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Rémi Cléro, président du Jumping de La Baule : « C’est avant tout du sport de haut niveau, un bon moment et un grand moment de rêve. »

Le Jumping International de France de La Baule aura lieu du jeudi 16 au dimanche 19 mai 2013 au stade François André à La Baule. Il s’agit de la plus importante manifestation de l’année à La Baule, avec des visiteurs qui viennent du monde entier. C’est l’occasion de nous entretenir avec Rémi Cléro, président de la Société des concours hippiques de La Baule et président du Jumping de La Baule. Rémi Cléro a succédé l’an dernier dernier au regretté René Pasquier. Diplômé de Sup’Aero, Stanford University et Harvard Business School, Rémi Cléro a été notamment directeur Monde de la stratégie de Pepsico, PDG de Paco Rabanne, ainsi que PDG de l’Artisan Parfumeur, Penhaligon’s et Erno Laszco. Il préside aujourd'hui les Parfums Lolita Lempicka.

 

La Baule+ : Vous travaillez dans l’industrie du luxe, comment avez-vous été amené à vous intéresser à cet univers du cheval ?

 

Rémi Cléro : Lorsque j’ai rencontré mon épouse, il y a 17 ans, je ne connaissais pas cet univers et elle montait pour l’équipe des États-Unis. Elle m’a emmené dans différents concours, notamment aux États-Unis, et j’ai appris à aimer et à admirer cet univers des cavaliers. Lorsque nous sommes arrivés en France en 1997, j’ai découvert le concours de La Baule, j’ai rencontré René Pasquier en 1998 et cela a été pour moi une révélation. Depuis, je suis fasciné par ce sport et par tout ce qui concerne le monde équestre.

 

Et La Baule ?

 

Je n’étais jamais allé à La Baule avant 1997. Je revenais des États-Unis, j’ai fait du sponsoring pour ce concours lorsque je dirigeais Paco Rabanne et nous sommes revenus chaque année. Dix ans plus tard, nous avons trouvé une ferme magnifique à Assérac, en bordure de mer, et nous avons décidé de nous installer près de La Baule pour nos quartiers d’été. Alice, qui est également chef d’équipe pour l’équipe de Dubaï, est venue passer de plus en plus de temps sur la presqu’île. Nous sommes tombés amoureux de cet endroit. Il y a deux ans, René m’avait approché en me disant qu’il recherchait quelqu’un pour l’aider à s’occuper du concours. C’était un honneur pour moi. Malheureusement, il nous a quittés. Je me suis retrouvé à la tête du concours. C’est plus qu’une passion, c’est un devoir pour moi, non pas de le remplacer, mais de prendre sa suite. René Pasquier m’a légué une très belle manifestation et je n’ai eu qu’à travailler dans la continuité avec une équipe qui travaille extrêmement bien toute l’année.

 

C’est l’une des rares manifestations sportives que l’on a du plaisir à regarder même lorsque l'on ne connaît pas les règles du jeu…

 

Absolument. Il ne faut pas oublier que c’est un concours gratuit. Généralement, les CSI de 5 étoiles ne sont jamais gratuits, or celui de La Baule est ouvert à tous. Tous les visiteurs viennent gratuitement, c’est la raison pour laquelle nous arrivons à rassembler 27 000 personnes sur quatre jours. Il y a, bien entendu, tous les passionnés et tous les professionnels qui viennent du monde entier mais, ce qui est très intéressant, c’est que le grand public vient aussi voir cette compétition, car c’est un beau spectacle. C’est avant tout du sport de haut niveau, un bon moment et un grand moment de rêve. Évidemment, il faut que la météo soit de notre côté, car la météo c’est 50% du succès de ce concours !

 

Ce concours a une renommée internationale…

 

Nous avons effectivement les meilleurs retombées médias au niveau mondial, avec 14 millions de téléspectateurs qui suivent ce concours. Le public est énorme. La Baule fait partie des grandes étapes du Jumping. Il y a évidemment d’autres villes, mais La Baule a la Coupe des Nations, c’est le format olympique par équipe avec les meilleurs cavaliers cinq étoiles. Nous avons également des très bons cavaliers amateurs sur le format une étoile et nous avons aussi une épreuve handisport. C’est impressionnant et extrêmement touchant de voir des personnes handicapées, qui ont un courage énorme, faire ce que des gens comme nous ne peuvent pas faire sur un terrain comme celui-ci. Je tiens aussi à dire que sans Yves Métaireau, ce concours ne serait rien. Il souhaite que ce concours soit ouvert à tous et chaque habitant contribue au succès de ce concours.

 

Les retombées sont exceptionnelles, alors que le sport équestre n’a pas une place d’honneur à la télévision… Comment expliquez-vous cela ?

 

On a Sport+, L’Équipe 21 et une centaine de pays qui diffuseront le Derby, le Grand Prix et la Coupe des Nations. Nous avons une très grosse couverture média pour ce concours. Je ne comprends pas pourquoi l’équitation n’a pas une grande place à la télévision, alors que c’est quand même le troisième sport en France, après le tennis et le football. Il y a 700 000 licenciés en France, c’est considérable. On essaie d’obtenir plus de retransmissions à la télévision, mais il est vrai que c’est un sport qui n’a pas encore trouvé sa place dans les grands médias.

 

On caricature souvent à tort l’équitation comme un sport de riches, alors qu’en réalité c’est celui de la France rurale…

 

Il y a de nombreux concours dans des petits villages. Il faut se lever tôt, c’est la réalité de ce sport. Cela donne de très bonnes valeurs à tous les niveaux. Ce sont des valeurs de respect, de proximité avec l’animal et d’humilité. Il ne faut pas oublier que la Loire-Atlantique est la deuxième région d’élevage en France, après la Normandie, il y a une très grande dynamique. On est dans l’agriculture, c’est un sport rural, c’est un sport qui peut être accessible à tout le monde.

 

Ce sport rassemble des cavaliers venus d’Europe, d’Amérique, mais aussi de plus en plus du Moyen-Orient, ce qui n’est pas surprenant puisque le cheval s'inscrit dans la tradition bédouine…

 

La Coupe des Nations s’appelle la «Furûssiyya Nations Cup». Le mot Furûssiyya signifie l’art de la chevalerie, c’est un fonds saoudien qui sponsorise d’une manière importante cette manifestation. En réalité, le sport suit l’économie. Nous avons une économie à trois vitesses dans le monde et l’Asie occupe une place de plus en plus importante. Dans ce continent asiatique, nous incluons le Moyen-Orient. Ces pays se développent d’une manière très importante avec des grands concours cinq étoiles. Nous accueillerons cette année un cavalier des Émirats et nous aurons de plus en plus de cavaliers en provenance de ces contrées. Vous avez des Coupes des Nations en Asie, au Moyen-Orient, en Amérique et en Europe. En Europe, donc dans une épreuve comme celle de La Baule, nous aurons des équipes de division 1, avec surtout des Européens.


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