La Baule+
Avril 2021 // 21 colons ? C’était une masse in- forme sans structure ? Ils étaient très embêtés face à cela ! Donc, lorsque nous sommes arrivés en Côte d’Ivoire, il n’y avait pas de Baoulé, de Sénoufo ou de Gouro ? Sur ces idées de culpabilisation, vont petit à petit se créer des courants décoloniaux, qui vont échap- per à leurs maîtres, et vous avez une partie de ce corps enseignant qui voit ses propres valeurs attaquées par ses propres décolo- niaux… En effet, ces décolo- niaux disent : « Certes vous êtes de gauche, mais vous êtes coupables parce que vous êtes blancs ! » Ces gens sont pris dans une impasse et, pour se défendre, il ne leur reste plus que les Droits de l’homme et l’universa- lisme, que rejettent précisé- ment les décoloniaux. Aujourd’hui, avec les mesures de cette dictature sanitaire, les gens acceptent tout Imaginons un jeune journaliste de 25 ans qui vient d’être recruté et qui se retrouve en face d'une chanteuse comme Yseult qui a déclaré ré- cemment sur un plateau de télévision qu’elle fai- sait partie des per- sonnes racisées : « On ne voit pas ce que l’on nous a pris à nous, les Afri- cains, et on ne doit rien à la France ! » Même si le journaliste sait que c’est faux, il baissera la tête et il ne dira rien, par crainte de se faire vi- rer… C’est exactement le livre «Soumission » de Houelle- becq ! J’ai des jeunes col- lègues qui sont restés à l’uni- versité et qui sont obligés de se taire. Ce sont des amphis avec 1500 étudiants. Il suffit qu’il y ait deux ou trois gui- gnols qui se mettent à hurler en traitant le professeur de raciste, et c’est fini, l’émeute est partie. Je ne pourrais plus faire les cours comme il y a une dizaine d’années. Maintenant, pour tenir un amphi, il faudrait mettre des caporaux-chefs de la Légion étrangère ! En plus, on est dans la crétinisation du monde universitaire puisque, comme tout le monde a le bac, tout le monde rentre à l’université. Je parle des sciences hu- maines uniquement, car ce n’est pas tout à fait la même chose en droit et en sciences pures. À mon époque, il y avait l’examen d’entrée en sixième, puis le BEPC en troisième, et ceux qui ra- taient le BEPC partaient dans l’enseignement profes- sionnel. Ensuite, il y avait le premier bac qui était un vé- ritable barrage, puis le deuxième bac et, ensuite, deux ans de propédeutique à l’université… Il y avait de l’écrémage ! Maintenant, c’est la fabrique du crétin, c’est le métro à six heures du soir qui entre à l’université. Nous sommes dans la dhim- mitude ! On accepte tout et n’importe quoi pour sauve- garder son existence. Regar- dez : aujourd’hui, avec les mesures de cette dictature sanitaire, les gens acceptent tout. Nous avons l’illustra- tion parfaite de l’entrée en soumission. La résilience est extraordinaire. C’est un ma- gnifique exemple pour les dictatures de demain. Un diplôme de Sciences Po n’a plus aucune valeur Comment envisagez- vous cette évolution ? Je vois le bon côté des choses: ce mouvement est en train de tuer des entreprises de subversion qui, depuis des dizaines d’années, empoison- naient nos esprits... Par exemple, ils ont tué Sciences Po et c’est une très bonne chose ! (Suite page 22) « On est dans la crétinisation du monde universitaire puisque, comme tout le monde a le bac, tout le monde rentre à l’université. »
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