La Baule+

la baule + 26 // Août 2021 Société ► Une réflexion sur l’évolution politique de l’Occident La Baule + : Est-ce l’ac- tualité, avec la can- cel culture, qui vous a conduit à mener cette réflexion ? Gérard de Kerangal : Oui. Depuis la Deuxième Guerre mondiale, les dif- férentes écritures de l’his- toire réalisées par les deux vainqueurs ont été détermi- nantes. L’URSS, le premier vainqueur par le prix qu’elle a payé - 21 millions de morts - s’est logiquement arrogé le droit d’écrire son histoire dans le but de l’hégémonie de son idéologie, le marxisme. Deux idées ont émergé de ce combat : faire table rase du Gérard de Kerangal : « Juifs et chrétiens se retrouvent une nouvelle fois côte à côte. » G érard de Kerangal habite sur la presqu’île et il vient de publier un essai qui devrait faire beaucoup de bruit : « Au tour des juifs de nous sauver ». Dans son analyse, il souligne que l’Occident est menacé et que les juifs et les chrétiens doivent travailler ensemble plus que jamais. Un ouvrage au ton zemmourien qui devrait plaire aux fans du polémiste. « Au tour des juifs de nous sauver – L’al- liance vitale » de Gérard de Kerangal est auto-édité et il est distribué dans de nombreuses librairies de la presqu’île. passé des Nations et penser que la fin justifie les moyens. En France, la diffusion de l’histoire marxiste a eu d’au- tant plus de succès que la majorité de nos intellectuels étaient déjà marxisés, ain- si qu’une bonne partie du corps professoral. Les États- Unis, le deuxième vainqueur de cette guerre, écriront aus- si leur histoire avec le boy américain au grand cœur venu sauver les Européens, en leur apportant ce qui fai- sait office d’idéologie, la so- ciété de consommation et sa nouvelle culture. En France, bien que matériellement la société de consomma- tion américaine ait rapide- ment triomphé, l’idéologie marxiste n’a pas eu de mal à s’imposer chez les intellec- tuels, ainsi que dans les mé- dias et l’Éducation nationale. Or, pour promouvoir cette idéologie marxiste, il fallait impérativement stigmatiser l’ennemi, à savoir la civi- lisation judéo-chrétienne, jusqu’à faire de l’homme blanc chrétien, ou ex-chré- tien, le damné de la Terre. Cette damnation de l’homme blanc chrétien Selon vous, l’ennemi des marxistes n’est plus la société de consomma- tion, mais la civilisation judéo-chrétienne… Oui. Cette stigmatisation a été faite d’une façon remar- quable jusqu’à, récemment, cette damnation de l’homme blanc chrétien. Néanmoins, dans les années 2000, le paradigme de la souffrance comme identité, propriété quasi exclusive de la com- munauté juive depuis le gé- nocide des juifs par les na- zis, va être accaparé par les nouvelles minorités et leurs théories de désoccidentali- sation (Wok, intersectionna- lité, racialisme…). Ces théo- ries sont issues de la French Theory des années 60 qui sont parties des États-Unis. Dans les universités américaines, l’antisémitisme revient au galop Et qui nous reviennent comme un boomerang… C’est toute l’actualité. La puissance et l’entrisme de ces théories vont accoucher d’une véritable tyrannie des minorités qui, dans ces condamnations diverses, va condamner les juifs à rejoindre les chrétiens ou ex-chrétiens blancs dans l’enfer des damnés de la Terre. Dans les faits, juifs et chrétiens se retrouvent une nouvelle fois côte à côte, avec la nécessité absolue de se porter un secours mutuel. L’alliance vitale est notre destin. D’ailleurs, dans les universités américaines, l’antisémitisme revient au galop, les juifs sont dénon- cés par les marxistes. Donc, on se retrouve dans le même bateau. Il faut que l’entraide soit totale, si l’on ne veut pas que notre civilisation finisse dans les abîmes de l’histoire. Pour cette alliance vi- tale, acceptez-vous les musulmans qui ne se reconnaissent pas dans l’islam radical ? À partir du moment où ils sont intégrés, il n’y a abso- lument aucun problème. Un Français est un Français. Pourquoi défen- dez-vous cette approche à travers l’opposition entre marxisme et capi- talisme, qui ne signifie pas grand-chose pour les moins de 30 ans ? C’est surtout la forme qui a changé, plus que le fond. C’est pour cette raison que je parle encore de marxisme et de capitalisme, car, si le marxisme a certainement changé dans la forme, il existe toujours aujourd’hui. Le communisme du XXIe siècle Le marxisme d’au- jourd’hui se traduit-il, par exemple, par la dis- crimination positive ? Oui. C’est ce que l’on ap- pelle le communisme du XXIe siècle, mais la base vient bien de 1917. Les ori- gines sont là. Il y a aussi la question des héritages, qui ne seront plus qu’un souve- nir dans les années à venir, alors que dans les anciennes générations on pensait aux générations suivantes, ce qui ne sera plus le cas dans les décennies à venir. Propos recueillis par Yannick Urrien.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTEyOTQ2