La Baule+
la baule + 4 // Juillet 2021 Sécurité ► La Baule met en place un plan Vigiplage Franck Louvrier : « 85 % de la population bauloise est favorable à un retour à une gestion municipale de la plage. » C ela fait plusieurs années que les Baulois observent, chaque été, une augmentation des incivilités. Même avant les vacances, la situation est déjà tendue à La Baule : conduites agressives, bagarres, déchets jetés en pleine rue ou sur la plage… Ce qui s’est passé le week-end des 12 et 13 juin a particulièrement marqué la popula- tion. En effet, les commerçants ont été confrontés à de nombreux comporte- ments irrespectueux, voire agressifs, des femmes se sont fait harceler sur la plage et il y a eu des affrontements, avec même un combat au couteau sur le front de mer. Les coupables, bien connus des services de police, sont des bandes venues de Nantes. Frank Lou- vrier, maire de La Baule, évoque ce su- jet et aborde également la gestion de la plage par Véolia car, pour une majorité de Baulois, celle-ci constitue clairement un échec. aussi déployé la vidéo pro- tection, 160 caméras, c’est un investissement de 800 000 € qui est indispensable pour surveiller notre ville au quotidien. Le plan Vi- giplage permet d’apporter des moyens humains, tech- niques et juridiques. Sur le plan humain, nous sommes la seule ville du littoral at- lantique à avoir obtenu une compagnie de CRS entière de la part de l’État et ce sont 80 personnes qui vont nous permettre de surveiller les 9 kilomètres de plage entre Le Pouliguen et Pornichet. Par ailleurs, nous finan- çons des maîtres-chiens, entre 21 heures et 6 heures du matin, pour une surveil- lance accrue de la plage. J’ai également demandé à notre police nationale d’in- tensifier sa présence le jour et la nuit, avec des brigades d’intervention rapide. Sur le plan technique, au-delà de la vidéo protection, j’ai mis en place un système H-Call. C’est un bouton d’alerte qui est relié à une centrale pour que tous les établissements qui le souhaitent, notam- ment les établissements de plage, puissent alerter im- médiatement les forces de l’ordre. C’est très simple: dès que la personne se sent en danger, elle appuie sur un bouton, les caméras s’orientent automatique- ment vers le lieu d’alerte et la police est prévenue im- médiatement. C’est un ser- vice très efficace. Sur le plan juridique, on voit l’usage de la chicha sur la promenade de mer et je souhaite inter- dire son utilisation, comme la consommation d’alcool sur la voie publique, parce que l’été de nombreuses personnes alcoolisées créent des incivilités. Nous relan- çons notre campagne sur le port d’un vêtement en sortie de plage. On est obligé de faire ce type de campagne, même sur notre commune. Vous demandez aus- si à Veolia de faire des efforts pour sécuriser les établissements de plage, en indiquant que vous prenez en charge la sécurisation du reste de la plage. Donc, vous faites une distinction entre les restaurants et les clubs de plage, qui sont sous la responsabi- lité de Veolia, et le reste de la plage… Quand une ville inves- tit beaucoup, le devoir du concessionnaire - en l’occurrence Veolia - c’est de protéger les établisse- ments, comme les centres commerciaux font appel à des agents de sécurité pri- vée. J’ai trouvé intéressant que Veolia puisse signer ce plan Vigiplage, en y contri- buant à hauteur de 50 000 €, ce qui n’est rien à l’aune du chiffre d’affaires annuel de Veolia. Aujourd’hui, ils refusent cette association pour la simple et bonne raison qu’ils considèrent que la sécurité n’est pas de leur domaine. Mais la sécu- rité de leurs établissements est bien de leur domaine! Évidemment, la sécurité de la plage est du domaine de l’État et de la ville, mais dans cet élan de protection des commerçants, chacun doit participer financière- ment. Veolia est plutôt réti- cent aujourd’hui et j’espère que nous arriverons à les convaincre. Nos problèmes viennent surtout de Nantes, où l’insécurité explose Vous défendez une image haut de gamme de La Baule et vous sa- vez qu’une marque peut s’effondrer très rapide- ment… On voit l’usage de la chicha sur la promenade de mer et je souhaite interdire son utilisation La Baule + : L’ambiance de certains week-ends de juin a suscité l’in- quiétude des Baulois qui craignent que ce qu’ils ont vu ne préfi- gure une saison estivale mouvementée. Face à cela, vous réagissez avec l’opération Vigi- plage. Quelles disposi- tions pouvez-vous nous présenter ? Franck Louvrier : Les problèmes d’insécurité ont toujours été une préoccu- pation majeure depuis mon élection. J’en avais parlé pendant ma campagne, et j’en parle après. Il est vrai que dès que la météo est favorable, les problèmes de sécurité réapparaissent sur des secteurs sensibles, comme la plage ou l’avenue de Gaulle. Il faut réagir, parce qu’il n’est pas question d’avoir une attitude laxiste en la matière et, même si nous avons mis énormé- ment de moyens, il faut adapter un plan de sécurité saisonnier, que j’ai appelé Vigiplage, pour répondre à cette recherche de sécurité supplémentaire, mais aussi travailler sur la protection de nos commerçants. De- puis quelques mois, nous avons doublé les effectifs de la police municipale. Il y a 30 agents dotés de pistolets à impulsions électriques, il faut qu’ils puissent se pro- téger. Nous avons créé éga- lement une brigade équestre qui permet de surveiller la plage et les avenues, et il y a eu l’acquisition de nou- veaux véhicules de police municipale. Nous avons
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