Patricia Gallerneau alerte les élus sur la nécessité de se mobiliser pour la transparence et la probité de la vie politique

Patricia Gallerneau, responsable du MoDem en Loire-Atlantique, est également la responsable de l’association Anticor dans le département. Cette structure, qui rassemble des personnes de sensibilité de droite et de gauche, prône l’éthique en politique et propose un certain nombre de mesures anti-corruption. Renseignements sur http://anticor44.over-blog.com. Patricia Gallerneau répond à nos questions.

La Baule+ : Pourquoi cette démarche et que représente la corruption dans la vie politique ?

Patricia Gallerneau : La France est au vingt-cinquième rang de l'indice de perception de la corruption et 72% des Français considèrent que leurs politiciens sont corrompus. À mon sens, la corruption commence par les conflits d'intérêts. Anticor rassemble des gens du Front de Gauche, du PS, des Verts, de l'UMP, des centristes, ou des personnes qui ne sont pas encartées : c'est-à-dire des gens qui ne supportent plus que l'intérêt général ne soit pas la première chose qui guide nos élus. Le mois dernier, à l'Assemblée nationale, les députés ont rejeté une proposition de loi sur la transparence de la vie publique et la prévention des conflits. C'est quand même inadmissible ! On peut avoir de très nombreuses idées, comme s'attaquer au cumul des fonctions pour les élus et les ministres. On peut également rendre incompatible l'exercice de certaines professions avec le mandat parlementaire, afin de limiter le champ des conflits d'intérêts.

Par exemple, lorsque le président d'un groupe politique à l'Assemblée nationale est également avocat d’affaires…

Cela pose certaines questions et je pense que beaucoup d'électeurs vont s'en souvenir. Ce sont des mesures d'incompatibilité qui devraient être mises en place dans ce contexte. On devrait également interdire à un cadre d'une société qui bénéficie de la commande publique d’être membre d’une commission d'appel d'offres, ou à quelqu'un qui a des intérêts immobiliers d'être en charge de l'urbanisme au sein d'un conseil municipal. On a connu cela sur la presqu'île ! Cela ne devrait pas être toléré. C'est quelque chose que les électeurs réclament à leurs élus.

72% des Français estiment que leurs politiciens sont corrompus, alors que la grande majorité des élus ne le sont pas. Cette impression négative générale se dégage de quelques comportements très médiatisés, qui pourrissent tout…

C'est la raison pour laquelle nous proposons une clause d'éligibilité : lorsqu'une personne se présente à une élection, elle ne doit jamais avoir été condamnée pour des faits de corruption. Ce serait quelque chose d'extrêmement important. C'est un point qui peut rassembler tous les partis politiques. Je souhaite lancer un appel à tous les élus de la presqu'île. Je ne leur demande pas forcément d’adhérer à Anticor, mais ils pourraient signer la charte de la transparence, plusieurs élus baulois viennent du reste de signer cette charte éthique. C'est quelque chose qu'ils pourront mettre en avant lors des prochaines élections et la signature de cette charte peut apporter un oeil neuf sur ce qu'ils défendent.