La Baule+

6 // Mars 2021 Si France Trésor conti- nue de lever de l’argent, c’est qu’il y a derrière des garanties de l’État français… Absolument. Quel ministre ou président de la Répu- blique, alors qu’il a besoin de 260 milliards à emprunter sur les marchés, irait clairon- ner que la dette ne sera pas remboursée ? Qui nous prê- terait ensuite ? La BCE ne ra- chète pas toutes les dettes françaises. En plus, elle ne les achète pas en premier ri- deau, mais en deuxième ri- deau. Personne ne va prêter à un pays qui demande l’an- nulation de sa dette. En outre, l’annulation de la dette, qui pourrait se faire au niveau de la BCE, est rendue impossible par les traités et, même si l'on imaginait que ce n’est pas impossible, cela veut dire que la dette ira dans le bilan de la Banque de France. Ensuite, la Banque de France fera appel à l’État pour se renflouer, puis l’État fera appel aux Français et, à la fin, on aura des impôts supplémentaires. Il y a des solutions avec la baisse de la dépense publique et celle de la fiscalité, mais on entend ce discours depuis le mi- lieu des années 80 et rien ne se passe… Cela fait des années que l’on me dit que c’est au fond de la piscine que l’on commencera vraiment à se poser les bonnes questions. Je pense que nous sommes au fond de la piscine. Le fond de la piscine, c’est lorsque la paie des fonctionnaires n’arrive pas… Là, il y a clairement un risque. Pendant des années, on a pu nous balader en nous expliquant que la dette est fi- nançable mais, quand vous regardez les 130 milliards d’anciennes dettes à refinan- cer et le nouveau déficit de 150 milliards, cela fait des paquets de près de 300 mil- liards d’euros par an. On em- prunte 1 milliard d’euros par jour, soit 700 000 euros par minute ! Quand on est à ce niveau de financement, il y a un risque énorme. On est le pays qui taxe le plus, qui dé- pense le plus et qui emprunte le plus. Il est temps de se ré- veiller et, en plus, on dé- croche complètement par rapport à l’Allemagne. On était au même niveau d’en- dettement que les Allemands par rapport au PIB en 2003, autour de 63 %, on a doublé en part de PIB et on a triplé en valeur. Pendant que les Allemands se sont désendet- tés, depuis 2008 on a conti- nué de s’endetter, même dans les années de crois- sance. Tout cela parce que l’on n’a pas voulu se doter d’un système de frein à l’en- dettement. Il suffit d’adopter ce système de frein au niveau constitutionnel en s’enga- geant à ne pas s’endetter quand on est en croissance et l'on va tout de suite retrou- ver des modalités de gestion de l’action publique beau- coup plus saines. On est dans un système malsain et on est tout le temps en train d’avoir des déficits, en croissance ou en récession. Il est normal de dépenser plus lorsque l'on est en récession, mais pas les an- nées où l’on est en crois- sance. Il faut suivre le che- min des Allemands et des pays du nord de l’Europe, il faut repousser l’âge de départ à la retraite, il faut revoir le coût de fonctionnement des administrations qui coûtent 84 milliards de plus que dans les pays comparables. Je chiffre tout cela. Il y a énor- mément de leviers pour faire repartir la machine écono- mique française, mais il ne faut pas se tromper de combat. Certains disent qu’il a eu trop d’austérité après la crise de 2008, or j’ai repris tous les chiffres et ce n’est pas vrai : les dépenses ont continué d’augmenter et les impôts ont énormément aug- menté, puisque l’on est passé de 41 % à 45 % de taux de prélèvements obligatoires. L’austérité à la française, c’est augmenter les impôts, c’est supprimer des niches fiscales pour encore plus ap- puyer sur la fiscalité des en- treprises et des ménages : c’est l’inverse de ce qu’il faut faire ! Il faut arrêter de parler d’austérité alors que la France n’en a jamais fait et il faut se poser la question de savoir comment on rentre, non pas dans une période d’austérité, mais dans une période de bonne gestion des finances publiques. Nous sommes dans une zone où l’on ne sait pas si l'on aura le cash pour tourner tout le temps C’est un événement, parce que c’est la pre- mière fois que vous dites que nous sommes dans une zone de risque où les fonctionnaires seraient menacés de ne plus être payés… Nous sommes dans une zone où l’on ne sait pas si l'on aura le cash pour tourner tout le temps. Les besoins sont telle- ment gigantesques que lorsque les Allemands, les Hollandais ou les Autrichiens auront rétabli leurs finances publiques et qu’ils se pose- ront des questions sur la monnaie, parce qu’ils n’au- ront pas envie d’avoir une monnaie affaiblie, ils nous diront que la crise est passée et qu’il faut retrouver une normalisation de la politique monétaire et des critères budgétaires que nous avons signés dans les traités. Si la France n’est pas prête, cela peut faire mal. Je dis qu’il y a des solutions pour y arri- ver, mais il n’y a pas de ba- guette magique. Je propose de retourner à 100 % de dette par rapport au PIB. Ce n’est pas une ambition démesurée, mais cela va demander du courage, un calendrier clair, une détermination et un dis- cours de vérité par rapport aux Français. J’ai cherché partout pour savoir combien la Banque Centrale de Chine détient de dettes françaises, mais je n’ai jamais réussi à avoir la réponse. Le jour où l’on devra 100 ou 150 mil- liards à la Banque Centrale chinoise et que l’on ne pourra pas les payer, on devra se po- ser des questions… C’est une question de souveraineté et de liberté On sera sous protectorat chinois… Ce n’est pas qu’une question de finances publiques et de milliards, c’est une question de souveraineté et de liberté. On me rétorque qu’en face des passifs il y a des actifs : cela veut dire que si nous ne sommes pas capables de payer nos passifs, on viendra chercher nos actifs. Soyons clairs avec les Français en ex- pliquant ce qui est en train de se passer. Je ne suis pas sûre que les agents publics qui sont en train de réclamer des augmentations de salaire soient bien conscients de tout ce qui est en train de se jouer. On ne reconstruit pas un pays avec plein de RTT, des congés, des autorisations d’absence, etc. Il y a aussi la question des retraites, puisque l’on sait que les comptes sont vraiment négatifs… Là aussi, il faut emprunter pour payer les pensions. En mars dernier, tout d’un coup, les organismes sociaux ne pouvaient plus lever d’argent sur le marché et l’agence France Trésor a dû venir à la rescousse en urgence. L’éco- nomie d’un pays, la crois- sance, cela se crée dans nos entreprises. Je plaide en ce moment pour qu’il y ait un minimum de restrictions sa- nitaires, pour permettre évi- demment de protéger les plus âgés et les plus fragiles, mais que, derrière, on ne casse pas la croissance. Le gouvernement a fait voter un budget 2021 avec une crois- sance de 6 %, on sait qu’on ne l’aura pas. La Banque de France dit que ce sera 5, le FMI dit que ce sera 5 et si c’est uniquement 4, il y aura une dégradation énorme du déficit. Ce livre vise à réveil- ler les énergies françaises. La reconstruction de la France va nécessiter un retour au travail : on ne reconstruit pas un pays avec plein de RTT, des congés, des autorisations d’absence, etc. Pendant le confinement, il y a eu beau- coup de débats sur la reloca- lisation. J’appelle de mes vœux que l’on produise en France mais, pendant des an- nées, on a taxé à fond l’in- dustrie pharmaceutique en se disant que cela servirait à boucher les trous de la Sécu- rité sociale. Cela nous revient en boomerang. On a oublié que ces entreprises devaient être rentables et elles sont al- lées chercher ailleurs cette rentabilité. Il y a vraiment une prise de conscience à avoir et j’espère que ce livre va y participer. Propos recueillis par Yannick Urrien. Agnès Verdier-Molinié : « En mars dernier, tout d’un coup, les organismes sociaux ne pouvaient plus lever d’argent sur le marché et l’agence France Trésor a dû venir à la rescousse en urgence. » Le Pouliguen lance un marché nocturne estival : appel à candidatures C e sera l’une des nouveautés de l’été au Pouliguen : la Ville proposera chaque mercredi un marché nocturne sur le quai Jules Sandeau. « À la tombée de la nuit, la balade sur le quai est particulièrement douce. Nous imaginons ce marché comme une invitation à la flânerie au cœur des savoir- faire locaux », souligne Nathalie Bodelle, dé- léguée à l’action «Cœur de Ville» et au commerce. Afin de préparer cette nouvelle animation dans les meilleures conditions, la Ville lance d’ores et déjà un appel à candida- tures. Pour participer, artisans, producteurs et créateurs locaux sont invités à compléter et à retourner la fiche d’inscription disponible sur le site www.lepouliguen.fr avant le ven- dredi 30 avril. Nathalie Bodelle précise les critères de sélec- tion de la commune : « Les produits proposés devront impérativement être de fabrication artisanale. Les artisans de la Presqu’île Gué- randaise seront privilégiés. Une attention particulière sera portée à la diversité des pro- duits (au regard, notamment, de l’offre exis- tante chez les commerçants pouliguennais), et à leur qualité ». Le nouveau marché heb- domadaire du Pouliguen se tiendra de 19h à 23h, du 14 juillet au 18 août, soit six mercredis au total. Il est à noter qu’aucun stand de res- tauration ou buvette ne sera admis pour éviter toute concurrence avec les restaurateurs, bars et cafés pouliguennais.

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