La Baule+
la baule + 28 // Août 2021 La Baule + : Villa Ca- price est en salles dans une période difficile, entre déconfinement, fin du couvre-feu et Pass sanitaire cet été, ce qui diminue sa visi- bilité, alors que tous les critiques estiment qu’il s’agit d’un film majeur dans ta carrière… Patrick Bruel : Réjouis- sons-nous déjà qu’il soit sorti ! Il aurait dû sortir à plusieurs reprises. Or, à cause de cette tragédie, nous avons dû reporter sa sortie plusieurs fois. Nous avons même pensé qu’il ne sor- tirait pas à un moment et il est sorti alors qu’il y a de nombreuses restrictions. Il a fait bonne figure, puisqu’il a été premier la semaine de sa sortie, certes dans un mar- ché très vide. Mais ce n’est pas grave, il y a une très belle satisfaction sur le film. Les gens le trouvent formi- dable, les gens en parlent très bien, tout le monde est très enthousiaste sur la per- formance de ce duel avec Niels Arestrup... Donc, je suis très content. Le film repose sur cette confrontation entre deux caractères très dif- férents… C’est une sorte de partie d’échecs entre deux fauves, un fauve de la finance et un fauve du barreau. Chacun attend de déceler la faille chez l’autre, pour s’y en- gouffrer et engranger une sorte de manipulation. C’est un duel de haut vol. Il y a un mystère. L’homme d’af- Culture ► Rencontre avec un amoureux de La Baule Patrick Bruel : « J’aime beaucoup La Baule et l’esprit de cette ville. » P atrick Bruel est venu au Fes- tival de cinéma et de musique de film de La Baule présenter son dernier film, Villa Caprice, qui est sorti au moment de la réouver- ture des cinémas et qui continue d’être diffusé en août dans quelques salles. Yannick Urrien connaît Pa- trick Bruel depuis presque 40 ans, c’est ce qui explique le tutoiement dans cette interview. faires que j’incarne a besoin de sortir de ses ennuis, il est empêtré dans un scandale fi- nancier. Il a cherché le meil- leur avocat, mais il tombe sur quelqu’un qui a un ego surdimensionné, comme lui, une immense solitude, comme lui... L’un s’est construit sur l’absence du père, l’autre sur la présence trop importante du père. Ils n’ont pas fondé de famille, ils n’ont pas d’enfants... Beaucoup de points pour- raient les rassembler. Tout cela va se jouer à pas grand- chose pour qu’ils deviennent de grands amis. Mais, finale- ment, leurs démons respec- tifs vont reprendre le dessus. J’ai eu la chance d’être élevé dans un environnement exigeant On te demande souvent quel est le secret de ta carrière qui dure. Je t’ai connu à tes débuts et j’ai toujours obser- vé que, contrairement à d’autres artistes, tu faisais preuve d’une grande force de travail, d’un sens de la ponctua- lité et aussi du respect de la parole donnée… Quelle est l’origine de cette rigueur ? J’ai eu la chance d’être éle- vé dans un environnement exigeant, avec une maman et une famille exigeantes sur les principes fondamentaux de respect de soi, des autres et de ce que l’on fait. Il faut respecter son travail, ce que l’on décide de faire. Si l’on décide d’aller vers quelque chose, il faut essayer de le faire de son mieux, en se donnant tous les moyens nécessaires. Je voulais faire ce métier, qui est un métier privilégié. Une fois que l’on commence à accéder aux choses que l’on a désirées, il ne faut jamais oublier que l’on est privilégié… C’est d’ailleurs ce que j’explique à mes enfants : il faut être à l’heure, dire bonjour, merci, au revoir, s’il vous plaît… Ce n’est pas compliqué, mais cela compte beaucoup. J’ai presque planté une tente à La Baule au milieu des années 80 ! Que représente LaBaule pour toi ? J’ai presque planté une tente à La Baule au milieu des an- nées 80 ! Il m’est arrivé de venir plusieurs fois par an à La Baule. J’y ai beaucoup d’amis, de lieux et d’habi- tudes. C’est un vrai plaisir de voir tous ces hôtels rou- vrir et la vie reprendre sur le sable. J’aime beaucoup La Baule et l’esprit de cette ville. En plus, j’aime beau- coup faire du bateau… On sait que tu es aussi un entrepreneur à Pa- ris, notamment dans le secteur de la restaura- tion : envisages-tu de te développer à La Baule ? Non, rien n’est prévu pour l’instant. Rien n’est envisa- gé. Mais c’est un endroit que j’aime énormément. Si, un jour, il y avait l’opportunité de faire quelque chose...Je ne sais pas… C’est un peu langue de bois… Non, c’est vrai, je n’ai au- cune velléité. J’ai mis le pied dans l’art de vivre et l’art de la table à travers des restaurants à Paris, comme Deep Fish ou Le Bœuf sur le Toit, mais aussi l’huile d’olive H de Leos, ou le rosé Augusta, ainsi que le miel et la lavande. Alors, évi- demment, cela donne envie d’être réceptif à une propo- sition. Pour l’instant, rien ne se présente, mais il est vrai que j’aime beaucoup La Baule. Je ne suis pas ce que l’on appelle un actionnaire dormant ! D’ailleurs, ce ne sont pas de simples partici- pations capitalistiques, mais un véritable inves- tissement entrepreneu- rial… Oui, je ne suis pas ce que l’on appelle un actionnaire dor- mant ! Je suis quelqu’un qui fait les choses parce que j’ai un coup de cœur. Je n’irais pas faire de l’huile d’olive si elle ne venait pas de chez moi, de mon exigence, du travail fait par mes équipes et de la recherche d’excel- lence. C’est pour cette raison que H de Leos se retrouve avec 37 médailles, dont une quinzaine de médailles d’or. Et nous venons encore de remporter 3 médailles d’or lors d’un immense concours à Londres. Ce qui se passe autour de cette huile est vraiment merveilleux et je ne remercierai jamais assez les gens qui travaillent avec moi. Enfin, il y a cette nou- velle chanson « À la san- té des gens que j’aime » où l’on retrouve l’es- prit de « Mon amant de Saint-Jean ». On assiste d’ailleurs au retour de la chanson française traditionnelle… Oui, c’est une chanson fran-
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