale Cette mise en valeur des ani- maux permet à la Socali de rappeler que derrière l’en- seigne on retrouve des fer- miers et des paysans : «Nous faisons uniquement des ani- maux de basse-cour. Nous n’avons pas d’animaux der- rière des vitrines, nous ne vendons pas de chiens ou de chats, mais on va proposer de la poule pondeuse. C’est notre cœur de métier. Nous faisons énormément de pé- dagogie vis-à-vis des plus jeunes pour leur expliquer que le monde animal et le monde humain sont imbri- qués et que nous avons be- soin les uns des autres.» La Socali propose également tout un rayon consacré à l’alimentation animale : «Nous sommes un très gros pourvoyeur d’alimentation animale. On ne donne pas la même chose à une jeune bête et à une bête adulte. Nos animalières sont en mesure de réaliser les bons assem- blages, notamment pour les chiens et les chats, car ce sont nos animalières qui dé- cident de la composition des aliments. Ce sont des profes- sionnelles qui sont capables d’expliquer pourquoi la com- position est faite de telle ma- nière et pas autrement. Un chien peut avoir des difficul- tés d’alimentation, une bête va avoir du mal à s’alimen- ter correctement, les ani- malières savent pourquoi et savent réagir, c’est leur mé- tier. Ce sont des passionnées, elles vivent leur profession comme un sacerdoce… » Socali, Marché Paysan, route du Point du Jour à Saint-Nazaire (L’Imma- culée) Tél : 02 40 22 46 36. Fabien Floquet et Sabrina, animalière au marché paysan Socali
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy MTEyOTQ2